Benoîte Groult - Mon évasion

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Benoîte Groult

Mon évasion

Autobiographie

Editions Grasset – 2008

 

Elle est née en 1920.  Elle écrit avoir « dix-huit ans en 1939 » (p 27).

Son père était ami de Max Jacob (p 75). Elle a Marie Laurencin pour marraine (p 21). Marie Laurencin était l’amie de la maman de Benoîte, en 14 - 18 (p 80). Son oncle maternel est Paul Poiret (p 25).

Sa mère lui prédit un avenir de vieille fille (24), ce qui provoque de la pitié ou des sarcasmes (p 69). Elle, elle se voit en célibataire comme la majorité des institutrices des années 1930 (p 71). Elle a pourtant lu Balzac qui décrit « l’horreur que lui inspirent les femmes célibataires » (p 70). Elle sait très jeune qu’il n’y « a pas d’avenir indépendant pour les filles » (p 26).

Une des vertus pour les jeunes filles est le renoncement, y compris celui du bonheur (p 28). Aristote et Platon n’ont-ils pas écrit que « la femme était un homme raté » ? (p 31).

Avec cet environnement familial de réussite (ses parents ne sont pas en reste dan leur domaine), Benoîte va chercher pendant longtemps un domaine de réussite à elle. Elle se tournera vers le féminisme, passé ses cinquante ans, après trois mariages (p 43). Elle a meublé l’ennui d’un jeune homme qui attendait quelqu’un d’autre. Les fiançailles sont rompues par lui.  (p 66). Elle devient veuve dès son premier mariage, puis épouse Georges de Caune. Ils travaillaient ensemble à Radiodiffusion (p 106). Il est agressif avec elle. Le mariage est malheureux (p 112). Elle fait des efforts et espère devenir une épouse adorée (p 113). Georges de Caunes étant joueur, il perd beaucoup d’argent à Vincennes (p 45). Après son divorce, elle épouse Paul Guimard, directeur littéraire des éditions Denoël (p 182). Ils vivront ensemble pendant cinquante ans, jusqu’à la mort de son mari. Ils ont essayé de vivre selon le pacte qui liait Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre. Elle reconnaît que ce pacte est avantageux surtout pour l’homme du couple. Elle se demandait comment elle a pu supporter toutes ses infidélités.

Elle était proche du PS.

Elle pense que la cause des femmes avance très lentement car « les femmes privilégient leurs relations avec les hommes ». Elle regrette le manque d’assurance des femmes et la peur des hommes (p 222).

 

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Les femmes victimes dans l’Antiquité grecque – Page 32 :

 

Aristote et Platon :

« La femme n’est qu’un homme manqué, un mâle raté, une erreur de la nature ».

 

Hélène de Troie

Sa beauté fut la cause de la guerre de Troie, « où moururent les meilleurs des Grecs".

Jocaste

« Elle épouse sans le savoir son fils Œdipe ».

Iphigénie

« Sacrifiée à seize ans pour de dérisoires raisons météorologiques ».

Ariane

« Séduite puis abandonnée dans une île déserte par Thésée ».

Médée

« Infanticide, magicienne comme sa sœur Circé ». Les deux femmes seront abandonnées, elles aussi.

Andromaque

Elle est une des « figures emblématiques des destinées de vaincues, de victimes ».

Antigone

Créon lui dit : « La désobéissance est le pire fléau. Nous ne devons tolérer en aucune manière qu’une femme nous donne des leçons. Elles doivent rester des femmes et non pas faire leurs quatre volontés » (p 140)

 

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Les femmes et la littérature.

Trois auteurs féminins qui n’existaient pas à la Bibliothèque de l’université de Barnard (USA):

 

Selon Erica Jong, en 1960.

