Georges Bataille - L'érotisme

Publié le par bmasson-blogpolitique

Georges Bataille

L'érotisme

Les Éditions de Minuit.

1957

 

En tant que philosophe, son livre porte sur une analyse historique des interdits et des transgressions.

Il essaie de décrire l'histoire humaine à travers les sentiments, en y mettant le moins de scientifique possible. Simone de Beauvoir a fait paraître le « Deuxième Sexe » en 1949, dix ans plus tôt. La pilule contraceptive n'existait pas encore. Ni le MLF.

Il veut montrer la duplicité du visage humain (p 196) et la complexité du monde (p 23). Mesdames, il nous explique que, depuis la nuit des temps, nous, les femmes, avons servi de « don » pour ces messieurs et que nous intervenons dans le développement économique du couple, et dans la reproduction. Le reste ne compte pas à leurs yeux.

L'érotisme est un (ou bien « le ») problème qui est en nous. Il est mystérieux, à l'écart, personnel et universel (p 277).

L'humain recherche un sommet (p 278). L'intensité du plaisir est au maximum dans l'érotisme (p 271). Les interdits sexuels existent depuis que l'homme et la femme sont devenu-e-s des humains (p 53). L'érotisme est le mouvement intérieur de l'être (p 45). A cette occasion, l'humain se met en déséquilibre, consciemment (p 35). Les excès érotiques représentent un désordre (p 182). Il y a une folie dans l'érotisme (p 263). Il est l'expression de l'extrême (p 268).

 

L'érotisme se partage en trois domaines :

le cœur, le corps et le sacré (sauf le bouddhisme) (p 17). Le cœur signifie une libre affection réciproque (p 22). Le corps concerne l'égoïsme qui peut aller jusqu'au cynisme (p 20). Et il s'intéressera à la religion chrétienne, pour le sacré, car elle est la seule religion à s'être opposée à l'érotisme (p 36). La religion lie le désir et l'effroi dans le plaisir qui devient une cause d'angoisse (p 42).

 

La violence :

Il développe longuement sur la violence et se demande si on peut l'éliminer (p 196).

 

Il pense que Rimbaud fait partie des poètes les plus violents (p 28). Par excès, la violence peut l'emporter sur la raison (p 44). Nous n'avons pas abandonné complètement la violence depuis que l'humain est humain (p 46). Elle nous fascine (p 54). La mort est une violence (p 49). Le sang menstruel représente la violence interne au corps humain (p 56).

 

Il rappelle que l'homme qui se croit le plus civilisé au monde lynche. La violence est sans voix et le langage ment. Quand elle arrive, on recherche toujours une cause extérieure. Le langage nie la violence (p 197). Un bourreau ne décrira jamais son crime avec joie et satisfaction. Mais le silence sournois est aussi une source de plaisir (p 198). La violence est admise dans l'érotisme car l'humain transgresse l'interdit, contrairement aux animaux qui n'ont pas d'interdits sexuels (p 227).

 

Il pense que l'on ne peut pas empêcher la violence (p 51). On ne peut supprimer ni la violence, ni la mort (p 198). Mais page 228, il devient un peu plus optimiste quand il dit que la violence peut être plus faible que le respect, la différence et la réserve. L'humain est un animal qui nie le naturel et qui le change. Il se nie lui-même et s'éduque (p 223).

 

Les interdits.

L'interdit rejette la violence. La transgression la libère ( 52).

 

Il n'y a pas de liberté sexuelle. C'est un fait établi en général et universellement (p 53), de tous les temps et sous tous les climats (p 54). Les lois humaines existent par opposition à la liberté sexuelle animale (p 55). Nous voulons nous éloigner de l'animalité (p 154).

Il existe trois interdits : la nudité, la sexualité et l'inceste qui n'existe que dans l'esprit humain (p 225).

Il critique les travaux de Lévy Strauss sur l'inceste car il l'a « réduit aux relations économiques » (p 223). Lévy Strauss a démontré que les hommes ont eu un besoin d'expansion et ont donné les femmes disponibles dans ce but. Ils ont créé ainsi le tabou de l'inceste (p 162). Le don de la femme par le père ou le frère est le renoncement y compris sexuel de celle-ci. C'est ce qui nous rend humain. (p 227).

C'est l'humain qui s'interdit à lui-même. Notre désir de triompher de l'interdit de la sexualité exacerbe notre désir d'érotisme (p 262). La fête est un temps sacré. C'est le temps de la transgression des interdits . Les anciens pratiquaient les sacrifices pour transgresser l'interdiction de meurtre (p 263).

 

Les femmes.

