Les secrets du procès Papon. Gérard Boulanger

Publié le par bmasson-blogpolitique

Les secrets du procès Papon.

Gérard Boulanger

Editions Cherche Midi.

2018

 

Gérard Boulanger était avocat au barreau de Bordeaux et président de la Ligue des Droits de l’homme de cette ville.

Le procès de Papon fera faire le procès de l’Etat (du gouvernement de Vichy, NDLR) par l’Etat français républicain.

Le pouvoir ne voulait pas de ce procès. Papon était un homme très en vue. Il allait devenir le Premier ministre de Giscard d’Estaing en cas de réélection en 1981(p 23). Archiviste scrupuleux pendant la Seconde Guerre mondiale et jusqu’en 1979, ce travers se retournera contre Papon (p 24). Il avait trois raisons de vouloir occulter son passé sous Vichy : la survie en 1944, la légitimité en 1958 et l’honneur en 1981 (p 222). Tous les bâtons ont été mis dans les roues pour empêcher ce procès avec des magistrats allant jusqu’à inculper les parties civiles. Ce travail judiciaire hors-norme a été surréaliste (p 28). Il a duré 23 ans et la condamnation aura lieu en 2004 (p 13). Pour l’ouverture du procès, en 1993, il aura fallu attendre 15 ans après le dépôt de la première plainte (p 159). Ces quinze années lui auront été utiles pour convaincre une partie de l’opinion publique (p 18). Gérard Boulanger a mis neuf ans, entre 1981 et 1990, pour avoir les associations antiracistes, juives ou résistantes aux côtés des parties civiles (p 98). Le pouvoir a joué la montre et a tout fait pour décourager les plaignant.e.s (p 80). Matisson, une des parties civiles, rendra sa carte du PS parce que François Mitterrand fleurissait la tombe de Pétain à l’île d’Yeu une fois par an (p 51).

Gérard Boulanger travaillera pendant toutes ces années de façon bénévole (p 48).  C’est un avocat avec des valeurs, qui est têtu et qui a des principes. Il se considère comme citoyen du monde (p 19). Il n’a rien lâché durant toutes ces années (p 79). Il déjouera les pièges pervers montés par les soutiens de Papon (p 81). Gérard Boulanger considérait que la protection des hauts fonctionnaires était une infamie. Il explique le rôle de Papon pendant la guerre d’Algérie (p 83). Un seul magistrat lui aura menti par omission en quarante ans de carrière, pour obtenir la promotion convoitée avant le procès de Papon (p 96). Les médias boycotteront Gérard Boulanger pendant le procès. C’était le prix à payer pour son indépendance et sa détermination (p 145). Durant le procès de Papon, il fait le procès du 17 octobre 1961, pendant la guerre d’Algérie, jour où des Algériens ont été jetés dans la Seine à Paris, sur ordre de Papon, préfet de police de Paris (p 162). Son épouse est décédée d’épuisement dû à sa sollicitude et à son aide envers son époux durant toutes ces années de combat (p 233). Il aura pour adversaire et concurrent Serge Klarsfeld qui n’a jamais accepté ce procès qui ne venait pas de lui et qui fera tout pour le faire cesser (p 190). Gérard Boulanger conclut son livre en affirmant sa conviction que «la Shoah doit être avant tout  le problème des non-Juifs, sinon quel échec pour l’humanité » (p 236).

Les parties civiles gagneront contre la justice militaire qui refusait le procès. Les policiers qui ont obéi aux ordres de Vichy dépendaient de celle-ci. (p 21).

