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mes poesies

Pierre Assouline - Paul Durand-Ruel, le marchand des impressionnistes.

Publié le par bmasson-blogpolitique

Pierre Assouline

Grâces lui soient rendues.

Paul Durand-Ruel, le marchand des impressionnistes.

Editions Plon.

2002

« Grâces lui soient rendues » est une expression de Clémenceau qui était dreyfusard, contrairement à Durand-Ruel (p 354).

Son père a été vendeur en papeterie, puis vendeur de tableaux. Paul s’émancipe du goût familial. Il porte sa première admiration artistique sur l’œuvre de Delacroix (p 69).

Paul Durand-Ruel, royaliste, a été le créateur de « la révolution du regard ». Cherchez ici la contradiction (p 41). Il s’engage, jeune homme, à faire aimer les artistes qu’il aime (p 68). Mécène commerçant, c’est lui qui dictera son goût au public (p 319).

Il défendait ses propres intérêts et avait la peinture pour religion (p 329). Audacieux, il flaire la nouveauté et a du goût pour la qualité (p 97). Il change de lieu de galerie, plus vaste, rue Laffitte, ce qui lui permet d’y exposer des tableaux de plus grande taille (p  102).

Joueur (p 35), comme avec la roulette russe, il a pensé au suicide (p 209).  Doté d’une folie intérieure, il pouvait aller jusqu’à la faillite (p 121). Il était intransigeant, résolu et déterminé (p 166).

Le public se détourne des œuvres des Impressionnistes ? Il les vend à des collectionneurs (p 196).

Puisque l’Etat a failli avec l’art contemporain, Durand-Ruel s’est engouffré dans le marché de l’art (p 306).

 

Elisabeth Vigée Le Brun a eu du mal à être reçue à l’Académie de peinture. Est-ce parce que son mari était un marchand de tableaux ? (p 37).

Eugène Delacroix, en 1850, est l’objet d’une rumeur persistante. On le nomme le fils naturel de Talleyrand* (p 65).

Jeanne de Tourbey** a été la scandaleuse maîtresse de Khalil-Bey, le propriétaire de « l’Origine du monde » de Courbet (p 96).

Lola Montes****, une aventurière irlandaise, eut pour amant Louis 1er de Bavière (p 10).

 

Mary Cassatt, originaire de Pittsburgh (p 258), décide de peindre en voyant des œuvres de Degas chez Paul Durand-Ruel (p 168). Il la subventionne chaque mois à partir de 1880 (p 203). Elle a travaillé avec Renoir en Bretagne (p 258). Elle devient la conseillère pour élaborer la collection de peintures des Havemeyer****, le roi du sucre (p 273), aux USA (p 259). Havemeyer entre en concurrence artistiquement avec Camondo (p 323).

Après l’installation fructueuse de Paul Durand-Ruel aux Etats-Unis, les relations entre Mary et Paul deviennent conflictuelles. Elle critique son côté bigot et ses quatre enfants (p 334). Elle lui reproche de ne pas vouloir vendre ses oeuvres en France, lui qui préférait les vendre aux USA (p 361). Elle se débarrasse d’un portrait en le confiant à Vollard. C’était une extrême provocation quand on sait que Durand-Ruel exigeait d’être le seul marchand d’un artiste (p 362). Elle n’aimait pas la poigne de fer de Durand-Ruel (p 367).

Mary, célibataire, est décrite par un auteur américain nommé YRB comme une artiste qui produit des œuvres « qui sont ses enfants », contrairement aux femmes qui font de la peinture conventionnelle ! (p 289).

Après le décès du second fils de Paul Durand-Ruel, Mary essaie de le consoler dans sa propriété dans l’Oise (p 308).

 

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*

Talleyrand suivait et surveillait, de loin, la carrière de son fils naturel.

Wukali.

 

**

Marie-Anne Detourbay, dite Mademoiselle Jeanne de Tourbey et par son mariage comtesse de Loynes, née le 18 janvier 1837 à Reims et morte le 15 janvier 1908 à Paris, est une demi-mondaine et salonnière.

Elle est née  de père inconnu et d'une mère ouvrière à Reims. 

En sortant de chez la princesse Mathilde, Flaubert emmène les Goncourt chez Jeanne de Tourbey.

 

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Lola Montez · 17 février 1821 et morte à New York (États-Unis) le · 17 janvier 1861, est une danseuse exotique, actrice et courtisane d'origine irlandaise.

Au XIXe siècle, Lola Montès est une femme adulée, maîtresse de Liszt et du roi Louis 1er de Bavière.

 

****

Henry Osborne Havemeyer, né le 18 octobre 1847 à New York et mort le 4 décembre 1907 à Commack, fut un entrepreneur américain qui fonda la société American Sugar Refining Company en 1891. Après avoir été nommé vice-président de la société, il en devint plus tard le président

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Nadia Daam - Comment ne pas devenir une fille à chat.

Publié le par bmasson-blogpolitique

Nadia Daam

Comment ne pas devenir une fille à chat.

Editions Mazarine.

2018

 

Si elle avait plus de 35 ans en 2018, elle serait donc née vers 1982 ? En fait, non, elle est de 1978. (p 11)

Je me suis demandée ce que pouvait signifier ce titre : peut-être y a-t-il un lien avec une « chatlibataire » ? Elle rappelle qu’en 1986, les femmes célibataires subissaient l’opprobre général. Pense-t-elle que c’est mieux maintenant ? Elle explique qu’en 2000, le célibat féminin n’est plus vu comme disgracieux. Si c’était vrai ! (p 90). Mais alors pourquoi rompre le célibat ? « Tu t’imagines Cosette abandonnée de tous ? » (p 131).  Les célibattantes sont-elles toutes en dépression ? Elle compare le chômage de longue durée et le célibat de longue durée et trouvent qu’ils apportent tous deux de l’aigreur. Ah bon ? (p 133). Elle conclut qu’être seule, c’est ne pas pouvoir se reposer sur quelqu’un. Mais à deux aussi, puisque 75% des tâches ménagères reposent sur les seules épaules de la femme (p 148).

 

Nadia Daam est très ordonnée. Elle fait des listes pour tout. Elle se présente comme journaliste (p 17).

Les hommes commencent mal avec des surnoms de « sale con n°1 » (p 11). « Connard» et « Tocard » (p 54). Mais les femmes ne sont pas en reste : « Connasse », (p 61). « La pouffe » (p 73) « la pute » (p 126). La colère d’où qu’elle vienne la fait déborder vers un registre communément réservé aux hommes. Mais quelle est la femme qui n’a jamais dit un gros mot ?

Elle distingue la femme fatale incarnée par Marion Cotillard de la femme rigolote qui peut être qualifiée de cinglée (elle pense à Julie Depardieu) (p 72).

Elle décrit une jeune « catho » comme étant occupée par ses neuf frères et sœurs. Comme cela ne lui suffit pas, elle veut avoir cinq enfants plus tard (p 80).

Quand on nous rabâche à longueur de temps que l’on est plus fort à deux, elle répond que dans les cas des féminicides, c’est sûr, il y en a un qui l’est (p 146).

Elle se moque des applications où il faut lécher tout ce que l’on veut sur son téléphone. Elle se demande si Charles de Gaulle aurait utilisé le « Kissing Simulator »* (p 22).

Elle fantasme sexuellement sur Benoît Magimel (p 45).

Sur les sites pornos, le mot le plus frappé est MOM, qui signifie MAMAN  Inquiétant, non ? (p 92).

Une femme cougar est-elle rassurante et réconfortante ? Par contre les hommes consentants sont vénaux. A 85%, ils sont intéressés par le revenu des femmes (p 94).

Elle n’a jamais porté de minijupe communément appelée « grosse ceinture » (p 104).