 

Erica Jong, née Erica Mann le 26 mars 1942 à New York, est une écrivaine américaine surtout connue en France comme l'auteur du roman « Le Complexe d'Icare », d'abord paru aux États-Unis sous le titre « Fear of Flying » en 1973, et de sa suite, « La Planche de salut », paru aux États-Unis sous le titre « How to Save Your Own Life » en 1977. Cette grande figure du féminisme américain a également écrit des poèmes, dont un recueil, « Amour racine », traduit et publié en 1979 chez Seghers.(Wikipédia)

 

Colette

« Prétendue épuisée. »

 

Simone de Beauvoir

Simone de Beauvoir, née le 9 janvier 1908 dans le 6ᵉ arrondissement de Paris, ville où elle est morte le 14 avril 1986, est une philosophe, romancière, mémorialiste et essayiste française. (Wikipédia)

 

Emily Dickinson

Emily Dickinson, née le 10 décembre 1830 à Amherst dans le Massachusetts et morte le 15 mai 1886 dans la même ville, est une poète américaine. Issue d'une famille aisée ayant des liens communautaires forts, elle a vécu une vie introvertie et recluse. Après avoir étudié dans sa jeunesse, durant sept ans à l'académie d’Amherst, elle vit un moment au séminaire féminin du Mont Holyoke avant de retourner dans la maison familiale à Amherst. (Wikipédia).

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La littérature écrite par les femmes :

 

Benoîte Groult cite Virginia Woolf, étant d’accord avec ce qu’elle a écrit :

« Tuer la fée du foyer reste le premier devoir d’une femme qui veut écrire » (p 237).

 

« Si j’avais dû rompre avec la tradition, il m’aurait fallu un courage héroïque, et je ne suis pas un héros (ou une héroïne, NDLR) !

Virginia Woolf au sujet d’une vie indépendante des femmes  très difficile, à son époque (p 38).

 

A propos du renoncement des femmes à la création, Virginia Woolf écrit :

« Comment pourrait-il en être autrement ? Les femmes sont restées assises  à l’intérieur de leurs maisons pendant des millions d’années, si bien qu’à présent ce sont les murs même qui sont imprégnés de leur force créatrice » (p 169).

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Molière, en 1679, lance des « formules chocs », sur le ton de la dérision,  en traitant les femmes qui veulent s’exprimer en-dehors du cercle familial de « précieuses ridicules », ou de « femmes savantes » (p 35).

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Selon les Anglais, un « bas-bleu » est une femme « qui a des prétentions littéraires » (p 37).

« Je ne veux pas de bas-bleu chez nous » disait madame Dudevant à la future George Sand.

 

Dans « Les Dames aux chapeaux verts », une mère déclare : « Je n’accepterai pas que ma fille devienne un bas-bleu ».

Le livre raconte avec un humour mordant les aventures sentimentales inattendues d’une jeune Parisienne envoyée chez ses quatre cousines, vieilles filles qui habitent « le plus vieux quartier d’une des plus vieilles villes du Pas-de-Calais », en fait le quartier de la cathédrale à Saint-Omer, ville natale de l’auteur. (Wikipédia)

 

« Pas de jupons chez nous » diront les Goncourt, refusant de couronner « Marie-Claire », de Marguerite Audoux.

 

Marie-Claire est un roman de Marguerite Audoux publié en 1910 aux éditions Fasquelle et qui a reçu la même année le prix Femina, ce qui lui a interdit de recevoir le prix Goncourt, décerné une semaine plus tard, malgré le soutien d'Octave Mirbeau, auteur de la préface . C'est la première œuvre de son auteure et à ce titre la plus autobiographique. Le roman s'est vendu à son époque à plus de 100 000 exemplaires. (Wikipédia)

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Betty Friedan - « La femme mystifiée ».

