« Droits humains pour toutes » - Typhaine D - Fête de l'Humanité

Publié le par bmasson-blogpolitique

Droits humains pour toutes

C’est vraiment très particulière cette année, mais on est ravies d’être là, à la fête de l’Humanité. Je m’appelle Typhaine D. Je suis à la fois autrice, comédienne, metteuse en scène.

Donc, effectivemente,  contrairement à ce qu’on nous raconte, ce n’est pas » menteuse en scène » mais bien « metteuse en scène ». Et autrice. Exactemente comme dans l’histoire de Géraldine. Une « femme médecine » ça existe. Vous avez le droit de dire « Je vais voir la médecine parce que malade, je la suis » comme disait madame de Sévigné avant la création de l’Académie française. Si on retrouve les textes des grandes autrices de notre matrimoine avant qu’ils soient trahis ou dénaturés par « le masculin l’emporte », on se rend compte que la langue était beaucoup moins sexiste avant la création de l’Académie française au XVIIe siècle sous le cardinal Richelieu.

 

Fête de l'Humanité 2020.

Présentation du livre :

 

 « Droits humains pour toutes »

Typhaine D

 

Typhaine Duch, dite Typhaine D, née le 1ᵉʳ octobre 1986 en région parisienne, est une comédienne, autrice, dramaturge, metteuse en scène et professeure de théâtre française.

NDLR : elle féminise beaucoup de mots. Je vais essayer de retranscrire avec cette option.

Aurore Evain et moi avons été pionnières sur ces questions-là depuis une dizaine d’années. En faisant des recherches sur l’apparition du mot « actrice » dans le dictionnaire, elle est tombée sur ce mot que les hommes du XVIIe siècle nous avaient retiré, pour des raisons masculinistes, et qui est « autrice ». Il a existé pendant des siècles. Sur les registres de la Comédie française, on trouvait le terme « à compte d’autrice ».

 

Aurore Evain s’est battue assez seule. Elle nous a rendu le mot matrimoine. Vous la savez. Je parle comme ça dans la vraie vie. Le week-end prochain, ce sera les fameuses journées du « patrimoine ». On s’en fout plein de la couille dans ce mot ! C’est également la journée de la « matrimoine ». Ce mot n’a jamais disparu des actes notariés. Il parle de l’héritage de nos mères. Le patrimoine n’est pas l’héritage culturel de l’humanité. C’est l’héritage culturel des pères, des hommes, uniquement. C’est-à-dire, une moitié de l’humanité.

 

Il y a un « pognon de dingue » (comme dirait Macron) qui passe dans les journées du patrimoine. C’est la sixième édition de la journée du matrimoine. J’y participe depuis la deuxième année. On est une centaine d’artistes, de chercheuses, d’architectes, d’actrices, de comédiennes, de chanteuses, de danseuses à vous proposer gratuitement des parcours passionnantes. Il n’y a pas un centime qui entre dans nos poches. C’est super intéressant pour connaître la matrimoine. En l’occurrence celle de Paris, mais il y a des mobilisations partout.

La masculinisation de la langue : c’est une volonté politique, sous Richelieu au XVIIe siècle, vers 1630. Il va créer l’Académie française pour des raisons purement misogynes et racistes. On va décider des règles orthographiques extrêmement aléatoires. On va choisir le latin au lieu du wisigoth. C’est la langue de l’empire chrétien d’occident. C’est pour des raisons catholiques. Ca va être alambiqué pour qu’on puisse différencier les hommes d’esprit des simples d’esprit et des simples femmes.

Il n’y a que les nobles qui pourront s’ingérer ces règles aussi stupides. Les autres n’auront pas le temps d’apprendre ces règles absurdes. La grammaire devient masculiniste car ils mettent noir sur blanc que le masculin l’emporte sur le féminin. Même s’il y avait eu des disputes avant sur ce sujet. Sous prétexte que le genre masculin serait le plus noble. Il n’y a pas plus d’argument.

