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Il n'y a pas une majorité pour les ordonnances telles qu'elles ont été dévoilées fin août.
Je fais partie de ceux qui ont porté la contestation le plus fort possible.
Il y a eu 7h de discussion sur la loi-travail avec la CGT et avec les autres syndicats.
Ce n'est pas suffisant. Ce n'était pas une négociation.
La discussion ne portait pas sur les textes.

Le champ d'action du gouvernement : "faites confiance au dialogue social".
Parmi les 4 amendements que j'ai portés et qui ont été acceptés: sanctuariser les dispositions d'ordre public dans la loi, ce qui permet de bloque des dispositions majeures.
J'ai voté contre le texte

Quand j'ai débarqué dans l'hémicycle, je me sentais porteur de tout ce que nous avions discuté entre nous pendant la campagne, on a eu de l'espace pour développer des idées.
On a réussi à faire passer un certain nombre de choses dans les médias.
Le contenu de la loi. Avec l'inversion de la hiérarchie des normes, la loi devient une passoire. La loi ne s'écrit plus au parlement mais dans chaque entreprise au gré du rapport des forces.

Ca va entraîner du dumping social. On prive le peuple de fixer lui-même des règles intangibles et indispensables. Les dispositions de la loi demeurent, celles de la branche sont verrouillées et les discussions se situent au niveau de l'entreprise.
Les femmes sont les premières victimes de tout cela. Elles ont les statuts les plus précaires. Un certain nombre de droits, dont le congé de maternité, vont être remis en discussion.

La disparition des CHSCT qui n'étaient pas là par hasard.
Cette institution est née d'un besoin dans les entreprises pour la santé et la sécurité.
Ce n'est pas un accroissement des droits des salariés dans les entreprises.
Le contrat de projet. C'est un nouveau contrat précaire.
Les PME/PMI: le rétrécissement du périmètre concernant les licenciements économiques.

Si on veut que la mobilisation grandisse, on veut opposer un code du travail renouvelé et du 21e siècle. On peut ouvrir des chantiers nouveaux dans la discussion.
Sur la santé au travail, on a des propositions à faire.
Donner des nouveaux pouvoirs aux salariés dans les entreprises: la question du conseil d'administration se pose. C'est là que les actionnaires exercent leur pouvoir.
La sécurisation des parcours et la sécurité sociale professionnelle.

En revendant ses stocks-options de la société Danone, madame Pénicaud a fait une plus-value boursière de 1 million d'Euros. La captation par les actionnaires des richesses produites par le travail est une source de problème.
Les mobilisations du 12 septembre ont été importantes. En juillet, le gouvernement pensait prendre tout le monde de vitesse. Le 10 octobre, il y  une mobilisation sur la fonction publique. La gravité du projet inquiète dans l'ensemble du monde syndical.
Je me tiens à disposition pour venir aux portes des entreprises.
 

Il y a une loi d’habilitation. Les ordonnances sont publiées par le gouvernement et rentrent en application. Puis il y aura la loi de ratification en novembre. Il y aura un nouveau débat à l’Assemblée Nationale, donc ce sera une nouvelle occasion de se faire entendre.

La force des mobilisations va donner la force à la parole portée dans l’hémicycle.

L’histoire n’est pas finie et la signature de Macron ne permet pas de conclure le sujet.

J’encourage à amplifier les mobilisations dans les semaines qui viennent et à élargir les consciences.

 

 

 

J’invite  chacun à illustrer avec des exemples précis et vécus pour alimenter mon propos.

Comment faire pour mobiliser dans le monde intérimaire?

Le premier étage de la fusée, par les ordonnances, est la réduction du coût du travail pour les grosses entreprises. Il y a aussi la réduction du taux des heures supplémentaires et la suppression des primes pour les intérimaires (CDI chantier).

Le second étage sera l’assurance chômage. On s’attaque au salaire brut.

Le troisième étage, c’est la réforme des retraites avec le système par point à la suédoise.

