Gilles Leroy - Nina Simone, roman.

Publié le par bmasson-blogpolitique

Gilles Leroy

Nina Simone, roman.

Editions Mercure de France – 2013

 

L’auteur précise que c’est un roman, pas une biographie. Pourtant, il est bien obligé de suivre la vraie vie faite de hauts et de bas de Nina Simone. Il la fait vivre à Marseille, alors qu’elle a vécu à Bouc-Bel-Air puis à Carry-le-Rouet. C’est James Boldwin qui lui aurait fait découvrir le sud de la France (p 116).

Elle commence mal sa vie. Sa maman ne l’aime pas. Elle est sans amour pour sa fille (p 68). Elle se marie sans amour non plus (p 53). Le mariage ne tient pas et elle épouse un mari violent, jaloux et possessif qui ne manifeste aucune tendresse (p 114).

Elle choisit son nom de scène « Simone » en hommage à Simone Signoret (p 42). Mais Nina deviendra une femme désabusée, excessive, meneuse d’hommes, exigeante et qui s’est battue pour survivre dans un monde de requins. Elle aime le luxe. Elle n’est pas méchante, mais elle est  violente (à l’image du monde, NDLR) (p 153). Elle a tiré dans les jambes d’un adolescent de quinze ans (p 88) parce qu’il faisait des bombes dans la piscine (p 155) !

 

Ses parents rêvaient de la marier à un chef d’orchestre et elle démarre sa vie à pianoter dans les bars (p 142).

Elle s’oppose à Billie Holliday qui inspirait la pitié des Blancs car, elle, elle se tient droit (p 146). Mais elle a signé, naïve et confiante, un contrat qui l’a dépossédée de ses droits et elle a perdu un millions de dollars (p 144). Sa chanson « My Baby just cares for me » a été utilisée par Chanel. A-t-elle été payée ? (p 89). Mais elle trouve que c’est la chanson la plus mièvre de son répertoire (p 241). Elle considère que son succès est du à 90% à son ambition et 10% à son état de femme amoureuse (p 224). Mais si un homme lui demandait de choisir entre lui et son piano, elle savait lequel choisir. Elle a massacré certains de ses spectacles et, le public, insulté, l’aimait quand même (p 253).

 

Les USA sont nommés les « United Snakes of America (p 96). Elle a subi dans sa vie le système américain qui inocule le racisme à tout le monde (p 149). Elle a été pendant quinze ans sans faire de disque car les maisons de disques refusaient son hymne pour le Mouvement (dans les années 1968). Elle a aussi subi la misogynie des  Noirs qui n’ont pas voulu de son Hymne non plus car créé par une femme (p 160).

 

Elle trouve Woody Allen ridicule avec sa « clarinette astiquée par la bonne » L’allusion est ouvertement sexuelle ! Mais elle a trouvé dur de tourner pour ses shows avec des hommes qui pensaient qu’ils valaient mieux qu’elle. (p 82).

 

Est-elle bipolaire ? Elle parle de son traitement au lithium (p 90). Elle aurait été diagnostiquée à l’hôpital Necker. Alcoolique, elle avale 5 à 6 litres de champagne en une journée lors d’un séjour à Paris (p155).

Elle était homosexuelle (p 156).  Elle aurait côtoyé Zelda Fitzgerald qui est morte enfermée et brûlée vive dans un hôpital psychiatrique (p 219).

L’auteur lui fait terminer sa vie, seule, avec un cancer de la trachée artère (p 248). En fait, elle mourra d’un cancer du sein.

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Atelier Jacques Nicolas Théodore Blard 

Dieppe 

Château Musée

Un cochon qui fume.

NDLR: hommage à "Balance ton porc".

 

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Publié dans mes poésies

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