Virginia Woolf - Une chambre à soi

Publié le par bmasson-blogpolitique

Virginia Woolf étudie les femmes britanniques qui ont écrit. Elle remarque qu'au départ, les écrivaines sont moquées, traitées de folle. Ce sont les aristocrates qui écrivent. Puis les bourgeoises s'en mêlent. Elles parviennent à gagner de l'argent grâce à leurs écrits.

Margaret Cavendish

1623 - 1673

Écrivaine

 

Margaret Cavendish, duchesse de Newcastle upon Tyne est une aristocrate anglaise, écrivain, philosophe et scientifique. Elle est connue principalement pour son roman Le Monde glorieux. Elle défend son droit à écrire et à publier ses poèmes et ses idées philosophiques et scientifiques, en tant que femme. 

 

Elle servait de croque-mitaine aux enfants. "Regardez ce qui arrive aux femmes qui écrivent. On les traite de folles!"

V Woolf

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Dorothy Osborne

1627 – 1695

Ecrivaine britannique de lettres.

Virginia Woolf qualifie son écriture de mélodique et elle la trouve digne.

 

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Aphra Behn

1640 – 1689

Dramaturge et romancière anglaise

Professionnelle, elle gagne de l’argent en écrivant.

Elle est enterrée à l’abbaye de Westminster. Elle aurait écrit : « Gagnez cinq cents livres par an avec votre cerveau ». (p 98)

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Lady Winchelsea

1667 – 1720

Poétesse noble.

Elle était indignée devant la condition des femmes.

 

« Comme nous sommes déchues, déchues par la faute de principes erronés

Et plus que de la Nature victimes de l’éducation ;

Privées de tous les ornements de l’esprit,

Et vouées par système à la stupidité ;

Et si quelqu’une d’entre nous s’élève au-dessus des autres

Mue par une imagination plus vive et poussée par l’ambition

Si forte la faction opposée toujours lui apparaît,

Que l’espoir de réussir ne peut jamais contrebalancer la peur. »

 

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Elle n’avait pas de bureau à elle, et Virginia Woolf se demande comme Jane Austen a pu écrire toute cette masse de littérature. Elle cachait son travail pour que personne ne soupçonne qu’elle écrivait. « Nous sommes là devant une femme qui, aux environs de 1800, écrivit sans haine, sans amertume, sans crainte, sans récriminations, sans verser dans le sermon. » (p 101) Elle ne voyagea pas et eut « une vie étroite imposée ». (p 102). « Elle ne déjeuna jamais seule dans un restaurant ».

 

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Lady Dudley

19e siècle

Traitée en irresponsable par son mari, elle prit sa revanche quand il eut une attaque. Elle put s'occuper des affaires de la famille avec compétence.

 

 

 

 

Charlotte Brontë

1815 – 1855

Romancière anglaise.

Pour Virginia Woolf, avec Jane Austen, Charlotte Brontë a su écrire comme elle le souhaitait vraiment, sans tenir compte des conseils des hommes de son entourage. (p 111)

Elle était en lutte avec elle-même, tout comme George Eliot. (p 75)

Elle ne put rencontrer beaucoup de personnes, ni voyager. L’ignorance limita son environnement et son imaginaire. (p 104)

On ressent dans ses écrits de la colère, de la souffrance, de la rancœur et de la douleur. (p 109)

 

Les hauts de Hurlevent

Emilie Brontë:

Emily Brontë

1818 – 1848

Poétesse et écrivaine britannique.

Elle n’a écrit qu’un livre « Les Hauts de Hurlevent».

Virginia Woolf ne tarit pas d’éloges pour son travail.

Elle « aimait la nature, avait une ardente imagination, possédait de la sauvage poésie, avait une brillante intelligence, détenait de la sagesse sous-jacente ». (p 138)

 

George Eliot

1819 – 1880

Romancière britannique

Virginia Woolf explique que les femmes ont gardé l’anonymat au XIXe siècle « par sens de chasteté ». (p 75)

Elle s’est retirée dans une maison isolée, à Saint John’sWood, vivant avec un homme marié. C’était scandaleux à l’époque et devait être caché.

Marie Carmichaël

1880 – 1958

Ecrivaine écossaise.

Eugéniste. Ce n’est pas une qualité positive à mes yeux : « Sous couvert d’une apparente scientificité, elle revient en effet à préserver le maintien de l’ordre social en exigeant une stricte limitation des unions entre les individus d’origines sociales différentes ».