La Femme mystifiée est un essai féministe de l' Américaine Betty Friedan paru en anglais en 1963 sous son titre originel The Feminine Mystique puis traduit en français par Yvette Roudy en 1964. (Wikipédia)

Le livre est étudié aux États-Unis et fréquemment cité dans la pop culture. Dès lors, Betty Friedan s'impose comme l'égérie de la deuxième vague féministe. (Amazon)

En proposant une critique radicale de la condition faite à la femme dans la société de consommation, ce livre a permis à des millions d’Américaines de prendre conscience de la prison dorée de la domesticité dans laquelle elles se sont laissées enfermer, se condamnant à une aliénation profonde. (RFI)

 

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La littérature féminine tournée vers les vieilles filles – Page 69 :

Gabrielle Réval – Les Sévriennes. 1900

Gabrielle Réval est une écrivaine française 
(1869 – 1938)
Pseudonyme : Gabrielle Réval.
Elle fut l’une des premières diplômées (classe 1890) de
l’École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres. Elle passa son agrégation en 1893 et enseigna au lycée de filles à Niort.
Ses romans lui valurent une série de distinctions et notamment la Légion d’honneur.
Elle a également marqué l’écriture des femmes en tant que co-fondatrice du prix « La Vie heureuse » qui devint le prix Femina dont elle fut l’une des présidentes.
Féministe d’avant-garde et femme d’une grande beauté, elle eut une vie sentimentale riche et mouvementée. (Babélio).

 

Jeanne Galzy – L’Initiatrice aux mains vides. 1929.

Il a remporté en 1930 le Prix Brentano.

Marie Pascal est une jeune femme célibataire qui enseigne « littérature, géographie, histoire, etc. » dans un petit collège d'une petite ville de Picardie.

 Le roman fut jugé « très triste » et « très beau ».

L'Initiatrice aux mains vides est le premier des trois romans à thème lesbien publiés par Galzy. L'amour lesbien, selon Waeti-Walters, est une alternative secrète aux deux seules sortes d'amour que les femmes étaient autorisées à exprimer : l'amour maternel et l'amour hétérosexuel ; en conséquence, les lesbiennes « have no models and no language for what they are experiencing and no place to situate themselves socially ». (Wikipédia).

 

 

Germaine Acrement – Ces Dames aux chapeaux verts. 1921.

Le livre raconte avec un humour mordant les aventures sentimentales inattendues d’une jeune Parisienne envoyée chez ses quatre cousines, vieilles filles qui habitent « le plus vieux quartier d’une des plus vieilles villes du Pas-de-Calais », en fait le quartier de la cathédrale à Saint-Omer, ville natale de l’auteur. (Wikipédia).

 

 

Marcelle Tinayre – La Rançon (1894) et la Rebelle. 1905

A lire en ligne, La Rebelle :

. https://fr.wikisource.org/wiki/La_Rebelle

Elle aborde dans ce roman la question de l’avortement.

 

La Rançon :

 

«... Pourquoi donc rendre à la lumière ces pages écrites naguère avec la hardiesse ingénue de l'inexpérience ? Je répondrai bien sincèrement que je n'aurais pas osé republier la Rançon si cet ouvrage imparfait m'avait paru tout à fait médiocre. Il contient un petit drame de conscience dont le dénouement et les conclusions me semblent aujourd'hui très discutables, mais qui touchera néanmoins quelques âmes tendres et scrupuleuses. Je les prie d'accueillir avec indulgence cette histoire de deux amants inférieurs à leur idéal, supérieurs à leur destinée, faibles devant la douleur d'autrui, et contraints au stérile sacrifice de leur grand et bel amour, parce qu'ils ont préféré le « bon mensonge » à la vérité libératrice...»

 

Colette Yver – Les Cervelines - Prix Femina en 1907.

Ses ouvrages sont représentatifs des fictions antiféministes qui abondent sous la IIIe République. Destinés à un public féminin, ces types de romans mettent en scène des femmes émancipées confrontées à de multiples malheurs qu'elles n'auraient pas subis si elles avaient choisi la vie au foyer. (Wikipédia)

 

Le Prix Femina condamne les femmes « émancipées » (p 69 – 70).