Dans le couple sexuel, la femme joue la partie passive et l'homme, la partie active (p 19). Pour lui, les femmes se proposent au désir agressif des hommes (p 139). Si une femme fuit, on se demandera quand et dans quelles conditions elle cédera (p 140). La femme peut se dérober, mais dans le cas de la prostitution, à cause de la misère, la femme n'a pas de choix et ne peut s'échapper. C'est une plaie (p 141). Il analyse le rapport Kinsey. Au sujet de l'orgasme, ce rapport parle seulement des orgasmes des hommes, pas de celui des femmes (p 172).

 

 

Sade.

Il est allé plus loin que le sabbat et que la transgression en n'imposant aucune limite (p 135). Exubérant, il voulut jouir de ses privilèges. Mais il fut imprudent. Emprisonné, il proposa en littérature des avantages illimités aux lecteurs et lectrices (P 178). Pour sortir ses passions et vivre avec, sa littérature dépassa les limites du possible. C'est une écriture de protestation révoltée (p 191). A la Bastille, il invente un langage. Son châtiment lui semblait tellement injuste que Sade parla pour le dénoncer (en opposition à « qui ne dit mot consent ») et il s'en prit aux juges, à Dieu et aux limites (p 200). Souverain, il nia l'autre. Il n'y a pas de partenaire (p 179). NDLR : « nia » et « n'y a » s'entendent pareil. Il lia la volupté au crime. Son désir était tellement fort qu'il s'opposa à la solidarité humaine qui empêche le passage à l'acte pour le meurtre. Il développa des désirs contraires à ceux qu'il avait mis en place dans sa vie, mais qui étaient en accord avec son imaginaire de prisonnier (p 180).

Peut-on séparer Sade du crime et l'homme de son œuvre (c'est une question que l'on se pose actuellement au sujet des criminels sexuels) ? Peut-on mourir de et avec plaisir ? Pour lui, le plaisir intense est lié à la destruction de la vie (p 190). Le mal le mène à la jouissance sexuelle, sans étape intermédiaire (p 205). Il est d'un cynisme héroïque, bien loin des égards et de la tendresse qui nous permettent de nous supporter (p 183). Le mouvement de l'amour est poussé à l'extrême et crée l'angoisse (p 45). Il répond à la question de l'explication des horreurs bizarres religieuses passées (feu, écorchement, etc) par le sadisme sexuel (p 191 & 194). Il va plus loin que le christianisme qui a créé l'illimité dans le mal (p 135). Il montre un aspect de l'homme moderne. Le sadisme est entré dans le langage universel. Il aide à la « conscience de soi ». Il permet de condamner et de se défendre des instincts qui nous poussent à détruire ce que nous avons construit. Il a rationalisé la violence car ce qui nous révolte est en nous (p 201 & 206).

 

Le travail.

On a retrouvé des outils humains qui datent de un million d'années (p 47).

Le travail est la conscience qui a permis à l'humain de sortir de l'animalité. L'humain est devenu conscient en travaillant (p 172). Le travail est lié à la raison (p 47).

Il pense que les dessins d'Homo Sapiens ont permis de limiter la vie sexuelle pendant le temps de travail (p 53).

Il suppose que l'homme et la femme de Neandertal avaient déjà une sexualité contenue puisqu'iels travaillaient (p 34). En travaillant, iels se séparèrent de la violence. Le travail a été un échappatoire (p 46).

 

Le mariage.

Le mariage est opposé à l'érotisme. Il se limite au côté financier. C'est une association économique. La femme y joue un rôle de reproductrice et donne sa force de travail (p 221). Le mariage lie des notions contradictoires : la pureté est opposée à l'intérêt, les interdits sont opposés à la sensualité, la générosité s'oppose à l'avarice (p 226). Le mariage de maintenant est un compromis entre la sexualité et le respect (p 228).

Bref, il y a du boulot pour rappeler à la gente masculine ce qu'ils ont oublié : la notion de respect, y compris sexuel!

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Le caméléon et l'amour. Sa partenaire lui fait la tête.

"Suzanne! attends je peux changer".

C'est une référence à son changement de couleur pour séduire la femelle. 

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Il était une fois l'amour à la française.
S1 : Désir et consentement : 1956 - aujourd'hui

« Si tu dis « non » la première  fois, tu ne vas pas dire « oui » la deuxième fois. »

Les années 60 et 70 marquent le temps de l'invention de la pilule et de la liberté sexuelle. L'amour va changer en cinquante ans plus que lors des deux siècles précédents. Pour la première fois depuis bien longtemps, les femmes mènent la danse. Mais que veulent-elles ? Rien de moins que l'égalité en amour. Que leur désir compte autant que celui des hommes. La bataille du consentement s'engage.

