PCF- Avignon - Soixante Ans après, Un Autre Ministère de la culture est-il Possible ? Alain Hayot

Publié le par bmasson-blogpolitique

Alain Hayot

Délégué national du PCF à la culture. Pierre Dharréville  le remplace comme délégué national du PCF à la culture.

Alain Hayot est sociologue et anthropologue. Membre de la direction du PCF, conseiller régional PACA (Front de gauche), il fut maire-adjoint de Vitrolles de 2002 à 2008. Il est l'auteur de "Face au FN : la contre-offensive" (éd. Arcane 17).

 

Alain Hayot

 

La politique culturelle décentralisée n’aurait pas pu exister s’il n’y avait pas eu les municipalités communistes. Les premiers lieux sont Bourges, Le Havre, les villes communistes de la région parisienne. On y met en place des Centres Dramatiques Nationaux (CDN). On ne les appelait pas comme cela à cette époque là (Maison de la Culture, pas exemple, NDLR). Il s’agissait d’une déconcentration étatiste, verticale, centraliste. Le sommet allait vers les villes et vers les territoires. On a mis en place des hauts lieux d’art et de culture.

Maintenant, ce n’est plus ni vertical, ni étatiste. C’est une fin de cycle. Nous avons tenu en septembre dernier une convention nationale sur l’art, la culture et l’éducation populaire.

Alain Hayot

 

La marginalisation politique.

Le ministère de la culture est géré par des professionnels de la profession. L’arrivée de Riester est une entorse à ce principe. Le ministère est libéralisé à outrance. Hier, il y a eu à la Maison Jean Vilar une réunion entre un représentant du ministère et les directeurs et directrices des CDN. Il leur a dit : « Allez chercher de l’argent ailleurs ! Le mécénat, c’est très bien.»

Près des deux-tiers du budget du ministère de la culture sont consacrés aux établissements parisiens.

Alain Hayot

 

Les discriminations.

Avec les inégalités territoriales, sociales, toute une série de ségrégations, la liste est longue. Il y a un développement de « l’entre-soi » culturel. Les publics culturels des classes moyennes se sont beaucoup centralisés dans les grandes villes. Il existe une fracture sociale gigantesque entre le mouvement de la création et le grand mouvement d’éducation populaire qui vit depuis la Libération.

Alain Hayot

 

Dans la lignée de Marx, de Gramsci, de Pasolini, nous sommes convaincus qu’il ne peut pas avoir d’émancipation politique sans émancipation culturelle. Il faut affronter cette question des reculs, des régressions terribles que l’on subit depuis des années sur le champ culturel en termes de valeurs, d’idées, d’imaginaire, de politique.

 

Alain Hayot

 

Nous sommes au bord de l’effondrement du ministère de la culture. Il est hors de question d’attendre que les collectivités territoriales continuent de baisser régulièrement les budgets consacrés à la culture parce qu’elles sont étranglées financièrement par l’Etat. Il faut se battre tout de suite. Il faut se battre à partir du « déjà là » (Christophe Adriani, à la Convention).  

Il existe un énorme potentiel artistique et culturel partout en France. Nous avons des établissements d’Etat (CDN), des scènes nationales, régionales, conventionnées avec les communes et les départements. Même dans une situation de précarité extrême, les artistes font un travail extraordinaire avec beaucoup de bonheur et pas en rechignant.  

Le budget ministériel est de plus en plus inexistant. Les collectivités territoriales continuent d’assumer les deux-tiers des dépenses de la dépense publique en matière culturelle et artistique. L’énorme potentiel culturel et artistique doit être valorisé.

Alain Hayot

 

Il faut organiser de manière citoyenne et démocratique des « Etats généraux permanents pour l’art, la culture et l’éducation populaire ». Il faut mobiliser les forces vives qui viennent du monde culturel, politique, social, citoyen. Ils permettraient de poser la question d’une exigence de transformation culturelle.

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