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Louise Michel – Page 35 :

Pétroleuse : « Un surnom qui resta, en plus de celui de « Vierge rouge » (encore une pucelle !) ». Ces surnoms relèguent au second plan « la volonté politique de toute sa vie ».

 

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Les « suffragettes » – Page 35 :

Elles sont taxées de l’expression « majorettes joyeuses du droit de vote ». Cela permet d’évacuer leurs revendications du droit de vote.

 

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Les femmes du Moyen-Age – Page 36 :

Christine de Pisan

On la surnommait « La dame savante ».

Héloïse (et Abélard)

« Elle savait le latin, le grec, l’hébreu et la théologie, mais c’est l’amour qui causa son malheur ».

Louise Labé

« Elle parlait quatre langues. »

Marguerite de Navarre

« Elle rayonna sur tout le XVIe siècle ».

 

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La Révolution française et les femmes –:

Les révolutionnaires « grisés par des grands principes dits universels (…) étaient bien décidés à ne pas (les) appliquer aux femmes » (Page 36). 

Elle critique le « Suffrage universel de 1789 qui ne représentait que les hommes et qui osait se dire universel ! » (p 211).

 

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Le « Code civil » de Napoléon – Page 37 :

Il établit « la perpétuelle et obligatoire résignation des femmes », en les transformant en mineures (dépendantes de l’homme) à vie.

 

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Trois hommes féministes – Page 38 :

Condorcet

Il « fut pratiquement le seul défenseur des femmes» pendant la Révolution française.

Nicolas de Condorcet est un mathématicien, philosophe, homme politique et éditeur français, représentant des Lumières, né le 17 septembre 1743 à Ribemont et mort le 29 mars 1794 à Bourg-la-Reine. (Wikipédia)

 

Guyomar

Idem pour lui pendant la Révolution française. Il « passa pour un hurluberlu ou un dangereux utopiste ».

Pierre Marie Augustin Guyomar, né le 19 décembre 1757 à Guingamp et mort le 10 octobre 1826 dans la même ville, est un homme politique français. Il est élu successivement député à la Convention nationale, au Conseil des Cinq-Cents, au Conseil des Anciens.(Wikipédia)

 

Le général Fournier

Il « resta toute sa vie dans la misère ».

François Louis, comte Fournier-Sarlovèze, né à Sarlat, le 28 avril 1772 et mort à Paris le 18 janvier 1827, est un général d'Empire français. (Wikipédia)

Contrairement à ce qu’écrit Benoîte Groult, il terminera sa vie dans les honneurs :

« Surnommé « El Demonio » (le Démon) par les guérilleros espagnols, tant pour sa brutalité que pour son efficacité redoutable dans les opérations de lutte antiguérilla, il est l'un des rares personnages d'origine roturière à avoir été distingué par deux titres nobiliaires, l'un conféré par l'Empereur, l'autre par le roi de France. »

« Son goût pour la séduction de femmes mariées ou non lui cause de nombreux duels, devenus son jeu favori. » (Canal Académie)

NDLR : je ne vois pas ce qu’elle lui trouve…

 

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André Gide et les femmes – Page 39 :

« Par passion pour Les Nourritures terrestres, je me rendais compte que les héroïnes des romans d’André Gide étaient interdites de désir et de maternité, vouées(…) à des morts sinistres ».

 

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Les femmes et la psychanalyse – Page 41 :

Benoîte Groult regrette que la psychanalyse n’ait pas « eu de mère ».

Anna Freud

Elle devint « l’Antigone de son père ». (Antigone est la fille d’Œdipe, NDLR). Elle tient l’emploi d’une fille respectueuse.

Anna Freud, née le 3 décembre 1895 à Vienne et morte le 9 octobre 1982 à Londres, est une psychanalyste, née en Autriche, puis exilée en Angleterre en 1938, et naturalisée britannique. Elle est la fille du psychanalyste Sigmund Freud. (Wikipédia)

Délaissée par les grands de sa fratrie pour lesquels elle représente avant tout une personne en trop, elle peine à trouver sa place. Il arrive alors que son père la console et la félicite de sa réaction non revendicative.