Les chauffeurs routiers.

Avec une journée de mouvement, ils obtiennent un accord de branche collectif pour garantir certains de leurs acquis qui étaient menacés. C’est un exemple pour les autres salariés. Ca a été relevé par la CGT comme un exemple assez parlant.

Il y a des entreprises qui ne respectent ni le code du travail ni les conventions collectives. Les petites t moyennes entreprises vont pouvoir légaliser, grâce aux ordonnances, tout ce qu’elles font maintenant illégalement. Par exemple ils pourront ne plus payer les augmentations collectives des branches. Ni payer le 13e mois. Donner des RTT au lieu de payer des heures supplémentaires à 25 ou 50% et 100%.  Ce sont souvent les salariés qui sont le moins protégés dans ces entreprises.

L’employeur va décider du salaire des gens, de leur vie et du nombre d’heures qu’ils vont faire. Ces petites entreprises de moins de 11 ou de moins de 50 ne travaillent pas essentiellement pour la sous-traitance ni pour les groupes industriels. Sur le périmètre de Fos, il y a des artisans, des boulangers, des maçons.

Il y aura de plus de plus de gens dans la précarité, même si certains ont des CDI, dans le mal-vivre.

Dans les entreprises de plus de 50 salariés, la disparition totale des CHSCT me pose problème. La loi El Khomri le permettait pour les entreprises de moins de 300 salariés.

Les CHSCT intervenaient au niveau de la sécurité dans les entreprises, mais aussi au niveau de la pollution et de l’environnement. Je suis curieux de savoir ce qu’ils vont faire avec les bombes qu’ils ont allumées.

Les accords de 35 heures étaient supérieurs à la convention collective, et au code du travail.

Chez Ponticelli, ils ont fait cinq jours de grève. Ils ont laissé quelques plumes. Chez ADF, le rapport des forces n‘était pas là et les 35 heures disparaissent. L’horaire hebdomadaire de l’entreprise est de 39 heurs par semaine.

La transformation du CICE identique par une ristourne sur les cotisations sociales.  Aïe, si notre Sécurité sociale n’est plus financée, ça va être compliqué.

Le patronat doit être tenu à privilégier les CDI, et quand il dépasse l’utilisation des CDD (il n’y a aucun mesurage) il sera taxé, amis sans indication sur la taxe. Et pourtant, ils sont dans la capacité de définir les montants sur les licenciements aux prud’hommes.

Il y a une unité politique, dans le mauvais sens du terme.

Quand les CHSCT étaient en place, ce n’était pas évident ni facile d’aller sur tous les sujets, la toxicologie, la médecine du travail, les maladies professionnelles.

Le Comité économique et social va gérer en partie ça, les CE, les problématiques de DP (Ndlr : ?) et cela me semble impossible pour moi. Si on dit que l’entreprise est un petit état, on aurait pu imaginer qu’il y ait un ou deux ministres qui fassent tout.

Un repreneur d’entreprise pourra reprendre les contrats des clients mais il ne sera pas obligé de reprendre les contrats des travailleurs. C’est grave et insupportable. C’est ce qu’on  a connu il y a 3 ans. Si cette loi avait existé en 2013,  deux entreprises de Fos ne seraient plus là.

Les travailleurs handicapés. Je peux vous recevoir dans ma permanence pour en parler plus.

Ce qui est inacceptable c’est que les personnes en situation de handicap vivent sous le seuil de pauvreté. Pour l’ensemble des minimas sociaux, des minimum vieillesse, des personnes en situation de handicap, leurs revenus sont en-dessous du seuil de pauvreté.

On a une responsabilité car on est plus engagé.

Durant les 30 ou 40 dernières années, on a entendu 2 choses: il faut fléxibiliser et il faut baisser ce qu'ils appellent  le coût du travail. Ca fait 40 ans que ça ne marche pas.

