Scum manifesto. Valérie Solanas

Publié le par bmasson-blogpolitique

 

Scum manifesto.

Valérie Solanas
Première publication en 1968.
Editions Mille et une Nuits – 2021.

SCUM = society for cutting up men.

Traduction : société de dépeçage des hommes.

Valérie Solanas ne propose pas de dépasser le capitalisme, mais elle explique dans son manifeste
 pourquoi et comment les femmes doivent prendre le pouvoir à la place des hommes. Il faut éradiquer 
les hommes des institutions, des lieux de travail, supprimer les gouvernements et la compétition (p 37), 
 abandonner l'argent, et la sélection par les études.
Elle explique que l'homme regrette de ne pas être une femme qui est un guide et une protectrice. Elle ne 
 nuit pas aux autres (pas toujours, hélas, NDLR). La femme peut créer un monde magique avec amour 
(p 29). 
Quelle responsabilité ! 
L'homme n'est obsédé que par sa sexualité. Il a peur du vide et du néant. La 
femme, contrairement à l'homme, a conscience de son individualité. Elle critique les groupes créés par
 les hommes (y compris les groupes hippies) car ils leur permettent de copuler à loisir et à satiété, tout 
en ayant la possibilité de changer de compagne. Elle critique les « filles à papa » et les « lèches-culs » 
qui sont limitées intellectuellement par les hommes qui leur ont inculqué un sentiment d'insécurité (p 45).
 Elles manquent d'intensité et d'humour à l'opposé des « vraies salopes » (nommées ainsi par des hommes 
quand elles se rebellent et réclament leur indépendance) (p 49).
Ce texte explique les violences que subissent les femmes par les hommes. Elle ne croit pas en la justice 
humaine. Il en faut du désespoir au fond de son cœur pour écrire un tel texte ! L'homme est surnommé 
de « fausse-couche », d' »avorton », de « mort-vivant incapable de donner ou de recevoir », 
d' »égocentrique » et de « psychiquement passif » (p 13). Il est « vaniteux », « frivole », « banal », 
« faible » (p 14). Il sème la guerre (p 15). Il a la « politesse d'un chimpanzé* en habit à queue"
 (l'obsession du sexe ! NDLR), (p 17). Il n'a pas de conscience car il n'a pas d'empathie (p 36).  
Elle le compare à Midas (p 26)**.
**
Midas était un roi mythique de Phrygie qui était célèbre pour le fait qu'il changeait tout ce qu'il touchait
 en or massif. Il était également célèbre pour un détail plus malheureux, ses oreilles d'âne. Celles qu'il 
gagna comme punition pour avoir jugé Pan meilleur musicien qu'Apollon. 
Ceux qui sont au sommet de la pyramide sont « cons », et « pleins de préjugés » (p 40).
Mais elle apporte un lueur d'espoir quand elle annonce que les femmes vont prendre en main leur avenir. 
Elle leur souhaite l'indépendance. 
La question de se débarrasser des hommes est compliquée. Pour elle, ceux qui survivront deviendront 
des « veaux ». Son idée de meurtres organisés et ciblés (elle donne une liste de professions) la fait partir 
en vrille.
Jusqu'où aller ? Pardonner aux hommes ? Les tuer ? Les dominer ? Louise Michel pensait que les 
féministes ne doivent pas dominer les hommes, mais doivent revendiquer l'égalité. Si le mouvement 
Metoo ne souhaite pas la mort physique des hommes, il amène certains d'entre eux à une mort sociale. 
Leur parole est décrédibilisée, ils sont rejetés par les autres hommes, pire un membre de leur entourage 
les trahit. Leur comportement déviant devient insupportable. Les hommes se serrent encore les coudes, 
mais ils voient qu'il y en a qui tombent socialement. La question de la misandrie* se pose et leur fait 
peur (p 110). 
*misandrie
nom féminin

Le fait d'éprouver de l'aversion pour les personnes de sexe masculin (opposé à misogynie).

