Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

theatre

Ludwig, un roi sur la lune - Avignon IN

Publié le par bmasson-blogpolitique

Ludwig, un roi sur la lune.

Texte de Frédéric Vossier

Mise en scène de Madeleine Louarn

Parmi les spectateurs, deux personnalités assistent à cette représentation : Jean-Michel Ribbes arborant un beau chapeau rouge et Olivier Py. Le public est assis en face à face, la scène étant au milieu. Parmi les spectateurs, un homme nous scrute avec ses jumelles, une femme regarde son programme avec une lampe rouge qui lui permet de mieux lire.

Les acteurs entrent et interprètent une danse avec des grandes poupées noires accrochées à leur dos. Le rythme est lent, les gestes amplifiés. Bienvenue au monde de l’irraisonnable.

C’est aux premiers mots prononcés dans leur micro que l’on comprend que les acteurs sont porteurs de handicap. Le « Oui, Altesse ! » a une intonation spéciale. Et puis, on s’y fait. La déclamation est audible. Chaque acteur articule son texte pour se faire comprendre. La musique jouée en même temps rythme et poétise l’espace et joue « Somewhere over the rainbow » de Judy Garland (le Magicien d’Oz), Wagner, Michaël Jackson (Beat it) et du rock allemand. Des danses ponctuent les péripéties de la biographie de Ludwig. Le résultat est surprenant.

Nous démarrons par l’univers enfantin de Ludwig avec des enfants qui jouent des chevaliers teutons portant fièrement des épées en bois.

Puis, le roi est mort, et le salut au nouveau roi est baroque, désordonné, chacun dansant une bacchanale.

Arrive Richard Wagner, qui fut « la seule source de bonheur, sans le savoir, dans la vie de Ludwig ». Mais Ludwig devra choisir entre l’amour du peuple et l’amitié d’un homme…

Les costumes sont soignés. Adulte, Ludwig roi porte un élégant costume en écorce d’arbre avec un magnifique chapeau de feuilles dorées.

On tombe en amour comme on bascule dans la folie. Ludwig tombera et basculera dans la déraison. Pour concrétiser son état, deux acteurs se succèderont.

Mais « la démence montait sur ses chevaux et lui donnait la chasse ». Son homosexualité explose et envahit ses folles nuits. La tendresse entre hommes est délicatement mimée.

Les ministres vont faire un rappel à l’ordre. Sissi impératrice ne sera d’aucun secours, les cygnes noirs non plus. « L’eau était trop froide, le cœur trop chaud ».

 

 

Le public sourit une fois, à la fin du spectacle lors d’une réplique de l’infirmière à Ludwig : « Oui ! Oui ! Allez vous promener au lac… ». Elle utilise le ton d’une mère à son enfant qui se moque de ses caprices et de sa folie. Nous savons qu’elle lui ment pour le faire enfermer. Personne n’imagine la fin tragique.

Tout l’entourage de Ludwig n’était pas contaminé par sa psychose. Et ce sont des acteurs porteurs de handicap qui jouent des rôles de personnes dites « normales ». C’est le monde à l’envers.

Ils sont tous sérieux et habités dans leur rôle. C’est un véritable tour de force auquel on assiste. Le texte est bien mémorisé, et en cas de rare panne, les acteurs s’entraident. Le seul reproche à faire est que cela manque un peu d’humour.

« C’était magnifique ! Un vrai bonheur ! », « Moi, j’ai eu du mal à entrer dans le spectacle » ai-je pu entendre dans les débats qui s’animent entre les spectateurs après la représentation.

Mais l’enthousiasme était le plus fort.

Catalyse est une troupe comprenant 7 acteurs en situation de handicap dirigée par Madeleine Louarn et basée à Morlaix.

Leur visibilité est un problème. Ils sont peu nombreux à vivre de leur travail.

C’est dans le film « La loi du marché » que Matthieu Schaller, souffrant d’une infirmité motrice musculaire, a débuté une carrière au cinéma au côté de Vincent Lindon, en 2015. En 2014, c’est Niels Tavernier dans son film « De toutes nos forces » qui montre, sans minimiser les difficultés engendrées par l’apparition du handicap dans une famille, combien les enfants porteurs d’un handicap peuvent dégager une force vitale incroyable et la transmettre à leur entourage. Ou bien, c’est encore Pascal Duquenne dans le film « Le huitième jour » de Jaco Van Dormael en 1996. Il remportait le prix d'interprétation au Festival de Cannes

Au théâtre, la situation ne semble guère plus brillante. Le théâtre du Cristal travaille avec des personnes en situation de handicap. Pour l’égalité des chances et la non discrimination dans l’accès à la culture, voici une longue liste de théâtres préoccupés par cette problématique:

Statuette de Wagner

D. Denry 

Sissi 
Impératrice d'Autriche.
1837 - 1898
Buste.
2012
Elle séjourna au château de Sassetot-le-Mauconduit en 1875.
 
----------------
 

Télévision

Sissi se masturbe!

On frôle le ridicule.

Version avec D. Devenport et J. Schumann

Caroline Constant

"L'Humanité"

12 21

------------

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Prométhée enchaîné d'Eschyle - Avignon IN-

Publié le par bmasson-blogpolitique

Théâtre IN Avignon

Prométhée enchaîné

De Eschyle

Mise en scène : Olivier Py

Avec Philippe Girard, Mireille Herbstmeyer, Frédéric Le Sacripan.

Assis en face à face avec les autres spectateurs. On se regarde. Jusqu’à l’arrivée des acteurs. On s’écoute tant que le brouhaha ne monte pas trop et ne couvre pas encore toutes les paroles. Quelques uns sont sages et attendent patiemment. D’autres se retrouvent et c’est la fête. On s’embrasse. Un amoureux s’inquiète. Son visage s’illumine à l’arrivée de sa fiancée.

Puis, les portes se ferment.

Discours d’accueil.

D’où vont venir les comédiens ?

Chut….

Prométhée, avec un « e », c’est un prénom féminin ? Et non ! C’est un homme. Il ressemble à notre Jésus. Torse nu. Cheveux longs. Il va connaître le même sort. Pang ! Un clou ! Pang ! Un autre ! Il reste les jambes à fixer sur ce rocher de pénitence et d’éternité…Pang ! Pang ! Coup de talon sur l’estrade qui résonne et rappelle le rythme et les sons du danseur puissant de flamenco.

On voyage dans le monde entier. Caucase, Sicile, Erne, Nil, Argos…Les animaux fantastiques nous accompagnent dans ce voyage avec les gordones et les griffons qui représentent le danger.

Un acteur qui joue un rôle de femme ? Oui pour Io. Olivier Py aime le mélange des genres. Io est poursuivie et harcelée par l’aiguillon de Zeus, et son désir la pique. Il l’assaille et ne la lâche pas. Y aura-t-il une fin à cette torture ?

Quand Prométhée hurle sa fureur et son malheur, tout vibre en nous. Il nous communique sa douleur et sa souffrance. C’est l’apothéose de l’injustice. « Le pouvoir se défie de ses amis ». Place à la solitude. Nulle supplique ne parviendra au cœur de pierre et de fer de Zeus, brutal et capricieux. Un conseil ? « Ne te révolte pas ! ». Autant se désespérer et se suicider. « Le désespoir est la politesse de l’enfer ». La parole est la possibilité de dire la souffrance.

Peut-on punir encore plus Prométhée ? Il n’a pas peur puisqu’il ne peut mourir. De plus, il possède une volonté aussi puissante que celle de son bourreau.

Zeus peut-il être détrôné ? Oui, à cause de son orgueil et de sa folie. Mais sauvegarder le secret de sa perte empêchera Zeus de trouver une parade.

Est-ce qu’en détenant le pouvoir, on devient plus attirant ? Oui, mais par des valets…

Obtient-on la sagesse et la raison ? Non…

Prométhée est puni par Zeus car il a donné aux hommes, ces enfants, le feu –la connaissance- et l’écriture. Ils se transformeront en adultes et leur transformation provoquera l’ire de Zeus.

C’est une histoire de dieux qui se déchirent, au temps des Grecs. Le destin des hommes est la cause de cette dispute. La prévision de l’avenir est un second enjeu de pouvoir. Maîtriser sa parole est enfin un enjeu de survie.

La pièce d’Eschyle et d'Olivier Py est un réquisitoire contre la tyrannie.

Prométhée enchaîné d'Eschyle - Avignon IN-

Eschyle est né en 525 avant Jésus-Christ. Les deux grands événements de sa vie furent Salamine et Marathon. Ne s’entendant pas avec les Athéniens, il voyage jusqu’en Sicile. Il y meurt en 456 à Géla. Pour le remercier, la ville de Géla édifie son tombeau. Son inscription funéraire est :

« Ce tombeau de Géla fertile en blé renferme Eschyle, Athénien disparu dans la mort. Son illustre courage, le bois sacré de Marathon pourrait en parler, de même que la Mède à l’épaisse chevelure, car il la connaît. »

MARGUERITE YOURCENAR

Tout en lui coule d'une seule coulée, comme l'eau ou la lave. Le mot réalisme, trop moderne, convient mal à l'art d'Eschyle : plutôt faut-il parler d'une réalité si dense et si profonde qu'elle se reforme par delà nos interprétations. Jusqu'à Shakespeare au moins, la sanglante aventure humaine, et les puissantes forces élémentaires au milieu desquelles elle se déroule, n'ont jamais été mieux mises en scène que par ce poète sauvage, orgueilleux, passionné de justice, capable de pitié, et qui dédia son œuvre au Temps.