Les chaussures à talons donnent la scoliose et des cors aux pieds (p 115).

 

 

*

Le « Kissing Simulator » est un Jeu vidéo de simulation, un Jeu d'action.
Il s'agit d'un simulateur d'amie virtuelle, un simulateur de Kissing, un robot de baiser numérique.

 

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Nadia Daam a été harcelée et menacée par des jeunes hommes après une rubrique qu’elle avait tenue sur Europe 1. Elle avait été obligée de déménager et de changer professionnellement de lieu de travail. Depuis, deux procès ont eu lieu.

Deux cyberharceleurs ont été condamnés à six mois de prison avec sursis  et 2 000 euros d'amende chacun pour le préjudice moral le mardi 3 juillet. 2018.

Un étudiant en philosophie de Rennes qui avait harcelé la journaliste Nadia Daam sur Internet après une chronique sur Europe 1 qui lui avait déplu a été  condamné à cinq mois de prison avec sursis. Il lui est reproché des menaces de mort par écrit et des menaces de commettre un crime sur la journaliste Nadia Daam d'Europe 1.

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Histoire de la Normandie. Jean Mabire - Jean-Robert Ragache.

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Histoire de la Normandie.

Jean Mabire - Jean-Robert Ragache.

Editions France-Empire – 1986

 

 

Sous Auguste, il fallait une journée pour relier Caracotinum (Harfleur) et Southampton (p 20).

Les Normands nommaient les vallées profondes, avec le mot « fleur » (floi : estuaire, fljot : cours d’eau), d’où les noms de Harfleur et de Honfleur (p 46). Au 13e siècle, Saint-Louis va favoriser le développement du port de Harfleur pour en faire le rival de Rouen, une des capitales de la laine (p 166). Au 14e siècle, Harfleur est le principal port maritime du grand fleuve qu’est la Seine. Le roi d’Angleterre Henri V, y débarque et gagne la ville après un siège d’un mois (p 192). Avec le duc de Bedfort, fils d’Henri V, Harfleur va s’enrichir, tout comme Dieppe, Rouen, Saint-Valéry-en-Caux (p 196). En 1435, le duc de Bedfort meurt. Jehan de Grouchy et une centaine d’hommes s’emparent de Harfleur et contrôlent l’estuaire (p 205).

A la fin du 18e siècle, il est plus rapide d’aller à Portsmouth par mer, au départ du Havre, que de se rendre en diligence de Rouen à Paris (p 248). Plus tard, au 19e siècle, il faudra quinze heures de diligence entre Evreux et Paris (p 319).

 

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Les Francs de Normandie proviennent du Rhin et sont germaniques (p 24). Une fois installés en Normandie, ils renient leurs origines nordiques (p 25).

 

Les Vikings, cruels, mènent une guerre de religion contre  les Francs normands qui ont tout renié et se sont christianisés. Ils attendent la mort de Charlemagne, leur redoutable ennemi,  pour attaquer en 814 (p 39). Vingt ans s’écouleront entre les deux premières attaques (p 48). Après la bataille navale de 872 en Norvège, les vaincus s’exilent avec leur famille, refusant de se soumettre (p 30). . Ils recherchent des terres où s’installer.  Plus tard, les familles arrivent en Normandie pour l’émigration (p 28). Les Vikings organisent leurs raids durant l’été, au début, puis en hiver. Ils s’installent à Bonnières à l’année après 851 (p 40). Ils attaquent Les monastères, mais les cadres Vikings seront les premiers à se christianiser (p 48).

Rolf le Marcheur (= Rollon, Rou, Rholf) (p 61) vient du nord de Bergen (p 29). Les rois irlandais chassent les Vikings de leur île, au moment ou Rollon s’installe en Normandie (p 30). Il est le père de la patrie normande (p 46). Chez les Scandinaves, le roi est un pacificateur, il n’est pas un législateur (p 33). Rollon, en Normandie, va délimiter son territoire en utilisant les rivières, comme en Islande (p 37). La Normandie ducale va rompre avec les orgueilleux qui « accomplissent leur destinée » (p 38). C’est un peuple turbulent (p 84). Rolf sera enterré à Rouen, contrairement aux chefs Vikings qui sont brûlés avec leurs vaisseaux de guerre (p 53).

Après 918, Rollon obtient le contrôle de l’archevêché (p 41). Le Pays de Caux est occupé par les Danois, le Cotentin par les Norvégiens (p 42). Rolf va cumuler le pouvoir militaire scandinave et le pouvoir politique carolingien. Les autres Scandinaves vont le rejoindre pour le partage des terres. La Normandie deviendra le garde-meuble des pillages des Vikings qui organisent des ventes d’esclaves d’origine slave  à Rouen (p 43). Au 18e siècle, les hommes et les femmes normand-e-s viennent se louer librement dans les fermes, ce pays ayant toujours ignoré le servage (p 251). L’absence de servage est un fait exclusivement normand. Dans cet état ne vivent que des hommes et des femmes libres  (p 77). Iels servent le Duc et se servent eux-mêmes. Mais gare aux réfractaires. La révolte des paysans normands contre le Duc, en 997, sera mâtée avec des yeux crevés (p 63).

 

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La coutume danoise était le concubinage (dansche manere). Les Normand-e-s ont toujours manifesté du respect pour les filles-mères (= mères célibataires) (p 49). De ce fait, la bâtardise de Guillaume n’a pas été contestée par les Ducs quand Robert, son père, est parti en pèlerinage en Terre Sainte en 1033 où il est  mort à l’âge de 25 ans (p 69). Le clan maternel le protège des tentatives d’assassinat pendant l’enfance de Guillaume. Sa bâtardise est transforme en honneur (p 72).

 

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Par superstition, 10 ans avant l’an 1000, Richard fait construire le monastère de Fécamp (p 60). Sous Richard II, des moines du Sinaï fréquentent l’école ecclésiastique de Fécamp (p 65).

Aux alentours de l’an 1000, la pêche au gros rappelle que la Normandie était un pays maritime (p 61). Les Vikings étaient des marins et des guerriers, mais aussi des paysans et des marchands (p 51). De nature indomptable, ils continuent à ne vouloir aucun maître (p 121). Vers 1578, cent cinquante bateaux normands pêchent les bancs de Terre-Neuve et à l’embouchure du Saint-Laurent (p 224).

 

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La « chanson de Roland » a été créée par le Normand Turold. Elle évoque les guerriers de Charlemagne (p 103). Les Vikings utilisent le nom topt (= villa des Francs) et qui s’est transformé en tot pour signifier un « emplacement libre pour une construction ». Bec provient du vieux scandinave bekkr qui signifie « ruisseau ». Becquet signifie « petit ruisseau » (p 152). Beuf provient de budh et signifie « baraque ».  Dal signifie « vallée ». Gard signifie « jardin ». (En anglais, c’est garden, NDLR) (p 46). Presque tous les termes du vocabulaire naval (environ une quarantaine) viennent des Vikings : bâbord, bribord, équipage, quille, mât, coque, carlingue, étai, etc. Sur le rivage, on peut ajouter havres, varech, nez, raz, etc. (p 49). Arlette, en norrois, signifie « noble amour » (p 66).  Bayeux est la dernière ville à parler le norrois, le scandinave,  jusqu’au début des années 1100 (p 138). « Haro » est une vieille clameur normande pour exiger justice. L’expression est encore utilisée en 1382 (p 188). Morel se prononce Mouret, à la normande. Un g’va est un cheval, dans le patois au 19e siècle. « Tu mourras sous la batyire (bât) comme un quéton (un âne), tandis que mei, j’mourrai à la hauteur, sûs la selle d’un biau g’va ! » (p 318).

 

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La conquête normande de l’Angleterre va provoquer l’hémorragie des intellectuels, des cadres et des religieux  normands au détriment de la Normandie (p 116).