On sait qu’A. Freud fut la fille préférée de son père, avec Sophie. « Ce que vous cherchez à me faire savoir, c’est qu’Anna occupe parmi mes six enfants une place différente de celle des autres » (Cairn).

 

 

Hélène Deutsch

Helene Deutsch-Rosenbach, née le 9 octobre 1884 à Przemyśl, ville alors en Galicie autrichienne et morte le 29 mars 1982 à Cambridge aux États-Unis, est une psychanalyste américaine d'origine autrichienne. Elle est la première psychanalyste à se spécialiser dans la psychologie féminine. (Wikipédia)

Simone de Beauvoir s’est beaucoup inspirée, dans Le Deuxième Sexe, de The Psychology of Women d’Hélène Deutsch, malgré les différences théoriques qui l’opposent à la psychanalyse. La possibilité de ces emprunts s’explique d’abord par la complexité de la pensée d’Hélène Deutsch, qui nuance ses présupposés « naturalistes », parfois jusqu’à la contradiction. (Cairn)

 

Marie Bonaparte

Elle se fit « opérer le clitoris pour jouir selon le diktat de Freud ».

Marie Bonaparte, princesse Bonaparte, puis, par son mariage, princesse de Grèce et de Danemark, est née le 2 juillet 1882 à Saint-Cloud (aujourd'hui dans les Hauts-de-Seine) et morte le 21 septembre 1962 à Gassin (dans le Var), en France. Arrière-petite-fille de Lucien Bonaparte et épouse du prince Georges de Grèce, c'est une femme de lettres, une mécène et une psychanalyste disciple de Sigmund Freud, dont elle a contribué à diffuser le travail en France et à l’étranger. (Wikipédia)

Mais Marie Bonaparte ne se contenta pas de ces conclusions et alla plus loin: elle décida de remédier aux erreurs de dame nature et se fit opérer. En 1927, elle passa sous le scalpel du professeur Halban, chirurgien viennois qui prétendait pouvoir déplacer le clitoris. (Sexplicit)

Souffrant de frigidité, la princesse française n’hésita pas à passer sur le billard pour y remédier. (Soir mag)

Plusieurs médecins (dont des psychanalystes comme Freud ou encore Marie Bonaparte, dont le clitoris fut déplacé 3 fois!) préconisaient une opération chirurgicale pour l'ablation du clitoris car: - il ne sert pas à la procréation - il peut engendrer des pulsions incontrôlables - il est à l'origine d'un syndrome dit « hystéro-épileptique » (Penelop.overblog)

 

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Les femmes et l’Histoire.

Les femmes la subissent. Elles ne sont pas nées pour la faire (p 74). Pendant les guerres, les femmes soignent les blessés. Les femmes ne sont pas faites pour entrer dans l’Histoire (p 89).

 

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Les avortements.

Pendant son mariage avec Georges de Caunes, elle subira quatre avortements clandestins. (p 122). Son premier avortement, en 1944, par curetage, se fera à vif, sans anesthésie (p 95). Benoîte Groult rappelle les conséquences d’un avortement clandestin : « perforations, hémorragies, septicémies, morts subites par syncope » (p 125). Elle regrette que personne ne lui ait demandé de signer le « Manifeste des 343 salopes » (p 174).

 

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Le mariage selon George Sand :

« Il faut, je crois, que l’un des deux en se mariant renonce entièrement à soi-même et fasse abnégation non seulement de sa volonté, mais même de son opinion ; qu’il prenne le parti de voir par les yeux de l’autre, d’aimer ce qu’il aime. Mais aussi quelle source inépuisable de bonheur quand on obéit ainsi à ce que l’on aime ! L’on fait à la fis son devoir et son bonheur. » (p 113).