Theodoor Van Thulden

Bois-le-Duc, 1606 – Bois-le-Duc, 1646

Persée délivrant Andromède, 1646

Huile sur toile

Grâce à son bouclier orné de la tête de Méduse et à son cheval ailé Pégase, Persée, fils de Zeus et de Danaé, parvient à délivrer Andromède enchaînée à un rocher, prête à être dévorée par un monstre marin. Séduit par sa beauté, Persée épousera Andromède comme l‘annonce e putto qui tient le flambeau du mariage.

Musée des Beaux-Arts                    

Nancy

 

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Théâtre - Retour à Reims

Publié le par bmasson-blogpolitique

Retour à Reims

Mise en scène : Laurent Hatat

Avec Sylvie Debrun, Laurent Hatat

30 04 2016

Cet essai sociologique (il date de 2009) a été transformé pour la scène. Les répliques de la mère et de Didier Eribon sont les propos tenus dans l'essai. Le texte dans son intégralité a été élagué pour ne durer qu'une heure dix minutes. L'enjeu de l'adaptation était de respecter les six parties de la thématique en épurant, en utilisant le présent et pas le passé simple et en allégeant la sémantique (utilisation du mot répété au lieu de itérative, par exemple).

« Didier ERIBON — Je vins voir ma mère. Ce fut le début d’une réconciliation avec elle. Ou, plus exactement, d’une réconciliation avec moi-même, avec toute une part de moi-même que j’avais refusée, rejetée, reniée. »  

Laurent Hatat nous explique : « Deux grands thèmes surgissent de ce texte : l'école et la honte. Il essaie de poser des questions et tente d'y répondre en se prenant comme sujet d'étude. Il nous dévoile ses prises de conscience de fils d'ouvrier qui a refusé de voir sa honte envers sa famille. Cela a été nécessaire et difficile pour lui d'exposer ces sentiments qu'il a voulu cacher aux yeux de tous. Pour tous ces aspects, cela n'en fait pas un personnage positif. A-t-on envie de s'identifier à lui ? Le fils ne peut plus parler avec sa mère, même s'il la revoit toujours. Leur dialogue est toujours difficile à cause du racisme et du vote de sa famille pour le Front National. L'artiste ne peut plus parler au monde ouvrier. Il argument avec des extraits de textes de Raymond Aron et de Jean-Paul Sartre, tous deux intellectuels opposés du XXe siècle».

 

L'auteur, Didier Eribon, sociologue, pense s'être défini par son oppression sexuelle en tant qu'homosexuel et pas en tant que sujet de domination de classe, alors qu'il l'a subie aussi de plein fouet. «Je suis gay et NON fils d'ouvrier.» Il dit s'être construit en réaction aux préjugés et grâce à eux aussi.

Il nous décrit les conditions de vie de son enfance et de son adolescence.

Sa mère a connu des familles après la guerre ayant entre 14 et 20 enfants. Il a été élevé dans une famille d'ouvriers dans le Foyer Rémois, avec l'eau courante sans salle de bains. On se lavait devant l'évier à tour de rôle. Le Parti Communiste était influent dans ces cités. De gauche, il luttait contre les injustices et les conditions de vie difficiles.

Les hommes sont morts d'épuisement, à 54 ans pour le grand-père et à 62 ans pour le père qui était tyrannique et alcoolique.

Sa mère a choisi cet homme-là comme mari car elle disait «Le mariage? Celui-là ou un autre...» Elle ne voulait surtout pas être fille-mère comme sa propre mère.

On quittait l'école à 14 ans. Son père a travaillé jusqu'à ses 56 ans.

Lui, l'auteur, pour se dissocier, lisait les auteurs intellectuels quand les femmes rêvaient grâce aux romans feuilletons tout en élevant les enfants ou quand les hommes organisaient des parties de pêche.

Sa mère ne se laissait pas faire et usait de violences pour se faire respecter. Son père a eu deux côtes fêlées quand elle lui a jeté, un jour, le mixer à la tête.

« Sartre, c'est cru » avait dit un jour sa mère. Elle répétait les propos bourgeois qu'elle avait entendus dans la famille où elle faisait des ménages pour permettre à son fils de poursuivre ses études.

L'entrée au lycée a été l'année de la rupture. La musique y a contribué aussi avec l'écoute des Rolling Stones et d'autres groupes avant-gardistes. Il portait des Clarks à cette époque de sa vie. Il a subi les quolibets se moquant de son homosexualité.

Puis, un jour, la honte s'est transformée en orgueil, selon Genêt. Les insultes se transmuent en autre chose, « les crachats en roses, les attaques verbales en une guirlande de fleurs ».

Lui, l'auteur, a développé une haine pour les rapports hiérarchiques de pouvoir.

L'écart entre les dominants et les dominés est toujours le même. La relégation se fait plus tard. Pour lui, le vote pour le Front National permet à la classe ouvrière de se revaloriser en dévalorisant les autres, par le racisme. Comment recouvrer sa dignité quand c'est devenu impossible dans le champ politique?

Sartre pensait que les ouvriers français étaient racistes jusqu'à ce qu'une lutte collective engage la solidarité entre ses membres qui étaient unis ensuite. Dans les années 1980, la révolution a surtout été conservatrice. La gauche en prend pour son grade. Quand la gauche ne pose plus les questionnements, c'est au tour de la droite de s'en emparer. Et pourtant, le rôle de la gauche n'est-il pas d'esquisser l'avenir?

Sartre dans son Saint Genet, comédien et martyr écrivait: «L’important, c’est ce que nous faisons de ce qu’on a fait de nous.»

Un débat a eu lieu après la représentation avec les deux acteurs et ceux qui le souhaitaient et a tourné autour des questions de connaissance et d'affranchissement, des Nuits debout, de Fabrice Luchini qui défend malheureusement la théorie inverse de celle de la discrimination sociale (lui, coiffeur, a réussi dans le théâtre!), des stigmates de la pauvreté avec le travail sur les riches écrit par les sociologues Monique et Michel Pinçot Charlot, de l'accent régional et de la fierté ou non de l'entretenir, des progrès sociétaux (le mariage gay par exemple) mais pas sociaux, de la fracturation des processus de production qui relient les individus aux USA, de la conscience de classe et de son absence, des registres de langage qui ont évolué (on ne parle plus de la même façon), du diplôme qui est relégué car sans-relais ou sans-réseau, des belles phrases utilisées par nos gouvernants (vivre ensemble!) et qui nous bernent, de l'illusion que l'on peut se débrouiller seul pour trouver un statut différent.

Théâtre - Retour à Reims

« C'est un texte qui sert de relais entre une analyse et des possibilités d'actions. Si l'action est soutenue par une analyse, elle ne peut en être que plus forte et peut plus difficilement s'étioler. Une première action est de démonter les idées fausses», nous dit Sylvie Debrun.

C'est un constat sociologique, pas politique. Vous, que ferez-vous ?

Une partie du théâtre de Reims

 

« Retour à Reims (Fragments) » de Jean-Gabriel Périot : l'archive pour mémoire.

En adaptant l’essai autobiographique de Didier Eribon (publié en 2009) au fil d’un montage d’archives savamment orchestré, Jean-Gabriel Périot revient sur plusieurs décennies d’impasse pour la condition ouvrière, du temps des renoncements à celui d’une fracture politique avec la gauche historique.

(…) En voix off, Adèle Haenel conduit ce récit hanté par la sédimentation de la pauvreté à travers le temps et les générations, et les possibilités toujours plus minces de s’en détacher. Différentes thématiques se greffent alors : inégalités hommes-femmes, racisme, mépris et honte, autant de mauvaises branches nourries au même engrais, celui d’une précarité maquillée sous le fard des « trente glorieuses ».

 Cinéma 
Retour à Reims 
Le racisme dans le monde ouvrier et la gauche démissionnaire.
"L'Humanité"
03 22
 
--------------------

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Théâtre - Jean-Luc Lemoine

Publié le par bmasson-blogpolitique

Théâtre - Jean-Luc Lemoine

Jean-Luc Lemoine

Il se présente à nous moustachu et cela lui va bien. Très mince, il cultive l’image d’un corps parfait.

L’arrivée est tonitruante, à la Mad Max. Lumières et musique. C’est parti.

Son rêve le plus fou ? Jouer à Tarascon ! Il n’est pas le seul.

Son pire cauchemar ? Oublier son texte. « Remboursez ! Remboursez ! » L’argent lui pose problème.

Ce qu’il n’aime pas ? Les selfies avec la bouche en cœur et la pose la tête penchée. Depuis, il a le torticolis.

Ce qui l’énerve ? Facebook avec ses 12« Like » quand on a une crise d’appendicite aigue. Il n’aime pas les crises d’appendicite aigue.

Ce qui l’indispose ? Les autographes lus pour reconnaître son nom ! « Ah oui ! Vous êtes Jean-Luc Lemoine ! » Il connaît son propre nom.

La définition d’un mec bien ? Un loser. Ce n’est pas son cas.

A quoi servent les plaquettes de frein ? A éviter de freiner avec les pieds. Ses semelles de chaussure s’usent et ça coûte cher.

Son avis sur les garagistes ? Quand mettront-ils de l’argent dans la boîte à gant pour remercier le propriétaire de cette voiture bien entretenue ? Jamais…

Quel est le contraire d’un loser ? Un winner. Il aime l’anglais.

Le nom d’un acteur « Leader Price » ? Bernardo Di Capprio. Juan-Luca Lemoine ?

Le nom d’un chef mexicain dans un centre commercial ? Jean-Luc.

Ce qu’il aurait voulu être ? Un artiste jouant des pièces classiques. Mais, il y a un hic.

