Simone van der Vlugt - La maîtresse du peintre.

Publié le par bmasson-blogpolitique

Simone van der Vlugt

La maîtresse du peintre.

Editions Philippe Rey – 2020

 

Voici l’histoire d’une femme niée par l’histoire et les historiens. Pire, elle a été dénigrée pendant des siècles.

Mais dans ce roman qui narre sa vie, l’autrice s’appuie sur des documents notariés accessibles au public seulement depuis 1965. La version du grand maître de la peinture, Rembrandt, a ainsi pu être confortée durant tous ces siècles. Les documents sont publiés à la fin du livre, dont le testament de Geertje.

Voici l’histoire de la bagarre du pot de fer contre le pot de terre. Ce conflit porte encore des traces actuellement. La directrice du musée Rijksmuseum d’Amsterdam a pris fait et cause pour Rembrandt.

 

Une petite bonne, nourrice de Titus, fils de Rembrandt, va se rebeller contre le triste sort que lui réserve Rembrandt quand il voudra changer de compagne. Il l’abandonne avec soixante florins par an, et les bijoux que portait sa femme. Pour comparaison, un artisan gagnait trois cents florins par an. Elle ne peut ni vendre, ni mettre en gage les précieux bijoux. Rembrandt lui impose de les garder avec elle jusqu’à sa mort, car Titus en héritera. Voilà Geertje écartelée entre sa propre subsistance et son amour pour Titus. Comment survivre en cas de maladie avec si peu d'argent?

 

Rembrandt  lui avait donné les bijoux pour la garder auprès de lui, le concubinage étant sévèrement puni à ce moment-là en Hollande par des amendes ou la bannissement (p 121). Les bijoux servaient à sceller un pacte de vie de péché accepté entre eux (p 138). Leur conflit après leur séparation va se cristalliser sur les bijoux (p 188).

 

Geertje Dircx, c’est son nom, va insister pour faire augmenter la pension en allant devant les notaires ou les juges. Elle obtient, en 1649, deux cents florins par an (p 298). Jusqu’à ce que Rembrandt explose la colère contenue en lui. Il en a assez. Il n’en peut plus. Elle ira en prison. Il s’appuie sur le témoignage du frère de Geertje qui certifie qu’elle se prostitue pour la faire enfermer à Gouda. Elle logeait dans une auberge,  pour régler le conflit avec Rembrandt, mais les femmes s’y prostituaient (« si tant est qu’on puisse parler de profession », p 203).

 

La trahison de son frère Pieter sera connue par Geertje vers la fin de son emprisonnement. Les hommes lui ont imposé leur loi. Son frère s’est allié avec Rembrandt. qui a préféré payer pour la geôle, au lieu d’augmenter sa pension (p 256) ! En prison, Geertje lira chaque jour la Bible, qui est un récit « plein de vengeances et de violences » (p 241). Personne ne saura où elle se trouvait (p 267).

Grâce à une amie, la punition de douze ans sera réduite à cinq ans. Là encore, l’autrice publie les actes écrits par les juges ou les témoignages de moralité pour sa libération.

 

Geertje Dircx serait née vers 1610 (p 277). Jeune fille, elle nettoyait les poissons à Edam. Son mari meurt noyé en mer, très peu de temps après le mariage. Veuve sans enfant, elle garde des enfants d’un couple dont elle a tenté de sauver de la noyade un des garçons. Puis, elle garde l’enfant de son frère. L’autrice imagine qu’il s’était marié, ne possédant pas d’informations précises sur celui-ci. Elle entre au service de Rembrandt. Sa femme Saskia est mourante. Elle a attrapé la phtisie*. L’autrice suppose que Geertje est entrée au service de Rembrandt avant le décès de Saskia. On apprend que les élèves du peintre mangeaient du hareng et du pain le midi (p 73). Dans le tableau de la milice des mousquetaires, « la petite fille qui errait au milieu des mousquetaires avait le visage de Saskia » (p 88). Quand elle sort à l’extérieur avec Titus, elle le porte dans une écharpe entourée autour d’elle (p 77). Elle devient la maîtresse de Rembrandt quand elle vend les tableaux du maître à l’accueil de la maison (p 117).

 

Rembrandt est décrit comme quelqu’un d’impopulaire, de querelleur, d’irascible, de rustre (p 120). Il y aura une bataille d’historiens à ce sujet (p 274). Il semble avoir été « extrémiste » (p 276). Il a fait faillite, vivant avec un train de vie au-dessus de ses moyens, étant trop dépensier (p 280). Mais pour éviter les saisies, il met la nouvelle maison au nom de sa dernière compagne, Hendrickje.

 

*

La phtisie ou phthisie est un terme médical historique désignant, au sens large, tout état ou processus évoluant vers l'émaciation et la consomption. Dans un sens étroit, le terme signifie phtisie pulmonaire, qui sera interprétée au cours du XIXᵉ siècle comme étant la tuberculose pulmonaire

----------

Geertje Dircx [ˈɣɪːrcə dɪrks], née vers 1610 à Edam et morte en 1656, est la maîtresse de Rembrandt après la mort de son épouse Saskia. Engagée comme nourrice de Titus, le fils du peintre, elle vit plusieurs années avec Rembrandt mais cette relation se termine par une série de procès et par son internement. Plusieurs œuvres de l'artiste passent pour être des portraits de Geertje Dircx mais ce point reste discuté.

Wikipédia.

--------------------

Geertje Dircx ( Edam, 1610 - 1615 - in of na 1656) was een minnares van de Hollandse kunstschilder Rembrandt van Rijn en het kindermeisje van zijn zoon Titus. Geertje benoemde Titus als haar voornaamste erfgenaam. Rembrandt liet haar opsluiten in een tuchthuis, toen ze een aantal ringen, die ze van Rembrandt had gekregen, bij de lommerd bracht.

 

Geertje Dircx (Edam, 1610 - 1615 - en ou après 1656) était une maîtresse du peintre néerlandais Rembrandt van Rijn et la nounou de son fils Titus. Geertje nomma Titus comme son principal héritier. Rembrandt l'a enfermée dans un pénitencier quand elle a apporté un certain nombre de bagues, qu'elle avait reçues de Rembrandt, à l'ombre.

--------------------

Lire aussi:

Publié dans mes poésies

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article