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Conduire à contre-sens: les deux versions

Publié le par bmasson-blogpolitique

~~Conduire à contre-sens.

Version de la conductrice A.

« Ouh, la, la ! Normalement, à cette heure-là, il n’y a plus personne sur les routes. A quatre heures et demi du matin, tout le monde dort. Moi, je vais me coucher. Je reviens de chez Philippe. Quelle fête sympa pour son anniversaire ! J’ai un peu bu, mais pas trop. En fait, je ne sais plus combien de verres j’ai descendu. En général, je tiens bien l’alcool. J’ai l’habitude de conduire et je n’ai jamais eu d’accident.

 

Je ne vais pas bien loin pour rejoindre mon lit. J’habite à dix kilomètres. Bon, à ce carrefour, je dois faire attention et me concentrer. Je dois traverser la voie rapide qui arrive par la gauche, puis céder le passage à une voie de dégagement qui arrive par la droite. Et enfin, rejoindre l’autre voie rapide par la file de gauche. S’il n’y a personne, je dois couper les files, et me serrer à droite. Compris ? Go ! Je n’aime pas ce carrefour. Cet ingénieur des ponts et chaussées aurait pu faire plus simple, non ? Je ne sais pas, moi, un rond-point, peut-être…Bon, vous me direz qu’en plein milieu d’une voie rapide à deux files, un rond-point, ça freine et ça ralentit…Une passerelle ? Bof, ça peut s’écrouler. Je connais une ville championne en passerelles. Ca ressemble à des verrues sur le visage. Ca tremble à chaque arrivée de voitures. Et quand vous bouchonnez dessus, c’est terrible de sentir les vibrations* !

*Tag

Néfrit

OCM vibration

Marseille

 

Un tunnel par en-dessous ? Oui ! Or, nos archi-conceptualiseurs vont répondre que ça coûte cher… J’angoisse quand même en plein jour. Alors, la nuit ! Bon, je vais où ? La tête me tourne. Vite ! Au lit ! J’ai les yeux qui papillonnent. Ce n’est malheureusement pas une nuit de pleine lune. Ca m’aurait aidé à y voir un peu plus clair. Tout est sombre et il n’y a personne. Ils dorment tous. Allez, j’y vais. Première, deuxième, troisième, ça y est, c’est la vitesse de croisière. C’est bizarre, d’habitude, je trouve cette traversée de carrefour plus compliquée et dangereuse. Là, j’arrive directement sur la bonne file ! Ouah !!!!! Ils roulent à contre-sens ! J’ai en face de moi TROIS voitures qui déboulent à toute vitesse !!!! Mais qu’est-ce qu’ils ont bu ? Vite ! La pédale de frein ! Je pile sur la voie d’urgence ! Mes pneus crissent. Mon cœur se soulève… J’ai failli mourir, tout ça à cause de chauffards qui ne savent plus sur quelle planète ils roulent ! Ils ont failli me rentrer dedans ! Ce sont des fous ! Pire, des inconscients… »

Ouah !!!!! Ils roulent à contre-sens ! J’ai en face de moi TROIS voitures qui déboulent à toute vitesse !!!! Mais qu’est-ce qu’ils ont bu ? Vite ! La pédale de frein ! Je pile sur la voie d’urgence ! Mes pneus crissent. Mon cœur se soulève… J’ai failli mourir, tout ça à cause de chauffards qui ne savent plus sur quelle planète ils roulent ! Ils ont failli me rentrer dedans ! Ce sont des fous ! Pire, des inconscients… »

Conduire à contre-sens: les deux versions

Version de la conductrice B

« J’adore les départs en vacances. Remarquez que j’aime bien rentrer chez moi après. Dans une demi-heure, je déposerai les valises dans l’autocar, et à moi la belle vie pour deux semaines dans le nord de l’Europe. La Belgique, les Pays-Bas, le Danemark, la Suède et pour terminer la Finlande ..