 

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Débuts des années 1200 : Marie de France deviendra la première femme de lettres de langue française. Elle s’est exilée en Angleterre avec d’autres irréductibles Normands qui ne veulent pas céder devant l’autorité du roi français, Philippe Auguste. Tous et toutes se placent sous la bannière de Jean sans Terre (p 163).

 

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Après 1262, la Normandie compte deux cent mille feux taxés (= propriétés agricoles appartenant à une aristocratie rurale), avec environ un million d’habitant-e-s (p 170). La Normandie possédait un million et demi d’habitant-e-s avant la guerre de Cent Ans. Il en reste 500 000 à la fin du XVe siècle. La peste est passée par là aussi (p 207). Quand Louis XIV révoque l’Edit de Nantes*, les protestant-e-s émigrent. On compte 180 000 migrant-e-s normands et 20 000 foyers sont abandonnés entre 1685 et 1700 (p 236).

*

L’édit de Fontainebleau, signé par Louis XIV le 18 octobre 1685, révoque l’édit de Nantes par lequel Henri IV, en 1598, avait octroyé une certaine liberté de culte aux protestants du royaume.

 

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Louis X le Hutin* fait enfermer sa femme, Marguerite de Bourgogne, au Château-Gaillard, avant de la faire étrangler (p 175).

  • Louis X, dit « le Hutin », né le 4 octobre 1289 à Paris, mort le 5 juin 1316 à Vincennes, est roi de Navarre et comte de Champagne de 1305 à 1316 sous le nom de Louis Iᵉʳ et roi de France de 1314 à 1316, douzième de la dynastie dite des Capétiens directs.
  • Marguerite de Bourgogne est née vers 1290 et est morte (emprisonnée) en avril 1315 au Château-Gaillard.  Le 9 avril 1314, au lendemain de Pâques, à la surprise générale, la reine de Navarre ainsi que ses belles-sœurs, Jeanne et Blanche de Bourgogne, sont arrêtées sur ordre du roi. Elles sont accusées d’avoir entretenu une liaison adultère pendant plusieurs années avec deux chevaliers au service des princes, les frères d’Aulnay.  Louis aurait donc décidé d'en finir avec elle et de la faire étrangler dans sa cellule. 
  •  

 

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Au 14e siècle, les Normands ne possèdent plus de pouvoirs politiques dans leur région. Ils se réfugient dans le négoce, l’art ou la dévotion. Le Duché ne sera plus imité par l’Occident  (p 175).

 

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L’université de Caen est créée en 1432. Jusque-là, les Normands devaient traverser la Manche pour aller à Oxford pour y apprendre le droit (p 195).

 

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Des courtisans proposent d’appeler le nouveau port qui remplacera Harfleur ensablé, Franciscopolis.

Franciscopolis est le premier nom de la ville du Havre au moment de sa création par François 1er (p 212).

Louis XV visitera Le Havre en compagnie de madame de Pompadour en 1749 (p 247).

Des émeutiers prennent d’assaut la Tour François 1er le 15 juillet 1789 (p 266).

Onze mille tonnes de bombes ont été déversées sur Le Havre en septembre 1944 (p 337). Le nombre de civil-e-s normand-e-s décédé-e-s pendant la seconde Guerre mondiale n’a pas été publié. 30 000 mort-e-s ? 40 000 mort-e-s ? A Rouen, il y a eu plus de 1 000 décès, et au Havre, plus de 5 000. Trois villes ont été épargnées : Bayeux, Honfleur et Bernay (p 338).

On prévoyait 900 000 habitant-e-s pour Le Havre pour l’an 2000. NDLR : on en est loin. En fait, la région parisienne aspire les forces vives normandes (p 340).

 

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Au XVIIe siècle, Nicolas Poussin* est le plus grand peintre, mais reste longtemps méconnu. Paris lui refuse la consécration. Rome la lui donne. Nicolas Poussin passera sa vie en exil, refusant les intrigues de l’Académie (p 239).

*

Nicolas Poussin, né en juin 1594 au hameau de Villers, dans la commune des Andelys, et mort le 19 novembre 1665 à Rome, est un peintre français du XVIIᵉ siècle, représentant majeur du classicisme pictural. Formé à Paris, il a exercé principalement à Rome à partir de 1624.

 

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Au 18e siècle, « Aguignette » est une chanson de quête pour le Nouvel An en Normandie, chantée le jour de Saint Thomas (p 256) :

Aguignette, miette, miette !

J’ons des miettes dans nos pouquettes,

Pour les jeter à vos poulettes.

Si elles pondent de gros œufs,

Mademoiselle donnez moi-z'en deux

Mais prenez garde de les casser

Si vous les cassez, vous me les paierez !

Aguignolo mon petit coco !

Bonne année, bonne santé

Couleur de rose

Fouille dans ta poche

S'il y a quéque chose….


.

"Aguignette" par Josette Gibaux

 

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Camille Saint-Saëns est né à Paris en 1835, mais il est d’origine normande. Il est comparé à Victor Hugo pour son mauvais goût (NDLR : ?) et sa prolixité (p 298).

 

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Dans la Grande Armée de Napoléon, les Normands sont nombreux dans la Cuirasse de Cavalerie (p 277).

 

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Au 19e siècle, les Normands se penchent sur leur histoire.

La Manche : Duhérissier de Gerville,

L’Eure : Auguste Le Prévost,

Le Calvados : Arcisse de Caumont,

L’Orne : Léon de la Sicotière,

La Seine-Inférieure : l’abbé Cochet (p 310).

 

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Le mot « alcoolisme* » est apparu en 1863 (NDLR : ?), mais le mal est plus ancien. La « goutte » tue en Normandie. La carte de l’alcoolisme recoupe celle de la plus intense pratique religieuse et du vote ultra-conservateur (p 327).

*

En 2021 :

L'alcoolodépendance (ou alcoolismeest une addiction à l'alcool qui a des conséquences néfastes sur la santé, la vie sociale et la vie affective. En France, on estime qu'environ 1,5 millions de personnes sont alcoolodépendantes et que 2,5 millions de personnes ont une consommation à risque.

NDLR : cela ne me paraît pas beaucoup….

 

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Pendant la seconde guerre mondiale, Montgomery* et Rommel**, descendants de huguenots normands émigrés, se battent sur la terre de leurs ancêtres (p 336).

*

Entre le moment où Gabriel de Montgomery rentre en France, en décembre 1561, pour combattre dans les rangs protestants à l’appel de son ami François de Bricqueville, baron de Colombières, et où il établit un prêche à Ducey et 1574, date de sa mort violente et prématurée, se déroulent douze années de combat quasi continu.

L’Anglais Bernard Montgomery est un lointain descendant d’un chef viking installé près de Vimoutiers (sur Twitter).

** L’Allemand Erwin Rommel descend des Huguenots qui ont été obligés de quitter la région d’Exmes, dans l’Orne, pendant les guerres de religion (sur Twitter).

 

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Georges Marchais et Roland Leroy sont devenus réformistes, plutôt que révolutionnaires. Ils sont normands tous les deux (p 339).

 

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Jean Mabire, né le 8 février 1927 à Paris et mort le 29 mars 2006 à Saint-Malo, est un écrivain, romancier, journaliste et critique littéraire français. Ayant signé de son nom la plupart de ses textes, Jean Mabire a aussi écrit sous les pseudonymes de Didier Brument, Éric Dubecquet et Henri Landemer. 

 

Jean-Robert Ragache, né à Charleville, en Ardennes, le 12 janvier 1939, est un historien français qui a été grand-maître du Grand Orient de France

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Salman Rushdie - Les versets sataniques.

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Salman Rushdie

Les versets sataniques.

