14-18 - Les deux premières femmes éplorées de la guerre: Louise Bois et Madeleine Jaurès

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Page 237 :

Elle pense aux « gémissements tragiques de la femme et de la fille de Jaurès – prélude aux plaintes qui pendant quatre ans devaient sortir du cœur des femmes de France. »

 

Elisabeth de Gramont

Les Marronniers en fleurs – Mémoires, 2

Les Cahiers Rouges – Grasset – 2018 – Première édition en 1929

 

 

 

 

« On croit mourir pour la patrie. On meurt pour les industriels. »

Anatole France

David Lescot lit La lettre d’Anatole France à Marcel Cachin:

Cher citoyen Cachin,

Je vous prie de signaler à vos lecteurs le récent livre de Michel Corday, les Hauts Fourneaux, qu’il importe de connaître.
On y trouvera sur les origines et la conduite de la guerre des idées que vous partagerez et qu’on connaît encore trop mal en France ; on y verra, notamment (ce dont nous avions déjà tous deux quelque soupçon) que la guerre mondiale fut essentiellement l’oeuvre des hommes d’argent ; que ce sont les hauts industriels des différents Etats de l’Europe qui, tout d’abord, la voulurent, la rendirent nécessaire, la firent, la prolongèrent. Ils en firent leur état, mirent en vie leur fortune, en tirèrent d’immenses bénéfices et s’y livrèrent avec tant d’ardeur, qu’ils ruinèrent l’Europe, se ruinèrent eux-mêmes et disloquèrent le monde.
Ecoutez Corday sur le sujet qu’il traite avec toute la force de sa conviction et toute la puissance de son talent. — » Ces hommes-là, ils ressemblent à leurs hauts fourneaux, à ces tours féodales dressées face à face le long des frontières, et dont il faut sans cesse, le jour, la nuit, emplir les entrailles dévorantes de minerai, de charbon, afin que ruisselle au bas la coulée de métal. Eux aussi, leur insatiable appétit exige qu’on jette au feu, sans relâche, dans la paix, dans la guerre, et toutes les richesses du sol, et tous les fruits du travail, et les hommes, oui, les hommes même, par troupeaux, par armées, tous précipités pèle-mêle dans la fournaise béante, afin que s’amassent à leurs pieds les lingots, encore plus de lingots, toujours plus de lingots. Oui, voilà bien leur emblème, leurs armes parlantes, à leur image. Ce sont eux les vrais hauts fourneaux ! (page 163).
Ainsi, ceux qui moururent dans cette guerre ne surent pas pourquoi ils moururent. Il en est de même dans toutes les guerres. Mais non pas au même degré. Ceux qui tombèrent à Jemmapes ne se trompaient pas à ce point sur la cause à laquelle ils se dévouaient. Cette fois, l’ignorance des victimes est tragique. On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels.
Ces maîtres de l’heure possédaient les trois choses nécessaires aux grandes entreprises modernes : des usines, des banques, des journaux. Michel Corday nous montre comment ils usèrent de ces trois machines à broyer le monde. Il me donna, notamment, l’explication d’un phénomène qui m’avait surpris non par lui-même, mais par son excessive intensité, et dont l’histoire ne m’avait pas fourni un semblable exemple : c’est comment la haine d’un peuple, de tout un peuple, s’étendit en France avec une violence inouïe et hors de toute proportion avec les haines soulevées dans ce même pays par les guerres de la Révolution et de l’Empire. Je ne parle pas des guerres de l’ancien régime qui ne faisaient pas haïr aux Français les peuples ennemis. Ce fut cette fois, chez nous, une haine qui ne s’éteignit pas avec la paix, nous fit oublier nos propres intérêts et perdre tout sens des réalités, sans même que nous sentions cette passion qui nous possédait, sinon parfois pour la trouver trop faible.
Michel Corday montre très bien que cette haine a été forgée par les grands journaux, qui restent coupables, encore à cette heure, d’un état d’esprit qui conduit la France, avec l’Europe entière, à sa ruine totale. » L’esprit de vengeance et de haine, dit Michel Corday, est entretenu par les journaux. Et cette orthodoxie farouche ne tolère pas la dissidence ni même la tiédeur. Hors d’elle, tout est défaillance ou félonie. Ne pas la servir, c’est la trahir. « 
Vers la fin de la guerre, je m’étonnais devant quelques personnes de cette haine d’un peuple entier comme d’une nouveauté qu’on trouvait naturelle et à laquelle je ne m’habituais pas. Une dame de beaucoup d’intelligence et dont les mœurs étaient droites, assura que si c’était une nouveauté, cette nouveauté était fort heureuse. » C’est, dit-elle, un signe de progrès, et la preuve que notre morale s’est perfectionnée avec les siècles. La haine est une vertu, c’est peut-être la plus noble des vertus. « 
Je lui demandai timidement comment il est possible de haïr tout un peuple :
— Pensez, madame, un peuple entier, c’est grand… Quoi ? Un peuple composé de tant de millions d’individus, différents les uns des autres, dont aucun ne ressemble aux autres, dont un nombre infiniment petit a seul voulu la guerre, dont un nombre moindre encore en est responsable, et dont la masse ignorante en a souffert mort et passion. Haïr un peuple, mais c’est haïr les contraires, le bien et le mal, la beauté et la laideur. « 
Quelle étrange manie ! Je ne sais pas trop si nous commençons à en guérir. Je l’espère. Il le faut. Le livre de Michel Corday vient à temps pour nous inspirer des idées salutaires. Puisse-t-il être entendu ! L’Europe n’est pas faite d’Etats isolés, indépendants les uns des autres. Elle forme un tout harmonieux. En détruire une partie, c’est offenser les autres.
Notre salut, c’est d’être bons Européens. Hors de là tout est ruine et misère.
Salut et fraternité,