Ils analysent l'effet du CICE sur l'emploi. C'est 20 milliards d'Euros par an. Ils disent que ça crée ou contribue à maintenir 100 000 emplois.

Pour vous situer le budget du ministère de la Santé et de la Solidarité dans notre pays, il est de 15 milliards par an. Il y a 9 millions de pauvres.
On tombe 20 milliards par an pour baisser ce que eux ils appellent le coût du travail. Ca n'a aucun effet, ni sur les ouvertures d'entreprises, ni sur les créations d'emplois. Ils s'entêtent dans la fléxibilisation du travail. La théorie renforcée de, comment on l'appelle? le président des riches et des patrons, c'est la théorie du ruissellement.
Tous les grands experts économiques s'entendent pour dire que c'est une c*.
Il faut qu'il y ait des riches de plus en plus riches pour que ceux d'en dessous récupèrent cette richesse. Cette idée est fausse.

En France, en Europe et dans le monde, c'est la réalité de 50 ? (je reviens sur le livre des 1%, nous sommes 99%). Ndlr: 80 personnes détiennent autant que 3,5 milliards d'individus.
Macron disait que maintenant on ne choisit pas son métier pour toute sa vie. On se forme toute sa vie. Dans la loi, on demande d'avoir une sécurité de l'emploi et de la formation parce qu'on sait qu'il faut répondre aux évolutions.

Pour conclure, il y a un exemple qui passe un peu inaperçu en ce moment, c’est le Portugal. Il y a quatre ou cinq ans, il y a eu une élection législative. La droite avait la tête du gouvernement. Les forces de gauche anti-austérité  ont eu l’intelligence de se retrouver, et cette coalition de gauche conduit les affaires du Portugal. Ils tournent le dos à ce que préconise l’Europe. Ils augmentent le SMIC de 10%, les pensions de retraite, etc. Le Portugal a des résultats économiques exceptionnels en terme de croissance, de consommation. Personne n’en parle. Tout le monde le cache. En Europe, un pays fait la démonstration qu’en tournant le dos à l’austérité on crée de l’emploi et de la richesse.

L’attaque des services publics n’est plus un sujet tabou. On les attaque ouvertement. L y a des projets délétères qui concernent la santé, je pense notamment à ce qui se passe sur l’hôpital d’Aubagne avec la fermeture de la réanimation. C’est un déplacement vers le privé, la Casamance, clinique en difficulté financière. On se sert de l’argent public pour renflouer le privé lucratif.

Avec le regroupement hospitalier sur notre territoire, on prend un chemin catastrophique. Et si on ne bloque pas ces mécanismes, dans moins de dix ans, nous n’aurons plus de service public hospitalier. Il restera un mouroir par ci par là.

C’est aussi ce qui se passe sur les maisons de retraite. C’est passé entre les lignes de la loi Touraine.

Nous sommes un des départements les moins bien lotis en représentation publique. Moins de 10% des établissements de nos aïeux sont des établissements publics. Au niveau national, c’est 45 à 50% (y compris l’associatif).

La précarité est de plus en plus omniprésente dans le service public. 25 à 30% de l’ensemble de la masse salariale dans les hôpitaux publics sont des précaires avec de plus en plus de contrats CDI, des CDD d’une semaine, de deux jours. On ne veut plus réfléchir ni à moyen terme, ni à long terme, ni à court terme. C’est bien la disparition qui est programmée.

Selon un nouveau sondage Harris Interactive pour LCP, deux Français sur trois (65 %) se déclarent désormais opposés à la réforme du Code du travail version XXL (+ 7 points depuis fin août).
29 % des électeurs d’Emmanuel Macron (+ 11 points) y sont opposés.
L’encadrement des indemnités prud’homales reste la mesure la plus contestée, par six Français sur dix.
76 % (+ 5 points) estiment que les syndicats vont perdre du pouvoir. 63 % considèrent que les conditions de travail vont se dégrader.

Tag(s) : #Politique

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