Les femmes parviennent à imposer leur parole et leurs revendications. Et ceci avec l'aide de plus en plus 
d'hommes. Elles ne veulent plus être « le repos du guerrier et des pondeuses » (p 69).
Valérie Solanas souhaite la mort de ceux qui l'ont exploitée sexuellement. A cause de sa maladie mentale 
et de son entourage masculin, elle n'a pas pu se soigner, ni améliorer sa vie. Le désespoir entretient le 
désespoir. Elle condamne la famille qui détruit l'intimité des femmes, perturbe leur santé mentale et 
attaque leurs droits (p 30). Elle pointe du doigt le Père qui génère les maladies mentales (p 56). 
Warhol, et les hommes en général, tuent les ambitions féminines dans l'oeuf. Sans scrupules.
 Malheureusement, ils reçoivent en ce moment le retour de boomerang. Elle envisageait le remplacement
 des hommes par des machines. Elle idéalisait l'automatisation. Si elle voyait dans quelle société de 
surveillance nous vivons actuellement, elle n'en reviendrait pas.
Valérie Solanas voulait être connue et elle y est parvenue. Elle recherchait la gloire (p 106). 
Cinquante-cinq ans plus tard, son manifeste suscite encore des débats entre les féministes et leurs divers
 courants, et entre les hommes et les femmes.  Ses prémonitions sur la santé, les naissances en baisse, le
 changement des mentalités, l'indépendance des femmes et leur formation intellectuelle se sont parfois 
réalisées. Son délire criminel s'appuie sur des faits sociétaux ou criminels que toutes les femmes, 
qu'elles les acceptent ou pas, connaissent ou ont connu.
Pour elle, les femmes sont réduites à être « des bouillottes avec des nichons » (p 27). Papa « s'accroche 
aux nichons » (p 28).
Elle avait été violée par trois membres de sa famille. Un éditeur français, Maurice Girodias, qui tournait 
dans le groupe de Warhol, l'a contrainte à lui céder tous ses textes pour une poignée de dollars.  C'est lui 
qui a publié « Lolita »,  glamourisant la pédocriminalité (p 107).  Arnaquée, Valérie Solanas a tiré sur 
Andy Warhol en 1968 (p 89). Il n'a jamais voulu l'aider à publier ses écrits. Mais il l'a exploitée 
sexuellement. Excédée, à bout de forces et d'humiliations, son geste relèverait maintenant de la légitime 
défense (p 168). Lauren Bastide explique qu'elle était une « travailleuse du sexe » (p 110). Le terme fait
 toujours débat entre les féministes: prostituée, exploitée sexuellement ? 
Elle a tellement souffert à cause du sexe qu'elle envisage une société sans homme, et sans sexe
(ou le moins possible). 
Elle s'est suicidée en 1974 dans une sordide chambre d'hôtel, dans la misère et isolée. Mais pas oubliée.
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Sylvie Icher

Izingiro

2015

Bronze.

Château des Pères

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Une nouvelle Maison des Femmes à Marseille, pour sortir les victimes "du cercle de la violence" En moins d’un mois, une dizaine de victimes ont été prises en charge. La plus jeune avait à peine 16 ans, la plus âgée 40.

France 3 Provence.

 

Rappelons que chaque année, 400 femmes victimes de violences conjugales sont hospitalisées aux Hôpitaux Universitaires de Marseille (APHM), dont environ 80 mineures.

APHM.

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Cela commence par des violences verbales et ça dégénère en violence physique.

Tunisie : Création de 4 centres d’hébergement des femmes victimes de violence.

Webdo.

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Des cochons à Alençon.

Mon hommage à "Balance ton porc!".

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« Une femme honnête n’a pas de plaisir ».

Télévision Françoise.

Davisse et Carl Aderhold explorent, dans une série documentaire en trois volets, l’évolution des rapports entre hommes et femmes depuis 1789. Passionnant.

La place des femmes est à la maison, avec les enfants. Les hommes ont un appétit sexuel plus important que celui des femmes. Les hommes ont des pulsions de violence, et les femmes sont la douceur incarnée : autant de clichés vivaces encore aujourd’hui, qui sont de pures constructions ­sociales.

(…) Accès au travail et émancipation vont de pair.

Nourri de témoignages d’anonymes et de personnalités (Cécile Bois, Cédric Klapisch, Geneviève Fraisse – qui est aussi conseillère scientifique du projet –, Katherine Pancol…), le film est pétri d’anecdotes, qui nous plongent parfois un siècle et demi en arrière. Une parfaite réussite, sur le plan de la narration, de la recherche historique, et du montage très énergique des archives.

Collage

Le Havre

"Fuck les siffleurs, les  mateurs, les violeurs."

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Matriarchie

Flore Cherry exploite la faiblesse libidineuse des hommes

"La Marseillaise"

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Et si les féministes prenaient le pouvoir en exploitant la faiblesse libidineuse des hommes ?

2 100 après J.-C. Excédée par la politique poussiéreuse et lasse de subir au quotidien violences et pressions masculines, la France, dans un souhait de renouveau, a placé Matriarchie au pouvoir. Ce parti féministe a offert aux hommes de renoncer à leurs droits civiques pour se mettre au service de l'État, en contrepartie d'un accès contrôlé aux " maisons des plaisirs ". Le tableau semble idyllique...

Mais les présidentielles qui approchent à grands pas font rôder une atmosphère très tendue dans la société. Les vieilles valeurs remontent à la surface, les médias s'arrachent les scoops et le Parti familial, principal adversaire de Matriarchie, fourbit ses armes. Dans ce monde froid de lutte pour le pouvoir, Fernand Fuego et Diane Maurepas, à la tête des deux partis opposés, préféreront se déclarer leur flamme plutôt que la guerre, et débattre de leurs idées sur l'amour, la parentalité, les failles possibles de Matriarchie, au risque de trahir les leurs.

