Michel Serrault …vous avez dit Serrault ? Jean Yanne - Prix Artémisia

Publié le par bmasson-blogpolitique

Michel Serrault

…vous avez dit Serrault ?

Edition Florent Massot – 2001

 

Né le 24 janvier 1928 à Brunoy et mort le 29 juillet 2007 à Honfleur. 

A la demande de la famille, le corps de Michel Serraultenterré au cimetière Sainte-Catherine de Honfleur depuis le 2 août 2007, a été exhumé et déplacé à Neuilly. Il repose désormais auprès de l'une de ses filles et son épouse Juanita, décédée le 16 novembre 2008.

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C’est un joyeux luron et il transpose sa gaieté dans son livre. Il voulait devenir clown. Il apprend à jouer de la trompette.  Le destin en décidera autrement. Il sera comédien, cherchant à s’approcher de la vérité dans son jeu d’acteur.  On rit avec lui, avec ses sketchs créés avec Jean Poiret, son ami, son frère de toute une vie. On rit et il rit particulièrement dans la première partie de sa vie, jusqu’au décès tragique dans un accident de voiture de sa fille, en 1977. Après, la tristesse et la peine envahissent son âme. Le décès de Jean Poiret sera vécu comme une trahison. Le travail le sauvera. Il sera fidèle toute sa vie à sa femme Nita Saint-Peyron* (= Juanita), "une beauté divine aux yeux pleins de lumière". Elle dansait, elle jouait dans les cabarets. Michel Serrault l’avait rencontrée  au conservatoire Maubel à Paris, alors qu'il prenait des cours de comédie.  Ses films seront plus sérieux, ponctués d’expériences plus ou moins égales. Son approche du théâtre entre en conflit avec celle de Planchon. Il adorera travailler avec Jean-Pierre Mocky et Claude Chabrol. Fanfaron, il se targue d’être imprévisible et mais se le reproche car cela lui causera quelques ennuis dans sa carrière. C’est pourtant cet aspect de sa personnalité qui lui a permis de se distinguer des autres.

 

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Michel Serrault fait la connaissance de Juanita Saint-Peyron, surnommée Nita. C'est le coup de foudre et les deux tourtereaux s'épousent le 27 janvier 1958. L'acteur a alors 30 ans lors de la cérémonie, durant laquelle ils choisissent les cinéastes Jean Poiret et Françoise Dorin comme témoins de leur mariage.

 

Page 71 : Raimu :

Il a joué avec Raimu au théâtre, dans le Malade Imaginaire. « Il portait en lui une naïveté enfantine et un puissant orgueil qui l’ont souvent rendu sublime, mais qui, à mon sens, l’ont souvent empêché d’atteindre le génie de Harry Baur ». Il  a adoré Harry Baur car il  a « tout inventé tout en gardant sa personnalité ».

 

Page 76 : Calder.

Dans la loge des Fratellini est suspendu au plafond « le trombone à piston et le tuba voisinant avec le fameux chien en tube métallique !  Cet objet avait spécialement été réalisé par Calder, le sculpteur américain, pour les entrées en piste d’Albert ».

 

Page 103 – Ode à la Malibran :

En 1950, Nita et lui sont engagés par Robert Dhéry dans le spectacle Dugudu qui présente une série de sketches. Il se souvient que le spectacle « comportait L’Ode à la Malibran que disait Robert Destain. Un gag toutes les quinze secondes. ».

 

Page 158 : on ne tripatouille pas Maupassant :

Fin des années 1950. Avec l’acteur et chansonnier Noël-Noël, ils créent un spectacle de sketchs dans lequel ils jouent La Terreur des Dames. « C’était une adaptation d’une nouvelle de Maupassant Ce cochon de Morin. Ce ne fut pas un succès, le public n’ayant pas apprécié qu’on tripatouille chez Maupassant ».

 

Page 172 : le métier où on ne dit jamais non :

En 1957, Raoul Arnaud, ombrageux et jaloux, est le directeur du cabaret parisien Aux Dix Heures. Pour éviter un conflit avec lui au moment de la signature du contrat, Jean Poiret qui avait pris un autre engagement pour une tournée de trois semaines, ment et se tait. « En vérité, dans un métier où on ne dit jamais non, Jean était plus à l’aise que quiconque, car il détestait dire non ».

 

Page 276 – Jean Yanne :

Tout est question de vibrations et vous savez tout de suite si ça va coller avec lui ou pas. Pas besoin de discours. « Jean est un homme de résonance. Et quand il dirige un film, c’est la même chose qui se produit. Attentionné, exigent, peu bavard. » Ils ont été « sur la même longueur d’onde ». Ils ont partagé la clownerie, l’amitié et le destin d’êtres exceptionnels.