Pionnière du contrôle des naissances.

Viriginia Woolf ressent que Dorothy Osborne n’éprouve pas la peur ou la crainte, mais au contraire elle ressent une exagération dans la joie de vivre. Elle se moque avec causticité de l’autre sexe. (p 138)

 

 

 

Germaine Tailleferre

1892 – 1983

Musicienne française. Compositrice.

Membre du « Groupe des Six »

Virginia Woolf rapporte les paroles dénigrantes envers les femmes:

« Monsieur, une femme qui compose est semblable à un chien qui marche sur ses pattes de derrière. Ce qu’il fait n’est pas bien fait, mais vous êtes surpris de le voir faire.* » (p 82)

Dans « A survey of Contempory Music”, Cecil Gray, p 246

 

Annie Ernaux, écrivaine, pense que nous vivons dans une société d'injonction à faire l'amour.

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Paul Chemetov

Brillant architecte français de 92 ans.

La Marseillaise

Besoin d'un séjour pour la famille et d'une chambre pour chaque membre d'une famille.

05 20

 


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"L'histoire de la résistance des hommes à l'émancipation des femmes est encore plus instructive que l'histoire de l'émancipation des femmes"

Virginia Woolf

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Londres 
Virginia Woolf
 
"Les rues de Londres ont leur carte. 

Mais nos passions ne sont pas répertoriées.

Que rencontrez-vous en tournant à ce coin de la rue ?"

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As a body hers is perfection': Alison Bechdel on the love letters of Virginia Woolf and Vita Sackville-West.

The great literary love affair not only fed the visionary novel Orlando, but staked out new ground for women - and inspired the graphic novelist’s own hunt for the ideal relationship.”

 

Comme un corps, le sien est la perfection »: Alison Bechdel sur les lettres d’amour de Virginia Woolf et Vita Sackville-West.

La grande histoire d’amour littéraire a, non seulement nourri le roman visionnaire « Orlando », mais a jalonné un nouveau terrain pour les femmes - et inspiré la propre chasse du romancier graphique pour la relation idéale.

 

(…) Towards the end of the book, the author provides a brief account of his mother’s affair with Virginia Woolf. I hadn’t yet read any of her work, but many of my friends had a postcard of her on their walls – the ethereal Beresford portrait taken when she was twenty. Her fragile beauty fitted the narrative of tragic and doomed feminist heroine that was cohering at this time: she was a genius; she’d been molested by her step-brother; she struggled with some kind of mental illness; and in the end, after writing a few of the greatest books of the 20th century, she had drowned herself. In some circles, more controversially, she was said to be a lesbian – a bold claim in those days.

 

Vers la fin du livre, l’auteur donne un bref compte rendu de la liaison de sa mère avec Virginia Woolf. Je n’avais encore lu aucun de ses travaux, mais beaucoup de mes amis avaient une carte postale d’elle sur leurs murs - le portrait éthéré de Beresford pris quand elle avait vingt ans. Sa beauté fragile correspondait au récit de l’héroïne féministe tragique et condamnée  à cette époque: elle était un génie; elle avait été molestée par son beau-frère; elle a lutté avec une sorte de maladie mentale; et à la fin, après avoir écrit quelques-uns des plus grands livres du XXe siècle, elle s’était noyée. Dans certains milieux, de façon plus controversée, on disait d’elle qu’elle était lesbienne – une revendication audacieuse à l’époque.

 

(…) In middle age, I read the letters again. If I had had any doubt as to their continuing relevance, it would have been dispelled during one thorny patch of my own intimate life, when I found myself having passages quoted to me by two different women. This time though, the thing that impressed me most was how Vita and Virginia juggled all the elements of their fantastically busy lives – public demands, creative work, family and social obligations, other relationships, including those with their husbands – while still maintaining their own intimate connection.

 

À l’âge moyen, j’ai relu les lettres. Si j’avais eu un doute quant à leur pertinence continuelle, il aurait été dissipé au cours d’un patch épineux de ma propre vie intime, quand je me suis retrouvé à lire des passages cités par deux femmes différentes. Cette fois cependant, ce qui m’a le plus impressionné, c’est comment Vita et Virginia ont jonglé avec tous les éléments de leur vie fantastiquement occupée – exigences publiques, travail créatif, obligations familiales et sociales, autres relations, y compris celles avec leurs maris – tout en maintenant leur propre lien intime.