Le sujet d’un humoriste engagé ? Les Roms. Bon, passons à autre chose…

Quel est l’humour qui plombe l’ambiance ? L’humour catho ! Peut-être l’humour communautaire ?

La pire émission de télévision ? Fort Boyard. Qu’est-ce qu’ils ont fumé avant d’imaginer ce type de script ?

Ca balance pas mal. Je ne vous ai pas tout raconté. Il faut en garder pour avoir le goût de la surprise. J’an ai rajouté et transformé. J’espère qu’il me pardonnera. A vous de vous faire votre propre point de vue en allant le voir sur scène. Humour garanti. Pas de date limite à ne pas dépasser.

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Théâtre - Fabrice Luchini et moi - Gérard Depardieu

Publié le par bmasson-blogpolitique

Théâtre

Fabrice Luchini et moi

 

De et avec Olivier Sauton

Ce spectacle a été joué à Avignon et sera représenté à Avignon 2016 dans deux salles, dont celle du théâtre des Remparts.

 

Si notre acteur n’aime que lui, il a aussi une autre passion, Fabrice Luchini qu’il rencontrera dans la rue, par une sombre nuit d’hiver.

Il nous présente donc cette rencontre et ses conséquences et il joue les deux personnages.

Vous connaissez Fabrice Luchini et ses mimiques ? Et bien, Olivier Sauton les reproduit à merveille. Il est Fabrice Luchini ! Bouche écarquillée, yeux globuleux et incisifs, accent précieux et syllabes détachées, telle est la panoplie de notre héros.

« Pourquoi je m’énerve ? », « J’adore ce que je dis ! », « L’amusement c’est sérieux ! », « Je m’énerve, on ne va pas en parler pendant vingt minutes ! », dit-il comme en un songe, introspectif, nous faisant partager son intimité, se parlant à lui-même tout en ponctuant ou en donnant du souffle à sa phrase.

Il appuie sur les accents toniques « Une TorTue éTait… » Tout en insisTant sur les leTTres de son choix.

La tortue et le nageur

Tag à Marseille

 

 

Il en rajoute gestuellement avec ses yeux écarquillés, acteur, son ventre en avant, agressif, son index et auriculaire rejoignant le pouce avec les autres doigts ballants , inquisiteur, son sourire de travers avec sa bouche, moqueur, ses lèvres écartées pour mettre an avant sa dentition, vantard, sa main gauche dans sa poche, intellectuel, son épaule gauche plus haute que son épaule droite, concentré, sa lèvre du bas posée sur celle du haut, interrogatif, sa main tenant son menton, pensif, sa langue entre ses dents en avant, provocateur, sa voix grave, insistant, ses épaules arrières resserrées, concis, ses silences entre les mots et les phrases, harangueur, sa langue balayant sa joue gauche puis sa joue droite, manipulateur, ses yeux se fermant, désabusé, sa jambe gauche fléchie et en appui sur sa jambe droite, bateleur.

Tout est exagéré, dans le pur style de Gérard Depardieu. Il tremble sur la fin d’un mot, ne voulant plus le lâcher, le gardant en bouche, tel un vin délicieux qu’il ne faut pas avaler tant il est succulent et précieux, « fami_i_i_i_i_i_ne ! ». Il est directif, irascible, impétueux, hautain, désarmant, drôle.

Olivier Sauton nous fait une explication de texte très personnelle du poème de Charles Baudelaire « Enivrez-vous ! ». «Il faut être toujours ivre. Tout est là: c'est l'unique question. » La cigale de la fable de Jean de la Fontaine (il en a écrit 243, tout de même) se transforme en clubeuse à Ibiza. C’est hilarant. Il savoure la scène d’Alceste dans le Misanthrope de Molière, acte I, scène I, la plus difficile à jouer de tout le répertoire de théâtre. Nous retrouvons à nouveau le vocabulaire de l’époque, tous les mots que j’aime, « lamentable », « grotesque »…

« Je hais tous les hommes, les uns parce qu’ils sont méchants et malfaisants, … ».

Ce jeune coiffeur à l’origine, détenteur de son CAP en poche, est capable de citer quatre auteurs différents dans la même phrase.

« Travaille comme tu t’amuses. »

Antonin Blondin

« Les femmes jouissent par l’oreille. »

Marguerite Duras

Mais il est capable d’en inventer aussi.

« La bêtise cause, l’intelligence se tait. »

« Si tu parles faux, comment veux-tu qu’on t’écoute vrai ? »

« Si tu veux être passionnant, il faut être passionné. »

« On ne fait confiance qu’aux gens confiants. »

« Un classique, c’est intemporel. »

Face à lui, notre acteur se transforme en un jeune ignare, naïf, qui ne lit pas les classiques, « Je ne suis pas vintage ! », qui use de mots américains, « Yes ! Yes ! Yes ! », qui n’aime que lui-même, encore un !

Courez-y, battez-vous pour arracher la dernière place, installez-vous bien dans votre fauteuil, car vos oreilles vont connaître un grand moment de plaisir. Ne partez pas avant la fin du spectacle, un véritable bijou d’humour concis et intelligent. Fabrice Luchini est venu voir le spectacle d’Olivier Sauton !

Le spectacle l’a perturbé, et il a utilisé une nouvelle gestuelle, il a croisé les bras, tout en marchant… « Il faut que je marche ! » Le maître a trouvé son maître…

Théâtre - Fabrice Luchini et moi - Gérard Depardieu

« Travaille comme tu t’amuses. »
Antonin Blondin

« Les femmes jouissent par l’oreille. »
Marguerite Duras

 

Arles

Gérard Depardieu

 

Photo Marian Adreani

Tag à Levallois-Perret

Gérard Depardieu

 

 

 

 

Gérard Depardieu vs les gilet-e-s jaunes

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Louis XVI par Laurent Bariohay

Publié le par bmasson-blogpolitique

Louis XVI

Par Laurent Bariohay

 

C’est un one man show à la première personne.

Louis XVI nous raconte sa vie, ses rêves de devenir serrurier, les deuils de son frère aîné et de son père, le tout interrompu ou perturbé par des bruitages, des grincements de portes, des battements d’horloge. Il use du langage actuel pour accentuer son effet comique, il danse le menuet, revu tout au long de l’évolution de son récit par l’usage de techniques modernes telles que les CD, les clés USB, la messagerie électronique. La musique est modernisée. La danse aussi. Il danse le rap et le hip hop à la fin du spectacle. Le clin d’œil est amusant.

Louis XVI nous est présenté comme quelqu’un de tolérant puisqu’il aurait aboli la torture et le servage dans les domaines royaux. C’est peut-être faire un raccourci historique rapide de la Révolution française !

Puis il nous parle de tout, de la politique actuelle, des fonctionnaires, de la retraite, de la réforme de l’orthographe, en prédisant l’avenir 200 ans plus tard.

Mais quand l’acteur pleure réellement sur l’enfance de Louis XVI qui aurait été incompris, ayant entrepris des actions qui n’étaient jamais à la hauteur des attentes de son entourage, je reste perplexe devant tant d’empathie. Un phénomène de mode ?

Heureusement, le final devant Saint Pierre est joyeux et créatif.

Louis XVI en buste

de Luc Sicard

1746 - 1825

Médaillon

Miniature peinte sur ivoire

Signé et daté 1787

Musée Jacquemart André 

 

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Théâtre - Marie-Claude Vaillant Couturier - Livre de Gérard Streiff - Primo Levi - Survivants des camps de concentration

Publié le par bmasson-blogpolitique

Marie Claude Vaillant-Couturier

Théâtre

Par Poupette et Compagnie

De Jean-Pierre Thiercelin

Avec Céline Larrigaldie

Elle était amie, dans le temps de sa jeunesse, avec Danielle Casanova et Jeannette Thorez. Elle ne souhaite pas être passive, elle deviendra journaliste.

Elle s’occupera du journal Avant-Garde, puis du Journal des filles de France. Elle rêve de vivre en Union Soviétique pendant qu’Hitler entonne un discours démagogique en affirmant que "ce que chacun d’entre vous souhaite, nous le réaliserons". En 1933, elle réalise un reportage clandestin dans le camp de concentration de Dachau. Elle enchaîne en 1934 avec les grandes grèves, puis en 1937 avec le bombardement de Guernica* en Espagne par l’aviation allemande et italienne.

------------

*

Quand Otto Abetz, un ambassadeur nazi, demande à Picasso à propos de Guernica

« C’est vous qui avez fait ça ? », le peintre lui répond :

 « Non, c’est vous ! ».

---------------

Paul Vaillant-Couturier

Paul Vaillant-Couturier

En 1934, elle vit avec Paul Vaillant-Couturier. Il est le rédacteur en chef du L’Humanité et député communiste à Villejuif. Il a composé les paroles de la Chanson de Craonne. Il décèdera d’un infarctus un mois après leur mariage en 1937.

Femme reporter à L’humanité, Marie-Claude fut-elle la bienvenue dans ce monde d’hommes ? Internée à Auschwitz, puis à Ravensbrück, elle pense "qu’il fallait des survivants pour témoigner, et cette idée la faisait tenir". Ses camarades disaient qu’elle avait un visage rayonnant qui traversait l’abomination. Elle a pu survivre car elle comprenait les ordres allemands, ce qui l’a sauvergardée des coups des nazis quand les femmes qui ne les comprenaient pas étaient battues. Elle témoignera après la guerre aux procès de Klaus Barbie et de René Bousquet et sera députée.

 

NDLR : on continue !
 
