Henry de Monfreid. L’Esclave du batteur d’or.

Publié le par bmasson-blogpolitique

Henry de Monfreid.

L’Esclave du batteur d’or.

Editions Grasset. 1958

 

Je me souviens de la série télévisuelle « Les secrets de la Mer Rouge ». Donc, ce livre m’a tentée.

Quelle surprise de découvrir l’état d’esprit raciste de son auteur, Henry de Monfreid !

Le livre a été écrit en 1956. L’histoire se situe en partie en Ethiopie. C’est une histoire d’amour à l’issue heureuse.

Il décrit les choix pour choisir une femme noire : valeur domestique, force pour porter l’eau et le bois, reproduction comme une poulinière (p 11). Les hommes blancs utilisent-ils d’autres critères ? Eux aussi veulent une femme qui s’occupe de leur foyer, qui gère l’entretien de la maison, et qui leur fasse des enfants.

Henry de Monfreid constate que les Noir-e-s ne s’aiment pas. L’amour « est très rare, exceptionnel même" (p 13). Vu le nombre de divorces en France, on peut imaginer que les Français-e-s qui le font ne se sentent pas aimées non plus.

Il décrit « les coutumes barbares de ces tribus primitives » (p 17). Tout est dit ! C’est vrai que d’étouffer dans le sol un enfant né par les pieds, ou des enfants jumeaux  est révoltant. Ces pratiques  ne sont pas réalisées pour l’humanité, mais pour respecter les usages de la tribu (p 18). Mais, en France, les enfants naissent, et ceux qui sont maltraités meurent plus tard, souvent à l’adolescence. Iels sont tué-e-s socialement ou abandonné-e-s dans des hôtels ou des campings.

L’esclavage en Ethiopie est interdit par les Français. Mais cette interdiction est contournée en faisant voyager les esclaves sous le statut d’épouse ou de fils (p 28). En Arabie, l’esclave peut être vendu-e. En Ethiopie, iel appartient à la famille. Une mère et son enfant ne peuvent être séparés (p 76).

Les Africaines ignorent la pudeur. « Et la pauvre Amina se mit nue devant le vieillard » (p 69). Quelle vision de la « nudité obligatoire » quand Amina est vendue comme esclave sexuelle et doit se dénuder devant son futur maître. Il me semble que les maîtres américains faisaient de même aux Amériques.

Les pêcheurs de perle meurent sur les côtes d’Adramout dans le Golfe Persique, mer chaude qui donne des maladies de peau (p 92) : requins, fièvres, poissons venimeux en sont la cause (p 90).

Au Soudan, il  décrit la vision de la mort comme « une éventualité sans importance ». Les Noir-e-s ont une « âme façonnée par la nature » (p 95). Henry de Monfreid les rapproche des animaux et leur retire les attributs humains.

Pire, iels sont incapables de se projeter dans le temps. « Comme pour les enfants, le temps est pour eux sans mesure, hors de l’heure présente" (p 97). Il les infantilise et les fait vivre uniquement dans l’instant présent.

Amina va rejoindre son amoureux « sous une nuée de mouches » (p 161). Avec l’extinction des insectes, verrait-on encore maintenant cette nuée de mouches ?

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Publié dans mes poésies

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