 

« Il faut se demander si c’est à l’homme ou à la femme de se refaire ainsi sur le modèle de l’autre. Mais « comme du côté de la barbe est la toute puissance » et que d’ailleurs les hommes ne sont pas capables d’u tel acharnement, c’est à nous qu’il appartient de fléchir à l’obéissance… Il faut aimer et aimer beaucoup son mari pour en venir là. » (p  118)

 

Lettre à Emilie de Wismes, 1823.

 

« Je vis que tu n’aimais pas la musique et je cessai de m’en occuper parce que le son du piano te faisait fuir. Tu lisais par complaisance, et, au bout de quelques lignes, le livre te tombait des mains d’ennui et de sommeil. Quand nous causions surtout, littérature, poésie ou morale, ou tu ne connaissais pas les auteurs dont je parlais, ou tu traitais mes idées de folies, de sentiments exaltés ou romanesques…Je cessai d’en parler. Je résolus de prendre tes goûts. »

Confession de Madame Dudevant à son mari. 1825

 

https://www.jstor.org/stable/44844462

 

Elle se séparera de Casimir Dudevant en 1836.

 

Benoîte Groult explique qu’un homme pouvait quitter son épouse et ses enfants sans qu’aucun grief ne lui sot reproché. Ce n’état pas pareil pour les femmes et c’était même impossible. Gauguin a abandonné sa femme et ses quatre enfants, non par génie, mais « parce qu’il pouvait déserter sa famille sans être poursuivi, interné, condamné par la société » (p 168).

 

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La langue française.

Elle rappelle que la grammaire « fait le bon et le mauvais usage ». La langue française n’évolue pas d’elle-même. « Son histoire a commencé avec la fameuse Ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539 ». François 1er remplace le latin et les dialectes locaux dans les textes administratifs et officiels.  En 1549, Joachim de Bellay écrit Défense et Illustration de la langue française. Richelieu fonde l’Académie française « pour élaborer un Dictionnaire sous l’autorité de Vaugelas (p 213). En 1660, c’est la Grammaire de Port-Royal (p 214).

Au Moyen-Age, « on disait une tisserande, une abbesse, une diaconesse, une pécheresse ».

 

Au XXe siècle, Alain Gillot-Pétré, mécontent d’une féminisation de la langue, se demande dans Libération « quel est le masculin de l’expression « enculer les mouches à merde » ? » » Benoîte Groult est taxée d’ignare de la langue française par Georges Dumézil, dans le Nouvel Obs : « Ces dames qui s’attaquent au vocabulaire ont une profonde méconnaissance des langues indo-européennes ». Dans France-Soir, Jean Dutourd écrit : « Au secours, voilà la clitocratie » (p 215).

Guy Bedos propose de nommer les femmes dans la Marine d’un « enseignette de vaisselle » ou d’une « majordame ». Marc Fumaroli transforme la femme-recteur en « madame la Rectale » (p 220).

 

Au Québec, « la langue est bien vivante et a su évoluer ». Les Canadiens français ont remplacé « Droits de l’Homme » par « Droits humains » (p 223).

 

En 1967, le Littré introduit les mots « factrice » et « inspectrice ».

Puis en 1982 apparaît le mot « agricultrice ».

Les premiers noms féminins apparaissent dans le Petit Larousse en 1996  :

"La juge, la ministre, la sculptrice, la baroudeuse". (p 224)

 

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La pornographie est l’exploitation du corps des autres (p 266).

 

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« Le féminisme ne gêne en rien l’orgasme. Au contraire » (p 268).

 

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Le paternalisme est ennemi des femmes (p 269).

 

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La grand-mère a réfléchi et transmet des idées nouvelles (p 271).

« On ne peut pas s’épanouir sur une génération de sacrifiées ou de victimes ».

 

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Diderot et les femmes ménopausées :

 

« A la ménopause, qu’est-ce qu’une femme ? Négligée de son époux, délaissée de ses enfants, nulle dans la société, la dévotion est son unique et dernière ressource ! »

NDLR : Toutes au couvent…..

