Mémoires - Carlo Goldoni - Aristote

Publié le par bmasson-blogpolitique

Mémoires

Carlo Goldoni

Editions Mercure de France 1965 et 1988

Fin de l’écriture en 1787.

 

La vengeance a été très souvent un moteur de sa création. Page 355, il explique qu’il rentre chez lui. « Je passe la nuit, je cherche le moyen de me venger des rieurs ; je le trouve enfin, et je commence au lever du soleil une comédie en cinq actes et en vers. » Obtenir les applaudissements du public est sa vengeance.

Le défi en est un autre. Il écrira seize pièces en douze mois, mais ça l’a épuisé.

Il a mis quinze jours pour écrire Le Bal Bourgeois.

Il souffrira toue sa vie de « vapeurs hypocondriaques ».

 

P 18 (introduction) : la Commedia dell’arte :

« La pièce était donc entièrement tributaire de ses interprètes et pouvait se transformer complètement d’une représentation à une autre.

(…) L’improvisation exigeant de lui (= de l’acteur, NDLR) des qualités qu’il ne possédait pas toujours, il y suppléait par toutes forces d’artifices : tirades passe-partout, « lazzi » éculés, plaisanteries obscènes.

(…) Le niveau moyen des spectacles était assez bas, surtout au XVIIIe siècle.

 

P 19 (introduction) : Molière :

 

Le dramaturge dont l’exemple exerça une influence déterminante sur Goldoni fut Molière.

 

P 332/33 : une pièce sur la vie de Molière :

 

Deux anecdotes de sa vie privée m’en fournirent l’argument. L’une est son mariage projeté avec Isabelle, qui était la fille de Béjart, et l’autre la défense de son Tartuffe.

(…) Le personnage de Valerio n’est autre chose que Baron, comédien de la troupe de Molière.

(…) La Chapelle (était, NDLR) ami de l’auteur et très connu dans son histoire.

 

 

P 213/214 : l’abbé Vivaldi :

 

On l’appelait à cause de sa chevelure, il Prete rosso (le Prêtre Roux).

(…) Cet ecclésiastique, excellent joueur de violon et compositeur médiocre, avait élevé et formé pour le chant Mademoiselle Giraud, jeune chanteuse née à Venise.

 

NDLR : Goldoni rencontrera Vivaldi pour travailler sur la musique d’un opéra La Griselda.

 

Vous remarquerez le décalage entre la vision de Goldoni et le rôle réel de Vivaldi :

 

Il est le compositeur le plus joué au monde.

 

 

 

 

 

p 219 : une césarienne qui tourne mal :

 

Hélas ! la pauvre Ferramonti ne fut pas longtemps en butte à la jalousie de ses camarades.

(…) On fit venir un accoucheur, l’enfant était mal tourné ; on en vint à l’opération césarienne. Le fils était mort et la mère le suivit de près.

 

P 226/227 : Don Juan :

 

Tout le monde connaît cette mauvaise pièce espagnole que les Français appellent Le Festin de Pierre.  Je l’ai toujours regardée en Italie avec horreur.

Je n’aurais jamais songé à travailler sur cet ouvrage, mais (…), voyant que Molière et Thomas Corneille s’en étaient occupés, j’entrepris aussi de régaler ma patrie de ce même sujet.

Dans ma pièce, la statue du Commandeur ne parle pas, ne marche pas et ne va pas souper en ville ; je l’ai intitulée Don Jouan, comme Molière, en y ajoutant ou le Dissolu.

 

P 230 : le Loto :

 

Il me paraît que la loterie de Gênes est un bon revenu pour le gouvernement, une occupation pour les désoeuvrés et une espérance pour les malheureux.

 

P 233 : la vérole :

La première nuit de mon mariage, la fièvre me prend et la petite vérole (…) vient m’attaquer. (…) Je ne devins pas plus laid que je n’étais.

 

 

P 234 : Charlemagne :

 

Je l’avais rapproché (= Renaud de Montauban, NDLR) autant que possible du genre de l’ancienne chevalerie, et de la décence convenable dans une pièce où paraissait Charlemagne.

 

P 320 : reprise d’une pièce de Jean-Jacques Rousseau :

 

Celui de Rousseau (=Le Flatteur, NDLR) n’eut pas de succès en France ; le mien fut bien reçu en Italie.

(…) Le poète français avait traité cet argument plus en philosophe qu’en auteur comique. (…) Je cherchais (…) d’égayer la pièce par des épisodes comiques, et des traits saillants.

 

Goldoni rencontrera Jean-Jacques Rousseau. P 474, il décrit cette rencontre. Thérèse Levasseur* l’introduit dans l’appartement. Jean-Jacques Rousseau conseille à Goldoni de rentrer en Italie. Cela faisait neuf ans que Goldoni était en France !