Editions Gallimard – 1988

 

C’est inénarrable tant ce roman fourmille de personnages, de lieux et d’histoires sur 700 pages. Ses phrases peuvent durer sur douze lignes. Elles sont longues et il ne faut pas se perdre dans la suite des idées. Quel est le sujet et quel est le verbe dans cette phrase? (p 483). Ca ralentit la lecture et oblige à relire la phrase. Il ne termine pas toujours ses phrases. Il utilise de belles métaphores : « Un hélicoptère de la police urinait des jets de lumière dorée».

 

Quelques principes de l’auteur : « Quel genre d’idées es-tu » est sa définition de l’humain, de ses valeurs et de son imaginaire (p 175). L’imagination est plus forte que la vérité (p 214). Le langage, c’est le courage. Une idée énoncée devient vraie  (p 392). Un peuple qui croit à un mythe, malgré toutes les preuves du contraire, est ensommeillé ou fou (p 516). Le contraire de l’égalité c’est quand on doit obéir aux ordres (p 330).

Un écrivain gagne la postérité, peut-être pas l’éternité, quand il accepte la ruine de sa vie. Le diable a gagné (p 634). N’est-ce pas prophétique dans le cas personnel de Salman Rushdie ?

 

Les deux héros de ce roman passent de l’état d’humain à celui d’ange, de prophète, de démon et cela va les faire accéder à différents états, d’où leurs différents noms. Gibreel croit au monde du surnaturel (p 41). Gibreel raconte pourquoi il n’aurait pas explosé dans l’avion. Il l’a raté (p 380). Il faut bien une tentative d’explication rationnelle pour un acte fou. L’auteur se permet un jeu de mot avec « Tu m’as Allahbonne (= à la bonne ou abandonné ? NDLR) (p 134). L’ange Gibreel est le scribe du prophète Mahoud.

 

 

Saladin (= Salahuddin) est né en 1948. Il a treize ans en janvier 1961 quand il quitte Bombay pour rejoindre un internat dans un collège anglais (p 67). Il rêve d’intégration et adopte tous les codes vestimentaires et gestuels anglais (p 417). Un homme d’affaires a le sens de l’organisation et des règles (p 506). Salahuddin deviendra un homme sans foi qui peut se passer de Dieu (p 69). Quand il est en conflit personnel, son cerveau se bloque et Saladin tombe dans les pommes (p 80). Le changement dans sa tête est trop rapide. Hind pense qu’on s’évanouit par faiblesse (p 173). Pour justifier son succès, Saladin possède des biens : billets d’avion, argent, femme (p 94). Oups !

 

Les discours de Saladin et de Gibreel passent souvent pour des visions de folie aux yeux de leur entourage, et à leurs propres yeux aussi. Leur retour sur terre, après l’attentat qui a fait exploser leur avion au-dessus de la Grande-Bretagne, leur pose beaucoup de problèmes. Gibreel sera même soigné pour schizophrénie paranoïaque (p 594). Mais, ils ne sont pas les seuls à être fous. L’imam de Kensington est très, trop prudent. Mais on n’est jamais trop prudent. La paranoïa lui permet de survivre (p 290).

 

L’auteur nous fait voyager dans une multitude de pays. Nous partons au Bangladesh (Bang-la-dèche), en Inde, au Pakistan, en Grande-Bretagne, en Ecosse, dans l’Everest, dans la péninsule arabique, en Perse, etc. Les Anglais vivent sous l’eau, pendant des longs jours sombres (p 491). Le crachin anglais est d’une grisaille infinie (p 493). Londres est présentée comme terre d’asile en 1988. Elle préservait l’échelle humaine avec seulement une ou deux tours (p 555). On en bien loin en 2022 avec le Brexit et l’explosion des tours! Salman Rushdie dénonce les lois indiennes sur les pensions alimentaires qui sont plus réactionnaires que celles du Pakistan (p 736). Les religieux sectaires font monter la violence dans leurs mouvements religieux (p 738).

 

Le pardon et le non pardon sont des questions qui reviennent tout au long du récit. Rehka est nuageuse : « Maintenant que je suis morte, j’ai oublié le pardon, je te maudis » (p 22). Gibreel était pardonné en tous points, surtout sexuels (p 46). Puisque Gibreel est pardonné pour tout,  il ne comprend  plus quand il fait du mal autour de lui (p 47). Saladin, à Bombay, est de retour pour demander pardon. Mais est-ce uniquement pour le recevoir ou pour le donner ? (p 98). Pamela, la femme de Saladin, lui pardonnait son manque d’amour, mais ce fut son erreur (p 259). Quand Saladin s’aperçoit qu’il n’aime plus Pamela, il ne sait plus ce qu’il doit pardonner ou non (p 559). Les deux héros, Gibreel et Saladin  se retrouvent à Londres et ils se demandent : « Qu’est-ce qui est impardonnable ? » (p 530).  L’auteur raconte l’histoire d’un homme qui ne pardonna jamais à son amie d’avoir cassé un vase auquel il était très attaché, mais qui avait très peu de valeur. Par mesquinerie ? Par cruauté ? (p 561). Il devait être offensé qu’elle veuille briser leur amitié (NDLR).

 

Une scène ahurissante est hilarante. Elle raconte qu’un homme se met à couiner comme un cochon (p 229). Dans un pays où le porc est interdit, le marché noir est florissant et enrichit ceux qui en vendent. Pourtant, ce n’est pas facile de tuer un porc en secret, sans le faire couiner (p 525). Quand le chien de Pamela, la femme de Saladin,  a été enlevé par des pirates, elle a payé une rançon pour le récupérer et elle a constaté que le chien répondait à un autre nom que celui qu’elle lui avait donné (p 249).

 

Choisit-on de faire le Mal ou le Bien ? Choisit-on de faire le mal seulement au moment de le faire (p 600), (ou bien longtemps avant de le faire, NDLR) ? Niccolo Machiavel était un méchant, tout comme Mahomet-Mahon-Mahound un synonyme du mal (p 556). Il est plus facile d’être emporté vers le mal, sans retour possible (p 592).

 

Khalid, disciple de Mahmoud, parle des femmes qui pourraient devenir des déesses, par opposition aux vieilles grues, aux cigognes et aux sorcières (p 156).

La sorcière Hind peut transformer les hommes en serpent du désert, et les faire cuire avec leur peau pour le dîner. A soixante ans, elle ne vieillit pas (p 500). Hind sait faire remonter le temps en arrière (p 545).

Dans les versets, les femmes doivent être dociles, maternelles, bavardes seulement à la maison. En échange, elles obtiendront le Paradis.

Le docteur Uburu Simba griffait les femmes pour les faire taire (p 399).

Maslam ne veut pas de femmes vendeuses dans son magasin de trompettes (p 619).

L’Inde connaît la guerre des sexes (p 710).

Après la transformation de Saladin, sa femme ne veut plus de patriotisme, de Dieu et d’amour (p 365).

Pamela, enceinte, est alcoolique. On lui conseille : « Buvez un verre de vin au gingembre. C’est aussi bon pour le bébé » (p 625). Ouah !!??

Quand Jahilia* (nom imaginaire d’une ville arabe ? NDLR) adopte les cinq prières par jour et le refus de boire de l’alcool, ses femmes sont enfermées dans les maisons (p 522).

Il existerait des groupes de sorcellerie dans la police anglaise (p 626).

Ayesha, la sorcière aux papillons (p 673), exerce ses pouvoirs sur la foule et ceux-ci gardent leur force jusqu’au bout de l’épreuve (p 658).

Circé, la magicienne, transformait les hommes en porc (p 666).

 

Le Katha-Sant-Sagar** est plus long et plus merveilleux que les « Contes des mille et une nuits ».