 

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4 films de femmes conseillés par Benoîte Groult:

 

Thelma et Louise

"Thelma & Louise" - Ending Scene

Scène finale.

NDLR : C’est la mort violente qui les attend, quelle fin !

 

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Beignets de tomates vertes

Film Beignet de tomates vertes (en entier)

"Le bon dieu ne ferme jamais une porte sans en ouvrir une autre "

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Company of strangers

(de Cynthia Scott, Canada)

 

Dans ce long métrage, 7 femmes âgées se retrouvent bloquées lorsque leur bus tombe en panne en pleine nature. Avec seulement leur intelligence, leurs souvenirs et quelques cuisses de grenouilles rôties pour les soutenir, ce groupe remarquable d'étrangers partage l'histoire de leur vie et transforme une crise potentielle en un moment magique d'humour, d'esprit et de camaraderie. Mettant en vedette des acteurs non professionnels et des dialogues non scénarisés, ce film dissout la barrière entre la fiction et la réalité, tissant une histoire réconfortante d'amitié et de courage.

The Hours

The Hours (2002) Official Trailer # 1 - Nicole Kidman. 

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Film à boycotter:

 

Les Mamies

Les Mamies: Le Film (1992) Bande annonce française
 
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Femmes citées dans le livre :

 

Elise Jouhandeau (p 21) :

1888-1971.

Avant de devenir Madame JouhandeauElise était Elisabeth Toulemon, danseuse de son état, et avait eu son heure de gloire avec le ballet d'Erik Satie. En 1929, au moment de sa rencontre avec Marcel, elle est consciente d'avoir franchi une étape importante de sa vie.

C'est en 1938 que Marcel Jouhandeau, laissant la peinture de Chaminadour, ou les états d'âmes de Monsieur Godeau, se fait chroniqueur.

 

(…) En avril 1942 elle envoie aux Allemands, à la Feldgendarmerie de l'avenue de la Grande Armée- (proche de chez elle), des lettres de dénonciation, dans l'espoir de faire arrêter des amis de son mari, résistants, comme Jean Paulhan. 

 

https://www.lemonde.fr/archives/article/1992/09/23/theatre-duo-infernal-les-demeles-conjugaux-d-elise-et-marcel-jouhandeau_3892739_1819218.html

 

Elle a écrit :

- L’Enfance et l’adolescence d’Élise.

- Joies et douleurs d’une belle excentrique-

 

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Marie Wollstonecraft (p 26).

Mary Wollstonecraft, née le 27 avril 1759 à Spitalfields, un quartier du Grand Londres, et morte le 10 septembre 1797 à Londres, est une maîtresse d'école, femme de lettres, philosophe et féministe anglaise.

La plupart des ouvrages de la jeune Mary Wollstonecraft sont centrés sur du thème de l'éducation. Ainsi, trouve-t-on un florilège d'extraits littéraires « destiné au perfectionnement des jeunes femmes », The Female Reader, et deux traductions d'œuvres pour enfants Young Grandison de Maria Geertruida van de Werken de Cambon et Elements of Morality de Christian Gotthilf Salzmann. 

 

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Conchita Cintro (p 29) :

Consuelo Cintrón Verril dite « Conchita Cintrón », née le 9 août 1922 à Antofagasta, décédée le 17 février 2009 à Lisbonne, était une rejoneadora péruvienne. Conchita Cintrón est restée dans l'histoire de la tauromachie comme la première femme rejoneadora célèbre, bien qu'elle ne soit pas la première torera à cheval.

 

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Marie Bashkirtseff (p 29) :

Marie Bashkirtseff, née Maria Kostiantynivna Bashkirtseva à Gavrontsi près de Poltava, dans le Gouvernement de Poltava de l'Empire Russe le 11 novembre 1858 et morte à Paris 17ᵉ, le 31 octobre 1884, est une diariste, peintre et sculptrice.