 

Historique du pouvoir judiciaire :

Page 12, il nous explique l’évolution du pouvoir judiciaire de Philippe le Bel à Pétain. Il indique quels sont les principes de procédure accusatoire apportés par Guillaume le Conquérant dans la justice anglo-saxonne, plus respectueuse des droits des parties (p 40 et 41). Il revient sur l’Inquisition qui instaure la politique du secret qui permet le renvoi de Papon devant la cour d’assises en 1996  (p 142). Il rappelle que le ou la juge d’instruction est l’homme ou la femme le ou la plus puissant.e de France. Mais depuis trente ans, ses pouvoirs sont rognés (p 75).  Il explique quand la loi contre le racisme a été votée, en 1972, car les mots tuent (p 31). Il est opposé à la diffusion d’u procès à la télévision, car il trouve qu’elle efface les passions et rend trop lisse le récit (p 223). La justice peut soustraire pendant soixante ans des documents qui sont des archives mises sous scellés (p 100). Il explique aussi que chaque salle de conférence de presse de FR3 avait un correspondant de la police en son sein (p 27).

 

Un devoir de mémoire historique.

Pendant le procès de Papon, des historiens interviendront pour expliquer aux jurés le contexte historique de cette sombre histoire de France :

Robert Paxton, Jean-Pierre Azéma, Olivier Baruch, Philippe Burin, Jean-Luc Einaudi* (p 148). Pierre Vidal-Naquet interviendra souvent dans la presse. Il préfacera, en 1998, un des livres écrit par Gérard Boulanger sur le rôle tenu par Papon et qui s’intitule « Plaidoyer pour quelques Juifs obscurs victimes de monsieur Papon » (p 20). Vidal-Naquet dénoncera les complices des crimes de guerre en Algérie qui étaient aussi les complices en 1940 – 1945 du gouvernement de Vichy.  Didier Daeninckx, en 1984, pointe du doigt ceux qui  défendent leur carrière contre l’intérêt général (p 20).

Gérard Boulanger a aussi écrit sur la vie de Jean Zay qui a servi de bouc émissaire au gouvernement de Vichy pour enterrer la République française (p 228).

-----------

 

 

Sa vie, c’était le luxe entre Bruxelles et Paris. Mais pour sauver les enfants juifs, elle n’a pas hésité à la mettre en jeu. Torturée, elle est tuée dans sa cellule le 12 août 1944. Au mur, ses derniers mots: « Seule avec les pensées, c’est encore la liberté ».

Suzanne Spaak, 39 ans

 

Suzanne Spaak, née Suzanne Augustine Lorge le 6 juillet 1905 à Bruxelles, au 75, rue de la Croix de Fer, et morte le 12 août 1944 à la prison de Fresnes, est une résistante belge.

------------

"C'est pas les salariés qu'il faut virer, c'est les brevets qu'il faut lever " .

Non au Passe sanitaire.


 

---------------

C’est la fête de la matraque à Bordeaux où la police explique avec toute la pédagogie dont elle est capable que le pass sanitaire, c’est la liberté.

Sur Twitter

--------------

Valérie Rey-Robert le surnomme « Le Jean Moulin de l'amour (à défaut de l'avoir été 50 ans avant) ».

"Le Dernier Secret" : une nouvelle histoire d'amour de François Mitterrand révélée dans un livre à paraître en octobre.

Les éditions Grasset annoncent la sortie du livre de Solenn de Royer, "Le Dernier Secret", à paraître le 6 octobre, dans lequel la grande reporter au "Monde" raconte l'histoire d'amour secrète de François Mitterrand avec Claire, une jeune étudiante en droit. 

(…) Quand Claire rencontre le chef d'Etat, elle est encore étudiante en droit, et lui est en route pour son deuxième septennat. La différence d'âge (cinquante ans) n'arrête pas le président. "Ils s'aimeront à huis clos, jusqu'à la fin, en 1996", précise le communiqué de presse des éditions Grasset.

*

 

17 octobre 1961.

Jean-Luc Einaudi, éducateur, a fait surgir la vérité sur l'existence du massacre.

Les archivistes Brigitte Lainé et Philippe Grand l'ont aidé.

----------------

Maurice Papon, ministre de Valéry-Giscard d'Estaing  durant 3 ans.

Ministre du budget durant 1143 jours, dans le gouvernement Barre

-----------------

Festival international du film d'Amman.

Cigare au miel, de Karim Aïnouz, a remporté l'Iris noir dans la catégorie du long métrage de fiction.

--------------

Critique : Cigare au miel.