 

Il décrit une tour en feu à Londres (en 1988, NDLR), quand Gibreel joue de sa trompette (p 610). En 2017, la tour Grenfell prend feu avec 71 mort-e-s, 8 disparu-e-s et 74 blessé-e-s!

 

La haine et l’amour sont liés. Par amour pour l’être aimé, on veut lui ressembler, et comme on n’y arrive pas, on le hait par la suite (p 593). Est-ce que l’amour dure plus que la haine ? se demande Chamcha (= Saladin) revenu à sa vie humaine (p 565).

 

Le cinéma est l’industrie de l’égoïsme (p 43). L’argent gagné au noir permet la luxure et les illusions (p 45). Un réalisateur est surnommé « Whisky-Sisodia » car le whisky est son « poison » préféré (p 474).

 

Les maquereaux prennent 90% des revenus des prostituées (p 636).

 

Talleyrand est un homme caméléon qui changea mille fois d’allégeances et de principes (p 287).

 

L’art de Picabia est considéré comme néofasciste car il est déshumanisé, puissant, brutal (p 435).

 

Il critique la chirurgie esthétique qui est la médecine de guerre moderne. Elle crée des êtres difformes (p 563) et il parle d’échecs (p 564).

 

*

La jâhilîya ou djāhilīya, désigne dans le Coran la période antéislamique, caractérisée par le polythéisme sur le territoire de l'Arabie. Le prophète de l'islam Mahomet avait attribué à un de ses opposants quraychites le surnom infamant d'Abû Jahl.

 

**

Katha Shaant Sagar Sukhmaini Sahib Steek
1673.

Giani Kirpal Singh was theologian and writer. He studied Sikh Scripture,Philosophy,Theology and History.He set up a group of his own to preach Gurma.

Giani Kirpal Singh était théologien et écrivain. Il a étudié les écritures sikhes, 
la philosophie, la théologie et l'histoire. Il a créé son propre groupe pour prêcher Gurma.

 

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Gertrude Stein - Autobiographie d’Alice Toklas.

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Gertrude Stein

Autobiographie d’Alice Toklas.

Editions Galliard – 1934

 

Il y a de la schizophrénie à se mettre dans la peau de sa compagne pour écrire sa propre biographie. Moi, lectrice, je me mets aussi à distance par rapport à ce qui est écrit. Le ‘Je’ devient ‘Elle’. Le ‘Elle’ devient ‘Moi’. Mais ce qui est raconté est passionnant, une fois ce paradoxe accepté et dévoilé uniquement à la dernière page. Personne ne l’a mieux connue qu’elle-même (p 78). Cette méthode lui permet aussi d’analyser son écriture et ses sources d’inspiration avec le temps. Gertrude assume ses idées et ses différences. On dit bien « On ne se connaît pas soi-même » ? Donc Gertrude réécrit son histoire. A commencer par son lieu de naissance qui ne lui plaît pas, les environs de Pittsburg. Ce sera la Californie ! Gertrude a écrit des romans, du théâtre, de la poésie, des descriptions de tableaux aimés, des élégies d’artistes (dont celle de Juan Gris, après sa mort) (p 255). William James lui avait conseillé de conserver sa liberté d’esprit (p 89). C’est chose faite. Gertrude adorait les intrigues et les conflits entre les gens (p 91). Malheureusement, elle n’a pas souvent été prise au sérieux (p 25). Vingt-cinq ans de leur vie commune sont racontés dans ce livre (p 267). Le couple a rencontré toute l’élite intellectuelle et artistique européenne et américaine. Hélène, leur cuisinière devra cesser de travailler pour elles en 1914, « selon les ordres de son mari » (p 156).

La question de l’oubli et du pardon est soulevée. Il peut y avoir du pardon et pas d’oubli. Et encore, pas de pardon et  pas d’oubli. Ce fut la posture adoptée par Gertrude vis-à-vis de sa propre mère (p 81). Les enfants éprouvent de l’antipathie pour leurs propres parents car ils sont trop proches d’eux quand ils ont besoin de liberté, et préfèrent leurs grands-parents (p 88).

Gertrude Stein était raciste envers les Noir-e-s : "leur grande misère ne tient pas à la persécution mais à leur néant. Les Africain-e-s ont une culture très ancienne et très étroite et iels n’en bougent pas » (p 253).

 

Alice rencontre Gertrude Stein qui fait partie des trois génies de l’époque avec Picasso et Whitehead (p 11). N’en jetez plus, la cour est pleine ! Matisse trouve Gertrude rusée (p 17) et elle est dépeinte comme une femme coléreuse (p 17).

Les personnes sont obsédées par l’idée d’aller à l’atelier du 29 rue de Fleurus pour voir les tableaux et les dessins achetés par Gertrude et son frère (p 19).

Fernande Picasso est surnommée de « femme décorative », et madame Matisse de « femme d’intérieur » (p 20)

Quand Vollard a payé un atelier à Picasso, celui-ci a pu se séparer de Fernande en lui donnant la moitié de la valeur de l’atelier (p 25). C’était honorable. Vollard s’est ruiné pour Cézanne jusqu’à ce qu’il lui a trouvé un public (p 256). Vollard était un homme grand, noir et qui bégayait un peu. Son magasin se situe rue Laffitte (p 36). Il était gai de caractère (p 37).Il est le seul, au début des années 1900, à vendre des Cézanne. Il est féru de cuisine et aime manger  (p 46).

Picasso se demande « Pourquoi se marier pour divorcer ensuite ? » (p 31).  Quelle prophétie… Gertrude trouve que Picasso à une vision magique, à l’espagnol, de la vie. Elle est amère et douloureuse (p 86). Picasso a commencé à peindre au Ripolin quand il vivait à Montrouge (p 152). Eve, (= Eva Gouel, cubiste, NDLR) sa nouvelle compagne, meurt à Montrouge à la fin de la Première guerre mondiale (p 181). La Princesse de Polignac accompagnera Picasso chez Gertrude pendant la Première Guerre mondiale (p 181). En 1918, il épouse « une vraie jeune-fille »  (= Olga Khokhova, NDLR) (p 199). Gertrude rencontrera la maman de Picasso lors d’un séjour à Antibes vers 1922 (p 235). Parce que Gertrude aime les cochons, Picasso lui en dessinera plusieurs (p 98).

Guillaume Apollinaire était radin et détestait se séparer de son argent (p 67). Elle revient plus tard sur sa répugnance à payer (p 107). Après la mort de sa maman, Marie Laurencin rompt avec Apollinaire car il ne représente plus d’intérêt. Sa mère appréciait Apollinaire, mais morte, cela ne suffit plus.  Marie épouse un Allemand qui lui fait penser à sa maman. A cause de la Première guerre mondiale, elle est obligée d’aller vivre en Allemagne. Elle divorcera pour pouvoir rentrer en France (p 70). Marie chante des chansons normandes à la fin d’un banquet en l’honneur du douanier Rousseau à Montmartre (p 116).

Dans l’atelier de Matisse, un Hongrois a causé un scandale en mangeant la mie de pain qui servait de gomme aux étudiants. Cet événement révèle les problèmes d’hygiène alimentaire et la misère qui existaient (p 75).

Georges Braque, médaillé de guerre, s’est fait traiter de « cochon de Normand » par un expert avec qui il s’est disputé après la guerre de 14-18.

Epstein, l’auteur de la statue des sphynx dédiée à Oscar Wilde , fait partie de l’entourage (p 136).

André Gide passe une soirée en leur compagnie, à Florence, dans la villa Curonia de Mabel Dodge, mais la soirée fut ennuyeuse (p 142). Plus tard, Gertrude retire Gide de la liste des génies  « Picasso – Stein – Gide » (p 26). !

Marcel Duchamp ressemblait à un jeune croisé normand (p 144).