 

(…) The edition of the letters that I read in my youth consisted primarily of Vita’s to Virginia, but included some extracts of Virginia’s to Vita. The new collection, while not a complete compendium of their correspondence, focuses on a more gratifying exchange of letters between the two. And even better, it includes diary entries from both women, as well as letters from Vita to Harold. These occasional shifts in point of view provide a fuller picture of the relationship, and add momentum to a narrative that’s already as gripping as a well-plotted novel.

 

L’édition des lettres que j’ai lues dans ma jeunesse se composait principalement de Vita à Virginie, mais comprenait quelques extraits de Virginia à Vita. La nouvelle collection, bien qu’elle ne soit pas un recueil complet de leur correspondance, met l’accent sur un échange de lettres plus gratifiant entre les deux. Et encore mieux, il comprend des entrées des journaux intimes des deux femmes, ainsi que des lettres de Vita à Harold. Ces changements occasionnels de point de vue fournissent une image plus complète de la relation, et ajoutent de l’élan à un récit qui est déjà aussi captivant qu’un roman bien tracé.

 

(…) The letters they exchange when Vita is off on her travels are masterpieces of longing. Letters from the train – a brief one from Virginia that says only: “Yes yes yes I do like you. I am afraid to write the stronger word.” Vita calculating the seconds until they will see each other (480,000). These letters are so intoxicating that when Vita finally returns to England, it’s anticlimactic. But of course that’s the nature of an epistolary narrative. The thing the reader most wants – for the protagonists to hook up at last – is the thing the reader never gets. That’s where the writing stops.

 

Les lettres qu’elles échangent lorsque Vita est revenue de ses voyages sont des chefs-d’œuvre de désir. Lettres du train - un bref de Virginie qui dit seulement: « Oui oui oui, je  vous aime. J’ai peur d’écrire le mot le plus fort. Vita calculant les secondes jusqu’à ce qu’elles se voient (480.000). Ces lettres sont tellement enivrantes que lorsque Vita retourne enfin en Angleterre, c’est anti climatique. Mais bien sûr, c’est la nature d’un récit épistolaire. La chose que le lecteur veut le plus - pour les protagonistes du début jusqu’à la fin - est la chose que le lecteur ne reçoit jamais. C’est là que l’écriture s’arrête.

 

(…) This is an extract from Alison Bechdel’s introduction to Love Letters: Vita and Virginia by Virginia Woolf and Vita Sackville-West, published by Vintage on 4 February.

 

Il s’agit d’un extrait de l’introduction d’Alison Bechdel à Love Letters: Vita and Virginia de Virginia Woolf et Vita Sackville-West, publié chez Vintage le 4 février.

 

Photo de Virginia Woolf.

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Affiche de rue à coller.
Virigina Woolf 
NousToutes
 
Il n'y a pas assez de rues avec des noms de femmes dans nos villes.
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Un logement unique avec une clé unique pour les femmes.
C'est la meilleure protection qui existe pour le moment.
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Portrait de Virginia Woolf par Vanessa Bell en 1912.

 

Vanessa Bell (née Stephen; 30 mai 1879 - 7 avril 1961) était une peintre et décoratrice d'intérieur anglaise, membre du groupe Bloomsbury et sœur de Virginia Woolf.

Vanessa Bell, née Vanessa Stephen est une peintre et architecte d'intérieur britannique. Elle appartient au Bloomsbury Group et est la sœur aînée de l'écrivaine Virginia Woolf.

 

Woolf était spirituelle, capricieuse et franche; Bell était calme, raisonnable et maternelle. «Jusqu'à l'âge de quinze ans en effet, elle était extérieurement sobre et austère, la plus digne de confiance et toujours l'aînée», écrivit plus tard Virginia dans son journal.

Ces deux femmes inséparables de l'aristocratie intellectuelle anglaise du début du XXe siècle réunirent autour d'elles parmi les personnalités les plus brillantes de leur époque.

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Virginia Woolf en dehors de sa maison bureau

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Qu’est-ce que lire, selon Virginia Woolf

 

Alors que les philosophes se demandent « qu’est-ce que dire ou écrire ? », l’écrivaine accompagne les lecteurs et elle livre l’essence de la lecture.

 

(…) « Les livres tiennent tout seuls sur leurs pieds », c'est son titre, soit une manière de dire que les livres n'ont besoin que d'eux-mêmes (et pas de philosophes) pour être compris, repris, aimés ou détestés, tout simplement lus.