Marie-Claude Vaillant Couturier au Panthéon : campagne de signatures organisée par Femmes Solidaires

 

 

Monsieur le Président de la République,

Nous venons par la présente solliciter de votre haute bienveillance une demande qui nous est chère et qui est de votre seul ressort. Nous souhaitons que vous puissiez faire entrer Marie-Claude Vaillant-Couturier dans la crypte du Panthéon au côté de sa chère amie et camarade de déportation Geneviève de Gaulle-Anthonioz. Il nous semble qu’au regard de ce qu’elle a apporté à notre pays et des valeurs qu’elle a défendues, tant dans ses convictions que dans ses actes, elle devrait naturellement trouver sa place auprès des grand.e.s femmes et hommes envers lesquel.le.s la Patrie est reconnaissante. Permettez-nous de porter à votre connaissance quelques étapes de sa vie qui nous semblent pouvoir vous convaincre de la légitimité de notre démarche.

En 1933, toute jeune reporter à la revue Vu comme photographe, deux mois après l’accession d’Hitler au pouvoir, elle réalise clandestinement, au péril de sa vie, les premiers clichés des camps d’Oranienburg et de Dachau, publiés dès son retour en France afin de dénoncer la politique du parti nazi.

Dès l’été 1940, engagée au Parti communiste, elle entre dans la Résistance et participe à des publications clandestines, notamment à L’Université Libre et à l’édition de L’Humanité clandestine. Elle assure la liaison entre la résistance civile (Comité des Intellectuels du Front national de lutte pour l’indépendance de la France) et la résistance militaire de l’Organisation spéciale.

Le 9 février 1942, elle est arrêtée à la suite d’une opération des brigades spéciales avec 150 autres résistant.e.s communistes. Les hommes seront fusillés au Mont-Valérien tandis que les femmes seront déportées à Auschwitz-Birkenau puis à Ravensbrück. Son convoi, parti de Compiègne le 24 janvier 1943, comprenait 232 femmes et seulement 49 d’entre elles sont rentrées.

A la libération du camp de Ravensbrück le 30 avril 1945, Marie-Claude Vaillant-Couturier fait le choix de rester pour accompagner les Français.e.s intransportables. Elle sera la dernière Française à quitter le camp le 25 juin 1945. Son courage et sa bienveillance auprès de ses camarades de déportation sont salués par tous et toutes, y compris par la presse française. Ainsi Le Monde fait paraître un article en juin 1945 insistant sur l’incomparable loyauté de Marie-Claude Vaillant-Couturier : « Chaque jour, cette magnifique Française parcourt les blocs, relève les courages, donne de l'espoir qui n'est souvent que de l'illusion. Le mot de sainteté vient à l'esprit quand on voit cette grande sœur de charité auprès de ces hommes et ces femmes qui meurent chaque jour ».

En 1945, à son retour bien qu’épuisée, elle participe à l’Assemblée constituante. Elle sera par la suite plusieurs fois députée de la Seine et vice-présidente de l’Assemblée nationale.

Le lundi 28 janvier 1946, lors de la quarante-quatrième journée, Marie-Claude est citée comme témoin au Tribunal de Nuremberg. Lors de son témoignage face aux criminels nazis, elle affrontera ces derniers avec courage et responsabilité. Elle témoignera du sort fait à ses camarades des 31 000 mais aussi du génocide des juifs et des tziganes et sera en mesure de parler en détail de nombreux convois dans lesquels elles et ils périrent.

Dès son retour des camps, Marie-Claude Vaillant-Couturier voue le reste de son existence à la justice sociale et à la mémoire de ses camarades mort.e.s en déportation. Membre dirigeante de la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes dès 1945, elle en devient ensuite vice-présidente, puis co-présidente en 1978. Elle est également une des premières animatrices de l’Amicale d’Auschwitz. En 1964, devant l’Assemblée nationale, elle défend la notion d’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité, ouvrant ainsi la voie à la ratification par la France en 1968 de la Convention de l’ONU sur l’imprescriptibilité de ces crimes.

En 1987, elle est appelée par toutes les parties civiles à témoigner contre Klaus Barbie.

Lors de la création de la Fondation pour la Mémoire de la déportation en 1990, elle en est désignée unanimement présidente, puis présidente d’honneur jusqu’à son décès.

Dès le 20 novembre 1945, Marie-Claude Vaillant-Couturier est nommée Chevalier de la Légion d’honneur puis élevée au grade d’Officier en 1981. Le 16 avril 1995, elle reçoit la cravate de Commandeur de la Légion d’honneur des mains de son amie Geneviève de Gaulle. Elle s’éteint le 11 décembre 1996 à Paris.

Enfin, cette grande militante féministe fut vice-présidente de l’Union des femmes françaises, aujourd’hui Femmes solidaires, et mena nombre de batailles pour l’égalité salariale et les droits des femmes.

Monsieur le Président, voici les quelques éléments que nous souhaitions porter à votre connaissance. Nous savons qu’une telle décision doit emporter un consensus national, mais Marie-Claude Vaillant-Couturier fait partie de ces femmes d’exception dont le parcours exemplaire fait l’unanimité au-delà de son engagement politique.

Dans l’espoir que notre demande retienne favorablement votre attention, veuillez recevoir, Monsieur le Président, nos salutations les plus respectueuses.

Sabine SALMON,

Présidente nationale de Femmes solidaires

Le village de Craonne

Le village de Craonne

Craonne

Un bourg florissant

Craonne était un village riche et prospère.

Au XVe siècle, Louis XI accorde le droit de tenir une foire franche de trois jours.

Pendant les guerres de religion, Craonne subit pillages et invasions.

En 1573, les villageois construisent des remparts.

Après la crise du phylloxéra à la fin du XIXe siècle, la culture maraîchère se développe.

Vagues d’assaut

Dans la nuit du 4 au 5 mai 1917, trois nouveaux régiments d’infanterie sont placés dans leurs tranchées, au pied du plateau de Californie.

A 9 heures du matin, les vagues d’assaut s’élancent et progressent à travers le plateau.

Mais dans l’après-midi, l’artillerie allemande se déchaîne et le 18e RI doit repousser une première contre-attaque.

Au cœur des combats.

Dès 1914, le village de Craonne subit des destructions. Des affrontements opposent les troupes allemandes et françaises.

Le village n’est repris par les Français qu’en mai 1917, et sert de point de départ à l’assaut du plateau de Californie.

A la fin de la guerre, le village est entièrement détruit.

Il est reconstruit en contrebas.

-------------

Le souvenir de l’ancien village de Craonne

Un arboretum fut aménagé à cet emplacement afin de perpétuer le souvenir du village détruit.

Marie-Claude, la récitante qui porte le même nom en hommage à Marie-Claude Vaillant-Couturier, est contente que le CNR ait donné le droit de vote aux femmes au sortir de la seconde guerre mondiale, mais remarque que "cela n’empêche pas sa mère de faire la vaisselle". Durant le spectacle, elle vendra le muguet des déportés. Elle ne cesse de boire et de manger. Quelle gourmande ! Quand elle entend Nuit et brouillard, elle tombe en pleurs. Seules ses larmes ne sont pas rouges car tout est rouge en elle: son parti, ses idées, ses vêtements, ses accessoires, son noeud dans les cheveux. Côté musique, elle aime Cloclo (elle sait, cela ne fait pas coco !) et les Yéyés de l’époque. Fleur bleue, elle pense que le meilleur moment dans l’amour, c’est quand on monte l’escalier.

------------

 

Marie-Claude Vaillant-Couturier, née Marie-Claude Vogel, est une femme politique française, communiste, résistante née le 3 novembre 1912 à Paris et décédée le 11 décembre 1996 à Paris. Originaire d'un milieu bourgeois et artiste, elle devient militante communiste et travaille au journal « L’Humanité » comme reporter-photographe. Engagée dans la Résistance, elle est déportée à Auschwitz en 1943 puis transférée à Ravensbrück, camp où elle reste plusieurs semaines après sa libération afin d'aider des malades intransportables.

Déportée en janvier 1943 avec 230 autres Françaises - dont seulement 43 revinrent -, Marie-Claude Vaillant-Couturier témoigna au procès de Nuremberg face à ses anciens bourreaux. C'était le 28 janvier 1946.

----------

« Avec mes yeux, ce sont des milliers de morts qui vous regardent. »
Marie-Claude Vaillant-Couturier

Elle est élue députée communiste de 1945 à 1958 puis de 1967 à 1973.

Elle a été l'épouse de Paul Vaillant-Couturier, puis de Pierre Villon.

Elsa Triolet a aussi été journaliste pendant le procès de Nuremberg.

« Le procès de Nuremberg aurait pu être l’arme massue contre le nazisme, une aide immense pour la dénazification des esprits. Nous nous sommes enlevés nous-même cette arme car ce procès est-il utile pour la dénazification du monde ? Non, puisqu’il donne aux nazis l’espoir que tout n’est pas perdu. On aura le temps de mieux s’organiser, de se cacher et, qui sait, de recommencer. »
La valse des juges. Elsa Triolet-

Autre résistante communiste, Danielle Casanova.

Louis Aragon rend hommage à Danielle Casanova et à Maïe Politzer :

Hélas les terribles semailles Ensanglantent ce long été Cela dure trop écoutez On dit que Danièle et Maïe (...) Maïe et Danièle Y puis-je croire Comment achever cette histoire Qui coupe le cœur et le chant.

Août/septembre 1943

Danielle Casanova (née Vincentella Perini, Ajaccio (Corse), 9 janvier 1909 – Auschwitz, 9 mai 1943 est une militante communiste et une résistante, morte en déportation à Auschwitz. Elle a été responsable des Jeunesses communistes, et elle fonde l'Union des jeunes filles de France.