Un Américain, John Reed, a vu des sorcières poursuivies dans les rues de Salamanque p 145).

En 1914, à Londres, Gertrude, pour toucher de l’argent, s’aperçoit que son cousin, de France, connaissait son poids et sa taille. Quatre ans plus tard, elle le rencontre et lui demande comment il le savait. « Par l’ambassade américaine » ! Pas besoin d’Internet pour connaître la vie intime des personnes, NDLR.

Gertrude parle de l’arbre de Victor Hugo, boulevard Raspail, en 1915 (p 170).* Les Américains sudistes se passaient « Les Misérables » de Victor Hugo de main en main pendant la guerre de Sécession (p 254).

A Majorque, pendant la guerre de 14-18, aucune femme ne savait ni lire, ni écrire (p 177).

Gertrude pense que Fitzgerald, qui  a écrit Gatsby le magnifique, sera encore lu après sa mort, quand d’autres illustres écrivains seront oubliés (p 233). Elle ne s’est pas trompée.

En 1925, pour préparer une conférence à Oxford, elle va chez Nathalie Barney (p 248). Plus loin, Sherwood Anderson fait une description peu élogieuse de Nathalie Barney : « C’était une réception pour une grosse femme qui avait l’air d’un train de marchandises déraillé » (p 261). Ouah !

 

* Mémoire de l’acacia de Victor Hugo

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Lire aussi:

 

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Gilles Leroy - Nina Simone, roman.

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Gilles Leroy

Nina Simone, roman.

Editions Mercure de France – 2013

 

L’auteur précise que c’est un roman, pas une biographie. Pourtant, il est bien obligé de suivre la vraie vie faite de hauts et de bas de Nina Simone. Il la fait vivre à Marseille, alors qu’elle a vécu à Bouc-Bel-Air puis à Carry-le-Rouet. C’est James Boldwin qui lui aurait fait découvrir le sud de la France (p 116).

Elle commence mal sa vie. Sa maman ne l’aime pas. Elle est sans amour pour sa fille (p 68). Elle se marie sans amour non plus (p 53). Le mariage ne tient pas et elle épouse un mari violent, jaloux et possessif qui ne manifeste aucune tendresse (p 114).

Elle choisit son nom de scène « Simone » en hommage à Simone Signoret (p 42). Mais Nina deviendra une femme désabusée, excessive, meneuse d’hommes, exigeante et qui s’est battue pour survivre dans un monde de requins. Elle aime le luxe. Elle n’est pas méchante, mais elle est  violente (à l’image du monde, NDLR) (p 153). Elle a tiré dans les jambes d’un adolescent de quinze ans (p 88) parce qu’il faisait des bombes dans la piscine (p 155) !

 

Ses parents rêvaient de la marier à un chef d’orchestre et elle démarre sa vie à pianoter dans les bars (p 142).

Elle s’oppose à Billie Holliday qui inspirait la pitié des Blancs car, elle, elle se tient droit (p 146). Mais elle a signé, naïve et confiante, un contrat qui l’a dépossédée de ses droits et elle a perdu un millions de dollars (p 144). Sa chanson « My Baby just cares for me » a été utilisée par Chanel. A-t-elle été payée ? (p 89). Mais elle trouve que c’est la chanson la plus mièvre de son répertoire (p 241). Elle considère que son succès est du à 90% à son ambition et 10% à son état de femme amoureuse (p 224). Mais si un homme lui demandait de choisir entre lui et son piano, elle savait lequel choisir. Elle a massacré certains de ses spectacles et, le public, insulté, l’aimait quand même (p 253).

 

Les USA sont nommés les « United Snakes of America (p 96). Elle a subi dans sa vie le système américain qui inocule le racisme à tout le monde (p 149). Elle a été pendant quinze ans sans faire de disque car les maisons de disques refusaient son hymne pour le Mouvement (dans les années 1968). Elle a aussi subi la misogynie des  Noirs qui n’ont pas voulu de son Hymne non plus car créé par une femme (p 160).

 

Elle trouve Woody Allen ridicule avec sa « clarinette astiquée par la bonne » L’allusion est ouvertement sexuelle ! Mais elle a trouvé dur de tourner pour ses shows avec des hommes qui pensaient qu’ils valaient mieux qu’elle. (p 82).

 

Est-elle bipolaire ? Elle parle de son traitement au lithium (p 90). Elle aurait été diagnostiquée à l’hôpital Necker. Alcoolique, elle avale 5 à 6 litres de champagne en une journée lors d’un séjour à Paris (p155).

Elle était homosexuelle (p 156).  Elle aurait côtoyé Zelda Fitzgerald qui est morte enfermée et brûlée vive dans un hôpital psychiatrique (p 219).

L’auteur lui fait terminer sa vie, seule, avec un cancer de la trachée artère (p 248). En fait, elle mourra d’un cancer du sein.

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Atelier Jacques Nicolas Théodore Blard 

Dieppe 

Château Musée

Un cochon qui fume.

NDLR: hommage à "Balance ton porc".

 

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Simone van der Vlugt - La maîtresse du peintre.

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Simone van der Vlugt

La maîtresse du peintre.

Editions Philippe Rey – 2020

 

Voici l’histoire d’une femme niée par l’histoire et les historiens. Pire, elle a été dénigrée pendant des siècles.

Mais dans ce roman qui narre sa vie, l’autrice s’appuie sur des documents notariés accessibles au public seulement depuis 1965. La version du grand maître de la peinture, Rembrandt, a ainsi pu être confortée durant tous ces siècles. Les documents sont publiés à la fin du livre, dont le testament de Geertje.

Voici l’histoire de la bagarre du pot de fer contre le pot de terre. Ce conflit porte encore des traces actuellement. La directrice du musée Rijksmuseum d’Amsterdam a pris fait et cause pour Rembrandt.

 

Une petite bonne, nourrice de Titus, fils de Rembrandt, va se rebeller contre le triste sort que lui réserve Rembrandt quand il voudra changer de compagne. Il l’abandonne avec soixante florins par an, et les bijoux que portait sa femme. Pour comparaison, un artisan gagnait trois cents florins par an. Elle ne peut ni vendre, ni mettre en gage les précieux bijoux. Rembrandt lui impose de les garder avec elle jusqu’à sa mort, car Titus en héritera. Voilà Geertje écartelée entre sa propre subsistance et son amour pour Titus. Comment survivre en cas de maladie avec si peu d'argent?

 

Rembrandt  lui avait donné les bijoux pour la garder auprès de lui, le concubinage étant sévèrement puni à ce moment-là en Hollande par des amendes ou la bannissement (p 121). Les bijoux servaient à sceller un pacte de vie de péché accepté entre eux (p 138). Leur conflit après leur séparation va se cristalliser sur les bijoux (p 188).

 

Geertje Dircx, c’est son nom, va insister pour faire augmenter la pension en allant devant les notaires ou les juges. Elle obtient, en 1649, deux cents florins par an (p 298). Jusqu’à ce que Rembrandt explose la colère contenue en lui. Il en a assez. Il n’en peut plus. Elle ira en prison. Il s’appuie sur le témoignage du frère de Geertje qui certifie qu’elle se prostitue pour la faire enfermer à Gouda. Elle logeait dans une auberge,  pour régler le conflit avec Rembrandt, mais les femmes s’y prostituaient (« si tant est qu’on puisse parler de profession », p 203).

 

La trahison de son frère Pieter sera connue par Geertje vers la fin de son emprisonnement. Les hommes lui ont imposé leur loi. Son frère s’est allié avec Rembrandt. qui a préféré payer pour la geôle, au lieu d’augmenter sa pension (p 256) ! En prison, Geertje lira chaque jour la Bible, qui est un récit « plein de vengeances et de violences » (p 241). Personne ne saura où elle se trouvait (p 267).