(…) Lire, c’est d'abord élucider l'essence, le fonctionnement, les propriétés des mots.

(…) Comment ne pas juger les mots, mais se laisser porter eux.

(…) Elle relit un auteur connu de son enfance. Et de poser cette question : lit-on toujours de la même manière ?

(…) C'est une méthodologie inattendue, un paradoxe: savoir lire tout en s'abandonnant, en oubliant tout savoir, ou en sachant que l'on ne sait pas. 

 

Les locataires berlinois obtiennent l’organisation d’une consultation d’initiative populaire visant la nationalisation des gros propriétaires de logements privés.

L’Humanité

06 21

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Les Vagues de Noé Soulier partent du roman de Virginia Woolf. Laquelle affranchit la littérature du vingtième siècle, en transgressant les seules lignes narratives des péripéties entre personnages. Ainsi s’en trouvent libérées les puissances fluctuantes, tumultueuses, de la langue.

Les Vagues (The Waves), publié en 1931, est le roman le plus expérimental de Virginia Woolf. Il a été traduit en français par Marguerite Yourcenar. Il consiste en monologues parlés par les six personnages du roman : Bernard, Susan, Rhoda, Neville, Jinny, et Louis.

Dans ce récit ponctué par la course du soleil, le flux et le reflux des vagues, Virginia Woolf suit les cheminements tortueux de la pensée humaine. Imposant un rythme qui conduit parfois au vertige, elle donne une stupéfiante démonstra­tion de la solitude de l'être.

Deux femmes de lettres se rencontrent dans un salon anglais « vaguement éclairé par les lueurs du feu ».

Les Vagues se compose d'une succession de monologues intérieurs entrecroisés de brèves descriptions de la nature. Chaque personnage donne sa voix et se retire dans un mouvement rythmé qui évoque le flux et le reflux des marées.

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Les dépenses pré-engagées : près d’un tiers des dépenses des ménages en 2017.

 

(…) Le poids des dépenses pré-engagées dans la dépense totale dépend d’abord du niveau de vie. Il est plus lourd dans la dépense totale des ménages pauvres que dans celle des ménages aisés, et l’écart a beaucoup augmenté entre 2001 (6 points d’écart) et 2017 (13 points d’écart). Il est également beaucoup plus élevé pour les locataires ou les accédants à la propriété que pour les propriétaires n’ayant plus d’emprunt immobilier à rembourser. De fait, en moyenne, ces dépenses pré-engagées sont composées à presque 70 % de dépenses de logement (loyers, charges, remboursements d’emprunts). Elles sont donc particulièrement lourdes là où le prix du logement est élevé : en région parisienne et au centre des agglomérations.

Inégalités. Quand se loger empêche de consommer…

 

(…) Sans surprise, le statut d’occupation est le facteur le plus déterminant. « Ce sont les locataires du parc privé qui font face aux dépenses de logement les plus élevées. » Les ménages pauvres, par exemple, consacrent 40 % du total de leurs dépenses au logement quand ils sont dans le privé, contre 36 % quand ils vivent en HLM, 30 % quand ils sont accédants à la propriété et seulement 13 % quand ils sont propriétaires et ont déjà fini de rembourser leurs prêts.

 

Expulsion sur des bases malsaines.

À Nice, une femme est expulsée de son logement social parce que son fils, âgé de 19 ans, a été condamné pour trafic de drogue. Et la municipalité s’en réjouit

 

Nice Matin.

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Encadrement des loyers : Bordeaux, Montpellier et Lyon dans les pas de Paris.

 

Jusqu’à présent, seules Paris et Lille disposaient de loyers plafonnés. Dès 2022, le dispositif va s’étendre à trois nouvelles villes : Bordeaux, Montpellier et Lyon (Villeurbanne compris).

Virginia Woolf, December 1920.
Décembre 1920.
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Virginia Woolf 
"A moins que je ne sois moi-même, je ne suis personne".
ou bien:
"Si je ne suis pas moi-même, je ne suis personne".
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“Aucun de nous n'est complet en lui seul.”

Virginia Woolf

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Logement.

"Gouverner, c’est avant tout loger son peuple” disait l’Abbé Pierre.

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Virginia Woolf.

Révéler le niveau le plus élevé de soi.

"Ce qu'on attend de l'être avec qui l'on vit, c'est qu'il vous maintienne au niveau le plus élevé de vous-même".

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Publié dans Femmes

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