 

(…) Le père de Selma (Lyes Salem), avocat, et sa mère gynécologue (Amira Casar), qui appartiennent à l'érudite bourgeoisie berbère immigrée en France, lui inculquent que la priorité dans la vie, c’est étudier, mais ensuite, ils tentent de manière plus ou moins voilée de lui arranger un bon mariage, en organisant de bons dîners en présence d’amis de famille qui ont des fils éligibles. "À quoi ça sert d’étudier, si ensuite ce qui compte, c’est de se marier ?", demande avec raison la jeune fille, question à laquelle sa mère, qui a renoncé à sa carrière pour l'élever, ne sait pas bien répondre. 

Publication de « Ici on noya les Algériens » par Fabrice Riceputi - 

La bataille de Jean-Luc Einaudi.

Histoire coloniale et postcoloniale

---------------

 

Il a été l'un des protagonistes des procès Barbie et Touvier... Me Ugo Iannucci, l'ancien Bâtonnier de Lyon, est mort.

L'avocat Ugo Iannucci est décédé. Enfant du bidonville de Gerland dans les années 40, fils d'un maçon italien, il était devenu l'un des avocats lyonnais les plus connus. Il a notamment participé au procès de Klaus Barbie en 1987 avant de devenir Bâtonnier de Lyon.

(…) Hommage également dans la profession. L'avocat lyonnais Alain Jakubowicz revient sur son parcours : "En 1989, le conservateur Barreau de Lyon a élu un Batonnier communiste. C'est dire les qualités humaines et professionnelles du Batonnier disparu aujourd'hui". Son adhésion au parti communiste était un engagement politique fort mais lucide. Et il conclut : "le noir de notre robe est ce soir celui du deuil"

 

17 octobre 1961 

"Un crime d'état" 

----------

Alger interdit le survol de son territoire aux avions militaires français.

NDLR : Mais que fait Benjamin Stora dans cette galère ? Macron est imprévisible. Il dit tout et son contraire !

 

Nouveau sérieux dérapage de Macron : le président français exaspère Alger.

 

(…) En somme, Emmanuel Macron saborde sa propre initiative par laquelle il affirme vouloir réaliser un «travail de mémoire» pour tourner la page du passé honteux de la France en Algérie où les pires atrocités ont été commises tout au long des 132 ans de colonisation. Se trouvant devant un dilemme inextricable, le successeur de François Hollande, qui repart en outsider en campagne pour sa propre succession en 2022

(…) Lors de sa rencontre de ce jeudi avec une vingtaine de «petits-enfants de la Guerre d’Algérie», il a martelé son envie de «nourrir sa réflexion sur la réconciliation des peuples». Une méthode qui rappelle étrangement celle du souverain marocain qui harangue les Algériens comme s’ils étaient ses sujets.

Sexuel.

Le marché au Maroc et Algérie.

Au temps de la colonisation.

Domination des corps pour dominer le pays.

-------------

Hugues Nancy : «  La mission civilisatrice coloniale, une imposture dès le début ».

Après nous avoir conté la Révolution française dans un magnifique docu-fiction (lire l’« Humanité Dimanche » du 8 juillet 2021), Hugues Nancy explore cette fois le passé colonial de la France, de 1830 à 1945. L’histoire d’une violence systémique, et de ceux qui l’ont, à l’époque, dénoncée. Un film à découvrir sur France 3, le lundi 4 octobre. 

(…) La critique, la dénonciation du système colonial ne pouvaient passer à mon sens que par les acteurs de l’époque. Aujourd’hui, il s’agit de parvenir à assumer cette histoire tous ensemble. 

 

17 octobre 1961 – 17 octobre 2021 : 60ᵉ anniversaire – Vérité et Justice.

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par le gouvernement de l’époque dont le Premier ministre, Michel Debré, était hostile à l’indépendance de l’Algérie, et le Préfet de Police Maurice Papon sous ses ordres. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés – notamment par la « force de police auxiliaire » – ou, pour nombre d’entre eux.

 

Lire aussi:

Publié dans mes poésies

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article