Je rêve du Cap Nord depuis des années. C’est réservé : j’y vais. En plein jour, avec la circulation, ce trajet peut durer trois-quarts d’heure. Mais à quatre heures et demi du matin, ça roule bien. Il y a bien quelques camions de ci, de là, mais je fonce à cette heure de la nuit. Je traverse la voie rapide qui arrive de la gauche. Personne. Super ! Je rejoins la voie rapide et je me range à droite après avoir laissé passer deux voitures. La deuxième, dans son envol, dépasse le premier véhicule. Je suis prudente. Je ne sers jamais les véhicules. Je garde toujours une distance de sécurité. La dernière fois que j’ai utilisé l’autoroute, une voiture qui était à l’arrêt au-milieu d’une bretelle de sortie, a démarré juste devant moi, en me coupant la route !

J’ai freiné et l’ai laissée partir loin devant moi… Nos voitures vrombissent en pleine nuit. C’est bien les vacances. Je ne roulerai jamais à cette heure-ci quand je travaille. C’est un horaire exceptionnel pour une destination de rêve… Tout-à-coup, à la sortie du tournant, j’aperçois les phares d’une voiture qui arrive à contre-sens. Depuis le temps que je voyais des reportages à la télévision sur ce problème ou que je lisais des articles sur ce sujet, j’étais confrontée au réel ! Elle roule à notre gauche à contre-sens et risque de heurter le véhicule blanc qui dépasse. Heureusement, pour une fois, je ne dépasse pas ! J’entends les pneus crisser et je vois la voiture qui s’arrête net sur le bas-côté. Ca a duré une demi-minute. Trente secondes pour frôler la mort ! Mais d’où vient-elle ? Pendant combien de temps a-t-telle roulé à contre-sens ? C’est en dépassant le carrefour que je comprends que c’est à cet endroit-là que le chauffeur s’est mal dirigé…Pourquoi ce chauffeur s’est-il trompé ? La voiture blanche aurait pu faire une embardée et heurter la voiture qu’elle dépassait. Ou bien, elle aurait pu se scratcher de plein fouet sur la voiture qui arrivait en face. Moi, est-ce que j’aurais eu le temps de freiner et d’éviter l’accident ? Trente secondes pour tout évaluer, et nos voitures continuent de rouler. La voiture blanche termine son dépassement, se rabat à droite, et file dans la nuit comme si rien ne s’était passé… »

Autoroute

Publié dans mes poésies

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Des souris et des hommes- John Steinbeck-

Publié le par bmasson-blogpolitique

 

Des souris et des hommes.

De John Steinbeck.

Autant de misère rassemblée dans une même ferme des Etats-Unis, dans les années 1930, ce n’est pas possible !

Et pourtant, Steinbeck l’a fait…

 

Un routard, allant de travail en travail et de ferme en ferme, s’est acoquiné avec un être simple d’esprit sur qui il veille.

Ce simple d’esprit, gentil mais doté d’une force supérieure à la normale, ne peut se débrouiller seul dans la vie.

Pourquoi ces deux êtres que tout sépare restent-ils ensemble ? La peur de la solitude l’emporte sur tout.

Dans cette ferme, un ranch de Soledad, trois autres personnes aux destins tragiques y vivent : la femme du fils du propriétaire, fraîchement mariée. Un homme très âgé et un ouvrier agricole noir.

Trois solitudes à l’état pur.

La jeune femme n’aime pas son mari et recherche de la compagnie pour pouvoir parler.

 

Mais, dans une ferme américaine de ces années-là, il n’y a que des hommes et ils la regardent avec suspicion, pensant qu’elle cherche à les aguicher.