 

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Hélène Boucher (p 29) :

Hélène Boucher, née le 23 mai 1908 à Paris et morte le 30 novembre 1934 à Guyancourt, est une aviatrice française. Elle bat de nombreux records de vitesse.

 

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Pythie de Delphes (p 30) :

Dans la religion grecque antique, la Pythie, également appelée Pythonisse, est l'oracle du temple d'Apollon à Delphes. Elle tire son nom de « Python », le serpent légendaire qui vivait dans une grotte à l'emplacement du site actuel du sanctuaire, et qui terrorisait les habitants de la région autour du mont Parnasse avant d'être tué par Apollon, ou bien de « Pytho », le nom archaïque de la ville de Delphes.

 

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Zarah Leander (p 51) :

Zarah Leander, née Sara Stina Hedberg le 15 mars 1907 à Karlstad et morte le 23 juin 1981 à Stockholm, est une actrice et chanteuse suédoise. Elle a incarné dans l'Allemagne nazie le rôle qu'avait refusé Marlène Dietrich, celui d'un modèle de femme sensuelle et fatale, contrepartie artistique de la « femme aryenne ». Prétendant tout ignorer de la politique, elle fit une carrière lucrative au service de l’UFA.

 

Elle a été sous contrat pour travailler pour la société d’État Universum Film AG. Cela a fait que ses films et ses paroles ont été identifiés comme de la propagande nazie, bien qu’elle n’ait pris aucune position politique publique, et elle est restée une figure controversée pour le reste de sa vie.

 

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Kate Millett (p 270) :

Katherine Murray Millett dite Kate Millett, née le 14 septembre 1934 à Saint Paul et morte le 6 septembre 2017 à Paris, est une écrivaine féministe américaine.

 

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Erika Jong (p 270) :

Erica Jong, née Erica Mann le 26 mars 1942 à New York, est une écrivaine américaine surtout connue en France comme l'auteur du roman « Le Complexe d'Icare », d'abord paru aux États-Unis sous le titre « Fear of Flying » en 1973, et de sa suite, « La Planche de salut », paru aux États-Unis sous le titre « How to Save Your Own Life » en 1977. Cette grande figure du féminisme américain a également écrit des poèmes, dont un recueil, « Amour racine », traduit et publié en 1979 chez Seghers.

 

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Sylvia Plath (p 274) :

Sylvia Plath, née le 27 octobre 1932 à Jamaica Plain, dans la banlieue de Boston, et morte le 11 février 1963 à Primrose Hill, est une écrivaine américaine, qui a écrit des poèmes, un roman, des nouvelles, des livres pour enfants et des essais. Si elle est surtout connue de façon internationale pour sa poésie, elle tire également sa notoriété de « The Bell Jar », roman d'inspiration autobiographique qui décrit en détail les circonstances de sa première dépression, au début de sa vie d'adulte. Des milliers d'études de par le monde ont été produites autour de sa vie, de son œuvre, de son esthétique poétique et littéraire.

 

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Zelda Fitzgerald (p 274) :

Zelda Sayre, ou Zelda Sayre Fitzgerald, née à Montgomery en Alabama, est une romancière américaine. Elle fut l'épouse et égérie de l'écrivain Francis Scott Fitzgerald.


À l'été 1918, Zelda rencontra pour la première fois Scott, 22 ans, alors qu'il était stationné sur une base militaire juste à l'extérieur de Montgomery. Leur première rencontre, lors d'une danse de country club, sera plus tard la base de la première rencontre entre Jay Gatsby et Daisy Buchanan dans « The Great Gatsby ». Bien qu'elle ait eu plusieurs prétendants à l'époque, Zelda en est rapidement venue à favoriser Scott, et ils se sont rapprochés d'une vision du monde partagée et de leurs personnalités créatives similaires.

Elle fut une icône des années 1920 — surnommée la « première garçonne américaine » par son mari.

 

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Publié dans Femmes

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