Jean Yanne 

L'autofinancement de l'état

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« La connerie, c'est comme le judo, il faut utiliser la force de l'adversaire. »

Jean Yanne

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Pages 340-341  - Audiard et la langue française :

Jalousé, il est calomnié par ses détracteurs. Michel Serrault s’insurge contre un journaliste qui veut le descendre en flèche.

« Audiard a fait comme tous les grands créateurs : il s’est servi de la réalité et l’a transfigurée pour en faire une vérité. »

« Audiard possédait le langage d’un poète populaire. »

« Il possédait le balancement des phrases ».

« Il confrontait ces mots de tous les jours à des termes inattendus, pour créer ses explosions verbales qui font le bonheur des oreilles ».

« La cadence, la concision, le « ramassé » d’une phrase d’Audiard (…) évoquent bien plus que le non-style du tout-venant ».

 

Page 391 – Première réalisatrice femme :

Il conserve un bon souvenir du tournage du film réalisé par une femme. Il s’agit d’ Artemisia réalisé par Agnès Merlet**. Il jouait le père d’Artemisia Gentileschi* que l’on considère comme la première peintre de l’histoire. (Il oublie que ce sont les femmes et les adolescent-e-s qui ont peint les fresques préhistoriques, NDLR)

 

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Artemisia Lomi Gentileschi, née le 8 juillet 1593 à Rome et morte à Naples vers 1656, est une artiste peintre italienne de l'école caravagesque.

Le père d'Artemisia, Orazio Gentileschi, lui-même peintre célèbre, avait été très influencé par Caravage et avait peint sa propre version de la scène de Judith et Holopherne.

Les peintures d'Artemisia Gentileschi étaient audacieuses, vibrantes et parfois violentes. 

Procès pour viol d'Artemisia Gentileschi, fille du peintre Horatio Gentileschi. L'accusé est disciple du père.

Les Lettres d'Artemisia Gentileschi ont été éditées à Paris (1984, éd. Des Femmes). Une exposition lui a été consacrée (Florence, Casa Buonarroti) en 1991.

Record battu pour un tableau majeur d'Artemisia Gentileschi, adjugé 4,8 millions d'euros.

Artemisia Gentileschi s'attaque aux scènes historiques

L'Humanité

03 22

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Agnès Merlet est une réalisatrice française née le 4 janvier 1959.

En 1997, Agnès Merlet adapte au format long son tout premier court-métrage : Artemisia**, avec Michel Serrault en vedette, s'intéresse au destin d'Artemisia.

Agnès Merlet avoue sa passion pour Pasolini. 

LE FILS DU REQUIN

1993

UN FILM DE Agnès Merlet

AVEC Ludovic Vandendaele, Erick Da Silva, Sandrine Blancke

Dans une petite ville du Nord, deux gamins abandonnés par leur mère et rejetés par leur père, cèdent à la violence, semant la terreur sur leur passage. Cherchant une place dans ce monde hostile, ils trouveront refuge dans le rêve. Prix de la Critique Internationale, Venise, 1993.

 

 

Dorothy - Interview Agnès Merlet:

Page 96 – Michel Serrault et Jean Poiret :

Elle surprend Michel Serrault qui descend d’une voiture. Elle ose lui glisser sous l’essuie-glace un petit mot dans lequel elle lui avoue toute l’admiration qu’elle lui porte. Elle pense qu’il n’a jamais lu ce mot. Qui sait ?

Jean Poiret viendra la voir dans sa loge à l’Olympia et lui dira « Vous avez du génie, on va faire des choses ensemble ». Malheureusement, il est mort trois ans plus tard, sans concrétiser son projet.

Page 219 – Jean Poiret :

Quand elle était adolescente à Saint-Etienne, « coincée entre le magasin de chaussures et le cours Sévigné, il a illuminé sa vie ».

Pages 357 :358 – Michel Serrault :

Elle écrit Au Secours ! qui raconte l’histoire de « Blanche-Neige », revue et corrigée par Pierre Palmade. Elle enchaîne non-stop ce spectacle, sans pause ni sortie de scène. Sa maman est morte un an auparavant. Elle pense à Michel Serrault qui a « continué à jouer tous les soirs dans la Cage aux folles alors qu’il vient de perdre sa fille ». Elle est bouleversée par « cette gaieté qui recouvre la vie privée parce qu’il faut y aller ».

 

Muriel Robin

Fragile

Souvenirs

Editions XO, 2018

 

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Le prix Artémisia de la BD des femmes à l'Italienne Arianna Melone pour "Gianna".

Fondée en 2007, l'association Artémisia distingue en France tous les 9 janvier, jour anniversaire de la naissance de la philosophe et écrivaine Simone de Beauvoir, un album scénarisé et/ou dessiné par une ou plusieurs femmes.

L'Italienne Arianna Melone a été couronnée dimanche 9 janvier du Grand Prix Artémisia de la bande dessinée des femmes pour Gianna, une chronique des années 70, a indiqué le jury lundi 10 janvier.

Crayon couleur et aquarelle.

 

Publié dans Théâtre

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