 

 

 

Danielle Casanova

 

Elle naît à Ajaccio en 1909, de parents instituteurs. Elle sera la seule femme du bureau du Comité Central de la Jeunesse Communiste en juin 1932.

L’année suivante, elle épouse Laurent Casanova.

En 1936, elle devient secrétaire des jeunes filles et crée l’UJFF, organisation pacifiste et antifasciste.

Après l’interdiction du Parti Communiste en 1939, elle entre dans la clandestinité où elle côtoie, entre autres, Georges Politzer.

Elle est arrêtée en 1942. Le mois suivant, elle est confiée aux Allemands et est maintenue au secret. Elle arrive à Auschwitz en janvier 1943 et les femmes du convoi franchissent l’entrée en chantant La Marseillaise.

Elle sera dentiste et organise la solidarité avec ses compagnes.

En mai 1943, elle meurt du typhus. C’est Marie-Claude Vaillant-Couturier qui préviendra ses parents par un courrier.

 

Danielle Casanova au Panthéon

Demande effectuée par l'association "Résister Aujourd'hui".

Octobre 2018

 

Danielle Casanova.

"Ils ont voulu l'anéantir, ils l'ont rendue immortelle."

Louis Aragon.

Hélène de Comarmond est de la famille de Danielle Casanova.

05 21

 

Assassinée à Auschwitz en 1943.

----

Gérard Streiff

 
Une vie de résistante
 
Marie-Claude Vaillant-Couturier
 
Oskar éditeur
 
2014
 
 
 
1942
 
Le couple Villon/Vaillant-Couturier se retrouve après l'évasion de Pierre Villon.
 
Marie-Claude raconte :
 
« Je me souviens de ce beefsteak Longchamp car c'était la première fois que je mangeais du cheval. Dans ma famille, on ne mangeait pas de cheval ; dans la bourgeoisie, on ne mangeait pas de cheval, et comme Vaillant était un cavalier, il trouvait que manger du cheval, c'était quasiment de l'anthropophagie. Je n'avais donc encore jamais mangé de cheval. Mais sous l'Occupation, on était moins délicat et j'avais donc commandé un steak Longchamp. Mais si j'ai gardé le souvenir de ce menu, c'est aussi parce que c'est le dernier déjeuner que j'ai fait libre. »
 
 
 
La mise en quarantaine à Auschwitz:
 
« Oui, toutes les Françaises survivantes de notre convoi. Nous avons appris, par les Juives arrivées de France vers juillet 1944, qu'une grande campagne avait été faite à la radio de Londres où l'on parlait de notre transport, en citant Maï Politzer, Danielle Casanova, Hélène Solomon-Langevin et moi-même et, à la suite de cela, nous savons que des ordres ont été donnés à Berlin d'effectuer les transports des Françaises dans les meilleures conditions. Nous avons donc été en quarantaine. (…) Cette quarantaine était faite parce que le typhus exanthématique régnait à Auschwitz ? On ne pouvait quitter le camp pour être libéré ou transféré dans un autre camp ou pour aller au tribunal qu'après avoir passé quinze jours en quarantaine, ces quinze jours étant la durée d'incubation du typhus. Aussi, dès que les papiers arrivaient, annonçant qu'une détenue serait prochainement libérée, on l'envoyait en quarantaine où elle restait jusqu'à ce que l'ordre de libération soit signé. Cela durait parfois plusieurs mois, mais au minimum quelques semaines. »
 
 
 
La fin de vie à Auschwitz :
 
« Les détenues hongroises qui sont arrivées ont donc été conduites sous cette tente et, là, il en mourait énormément. Tous les jours, une équipe venait chercher les cadavres sous la tente. Un jour, en revenant à mon bloc, qui était voisin, en passant devant la tente au moment où on la nettoyait, j'ai vu un tas de fumier qui fumait, et tout d'un coup j'ai réalisé que c'était du fumier humain, car les malheureuses n'avaient plus la force de se traîner jusqu'aux lieux d'aisance. Elles pourrissaient dans cette saleté. »

Giuseppe Pellizza

Les quatre états

Peinture terminée en 1901

C'est la célébration des idéaux d'humanité, de socialisme.

Le thème est une manifestation de travailleurs. Pellizza a étudié à la Pinacothèque Ambrosiana le peintre Raphaël d'Athènes et s'en sert de référence. Les styles historiques retracent une continuité entre la forme et les idéaux qui relient le passé et le présent.

Le tableau a été exposé pour la première fois à Turin en 1902. La déception de l'artiste à la suite des réactions de la désapprobation royale sur le sujet choisi et la non remise du premier prix poussa l'artiste au désespoir et au suicide. Milan, dans les années 1920 est dirigée par les socialistes. Le tableau représente donc les idéaux de gauche vers 1920, parfois réformiste, parfois révolutionnaire et a aussi son importance après la seconde guerre mondiale. Le tableau a été restauré dans les années 1980 à la Galerie d'Art Moderne.

----------------

Quarto Stato (désigne le prolétariat).

L’événement fondateur est une grève ouvrière dans une usine de Volpedo qui marque profondément Giuseppe Pellizza da Volpedo.

 

Cette œuvre a été présentée pour la première fis en 1902 à l’occasion de la première Quadriennale de Turin.

 

« Une femme avec un enfant au ras suit son mari gréviste…Grèves – Même les femmes peuvent y prendre part- Une femme dans le tableau peut être en première file avec eux. »

Giuseppe Pellizza da Volpedo

 

« La question sociale s’impose ; beaucoup s’y sont dédiés et étudient d’arrache-pied pour la résoudre. »

Giuseppe Pellizza da Volpedo

 

« Le flot de la foule de l’humanité… Le flot de la foule de l’humanité assoiffée de justice. »

Giuseppe Pellizza da Volpedo

 

« Je crois que l’art de l’avenir sera celui qui saura produire l’œuvre qui démontre la bonté et la dignité de la foule. »

Giuseppe Pellizza da Volpedo

 

1900, film de Bernardo Bertolucci

Été 1900, près de Parme. Deux garçons naissent le même jour sur les terres des Berlinghieri. Alfredo est le petit-fils du propriétaire, Olmo le fils du métayer. Les deux garçons grandissent ensemble et sont liés par une belle amitié. Les événements historiques et politiques vont les séparer : la révolution agricole, les grèves et la naissance du fascisme se chargent de leur rappeler leur différence de rang social.

-----------------

 

 

Conversations ou le voyage d'Ulysse.

Avec Eric Cénat (Ferdinando Camon) et Gérard Cherqui (Primo Levi)

 

Hitler a été fidèle à son livre Mein Kampf . Il n'a pas trahi ses idées. Quand le diable arrive dans un pays, beaucoup de personnes le suivent avec enthousiasme. La propagande a été massive et multipliée par 10. Pour endoctriner les jeunes, on a réduit la mémoire par rapport à l'Histoire et on les a mis en ordre de pensée. La manipulation des masses a été développée, mais pas que par les nazis. Soljenitsyne qui a souffert des déviations du socialisme, dans l'Archipel du Goulag, regrettait le tsarisme.

On a cousu sur Primo Levi l'étoile jaune, et pas uniquement sur ses vêtements. Il a été juif de par les lois raciales et par le Lager (=camp).

Son manuscrit a été refusé pendant plusieurs années. La parution du livre  Si c'est un homme  de Primo Levi en Allemagne en 1961 a eu un écho. Il allait aider les Allemands à comprendre. Les jeunes Allemands ne se comprenaient pas eux-mêmes et ne comprenaient pas leurs parents. Ils invoquaient le diable.

 

Pourquoi les Allemands ont-ils accepté Hitler et son anti-judaïsme ? Pourquoi faire expier à une race la volonté d'exister ? Comment un homme peut-il devenir un bourreau ? Les Allemands ont vécu dans un isolement culturel total. Quand il n'y a plus de loi, c'est le temps de la loi de la jungle et du plus méchant qui domine. Les Allemands fusillaient les partisans et déportaient les juifs. Après son arrestation, Primo Levi a eu à choisir.

 

Le premier camp de concentration ouvert a été celui d'Oranienburg dans lequel on a mis les communistes et les socialistes qui protestaient. Les responsables y ont été roués de coups pour les démoraliser.

Dans les camps de concentration, le premier traumatisme vécu a été le manque de solidarité. On y trouve des ennemis, pas des camarades.

 

Puis, l'isolement par la langue est mortel. Celui qui ne comprenait pas l'allemand ne pouvait pas obéir aux ordres, et celui qui ne parlait pas l'allemand ne pouvait rien dire. En connaissant un peu d'allemand, on a la compréhension du monde. Quand on ferme la bouche à quelqu'un, il meurt, même s'il ne s'en rend pas compte.

 

A Auschwitz, la main d’œuvre gratuite survivait trois mois. Il y avait un conflit entre le personnel du camp et les industriels. Un ouvrier qui meurt après trois mois est un mauvais ouvrier. Il meurt gratuitement...

Les Lager poursuivaient trois buts :

la terreur

l'extermination

la main d’œuvre

L'animal, lui, ne fait pas mal pour le plaisir. Les camps permettaient de voir jusqu'où l'homme est capable d'aller dans le mal. C'était un champ d'expérimentation. On met des gens dans un enclos, sans rien et on voit comment cela se passe. Peut-on refuser un privilège ? C'est difficile de le faire et on met le doigt dans le système.