 

 

Il était une fois l'amour à la française
S1 : Les premiers pas : 1789 - 1914

En matière de droit civil, la Révolution française commence par légaliser le mariage civil, un choix qui peut se défaire par le divorce, pour la première fois au monde, par consentement mutuel. Mais à peine trois ans plus tard, les femmes commencent à être les grandes perdantes. Le Code civil scelle leur sort : elles sont la propriété des hommes. Le consentement disparaît. Tout au long du XIXe siècle, de nouveaux codes de l'amour à la française s'installent.

 

NDLR : entendu dans le reportage :

Un homme : « Il faut juste prendre les femmes comme des êtres normaux ».

Ouah !

S1 : Pour le meilleur et pour le pire : 1914 -1956.

La Première Guerre mondiale sépare de nombreux couples. C'est pourtant là que se niche l'amour. Jusqu'au début des années 50, la France explore toutes les facettes de la nouvelle vie à deux qui se dessine, du glamour au sacrifice, du coup de foudre à l'invention de la figure de la "ménagère".

 

 

Avec “Libres !” sur Arte.tv, Ovidie pulvérise les diktats sexuels.
Les règles, le “mommy porn” ou les “dick picks”… Dans une web-série animée détonante coréalisée par Josselin Ronse, la documentariste et autrice explose les injonctions toujours présentes malgré la déferlante #MeToo. Disponible sur Arte.tv.

Femmes vêtues et dévêtues près ou dans une fontaine antique.

Certaines personnes fantasment sur les lunettes qui « permettraient de voir les femmes déshabillées » dans la rue.

Voici ce qu’iels pourraient voir si iels en portaient!

03 22

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André Hambourg 

La femme à la perruche 

1932

Huile sur toile.

Deauville 

Les Franciscaines 

Ce tableau est une évocation de la Vénus  d'Urbino du Titien et une reprise du mythe de Léda et le cygne, modernisée en une femme aux cheveux coupés à la garçonne.

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Ukraine 

Les agences matrimoniales sont prises d'assaut.

Les hommes cachent leurs intentions d'achat de femmes aux mensurations fantasmées sous un nouvel argument; "Je veux sauver une femme de l'enfer!"

" L'Humanité"

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Sex and the City.

Personnages peu réalistes.

Mais  Carrie, Samantha, Miranda et Charlotte restent des références féminines en parlant de sexualité ouvertement.

"La Marseillaise"

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Raphaël Enthoven et la prostitution "sauveuse de couples".

NDLR: on connaît maintenant sa vision de la pratique sexuelle en couple.

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L'Humanité"

Clèves sur Arte.

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Festival Premiers Plans d’Angers. « Clèves » raconte les débuts de la sexualité d’une adolescente.

Le réalisateur Rodolphe Tissot et la comédienne Louisiane Gouverneur ont présenté en avant-première « Clèves » un film sur les débuts de la sexualité produit pour Arte.

C’est l’Été. Solange, 15 ans est livrée à elle-même alors que sa famille se disloque. Elle cherche à vivre ses premières expériences sexuelles mais cela ne se passe pas aussi bien qu’elle l’avait imaginé…

C’est l’Été. Solange, 15 ans est livrée à elle-même alors que sa famille se disloque. Elle cherche à vivre ses premières expériences sexuelles mais cela ne se passe pas aussi bien qu’elle l’avait imaginé…

Adapté d’un roman de Marie Darrieussecq, « Clèves » est une chronique de l’adolescence qui aborde frontalement le thème des premières fois : J’ai eu un coup de foudre pour le livre​, raconte le réalisateur Rodolphe Tissot venu présenter le film avec sa jeune actrice lundi soir au festival. La thématique de l’adolescence et celle de la vie en province me parlaient.

(…) La sexualité est montrée frontalement avec des scènes de sexe rudes : Je ne voulais pas faire d’ellipse. Pour arriver à cette vérité, les comédiens ont beaucoup travaillé avant le tournage : On a fait une préparation pour les trois acteurs principaux avec une coach d’acteurs qui a travaillé comme une coach d’intimité

https://www.ouest-france.fr/festivals/premiers-plans/festival-premiers-plans-d-angers-cleves-raconte-les-debuts-de-la-sexualite-d-une-adolescente-65ac5192-7dcb-11ec-92fb-6689e2d2ee1b

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"Clèves"

Rodolphe Tissot, réalisateur.

"L'Humanité"

NDLR: sur qui peut-on compter? Les adolescent-e-s sont-iels meilleur-e-s que les adultes?

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Publié dans Femmes

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