Goldoni ne lui présentera pas le manuscrit du Bourru bienfaisant de peur de la mauvaise humeur de Jean-Jacques Rousseau qu’il présente comme quelqu’un de bourru et qui aurait pu prendre le personnage de sa pièce comme une caricature de lui-même.

P 480, Goldoni le décrit ainsi :

« Les uns voyaient de la grandeur d’âme dans sa fierté, d’autres n’y voyaient que de l’orgueil; soit d’une manière, soit de l’autre, il était à plaindre.»

 

*

Marie-Thérèse Le Vasseur, née le 21 septembre 1721 à Orléans et morte le 12 juillet 1801 au Plessis-Belleville, est une lingère française connue pour sa liaison avec Jean-Jacques Rousseau.

 

P 347 : en Europe, de l’usage des maîtresses :

 

Machmout :

Il y a dans la maison de Machmout, un sérail pour lui et un pour son fils ; arrangement bien différent des usages d’Europe, où le père et le fils peuvent avoir plus de maîtresses qu’on en a en Perse, mais point de sérail.

 

P 354 : jouer sans masque :

 

Rubini, qui n’avait joué sans masque, se trouva si gêné, si embarrassé, qu’il n’avait plus ni grâce, ni esprit, ni sens commun.

 

P 361 : les masques grecs :

 

Les masques, chez les Grecs et les Romains, étaient des espèces de porte-voix qui avaient été imaginés pour faire entendre les personnages dans la vaste étendue des amphithéâtres.

Les acteurs n’étaient pas « dans la finesse des sentiments » (NDLR).

 

P 362 : le chevalier Joconde :

 

Elle n’était pas tombée à son début (= elle a eu un certain succès, NDLR), elle était en vers, elle n’avait déplu à personne, mais c’était moi qui en étais dégoûté.

 

P 372 : les Amazones :

 

La Dalmatina :

 

J’avais vu Les Amazones de madame du Boccage* : j’imaginais une pièce à peu près du même genre ; mais elle avait choisi les héroïnes du Thermodont* (…) et je pris une femme courageuse et sensible de la Dalmatie.

 

*

J’ai reproduit la faute d’orthographe.

  • Dans Wikipédia : Selon l’Histoire des animaux d’Aristote**, les Amazones habitent les rives du fleuve Themodon , au nord de la Cappadoce , dans l'actuelle Turquie.

 

P 493, Goldoni explique qu’il rencontre beaucoup d’Italiens dans les salons de madame du Boccage.

*

Anne-Marie Le Page, dite Fiquet du Boccage, née à Rouen le 22 octobre 1710 et morte à Paris le 8 août 1802, est une écrivaine, poète, épistolière et dramaturge française

**

 

 

Aristote 

Philosophe 
Lille 
Cathédrale 
L’Histoire des animaux est un ouvrage zoologique écrit en langue grecque vers 343 av. J.-C. par Aristote. Le traité d'histoire naturelle des animaux comprend 9 livres rédigés de son vivant. 
 
 

P 373 : le rôle des femmes dans le théâtre :

 

Les femmes (…) contribuent infiniment à radoucir la rudesse de leurs maris, ou à les rendre plus ridicules.

 

 

 

 

P 456 : la retraite sous Louis XV :

 

M. Conti (professeur de langue italienne à l’Ecole Militaire, NDLR) désirait se retirer, mais on n’accordait la pension de retraite qu’au bout de vingt années de service et M. Conti n’était pas dans le cas de la demander.

 

P 496 : la mode italienne en France :

 

M. Cousin, avocat du Roi au baillage de Caux, en est aussi un grand amateur ; (…) Il m‘a fait l’honneur de m’écrire de Dieppe (…) toujours en italien et quelque fois même dans le dialecte vénitien.

(Goldoni est originaire de Venise, NDLR)

 

p 499 : les bijoux, tissus, peintures à la Cour :

 

Madame Clotilde* est la soeur de Louis XVI. Goldoni doit lui donner des cours de langue italienne. Mais les leçons sont interrompues « par des bijoutiers, par des joailliers, par des peintres, par des marchands ; j’entrais parfois dans sa chambre pour être témoin du choix des étoffes, du prix des bijoux et de la ressemblance des portraits. »

 

*

Marie Adélaïde Clotilde Xavière de France, dite Madame Clotilde, née à Versailles le 23 septembre 1759 et morte le 7 mars 1802, fille du dauphin Louis et de Marie-Josèphe de Saxe, et petite-fille de Louis XV, sœur des rois de France Louis XVI, Louis XVIII et Charles X, fut reine de Sardaigne de 1796 à sa mort.

 

P 541 : des bureaux d’emplois de nourrice à Paris :

 

Les nourrices viennent à Paris pour se pourvoir en nourrissons. Les enfants sont confiés à des femmes inconnues « qui emportent les nouveaux-nés à la campagne ; aussi la police y a mis de l’ordre ; (…) Il peut arriver que le père et la mère reçoivent un enfant nourri qui n’est pas le leur. »

 

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