Mais, dans un Lager, on apprend aussi ce qu'est l'essence d'un homme. Y a-t-il des souffrances qui rendent meilleur ? Non, mais il y a des souffrances qui permettent de comprendre. Le traumatisme d'Auschwitz n'a pas été que négatif. Il a appris beaucoup de choses. Primo Levi a eu la chance de surmonter le problème de la langue et un maçon dans le camp lui a fourni à manger. Il n'est pas tombé malade, sauf à la fin. Après, il a connu des phases de dépression. Il a été pris dans un dilemme. « Il y a eu Auschwitz. Il n'y a pas d'existence de Dieu. » Il n'a pas trouvé de solution au problème. Dans les années 1980, quarante ans après, il y a eu de nombreux suicides parmi les survivants des camps. Les nazis avaient gagné et pris le contrôle du cerveau des autres. A cette souffrance s'ajoute la culpabilité du survivant.

 

Parmi les Allemands, ceux qui savaient se taisaient et ceux qui ne savaient pas ne posaient pas de questions, dans un contexte de terrorisme d’État Certains Allemands pensaient qu'il valait mieux fermer la fenêtre avant de connaître pour ne pas se sentir coupable de ce que l'on ne connaît pas.

 

Alors, pourquoi écrire ? Pour dénoncer, pour demander justice, pour éprouver un besoin essentiel de raconter comme les autres besoins essentiels de manger et de boire.

Même si l'on n'est pas cru ni écouté, écrire libère, soulage, a des effets thérapeutiques. Il a survécu pour porter un témoignage.

Primo Levi est précis, scrupuleux. Il est sans rancœur, et tout en douceur. Empli d'un humanisme forcené, il défend l'idée de tolérance. Il n'a pas de haine contre les Allemands. Il ne voulait pas crier lui-même, mais faire crier les autres et il partait sur la durée.

 

Camon avait neuf ans à la guerre. Il est encore vivant.

----------------

 

Primo Levi

1947

"Si c'est un homme".

--------------

Ulysse est un chapitre dans la Divine Comédie de Dante et dans Si c'est un homme. Quand Primo Levi rentra des camps, il avait une barbe longue comme celle d'Ulysse. Son voyage de retour a été son odyssée.

Istvan Buda

Dante et Virgile, 2003

Bronze, calcaire

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Théâtre - Marie Tudor

Publié le par bmasson-blogpolitique

Marie Tudor

De Victor Hugo

Mise en scène de Philippe Calvario

Avec Cristiana Réali, Jean-Philippe Ricci, Jean-Claude Jay, Florence Le Corre

Musique de Patrick Matteis et Thomas Gendronneau

Costumes de Mina Ly

Mars 2016

« Il y a deux manières de passionner la foule au théâtre : par le grand et par le vrai. Le grand prend les masses, le vrai saisit l’individu. Le but du poète dramatique doit donc toujours être le grand comme Corneille ou le vrai comme Molière ; ou mieux encore et c’est ici le plus haut sommet où puisse monter un génie, d’atteindre tout à la fois le vrai et le grand, le grand dans le vrai, le vrai dans le grand comme Shakespeare le fait. Marie Tudor est un effort de plus vers ce but rayonnant. Quelle est en effet la pensée que je tente de réaliser dans Marie Tudor ? Une Reine qui soit femme. Grande comme Reine. Vraie comme femme. »

Victor Hugo, 17 novembre 1833.

 

La reine est amoureuse de Fabiano Fabiani et est aussi malade de jalousie. Le couple formé mène une vie joyeuse et suscite la haine et la peur, l’amant faisant couper la tête de ceux qui lui déplaisent. Après la mort d’Henri VIII, son père qui eut six femmes, Marie règne. « Quand une femme règne, le caprice règne. On donne l’homme à la femme et la femme au diable», dira Simon Renard, l’ambassadeur du roi d’Espagne. Il décrit Marie comme « prude quoiqu’elle elle ait des amants ».

Gilbert, un ouvrier ciseleur, est malheureux et gémit après Jane, sa fiancée: « Tu ne me donnes plus une parole d’amour naturelle. L’amour rend bien méchant ».

Jane est séduite par l’amant de Marie Tudor, Fabiano Fabiani, qui tuera celui qui veut révéler l’origine noble de Jane et faire lire ses actes de naissance, papiers cachés à la mort de son père. Quand Gilbert aperçoit le cadavre, il dit : « On vient d’assassiner un homme ! » Fabiano Fabiani répond : « Non ! Un juif ! ».

Gilbert est éperdu de douleur quand il apprend par la bouche de Fabiano Fabiani que Jane l’a trompé. « Jane m’a trahi et s’est donnée à cet infâme. »

Marie entre en scène. « Il n’y a eu jusqu’ici que la femme. Il faut laisser entrer la reine. » Elle veut faire avouer son amant. Sait-elle qu’il l’a trompée ? « Les plus beaux yeux d’un homme sont parfois menteurs. Les tiens délivrent la loyauté, la naïveté. Je t’aimerais mieux mort plutôt qu’heureux avec une autre. Quand un homme trahit, cela se voit tout de suite », s’interroge-t-elle. Et Fabiano Fabiani répond : « Ce n’est pas votre majesté que j’aime, c’est toi ».

Marie sait tout. Fabiano Fabiani n’a pas à avouer. Elle fait convoquer devant elle Jane. Celle-ci dit : « Chaque mot que je dis me fait mourir ». La reine rétorque : « C’est bien ! ». Les rires jaillissent dans l’assistance.

Marie veut se venger de Fabiano Fabiani et rage : « Si nous n’avons pas de preuves, nous en ferons. Nous ne sommes pas la reine pour rien ! ». A nouveau des rires dans le public.

« La reine parlera au bourreau. La tête parlera à la main ! », dit Marie. Et encore les sourires du public.

Fabiano Fabiani ne se doute pas que Marie lui tend un piège. « Elle me sourit. Le péril n’est pas pour moi ! » Et la colère de Marie va se déployer : « Misérable et lâche, tu rendras les biens que je t’ai donnés. Un Italien est fourbe, un Napolitain est lâche. Mets-toi à genoux devant la reine. Je n’userai ni le poison, ni le poignard, mais la place publique et la peur. Je suis une femme outragée et je serai une reine qui se venge ».

Fabiano Fabiani se défend : « Séduire une femme n’est pas un crime ! », mais Marie utilisera un subterfuge pour l’accuser de régicide et de trahison. Gilbert l’aidera dans ce dessein quitte à en mourir car la vie sans l’amour de Jane ne vaut d’être vécue. « Mourir sans être aimé, mourir sans être pleuré ! », se désolera-t-il.

Mais Marie repousse chaque jour l’exécution des deux hommes, Fabiano Fabiani et Gilbert. Son cœur de femme aime toujours. « La reine est folle. Que voulez-vous ? Comme le disait François 1er, souvent femme varie, bien fol est qui s’y fie » se lamente Simon Renard, l’ambassadeur d’Espagne.

Jane se repend et implore son pardon auprès de Gilbert, emprisonné dans la tour de Londres. « Je serai pour toi quelque chose de moins qu’une sœur, quelque chose de plus qu’un chien. Et si tu te maries Gilbert_ car il plaira à Dieu que tu finisses par trouver une femme pure et sans tâche, digne de toi_ et bien si ta femme est bonne et si elle veut bien, je serai la servante de ta femme. (…) Si tu ne te maries pas, je serai bien douce, bien résignée », gémit-elle. Cette tirade me fait penser à la chanson de Jacques Brel, Ne me quitte pas : «

Ne me quitte pas Je ne vais plus pleurer Je ne vais plus parler Je me cacherai là A te regarder Danser et sourire Et à t'écouter Chanter et puis rire Laisse-moi devenir L'ombre de ton ombre L'ombre de ta main L'ombre de ton chien mais, Ne me quitte pas ».

Mais le peuple intervient et réclame la mort de Fabiano Fabiani. Marie est stupéfaite : « On a bien raison de dire quelle horrible chose est le peuple ! ». Rires dans l’assistance et aussi quand Marie se justifie avec cynisme devant Jane. Marie a pensé intervertir Gilbert et Fabiano Fabiani pour sauver la tête de son amant lors de l’exécution : « C’est une exécution de nuit. Le peuple n’y verra rien. On n’avait que celui-là sous la main. Sans doute aurions-nous pu en prendre un autre. Quelle fatalité ! ».

Il y aura en effet une exécution, mais lequel des deux hommes mourra ?

Victor Hugo nous dépeint le portrait amer d’une femme, d’une reine insatiable et instable, tant en amour qu’en pouvoir et qui est l’objet de luttes en coulisse. Elle est amoureuse, cruelle, cynique, égoïste, frustrée, manipulée. Le statut de Jane représente la trahison puis l’abnégation pour l’homme trahi, en forme de repentir. La pièce se termine par sa reddition. Dans un monde dominé par les hommes, elles se débattent pour tenter de défendre leur droit à la parole et à l’amour. Leurs cœurs et leurs raisons ne sont pas à l’unisson. Toutes deux subissent le désir des hommes. Leurs contradictions, leurs failles sont exploitées par leur entourage, en fonction de leurs propres intérêts. Les origines modestes et italiennes de Fabiano Fabiani ne plaisent pas aux Anglais qui n’auront de cesse de le voir chuter et tomber du piédestal sur lequel l’a mis la reine. La beauté de Jane provoque son malheur et son déshonneur. Ses origines nobles ont attiré les convoitises de Fabiano Fabiani qui souhaitait conserver les biens nobiliaires donnés par la reine, mais qui appartenaient en réalité à Jane, sans que celle-ci le sache, les origines de sa naissance lui ayant été tues. Il la manipule en fonction de ses propres intérêts.

