Muriel Robin - Fragile - Souvenirs

Publié le par bmasson-blogpolitique

Muriel Robin

Fragile

Souvenirs

Editions XO, 2018

 

Muriel est un colosse aux pieds fragiles.

Muriel Robin a-t-elle manqué d’amour ? C’est son interprétation et  son besoin. Mais, quand elle a voulu quelque chose, elle l’a toujours obtenu. Ses parents lui ont payé des vacances au Mexique et au Guatemala et des cours de théâtre à Paris. Elle est la seule des trois sœurs à avoir été autant choyée. Sa maman a rabaissé sadiquement sa soeur aînée et s’est méfiée des crises de révolte de la seconde fille. Mais le destin des deux aînées était tracé : vendeuses de chaussures dans le magasin familial puis femmes mariées. Muriel a failli céder à la tentation et à la pression maternelle, mais le sort en a décidé autrement. Le rire a été une arme pour désamorcer les  crises familiales et a permis à Muriel Robin de se hisser en haut de l’affiche. Sa mère lui a transmis son ambition et le goût du travail bien fait. Muriel avait son modèle devant ses yeux. Il lui  faudra beaucoup de courage pour s’affranchir des normes maternelles et de ses préjugés. Très entourée, Muriel Robin défendra bec et ongle son indépendance artistique et personnelle. Mais la maman distillera un doute dans l' amour propre  de ses filles. Elle n’a pas entretenu cette flamme, pire, elle a cherché à la détruire. Muriel en souffrira toute sa vie. Elle a été désespérée devant la « folie » de sa maman.

Face à sa mère, Muriel lui demandera des explications sur les relations avec ses sœurs. Après avoir compté les billets de banque, sa mère lui rendra « des comptes ». Muriel avait le sentiment de materner les autres, d’être à leur écoute et de porter le monde sur ses épaules, tout comme elle portait, à elle seule, ses spectacles.

Sa maman avait beaucoup d’humour, était très travailleuse et est sortie du néant pour chausser tous les pieds de Saint-Etienne. Elle est devenue une héroïne de la chaussure dans sa région. Muriel est devenue une héroïne planétaire. Elle gagne de l’argent démesurément, à la hauteur de sa démesure. Elle n’hésitera pas à prendre au pied de la lettre le texte de Jacques Brel « Ne me quitte pas », tout en le brocardant de commentaires d’une amoureuse désabusée.

Elle est à l’opposé de Mick Jaegger. Personne ne voulait le voir seul sur scène. Il a été aimé dans le groupe des Rolling Stones. Muriel Robin a été aimée seule en scène. Le public ne voulait pas la voir au théâtre avec les autres.

Sa vision de la création, selon, Muriel Robin, est un peu « sado-maso ». Elle dit qu’elle se « punit » quand elle crée ses sketchs. Elle se dévalorise. Elle parle d’elle-même comme « comédienne » pour la première fois dans ce livre à la page 292…(sur 444 pages !).

Elle nie que l’humour dans l’art est noble et beau. Elle apporte du bonheur dans les cœurs et les âmes. Ce n’est pas donné à tout le monde. Merci Muriel pour tout ce travail.

 

Page 96 – Michel Serrault et Jean Poiret :

Elle surprend Michel Serrault qui descend d’une voiture. Elle ose lui glisser sous l’essuie-glace un petit mot dans lequel elle lui avoue toute l’admiration qu’elle lui porte. Elle pense qu’il n’a jamais lu ce mot. Qui sait ?

Jean Poiret viendra la voir dans sa loge à l’Olympia et lui dira « Vous avez du génie, on va faire des choses ensemble ». Malheureusement, il est mort trois ans plus tard, sans concrétiser son projet.

Page 219 – Jean Poiret :

Quand elle était adolescente à Saint-Etienne, « coincée entre le magasin de chaussures et le cours Sévigné, il a illuminé sa vie ».

Pages 357 :358 – Michel Serrault :

Elle écrit Au Secours ! qui raconte l’histoire de « Blanche-Neige », revue et corrigée par Pierre Palmade. Elle enchaîne non-stop ce spectacle, sans pause ni sortie de scène. Sa maman est morte un an auparavant. Elle pense à Michel Serrault qui a « continué à jouer tous les soirs dans la Cage aux folles alors qu’il vient de perdre sa fille ». Elle est bouleversée par « cette gaieté qui recouvre la vie privée parce qu’il faut y aller ».

 

 

Page 282 – Dire « Non » :

 

Muriel se parle à elle-même :

 

« Pourquoi tu te laisses entraîner contre ton gré vers quelque chose que tu n’a pas envie de faire ? Dis non, Muriel, apprends à dire non. Et tu verras, les gens ne vont pas cesser de t’aimer pour autant. »

 

1988 : Muriel Robin donne son premier one-woman-show co-écrit avec Pierre Palmade, intitulé 

« Les majorettes se cachent pour mourir ». 

--------------

Graph

Londres 

Shoreditch

Plusieurs interprétations:

"L'amour est mortel

ou bien

L'éternité de l'amour?"

------------

Publié dans Femmes

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article