Et comment mieux pimenter les débats qu'en les ayant dans la fougue de deux corps qui s'attirent ? Car si Matriarchie pensait contrôler le sexe dans ses programmes, il en est tout autrement dans la vie...

Chic, Virginie Despentes lance sa maison d'édition dédiée à la culture queer et féministe.

(…) Virginie Despentes promet ainsi de faire vivre ce qui l'anime le plus, comme le rapporte FranceInfo : "Les études de genre, les essais féministes, antiracistes, la philo".

Un programme stimulant.

(…)) Ainsi écrivait-elle en mars 2020, à propos du départ indigné d'Adèle Haenel de la cérémonie des César suite au sacre controversé de Roman Polanski : "C'est la plus belle image en 45 ans de cérémonie. Je donne 80 % de ma bibliothèque féministe pour cette image-là".

Dans Chambre noire, les facettes de Valérie Solanas, féministe radicale, explorées en clair-obscur.

Yngvild Aspeli et sa compagnie Plexus Polaire ont présenté Chambre noire au TJP à Strasbourg. Une création dans laquelle la marionnettiste, metteure en scène et comédienne norvégienne a plongé son public dans l’intimité de la fameuse militante féministe Valérie Solanas.

(…) Son féminisme radical et misandre, prônant la supériorité des femmes sur les hommes qui les ont oppressées (et leur élimination à terme !) s’exprime dans ces extraits dont l’humour n’a rien à envier à la virulence. Cependant, le spectacle ne se focalise pas sur son texte et son idéologie. Chez elle, il explore l’intime, ses tourments, sa vie personnelle.

(…) « Son manifeste S.C.U.M. transcrit pour moi son niveau d’humiliation, de douleur et de rage. C’est une collection, une inondation de colère face aux limites bafouées et aux abus du pouvoir, à la fois physiques, psychologiques et politiques. »

(…) Avec « Chambre noire », celle qui maniait les mots avec brio se dévoile finalement par images. Yngvild Aspeli parvient ici à rendre les multiples formes éloquentes; elles concourent à offrir un spectacle magnifique, brutal, drôle et profondément humain.

 

Tragédie Solanas (La)

L’histoire de celle qui voulait éradiquer la masculinité.
En 1968, Valérie Solanas tente d’assassiner Andy Warhol. S’il y a de la haine et de la folie dans cet acte, elle l’a d’abord commis pour accéder à la célébrité. Devenir célèbre pour faire entendre sa voix et celles de toutes les femmes. Devenir célèbre pour écraser l’immonde et arbitraire patriarcat. Devenir célèbre et promouvoir son manifeste féministe radical : le SCUM manifesto. La cible n’est finalement qu’à moitié atteinte car Valérie Solanas est aujourd’hui surtout connue pour ce crime raté...En contant l’histoire de cette femme douée mais borderline, Théa Rojzman nous explique comment Valérie Solanas s’est forgée. Des agressions répétées de son père, en passant par sa vie dans la rue, la nécessité de se prostituer et ses rencontres avec les personnages de la pop culture new-yorkaise des années 1960... La vitalité de l’écriture de Théa, mêlée à la force de la mise en scène et du séquençage de Bernardo Juan Serrano brossent dans les pages de cette bande dessinée un portrait psychologique d’une grande subtilité.

 

Le "porc" est  toujours intéressé par l'argent des autres!

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Naples 

Musée national d'archéologie.

La cuisson des porcs.

1er siècle après J-C.

NDLR: j'en connais quelques-unes qui rêveraient de faire ça!

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Naples

Musée national d'archéologie.

Porcelet

Villa  dei Papiri

Herculanum

NDLR: voilà un petit cochon à qui on donnerait "le bon Dieu sans confession".

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De la gifle donnée par Will Smith à Chris Rock aux Oscars (pour s'être moqué du crâne rasé de sa femme Jada Pinkett Smith), je retiens surtout "l'excuse" qu'il a en donnée : "l’amour vous fait faire des choses folles”... Non, aucune violence ne se justifie au nom de l'amour !

Camille Froidevaux Metterie.

 

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Cette gifle de Will Smith nous en dit long sur la banalisation de la toxicité masculine et des violences. PS, peut-on arrêter de rejeter sur les femmes la responsabilité des violences masculines ?

Osez le Féminisme.

 

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Les violences sexistes n'ont pas diminué.

Mauvais bilan pour la REM.

"L'Humanité"

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Les violences sexistes n'ont pas diminué.

Les hommes ont toujours les mains baladeuses sur la bouche, la poitrine, le sexe, les fesses, les cuisses.

"L'Humanité"

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Mauvaises blagues, attouchements… une étude montre que les violences sexuelles et sexistes au travail n’ont pas diminué. Des situations dont les femmes sont le plus souvent victimes. Un échec de plus pour la République en marche.

L’Humanité.

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Publié dans Femmes

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