Je ne pouvais pas commencer mon livre féministe par IL était une fois. C’était impossible. J’ai donc écrit ELLE était une fois. Et une fois que j’ai tiré ce fil de la toile d’araignée du langage masculiniste, il y a tout qui est venu. A un moment donné, j’ai voulu dire : « Je veux rendre hommage aux femmes ». Et j’ai fait « What !? » Donc j’ai écrit « Je veux rendre femmage aux femmes. » J’étais assez seule avec cette histoire-là. J’ai aussi écrit le NOUES (au lieu de NOUS, NDLR), VOUES, MOI, pour parler du peuple des femmes. Je dis LA peuple. Je ne féminise pas tous les mots. Il y a plein de possibilités ; Beaucoup de femmes travaillent sur les alternatives à la masculinisation du langage. Il y a des propositions de IElles, de AL de Kristen Ferras ( ?). Dès les années 1980, et même avant, dès la création de l’Académie française, les autrices se battent pour garder le mot « autrice », pour que le masculin ne l’emporte pas dans la langue, comme Madame de Sévigné, Marie de Baumeur ( ?). Mais elles ne faisaient pas les lois.

En utilisant les noms de métiers à la féminine, on rend femmage à ces femmes qui ont existé avante. Je m’amuse à toute féminiser. Eliane Viennot et moi-même, dans ma vie courante, je fais des formations sur le sexisme en entreprise,  j’utilise l’écriture et la parole inclusives, bien entendu. J’utilise l’épicène*.

 

* Qui désigne aussi bien le mâle que la femelle d'une espèce ( ex. le rat)

 

Au lieu de dire « Les femmes et les hommes sont beaux », je dis « Les hommes et les femmes sont belles ». Voilà. On accorde avec le mot le plus rapproché de l’adjective. C’était comme ça avant la création de l’Académie française. C’est l’accord de proximité. Quand vous relisez les textes qu’ils n’ont pas réussi à dénaturer, c’est-à-dire les textes écrits en alexandrins,  c’est « chaud » de changer la rime finale, Si vous lisez certains Racine – Corneille, vous voyez que dans ces pièces-là, la règle de proximité est appliquée.

 

Pour l’accord de mon adjective, je peux choisir avec quoi je l’accorde : selon l’importance, selon mon envie, selon la rime que je veux avoir pour mon vers. C’est très pratique pour les poètes et les poétesses, cette histoire.

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Nouveau terme de vocabulaire:

la "complémentarité".

Au lieu de parler de différence sexuelle, voire d'inégalités  entre les hommes et les femmes, les tenants du conformisme utilisent un mot qui cache la hiérarchie des dominant-e-s.

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La féminazi 
 
"- Et là, je savais plus quoi dire, alors je l'ai traitée de féminazi.
- Paf! Dans sa tronche! Et elle a répondu quoi?
- Elle m'a giflé avec un livre d'histoire."
 
 
 
Mauvaise compagnie
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"Au secours!
Mon pays est plein d'islamo-gauchistes qui veulent apprendre l'arabe séparatiste aux lesbiennes féminazi-e-s qui veulent éliminer les hommes!"
Fred Sochard.
Et il oublie les hommes qui veulent des harems autour d'eux - NDLR...
 
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Schiappa flirte avec l'extrême-droite.
Elle veut mettre fin à la "polygamie de fait" et expulser les étrangers qui auraient plusieurs épouses.
Un nouveau coup de communication.
L'Humanité.
 
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Typhaine Duch, dite Typhaine D, née le 1ᵉʳ octobre 1986 en région parisienne, est une comédienne, autrice, dramaturge, metteuse en scène et professeure de théâtre française.

Autrice
Comédienne
Metteuse en Scène
Coach et formatrice
Professeuse d'art dramatique
Artiste engagée pour les Droits des Femmes et des Enfants

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Publié dans Femmes

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