Le Noir, lui, est rejeté pendant les temps libres par les autres. L’argument de l’odeur nauséabonde est utilisé par les blancs ! Il se retrouve seul, dans une chambre où personne ne vient. Il lit…

L’homme âgé a peur d’être mis au-dehors de la ferme quand il ne pourra plus effectuer les petits travaux d’entretien. Il ne touche pas de retraite…

Face à leurs destins misérables, ils rêvent. Ils aimeraient acheter leur ferme dans laquelle ils imaginent une vie heureuse. Ils rêvent d’un pot commun dans lequel ils verseraient leurs maigres économies.

 

Mais, la jeune femme connaîtra une fin tragique dans les mains de notre simplet qui panique et la fait taire définitivement.

Les blancs de la ferme appliquent une justice expéditive : un chien est trop vieux ? Une balle dans la tête… Notre simplet ne doit plus recommencer ? Une autre balle évitera des frais d’internement !

 

Serait-ce là la douceur de vivre « made in America » ?

Le récit s'inspire d'un vers de Robert Burns : "The best laid schemes o'mice an'men gang aft a-gley"

« Les plans les mieux conçus des souris et des hommes souvent ne se réalisent pas ».

 

L’adaptation théâtrale a été réalisée par :

Jean-Philippe Évariste et Philippe Ivancic. Avec : P. Ivancic, J-P. Évariste, G. Le Devehat, P. Sarrazin, E. Dabbous, B. Henry, H. Déus et P. Ivancic, en collaboration avec le Théâtre 13.

Ce spectacle est à voir si le moral est au beau fixe… Devant cette triste fatalité de la vie…Il n’y a aucune échappatoire possible…

Des souris et des hommes- John Steinbeck-
Un Rottweiler et un gros chien noir attaquent en toute liberté...Ils sont les semeurs de mort

Un Rottweiler et un gros chien noir attaquent en toute liberté...Ils sont les semeurs de mort

Tag de souris à Marseille

Souris

Mickey Mouse mange des pâtes

Marseille

 

Graph

Souris chimiste

Avignon

Moitié souris, moitié chat sur un disque vinyl

Montage

Marseille

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« Lorsque notre nourriture, nos vêtements, nos toits ne seront plus que le fruit exclusif de la production standardisée, ce sera le tour de notre pensée. Toute idée non conforme au gabarit devra être éliminée. »

John Steinbeck        

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Publié dans Théâtre

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Bronx avec Francis Huster.

Publié le par bmasson-blogpolitique

Bronx avec Francis Huster.

 

Bronx

De Chazz Palminteri, mise en scène de Steve Suissa. Avec Francis Huster.

Calogero « Chazz » Palminteri est un acteur, réalisateur, scénariste et producteur américain né le 15 mai 1952 à New York aux États-Unis. D'origine sicilienne, il raconte son enfance dans le Bronx dans le film « Il était une fois le Bronx », adapté de sa propre pièce de théâtre.

Dans le Bronx des années 60, le petit Cologio observe de ses neuf ans le monde des "affranchis", particulièrement fasciné par Sunny, leur chef. Son père Lorenzo, accepte mal l'intérêt de son fils pour les malfrats : chauffeur d'autobus, il a toujours refusé de se compromettre. Un soir, Cologio est témoin d'un meurtre perpétré par Sunny mais ne dit rien à la police. Le gangster lui en est reconnaissant et le prend sous son aile. En grandissant, Cologio hésite entre le mode de vie que lui propose le milieu et celui de sa vraie famille.

Ce récit autobiographique a été mis en images par Robert de Niro dans le film « Il était une fois dans le Bronx ». Chazz Palminteri se réserve le premier rôle, étant acteur.

Francis Huster est en forme et interprète brillamment, sur scène, 18 personnages différents. On reconnaît aisément les dialogues du film.

 

Cologio pose à Sunny la question : « Vaut-il mieux être craint ou aimé ? » Il répond qu’il faut trouver un équilibre entre les deux sentiments, sinon on devient détesté.

Sunny lui propose le test des portes de voiture fermées au loquet pour savoir si la future fiancée est égoïste ou non !

Excellent spectacle.

Publié dans Théâtre

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