La vallée des poupées. Jacqueline Susann.

Publié le par bmasson-blogpolitique

La vallée des poupées.

Jacqueline Susann.

(1966 – Valley of the Dolls.)

Presses de la Cité – 2014.

 

Le roman se situe sur une période de dix-sept ans qui s’écoule entre 1945 et 1962. Les « Dolls », en anglais, sont le diminutif de Dolophine, un opioïde. Les downers sont les calmants (= Seconal) et les uppers sont les excitants (= coupe-faim) (p 227).

De la page 56 à 62, Anne, en 1945, dit par trois fois qu’elle ne veut pas épouser Allen dont elle n’est pas amoureuse. Page 64, c’est le quatrième refus. Elle en parle à son patron, Henry Bellamy : « Je lui ai dit que tout cela était un malentendu et que je ne l’aimais pas » (p 74).

Le père d’Allen, Gino,  voit Anne comme « une femme au foyer qui fera des bébés » (p 62). « Veuf, un homme ne peut avoir qu’une seule épouse. En revanche, il peut avoir une multiplicité d’aventures », déclare aussi Gino (page 63) ». Allen, ne souhaitant pas que son père Gino ait une relation avec Helen,  lance à Anne une tirade sur le « monde d’hommes ». « Les filles n’y sont tolérées qu’un moment ; quand elles sont jeunes et belles » (p 169).

 

Neely, chanteuse débutante,  décrit Helen, meneuse de revue, star et milliardaire (p 112), avec l’épithète de monstre. « On ne devient pas monstre. On naît monstre », par opposition à la citation de Simone de Beauvoir : « on ne naît pas femmes, on le devient». (p 111).

A Hollywood, Neely constate que les « épouses de »   ont le même statut social que les scénaristes : celui d’« anonymes » (p 262). Neely avalera des pilules vertes pour perdre les 7 kilogrammes exigés par les studios (p 265). En 1947, Neely regrette que les coupe-faim l’énervent « au point que je n’arrive plus à dormir » (p 266). Elle passe sa commande de Seconal** au médecin par téléphone. « Le docteur Holt dit que c’est une très bonne idée » (p 269). Mais pour retrouver la forme le matin, deux ans plus tard, elle prendra des amphètes « pour trouver la force de se lever » (p 295). En 1961, Neely en sera à trois injections de Demerol* (un opiacé) par jour pendant un an, en Espagne (p 385).

Page 51, Anne et Lyon débattent sur les relations entre Hitler et Eva Braun. «Etait-il doux et enjoué avec elle ? » Puis sur Henri VIII, il lui rappelle qu’il s’est fait « mener par le bout du nez » par sa dernière femme, Catherine Parr***.

Alors qu’elle est fiancée à Allen, Anne entame une relation avec Lyon qui deviendra son histoire d’amour (p 134). Mais Lyon ne veut pas vivre avec Anne. « Je ne vivrai pas avec toi, je vivrai pour toi…et je t’attendrai » lance bravement Anne, dépitée (p 190).

En 1946, dans une lettre adressée à Anne, Lyon lui explique ce qu’il attend d’une femme : elle doit être « capable de s’occuper de mon ménage et de me faire à manger ». Cynique, il justifie son départ pour Londres d’un « Mais tu es une femme trop bien pour moi ! », formule entendue maintes fois dans divers autres récits (p 259). Quand il revient à New York, Henry ne prévient pas Anne que Lyon n’est plus à Londres. Anne découvre que « les hommes se serrent les coudes » (p 289).

Intervient la troisième comparse du roman, Jennifer, après Anne et Neely. Elle a suivi sa scolarité en Suisse dans une école de langues avant 1945. Une amie de Jennifer, Marie, lui explique que « les grandes familles doivent s’unir, (…), mais que je serai obligée de partager le lit d’un porc » (p 202). Maria a déjà expérimenté les relations sexuelles et les décrit ainsi : « Une horreur. On vous mâchouille les seins, on vous transpire dessus. (…) Et pour finir, on vous met enceinte » Elle a été dans l’obligation d’avorter. Mais la conséquence est sa stérilité. Elle a eu une tumeur utérine non cancéreuse suivie d’une hystérectomie « par prudence » (p 203). C’est au tour de Jennifer d’avorter pour 1000 dollars, en octobre 1947, dans un cabinet à « l’hygiène scrupuleuse » (p 280). Elle tombe amoureuse d’un Français et Anne lui apprend qu’il est marié et il a des maîtresses. « Je tombe toujours amoureuse d’un mufle » (p 282).

Ecrit presque 60 ans plus tôt, tout cela ne vous semble pas encore d’actualité ?

*

Demerol: La mépéridine appartient à la classe des médicaments appelés narcotiques analgésiques (des médicaments antidouleur). Elle s'utilise pour soulager la douleur modérée à intense associée à un grand nombre d'interventions médicales, chirurgicales, obstétriques et dentaires. Elle agit sur le cerveau pour réduire la douleur en augmentant la tolérance à la douleur.

**

Secobarbital : Il a des propriétés anesthésiques, anticonvulsivantes, et sédatives. Le sécobarbital a été prescrit dans le traitement de l' épilepsie, celui des insomnies passagères, comme médicament pré-opératoire pour induire l'anesthésie et comme anxiolytique avant des interventions chirurgicales, diagnostiques, ou thérapeutiques brèves.

***

Catherine Parr, est la sixième et dernière épouse de son troisième mari, Henri VIII, qu'elle épouse en 1543, succédant à Catherine Howard.

-------------------

 

Barbie a 85 ans.

Barbie turns 85 today.

--------------

Timbre - Grande-Bretagne.

Enid Blyton est une romancière britannique née le 11 août 1897 à East Dulwich et morte le 28 novembre 1968 à Hampstead. Spécialisée dans la littérature pour la jeunesse, elle est surtout connue pour avoir créé les séries Oui-Oui, Le Club des cinq et Le Clan des sept.

---------------------

 

Elvis Presley était drogué à Las Vegas dans les années 1970.

"L'Humanité"

NDLR: il devait l'être bien avant, aussi.

--------------

Lilian Bourgeat 

Saint-Pierre-de-Varengeville 

Centre d'art contemporain Daniel Havis 

Piggy bank noir, 1998.

NDLR: il est carapaçonné pour faire face aux féministes.

------

Lire aussi:

Publié dans mes poésies

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article