 

Raymond Moretti

Jean Jaurès

1997

Toulouse 

Alexandre Théophile Steilen

1859 – 1923

Femmes en deuil

Estampe

France

Mémorial de Verdun

 

 

Les femmes

Elles sont l’objet des attentes des permissionnaires. Les soldats mariés comptent sur la fidélité de leur épouse. Les célibataires espèrent profiter des faveurs des « dames ». Ils correspondent avec une « marraine de guerre ». Au fil du temps, elle se transforme en conquête à entreprendre. Les prostituées sont nombreuses, alimentant d’immenses trafics près des gares et des campements.

Mémorial de Verdun

Etienne Adrien Drian

1885 - 1961

La femme et la guerre

La factrice et l’ouvrière

Estampes

France

Mémorial de Verdun

Quelques veuves de "Fusillés pour l'exemple"

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Jean-Paul Lecoq

Le Havre

Il a fleuri la plaque réclamant la réhabilitation des fusillés pour l'exemple :

"Marcel Chemin

Marcel Lebouc

Adolphe Lefrançois

Henri Mille."

Morts pour la France à Rarecourt.

"Maudite soit la guerre."

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Voir aussi:

 

 

 

Jean Jaurès

"Paix au peuple. Guerre à la guerre"

Fos-sur-Mer 

Conférence du PCF pour la Paix à l'Assemblée Nationale pour sortir de l'arme nucléaire et de l'OTAN.

 

Non à l'installation de nouveaux missiles nucléaires en Europe !

09 19

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Diaporama - Jean Jaurès - Fête de "L'Humanité".

A la fête de "L'Humanité". 2019

Ernest-Pignon-Ernest

Emmanuel Lepage

Photos

Dessins

Adolphe Gumery

1861 – 1943

Huile sur panneau

Portrait d’Adrienne Gumery en deuil sur la plage d’Yport

1917

Après la mort de ses deux fils pendant la première guerre mondiale, Gumery peint son épouse, assise sur la plage à Yport, pensive sous les voiles noirs de grand deuil.

Fécamp

Musée les Pêcheries

Jean-Pierre Laurens

1875 – 1933

L’épouse en deuil

1922

A son retour de captivité en Allemagne, l’artiste modifie son style. Il s’inspire d’Ingres et des primitifs italiens. Il représente sa belle-sœur Alice Dieterie, en deuil de son époux Raymond Join.

Fécamp

Musée les Pêcheries

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Jean Jaurès : « Monsieur Jean ».

 

On a repris les textes qu’on a relus et qu’on a fait dire par des chorales d’enfants, (on a obtenu, NDLR)  une présence et une réalité surprenantes. Six ans après, c’est encore plus nécessaire de chanter et de dire les paroles de Jean Jaurès. Cette chanson s’appelle « Monsieur Jean ». C’est un peu comme si on avait demandé aux ouvriers de Castres ou de Toulouse,  à l’époque,  de faire un cahier de doléances. Vous avez vu de suite le changement radical avec celui de l’année dernière (en référence à Macron, NDLR). C’est donc un cahier de doléances écrit à monsieur Jean Jaurès.

 

Fête de l’Humanité 2020

Le Kilowatt

Vitry-sur-Seine

 

Les Grandes Bouches

Jean Jaurès

L'Humanité

Texte fondateur

Manuscrit de l'éditorial du 5 octobre 1906

 

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Page 21:
 
"Débarrassées de la tutelle de leurs maris pendant des années, les femmes avaient davantage changé en quatre 
 
ans que depuis la guerre de 70! Sans compter les drames provoqués par les mutilations..."
 
 
Didier Daeninckx
Le der des ders
Editions Gallimard
1984

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"On croit mourir pour sa patrie. On meurt pour les industriels."
Anatole France
 
Plus jamais la guerre!
 
Cultivons la paix entre les peuples!
 
Jeunesse communiste
 
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"L'Humanité".
OTAN 
Après l'affaire des sous-marins, la question d'y rester est posée.
Emmanuel Macron choisit d'y rester. Il ne veut pas se retrouver seul.
Il faut en sortir.  Tous les partis de gauche le souhaitent, sauf le PS. Mais qui a dit que le PS était encore à gauche? Il tire tout le monde vers le bas.
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Publié dans Femmes

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