Grâce à une amie, la punition de douze ans sera réduite à cinq ans. Là encore, l’autrice publie les actes écrits par les juges ou les témoignages de moralité pour sa libération.

 

Geertje Dircx serait née vers 1610 (p 277). Jeune fille, elle nettoyait les poissons à Edam. Son mari meurt noyé en mer, très peu de temps après le mariage. Veuve sans enfant, elle garde des enfants d’un couple dont elle a tenté de sauver de la noyade un des garçons. Puis, elle garde l’enfant de son frère. L’autrice imagine qu’il s’était marié, ne possédant pas d’informations précises sur celui-ci. Elle entre au service de Rembrandt. Sa femme Saskia est mourante. Elle a attrapé la phtisie*. L’autrice suppose que Geertje est entrée au service de Rembrandt avant le décès de Saskia. On apprend que les élèves du peintre mangeaient du hareng et du pain le midi (p 73). Dans le tableau de la milice des mousquetaires, « la petite fille qui errait au milieu des mousquetaires avait le visage de Saskia » (p 88). Quand elle sort à l’extérieur avec Titus, elle le porte dans une écharpe entourée autour d’elle (p 77). Elle devient la maîtresse de Rembrandt quand elle vend les tableaux du maître à l’accueil de la maison (p 117).

 

Rembrandt est décrit comme quelqu’un d’impopulaire, de querelleur, d’irascible, de rustre (p 120). Il y aura une bataille d’historiens à ce sujet (p 274). Il semble avoir été « extrémiste » (p 276). Il a fait faillite, vivant avec un train de vie au-dessus de ses moyens, étant trop dépensier (p 280). Mais pour éviter les saisies, il met la nouvelle maison au nom de sa dernière compagne, Hendrickje.

 

*

La phtisie ou phthisie est un terme médical historique désignant, au sens large, tout état ou processus évoluant vers l'émaciation et la consomption. Dans un sens étroit, le terme signifie phtisie pulmonaire, qui sera interprétée au cours du XIXᵉ siècle comme étant la tuberculose pulmonaire

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Geertje Dircx [ˈɣɪːrcə dɪrks], née vers 1610 à Edam et morte en 1656, est la maîtresse de Rembrandt après la mort de son épouse Saskia. Engagée comme nourrice de Titus, le fils du peintre, elle vit plusieurs années avec Rembrandt mais cette relation se termine par une série de procès et par son internement. Plusieurs œuvres de l'artiste passent pour être des portraits de Geertje Dircx mais ce point reste discuté.

Wikipédia.

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Geertje Dircx ( Edam, 1610 - 1615 - in of na 1656) was een minnares van de Hollandse kunstschilder Rembrandt van Rijn en het kindermeisje van zijn zoon Titus. Geertje benoemde Titus als haar voornaamste erfgenaam. Rembrandt liet haar opsluiten in een tuchthuis, toen ze een aantal ringen, die ze van Rembrandt had gekregen, bij de lommerd bracht.

 

Geertje Dircx (Edam, 1610 - 1615 - en ou après 1656) était une maîtresse du peintre néerlandais Rembrandt van Rijn et la nounou de son fils Titus. Geertje nomma Titus comme son principal héritier. Rembrandt l'a enfermée dans un pénitencier quand elle a apporté un certain nombre de bagues, qu'elle avait reçues de Rembrandt, à l'ombre.

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Lire aussi:

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Alison Lurie - La vérité sur Lorin Jones

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Alison Lurie

La vérité sur Lorin Jones

1988

Editions Payot & Rivages

Alison Lurie

Mon dessin

 

C’est une quête pour écrire la biographie d’une peintre, Lorin Jones, disparue dans les années 1968.

Pour cela, notre héroïne va rencontrer diverses personnes, proches de la peintre, et tenter de démêler le vrai du faux pour se faire une opinion avant d’écrire.

Les chapitres alternent entre la vie de la romancière et celle de Lorin racontée par ceux et celles qui l’ont côtoyée.

 

Page 39, Paolo Carducci décrit sa femme comme une personne qui ne cherche pas à créer, mais comme une personne qui « est une œuvre d’art ».

 

Page 67, elle rencontre Jacky Hébert, marchand d’art, et qui fait « des bruits de baiser à la façon des poissons rouges ».

 

Page 94, sa colocataire, Jeanne, n’aimait pas les homosexuels hommes, car « ils étaient loin de toute influence apaisante et civilisatrice des femmes ».

 

Page 100, elle explique avec quels termes on peut dénigrer les femmes :

« Chipie, garce, peste, mégère ».

 

Page 258, une de ses amies met en corrélation la corpulence des femmes et le type d’homme qu’elles peuvent rencontrer. Je vous laisse juge :

Une mince rencontrera un vieux paternaliste,

Une grosse rencontrera un homme qui veut qu’elle s’occupe de lui,

Une petite maigre rencontrera un homme méchant et macho,

Et si elle n’a pas de chance, il sera en plus destructeur.

 

Page 262, le couple patriarcal définit la femme comme celle qui suit son homme « comme une ombre ».

 

Page 332, Garrett courait « le prétentaine » (cette expression est de moins en moins utilisée, NDLR) et s’envoyait en l’air avec toutes les femmes qui voulaient de lui.

 

En dépit de toutes ces remarques, notre héroïne retrouvera quand même l’amour, à la fin de ce roman.

Pour combien de temps ?

 

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Christophe Mory. Marquise ou la vie sensuelle d’une comédienne.

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Christophe Mory.

Marquise ou la vie sensuelle d’une comédienne.

Editions du Moment – 2012.

 

 

L’auteur utilise des extraits de pièces de Molière pour les mettre dans la bouche de ses héros et héroïnes.

 

Le livre démarre fort en rappelant que Molière écrit dans « Sganarelle, ou le Cocu imaginaire » par la voix de Gorgibus : « Un père, quand il veut, peut sa fille baiser, sans que l’on ait sujet de s’en scandaliser » (p 18).

 

CÉLIE

Oui, je veux bien subir une si juste loi:
Mon père, disposez de mes vœux et de moi;
Faites, quand vous voudrez, signer cet hyménée;
À suivre mon devoir je suis déterminée;
Je prétends gourmander mes propres sentiments,
Et me soumettre en tout à vos commandements.

GORGIBUS

Ah! voilà qui me plaît, de parler de la sorte.
Parbleu! Si grande joie à l'heure me transporte,
Que mes jambes sur l'heure en cabrioleraient,
Si nous n'étions point vus de gens qui s'en riraient.
Approche-toi de moi, viens çà que je t'embrasse:
Une telle action n'a pas mauvaise grâce;
Un père, quand il veut, peut sa fille baiser,
Sans que l'on ait sujet de s'en scandaliser.
Va, le contentement de te voir si bien née
Me fera rajeunir de dix fois une année.

 

Le débat sur l’inceste existait à ce moment, et cet extrait permet de conforter ainsi l’autorité du père. Marquise aurait été victime d’inceste dans son enfance.

 

Madeleine Béjart avait pour amant le comte de Modène. Ils étaient parents d’une fillette (p 52). Le comte de Modène était ami avec le cardinal de Retz (p 91).

Corneille est fou d’amour pour Marquise. Il remet à la mode des personnages romains : Néron, Pompée, César, Cléopâtre (p 102).

Jean-Marc Depas

Pierre Corneille

Saint-Pierre-de-Varengeville

Centre d'art contemporain Daniel Havis

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De Rouen, la troupe de Molière part en bateau à Paris. Ils effectuent le voyage en deux jours, avec un arrêt à Vernon. Ils joueront devant le roi « Nicomède » de Corneille. Marquise endosse le rôle de Laonice (p 113).