Le peuple intervient car le déshonneur de leur reine devient le sien. L’affaire privée devient une histoire publique. Une reine n’a pas le choix en amour. Marie devait épouser Philippe II d’Espagne et elle l’épousera.

La musique rock accompagne le changement de décors entre les actes.

Le jeu des acteurs, tout en sobriété et en force, est formidable. Un grand bravo à Cristiana Réali. Les costumes stricts ajoutent à l’importance du rang social des personnages et allongent la silhouette des acteurs. La seule vêtue en blanc est Jane. Et pourtant sa robe se tâche quand elle implore à genoux dans la boue et la poussière le pardon, tâche symbolisant la perte de sa pureté de femme.

Westminster

Westminster

Marie Tudor

By Hugo

par Jacno

 

Marcel Jacno

1904 - 1989

Maison Jean Vilar

Avignon

08 19

 

Graphiste, typographe, Jacno est un homme de caractère(s). Il crée son alphabet pour ses affiches.

A la fin des années 1920, il travaille pour le cinéma. Dessinateur, il publie des caricatures dans la presse.

En 1947, il finalise le conditionnement du paquet de cigarettes des « Gauloises » (signature émise à un milliard et demi d’exemplaires par mois). Il travaille pour les parfumeurs.

Il travaille la mise en page dans les journaux (Ici Paris, Radar, Détective), dans l’édition (Julliard, Denoël, Hachette), dans les ouvrages (la Bible).

En 1951, il rencontre Jean Vilar. Il contribue à développer la notoriété du TNP, puis de nombreux théâtres parisiens.  

---------------

Marie Tudor à Calais.

 

Marie Tudor à Calais.

 

Marie Ire , dite la Sanguinaire, également connue sous le nom de Marie Tudor, née le 18 février 1516 et morte le 17 novembre 1558 , est la première reine régnante d'Angleterre.

Elle est la fille cadette d'Henri VII Tudor et d'Élisabeth d'York.

Marie Tudor impose le retour du catholicisme en Angleterre. 

En 1514, le Roi de France Louis XII veut un héritier. Afin de sceller la paix avec l'Angleterre, il s'unit avec la sœur d'Henri VIII, la belle Mary Tudor. Marie mourut abandonnée de tous à l’âge de 42 ans.

Marie Tudor, c'est aussi LE drame passionnel de Victor Hugo.

 

Calais est conquise en août 1347, dès les premières années de la guerre de 100 ans, par le Roi d'Angleterre Edouard III, au terme d'un siège de plus d'un an.

« Si l'on ouvrait mon cœur, on y trouverait gravé le nom de Calais. »- Citation célèbre de Marie Ière dite Marie Tudor.

--------------

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

'Les fourberies de Scapin' de Molière - Houdon - Commedia dell'arte - Pise

Publié le par bmasson-blogpolitique

Théâtre – Les fourberies de Scapin.

De Molière

Mise en scène de Marc Paquien

2016

Scapin est joué par Denis Lavant

C’est son avant-dernière pièce écrite avant sa mort.

Les insultes de l’époque de Molière :

« Scélérat, infâme, homme sans foi, fat, maraud, traître, fieffé, faquin, etc »

Les femmes au temps de Molière :

« - Elle n’est point tant sotte et tout à fait passable, dit Scapin à propos de Hyacinthe qui lui plaît :

« Elle n’est pas tant sotte, ma foi, et je la trouve assez passable »

-Allons acheter celle que j’adore ! dit le fils d’Argante, Octave.

-Ce n’est pas en m’achetant qu’il m’aura toute entière, dit Zerbinette :

Acte 3 Scène I (…)

ZERBINETTE.— (…) J'ai l'humeur enjouée, et sans cesse je ris; mais tout en riant, je suis sérieuse sur de certains chapitres; et ton maître s'abusera, s'il croit qu'il lui suffise de m'avoir achetée pour me voir toute à lui. Il doit lui en coûter autre chose que de l'argent; et pour répondre à son amour de la manière qu'il souhaite, il me faut un don de sa foi qui soit assaisonné de certaines cérémonies qu'on trouve nécessaires. (…)

HYACINTE.— La ressemblance de nos destins doit contribuer encore à faire naître notre amitié; et nous nous voyons toutes deux dans les mêmes alarmes, toutes deux exposées à la même infortune.

ZERBINETTE.— Vous avez cet avantage, au moins, que vous savez de qui vous êtes née; et que l'appui de vos parents que vous pouvez faire connaître, est capable d'ajuster tout, peut assurer votre bonheur, et faire donner un consentement au mariage qu'on trouve fait. Mais pour moi je ne rencontre aucun secours dans ce que je puis être, et l'on me voit dans un état qui n'adoucira pas les volontés d'un père qui ne regarde que le bien.

HYACINTE.— Mais aussi avez-vous cet avantage, que l'on ne tente point par un autre parti, celui que vous aimez.

ZERBINETTE.— Le changement du cœur d'un amant, n'est pas ce qu'on peut le plus craindre. On se peut naturellement croire assez de mérite pour garder sa conquête; et ce que je vois de plus redoutable dans ces sortes d'affaires, c'est la puissance paternelle, auprès de qui tout le mérite ne sert de rien. (…)

SCAPIN.— Vous vous moquez; la tranquillité en amour est un calme désagréable. Un bonheur tout uni, nous devient ennuyeux; il faut du haut et du bas dans la vie; et les difficultés qui se mêlent aux choses, réveillent les ardeurs, augmentent les plaisirs. (…)

 

Molière

cour Napoléon

Paris

 

 

La fille ‘ôtée’ aurait pu servir de vengeance au père de Léandre en devenant son héritière. Argante a perdu une fille et souhaite déshériter son fils:

« Et que n’ai-je à cette heure la fille que le Ciel m’a ôtée, pour en faire mon héritière ! »

La peur d’entreprendre ?

« - Je hais ceux qui ont peur d’entreprendre des choses, dit Scapin »

"Je hais, dit-il, ces cœurs pusillanimes qui pour trop prévoir la suite des choses n'osent rien entreprendre."

L’énergie de Scapin qui aide et s’entremet pour assurer le bonheur des jeunes gens est rythmée par ses pieds qui tapent, par ses portés sur les épaules d’un autre acteur, par ses sauts. Il dégage une fougue, une énergie en exagérant sa gestuelle ou les mimiques du visage qui s’inspirent de la commedia dell'arte .

Bien entendu, tout l’humour se concentre sur la phrase « Mais qu’allait-il faire dans cette galère ? »

Don Juan

Molière

Par Jacno

-----------------------------------

Dom Juan de Molière

P 33 :

Il y environ cent cinquante versions de Dom Juan.

 

P 38 :

C’est Molière qui a donné à Don Juan sa réputation universelle.

 

P 40 :

Laurent Tailhade  pense que la fonction  de Don Juan est d’être irrésistible.

 

P 49 :

La Commedia dell’arte :

« Ces scènes étaient des sketches. Les réparties (…) dites dans les dialectes les plus divers, bolonais, piémontais ou vénitiens, étaient (…) inintelligibles aux auditeurs. (…) Mis la pantomime, l’expression corporelle dominaient ces représentations, et tout était lisible et saisissable. »

 

p 64 :

Quatre années après la mort de Molière, sa veuve vendit à Thomas Corneille, Corneille le jeune (…) le droit de traduire en vers le Dom Juan.

(…) Pendant deux siècles, cette traduction fut la pierre tombale du Dom Juan de Molière. On la joua à la Comédie Française plus de cinq cents fois entre 1677 et 1847.

 

P 78 :

Dom Juan m’est apparu ainsi comme un débauché sexuel auquel se juxtaposait un impuissant, puis un séducteur, (…), puis un grand seigneur méchant homme.

 

Dom Juan répond à Sganarelle qui trouve « fort vilain d'aimer de tous côtés »...

"Je me sens à coeur à aimer toute la terre."

Molière

Don Juan

Printemps des poètes

--------------------

P 291 :

Molière (…) mourut un soir afin que ses ouvriers et ses comédiens touchent le gain de leur journée.

 

Louis Jouvet

Témoignages sur le théâtre

Edition Champs arts 2009

Editions Flammarion 1952

-----------------------------------------------------

Marcel Jacno

1904 - 1989

Maison Jean Vilar

Avignon

08 19

 

Graphiste, typographe, Jacno est un homme de caractère(s). Il crée son alphabet pour ses affiches.

A la fin des années 1920, il travaille pour le cinéma. Dessinateur, il publie des caricatures dans la presse.

En 1947, il finalise le conditionnement du paquet de cigarettes des « Gauloises » (signature émise à un milliard et demi d’exemplaires par mois). Il travaille pour les parfumeurs.

Il travaille la mise en page dans les journaux (Ici Paris, Radar, Détective), dans l’édition (Julliard, Denoël, Hachette), dans les ouvrages (la Bible).

En 1951, il rencontre Jean Vilar. Il contribue à développer la notoriété du TNP, puis de nombreux théâtres parisiens.  

Gherardo Poli

Florence, 1674 – Pise*, après 1739

Architecture en ruine avec la commedia dell’arte

Huile sur toile

Le tableau a été probablement réalisé par Gherardo Poli et son fils Giuseppe.

Musée des Beaux-Arts

Nancy

 

 

Tag de la tour de Pise à Nîmes

Italie

La tour de Pise est alcoolisée à la bière. Elle tangue.

Ou bien:

Les architectes qui l'ont construite se sont trompés de matériaux. Au lieu de pierres, ils ont pris les capsules fermant les bouteilles de bière bues.

