PCF- Avignon – Vers un Autre Ministère de la culture. Mirabelle Rousseau

Publié le par bmasson-blogpolitique

Mirabelle Rousseau

 

Elle est metteuse en scène. Elle travaille à partir de textes de Kurt Schwitters, Gertrude Stein, Elfriede Jelinek, Christophe Tarkos, W.S. Burroughs, Philip K.Dick, Valérie Solanas, Raymond Roussel, Jean Patrick Manchette.

Avec le T.O.C., elle met en scène Turandot ou le congrès des blanchisseurs, la dernière pièce de Brecht en 2009, 

En tant qu'assistante à la mise en scène, elle travaille avec Bernard Sobel depuis 1999, Eric Da Silva sur sa création Stalingrad et  Julien Fiséra sur Face au mur de Martin Crimp et Le Funambule de Jean Genet.

Le T.O.C. est conventionné par la DRAC et la Région Ile de France.
La compagnie est en résidence au Théâtre d'Ivry Antoine Vitez pour trois ans.

 

PCF- Avignon – Vers un Autre Ministère de la culture.  Mirabelle Rousseau

 

Mirabelle Rousseau

 

 

Certaines compagnies relèvent de l’économie mixte. Elles sont subventionnées, mais il leur arrive de travailler dans des lieux privés. C’est aussi une économie du bénévolat et de l‘engagement associatif. Une partie de notre travail n’est pas rémunéré. On est à cheval entre les économies marchandes et non marchandes. Comment réaffirmer la décentralisation et l’importance de la mission de service public de la culture au moment où elle est abandonnée ? L’idée de service public est devenue ringarde pour les interlocuteurs des services de l’Etat. « Ouh, la, la ! Ca va coûter de l’argent ! C’est un vieux discours. On est déjà dans le passé. » Il faut réhabiliter cette idée des communs, des choses qui nous appartiennent en commun.

Mirabelle Rousseau

 

 

Si j’étais ministre de la culture et que je voudrais sauver ce qu’il reste, je réfléchirais à communiquer sur ces établissements et à faire que les gens se sentent chez eux et que ces lieux leur appartiennent. Il faut peut-être aller chercher de nouveaux publics. Il y a des CDN qui s’y attachent. Chacun cherche à aller vers le non-public (quel mot terrible! NDLR…). Ca pose aussi des questions syndicales. Si on dit aux salariés : « Oubliez tout ce que vous connaissez sur les relations publiques, maintenant on va changer de chantier, on va faire autrement », ça demande une grande pédagogie auprès des salariés en interne dans les maisons, pour réformer les manières de faire.

Mirabelle Rousseau

 

 

Comment une équipe artistique est-elle accueillie dans un lieu subventionné ? On souhaite que la question de l’emploi ne soit pas déléguée par le coût subventionné à la compagnie. En gros : « Je suis le théâtre national subventionné de l’Odéon. Vous êtes une jeune équipe sympathique qui en veut. Je vous prête ma salle pendant six semaines. Et je ne regarde pas comment vous payez les quatorze personnes qui sont dans cette salle. » On ne peut plus aujourd’hui avoir des équipements comme la « Gaieté Lyrique », et tous les théâtres nationaux, qui sous une forme d’entraide, se désengagent de la question de la rémunération. Il faut se responsabiliser. Il y a un décret sur les résidences qui a été pondu en 2015. L’apport n’est pas que financier. Il peut être administratif avec un travail de suivi. Si le décret était appliqué, on serait un moins dans ces zones grises.

Mirabelle Rousseau

 

 

On sent bien cette réforme des labels qui est en cours. Le ministère explique avec le Syndeac (Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles, NDLR) qu’il faut simplifier. Chaque label a son cahier des charges et c’est extrêmement long. Il faut simplifier tous les labels et tous les cahiers des charges. Simplifier Pourquoi ? Probablement pour faire des économies. Mais ils se demandent s’il ne faudrait pas mettre des artistes à la tête des Scènes nationales et des administrateurs dans les CDN. Les cartes sont rebattues.  Pour les équipes artistiques, même s’il y a de moins en moins d’argent, il y a toujours à un moment une aide au projet de la part de la mairie, de la région, de la DRAC qui apportent des fonds publics. Il y a une mission de service public dont on est bien conscient surtout quand on est à terre de Feu, pas payés, et en train de se taper les pires endroits…

Mirabelle Rousseau

 

 

Pourquoi les compagnies indépendantes ne seraient-elles pas un label avec un statut qui les protègeraient? Actuellement, les compagnies ne sont pas des labels. Moi, je suis une compagnie subventionnée. L’Etat me donne 50 000€. Je signe une convention pluri-annuelle d’objectifs. Et je ne suis pas un label….

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