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« Comment est-ce qu’on peut souffrir la pensée de coucher contre un homme vraiment nu ? » dans « Les Précieuses ridicules », Scène IV, MAGDELON, CATHOS, GORGIBUS (p 127).
 On ne dormait pas nu-e car il faisait froid. L’idée de la nudité effraie la jeune fille qui doit se marier prochainement.

 

GORGIBUS

Écoutez, il n’y a qu’un mot qui serve : je n’entends point que vous ayez d’autres noms que ceux qui vous ont été donnés par vos parrains et marraines ; et pour ces Messieurs dont il est question, je connois leurs familles et leurs biens, et je veux résolûment que vous vous disposiez à les recevoir pour maris. Je me lasse de vous avoir sur les bras, et la garde de deux filles est une charge un peu trop pesante pour un homme de mon âge.

 

CATHOS

Pour moi, mon oncle, tout ce que je vous puis dire, c’est que je trouve le mariage une chose tout à fait choquante. Comment est-ce qu’on peut souffrir la pensée de coucher contre un homme vraiment nu ?

 

MAGDELON

Souffrez que nous prenions un peu haleine parmi le beau monde de Paris, où nous ne faisons que d’arriver. Laissez-nous faire à loisir le tissu de notre roman, et n’en pressez point tant la conclusion.

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Corneille n’aime pas la « diction parlée » des vers de ses pièces, par la troupe de Molière qui ne veut pas céder. Il propose à Marquise, sensuelle, et à son mari, Gros-René, comique, des rôles dans le théâtre du Marais. Il veut décapiter la troupe de Molière en faisant passer Gros-René dans le registre dramatique ( p 131).

Molière avait libéré Marquise de son père, et lui avait offert le rêve « jusqu’à la présenter à Conti, à Corneille et au Roi » (p 138).

Illettrée, Gros-René a aidé Marquise à apprendre oralement ses textes. Mais Gros-René est toujours saoul. Marquise restera néanmoins avec lui (p 144). Cependant, elle s’éloigne de lui et le rend jaloux (p 189).

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« Une femme habile est un mauvais présage », dans L’Ecole des Femmes.

Molière

Les femmes habiles

L'Ecole des Femmes.

La dissertation - archives du bac.

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Les avortements seront effectués après l’arrivée de jeunes filles à la cour de Louis XIV. Olympe Mancini « ouvrit la voie des avortements » (p 210). Catherine Deshayes** faisait croire à des jeunes filles qu’elles étaient enceintes et ainsi s’enrichissait à leurs dépens. Elle effectuait « un simple lavement intime à l’eau chaude pour les persuader qu’elle avaient avorté » (p 211).

Molière est malade et s’isole. Il ne se présente pas au lever du Roi. Colbert dira : « Connaissant son courage, il doit être au plus mal » (p 229).

 

L’origine des perruques : les cheveux proviennent des personnes tondues dans les couvents, ou bien des crins de chevaux, ou bien encore des mort-e-s (p 273).

Marquise a traversé « les trois troupes les plus prestigieuses du royaume » (p 292).

 

Maîtresse de Jean Racine, il se dérobe lâchement quand elle lui annonce sa grossesse :

« -Je suis enceinte, dit-elle.

  • Et de qui s’il vous plaît ? » (p 297)
  •  

Elle meurt des suites d’une hémorragie due à un avortement effectué avec un tison brûlant par sa mère (p 311).

 

Christophe Mory rappelle que Molière et Corneille étaient rivaux, dans le théâtre et par amour pour Marquise. « Quelques siècles plus tard, des chercheurs voudront que Corneille écrivît les pièces de Molière. C’était méconnaître les deux hommes, et surtout de Marquise dans leur affrontement « (p 315).

 

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* Olympe Mancini, comtesse de Soissons et de Dreux, née à Rome le 11 juillet 1638 et décédée à Bruxelles le 9 octobre 1708, nièce du cardinal Mazarin, vécut à la cour de France, entre amours et complots, jusqu'à sa disgrâce, en 1680.

 

**

Catherine Deshayes, dite la Voisin, née vers 1640 à Paris et morte sur le bûcher le 22 février 1680 à Paris, est une tueuse en série (empoisonneuse) française, prétendue sorcière, mêlée à l'affaire des poisons.. Biographie. Née d'un milieu très modeste, La Voisin est mariée très jeune à un bijoutier de Paris, le sieur Antoine Montvoisin qui lui donna une fille Marie-Marguerite.

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Lilian Bourgeat 

Saint-Pierre-de-Varengeville 

Centre d'art contemporain Daniel Havis 

Piggy bank, 1998.

NDLR: j'y vois un petit cochon anéanti, tombé à terre, face aux féministes.

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Henry de Monfreid. L’Esclave du batteur d’or.

Publié le par bmasson-blogpolitique

Henry de Monfreid.

L’Esclave du batteur d’or.

Editions Grasset. 1958

 

Je me souviens de la série télévisuelle « Les secrets de la Mer Rouge ». Donc, ce livre m’a tentée.

Quelle surprise de découvrir l’état d’esprit raciste de son auteur, Henry de Monfreid !

Le livre a été écrit en 1956. L’histoire se situe en partie en Ethiopie. C’est une histoire d’amour à l’issue heureuse.

Il décrit les choix pour choisir une femme noire : valeur domestique, force pour porter l’eau et le bois, reproduction comme une poulinière (p 11). Les hommes blancs utilisent-ils d’autres critères ? Eux aussi veulent une femme qui s’occupe de leur foyer, qui gère l’entretien de la maison, et qui leur fasse des enfants.

Henry de Monfreid constate que les Noir-e-s ne s’aiment pas. L’amour « est très rare, exceptionnel même" (p 13). Vu le nombre de divorces en France, on peut imaginer que les Français-e-s qui le font ne se sentent pas aimées non plus.

Il décrit « les coutumes barbares de ces tribus primitives » (p 17). Tout est dit ! C’est vrai que d’étouffer dans le sol un enfant né par les pieds, ou des enfants jumeaux  est révoltant. Ces pratiques  ne sont pas réalisées pour l’humanité, mais pour respecter les usages de la tribu (p 18). Mais, en France, les enfants naissent, et ceux qui sont maltraités meurent plus tard, souvent à l’adolescence. Iels sont tué-e-s socialement ou abandonné-e-s dans des hôtels ou des campings.

L’esclavage en Ethiopie est interdit par les Français. Mais cette interdiction est contournée en faisant voyager les esclaves sous le statut d’épouse ou de fils (p 28). En Arabie, l’esclave peut être vendu-e. En Ethiopie, iel appartient à la famille. Une mère et son enfant ne peuvent être séparés (p 76).

Les Africaines ignorent la pudeur. « Et la pauvre Amina se mit nue devant le vieillard » (p 69). Quelle vision de la « nudité obligatoire » quand Amina est vendue comme esclave sexuelle et doit se dénuder devant son futur maître. Il me semble que les maîtres américains faisaient de même aux Amériques.

Les pêcheurs de perle meurent sur les côtes d’Adramout dans le Golfe Persique, mer chaude qui donne des maladies de peau (p 92) : requins, fièvres, poissons venimeux en sont la cause (p 90).

Au Soudan, il  décrit la vision de la mort comme « une éventualité sans importance ». Les Noir-e-s ont une « âme façonnée par la nature » (p 95). Henry de Monfreid les rapproche des animaux et leur retire les attributs humains.

Pire, iels sont incapables de se projeter dans le temps. « Comme pour les enfants, le temps est pour eux sans mesure, hors de l’heure présente" (p 97). Il les infantilise et les fait vivre uniquement dans l’instant présent.

Amina va rejoindre son amoureux « sous une nuée de mouches » (p 161). Avec l’extinction des insectes, verrait-on encore maintenant cette nuée de mouches ?

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