---------

 

François II Bunel dit le Jeune

Blois, 1552 – Paris, 1599

Huile sur toile

Vers 1580

Commedia dell’arte

Cette toile est l’une des plus anciennes représentations de la Commedia dell’arte en France. Introduite à Paris vers 1575 par des troupes de comédiens italiens, les acteurs y engagent un jeu d’improvisation à partir d’un « canevas ». Ils endossent des rôles facilement reconnaissables par leur costume, mais également par les défauts ou qualités caricaturales des personnages.

La légende datant du XIXe siècle identifie les membres de la cour du roi Charles IX.

Musée d’art et d’histoire de Bayeux

 

Scènes de la Commedia dell’arte

Flandres ou France

Dernier quart du XVIe siècle

Ce tableau illustre la vague des troupes de comédiens italiens (comme les Gelosi ou les Andreini) venus jouer en France à partir du dernier quart du XVIe siècle.

 

Musée Calvet

Avignon

Entrée gratuite

-----------------------------------------------------------

Denis Diderot

par Louis-Michel van Loo

1767

Louvre

Il fut emprisonné à Vincennes.

 

Page 119, sur la Commedia Dell’arte (notes) :

« Foires de Saint-Germain et de Saint-Laurent : on y trouvait aussi le théâtre de la foire, dans le style de a commedia dell’arte : acrobates et pantomimes ; l’autorisation de chanter n’avait été accordée aux comédiens de la foire qu’en 1714. Lesage (Arlequin, roi de Serendib), Marivaux, Piron, etc, ont débuté sur ces théâtres.

Denis Diderot

Histoire de madame de la Pommeraye

Folio classique 2018

Edition dérivée de Jacques le fataliste et son maître. (entre 1765 et 1784)

-----------------------------------------------------------

 

« Sous quelque gouvernement que ce soit, la nature a posé des limites au malheur des peuples. Au delà de ces limites, c'est ou la mort, ou la fuite, ou la révolte. »

Diderot.

-----------------------------

Cabu

Le buste de Molière par J-A. Houdon*

Salle Richelieu, Comédie Française, Paris

2009

Croquis personnel

Avignon

 

*

Jean-Antoine Houdon

Sculpteur

 

Jean-Antoine Houdon, né le 25 mars 1741 à Versailles et mort le 15 juillet 1828 à Paris, est un sculpteur français. Il est l'un des plus importants sculpteurs du XVIIIᵉ siècle. Réputé pour le rendu réaliste de ses œuvres, habile non seulement dans le travail en marbre, Houdon avait aussi un talent et aptitude pour façonner la terre, le plâtre et le bronze. On l'appelle souvent « le sculpteur des Lumières ».

Cour Napoléon

Paris

 

Molière en Gilet Jaune.

 

--------------------------------------------

P 18 (introduction) : la Commedia dell’arte :

« La pièce était donc entièrement tributaire de ses interprètes et pouvait se transformer complètement d’une représentation à une autre.

(…) L’improvisation exigeant de lui (= de l’acteur, NDLR) des qualités qu’il ne possédait pas toujours, il y suppléait par toutes forces d’artifices : tirades passe-partout, « lazzi » éculés, plaisanteries obscènes.

(…) Le niveau moyen des spectacles était assez bas, surtout au XVIIIe siècle.

 

Mémoires

Carlo Goldoni

Editions Mercure de France 1965 et 1988

Fin de l’écriture en 1787.

--------------

Jean Antoine Watteau 

Valenciennes, 1684- Nogent-sur-Marne,1721

 

L’Enchanteur

Huile sur cuivre

Troyes 

Musée des Beaux-Arts

 

Parmi des personnages de la Commedia dell’arte, un charmant guitariste joue de la musique.

 --------------

P 19 (introduction) : Molière :

 

Le dramaturge dont l’exemple exerça une influence déterminante sur Goldoni fut Molière.

 

P 332/33 : une pièce sur la vie de Molière :

 

Deux anecdotes de sa vie privée m’en fournirent l’argument. L’une est son mariage projeté avec Isabelle, qui était la fille de Béjart, et l’autre la défense de son Tartuffe.

(…) Le personnage de Valerio n’est autre chose que Baron, comédien de la troupe de Molière.

(…) La Chapelle (était, NDLR) ami de l’auteur et très connu dans son histoire.

 

Mémoires

Carlo Goldoni

Editions Mercure de France 1965 et 1988

Fin de l’écriture en 1787.

 

----------------

Molière

Albert Memorial 

Londres 

-----------

J-B-P Molière 
Comédie Française 
Paris

----------

 

Molière 
Né à Paris - Mort à Paris.
1622 - 1673
Paris
Souscription nationale.
--------

Le  Ragueneau :

Maître Restaurateur (1608 - 1654)

Les conseillers du Roy prenaient souvent leurs repas chez Ragueneau, mais aussi beaucoup d'artistes auxquels il lisait tout ce qu'il avait écrit pendant la nuit : parmi eux, le célèbre Jean-Baptiste Poquelin dit Molière, ainsi que le redoutable polémiste Cyrano de Bergerac.

-----------

Molière.
L'avare.
Pièce écrite en 1668.
Moquerie des avares, de leur colère et de leur égoïsme.
"La Marseillaise"
-------------------

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Théâtre 'Pas folles les guêpes'

Publié le par bmasson-blogpolitique

Théâtre « Pas folles les guêpes ! »
 
Une pièce de Bruno Druart
Avec Sonia Dubois, Danièle Evenou, Olivier Bernard, Brigitte Charamande, Véronique Demonge, Michèle Kern.
Mis en scène par Jean-Pierre Dravel et Olivier Macé.
 
 
C’était une soirée d’affluence avec la foule des grands soirs. L’affiche et les têtes d’affiche plaisent. Le quatrième balcon est rempli.

 

Pas folles, ces sœurs, mais déjantées, et pour notre plus grand plaisir.
Elles sont cinq sœurs, avec leurs rivalités, leurs jalousies et leurs solidarités. Un capitaine (un marin ?!) de police va venir jouer dans cette ruche. Il sera adulé, manipulé, ensorcelé, trituré, retourné sur le grill.
Si Danièle Evenou ne veut pas passer pour une poire, elle a la pêche ! Elle a changé son nom Diane Martin en Diane Lovercraft car elle ne voulait pas être assimilée à ‘Anne Martin’…Narcissique, midinette, allumeuse, fleur bleue, un chouchou dans les cheveux, elle diffuse une folie douce et contagieuse.
Les propos venimeux fusent : ‘Tu t’es fait greffer un cerveau ? Elle avait une taille de guêpe, mais elle est devenue un bourdon. Elle a du tenir un magasin de loukoums. Je ne sais pas dire du mal de moi, etc.’
La pièce est en quatre actes. C’est la recherche des alibis, la description des parcours et des caractères des cinq sœurs, l’accusation injuste et la complicité des sœurs.
Il y a les scènes comiques et disjonctées, comme la danse du flamenco qui surgit en plein interrogatoire, ou bien la simulation d’un acte d’amour entre Danielle Evenoux et Olivier Bernard sur le canapé, et encore notre policier transformé en symbole sexuel viril donné en pâture aux cinq sœurs.
Et le policier ne va pas apporter la sérénité dans le groupe. Lui aussi, fou-dingue, a ses petites faiblesses et ses délires. Sa sonnerie ‘Starsky et Hutch’ va sonner souvent, lui rappelant qu’il a un amoureux inquiet et jaloux qui le surveille. Quand l’atmosphère sera crispée, voici le mot d’humour qui détendra: ‘L’ambiance n’est pas gay-gay !’
Quand il menace de faire visiter ses locaux repeints à neuf à Danièle Evenou, elle lui répondra : ‘J’attendrai la journée du patrimoine !’
Poète à ses heures, il déclamera sa production personnelle, tel un tragédien.
C’était un plaisir de retrouver les actrices Brigitte Charamande, Véronique Demonge, Michèle Kern.
------------

Avez-vous remarqué que les guêpes sont nombreuses et attirées vers votre nourriture, si vous mangez à l’extérieur, à la fin de cet été ?

Il semble que le réchauffement climatique leur permette de se développer en taille et en nombre.

Je mangeais ma pomme, quand une guêpe a tourné dangereusement autour de moi pendant que je démarrais ma dégustation. Je n’étais pas la seule à l’apprécier ! Mais, j’ai eu peur de me faire piquer.

J’ai donc posé la pomme sur le banc où j’étais assise.

A peine éloignée d’un mètre de moi, la guêpe s’est installée dessus et l’a mangée. Je l’observais, me disant que je devrais renoncer à mon plaisir. Mais elle fut repue et s’envola au loin.

Je repris ma pomme et la croquais à nouveau. Mais l’odeur en attira une seconde. Vite, je reposais celle-ci et je regardais ce qu’elles allaient faire.

« Miam, miam !  Et je me délecte ». Encore une fois, repues, elles s’en sont allées.

« Ah ! Je vais pouvoir la manger à mon tour. Est-ce que c’est dangereux de manger après elles ? Déposent-elles des pesticides sur mon fruit ? Tant pis. Elle est trop bonne. Je prends le risque. »

 Mais une troisième guêpe se joignit aux deux premières. Le manège recommença et une quatrième arriva. Si cela continue, je vais avoir droit à l’essaim dans sa totalité !

Je pus finir ma pomme quand même et je quittai ce banc en jetant le trognon dans les feuillages.

Pour pouvoir manger en relative sérénité, il ‘a fallu composer et partager avec ces guêpes, en attendant mon tour pour la savourer. Je n’aurais jamais imaginé cela !

 

Musique sur :

----------

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 > >>