Pascal Blanchard au Camp des Milles: Notre histoire de la colonisation - Taubira

Publié le par bmasson-blogpolitique

 

Lors de sa conférence présentée par la MGEN, Pascal Blanchard a soulevé des questions qui tournent sur notre passé colonial. Les raisons qui poussent certains enfants nés en France à se tourner vers Daesh ou Al Nosra sont à rechercher dans nos contradictions sur notre récit national vis-à-vis de la colonisation organisée dans le pays des Droits de l’Homme (= de l’Humain). L’Histoire ne peut être déconnectée de nos affects.

Voici quelques extraits de son intervention :

Les enfants d’émigrés ne veulent ni vivre l’invisibilité culturelle et religieuse de leurs grands-parents, ni vivre la non réussite sociale de leurs parents.

En Belgique, le taux de participation des émigrés aux élections est super bas. Mais c’est une mesure symbolique pour les petits-enfants.

Le Front national (=rassemblement) est dans la rémanence de notre histoire nationale.

Qui a expliqué à ces enfants pourquoi on est allé vivre dans le pays colonisateur que l’on a mis dehors?

Cinq millions d’Algériens ont choisi de quitter l’Algérie pour aller vivre en France : c’est paradoxal.

Soit on considère que l’Histoire nous fabrique, soit on considère que nous n’avons aucun lien avec le passé. Mais notre histoire est un tout.

Jules Ferry est pour l’école pour tous, mais aussi pour le droit des races supérieures sur les races inférieures, en 1886, au Parlement français.

Un ancien Communard, Jules Maigne se lève et dit à Jules Ferry : « Vous osez dire cela dans le pays des Droits de l’Homme ! »

Nous ne sommes en rien responsables de ce que nos aînés ont fait. Nous en sommes les héritiers. Notre incapacité de parler de la colonisation entraîne et  déclenche des émotions, des frustrations, des incompréhensions, des désaccords, des humiliations, une violence politique  qui donne le sentiment qu’il y a un racisme d’Etat.

83% des nos députés ont voté en 2005 l’article 1 et 4 d’une loi pour demander aux historiens et aux enseignants de parler de la colonisation de manière positive. Le seul autre pays au monde à le faire est le Japon. La colonisation a touché l’ordre de l’intime dans ces deux pays.

En France, c’est la République avec Marianne.

La République a hérité de ce qu’avaient fait les rois de France et a multiplié par quatre les surfaces impériales.

Au Japon, c’est l’empereur.

En 2012, François Hollande, Christiane Taubira* est nommée ministre de la Justice. Elle est la garde des Sceaux. Une tribune sur un appel pour un musée des Colonisations devait être publiée dans le journal « Le Monde ». Il y avait peu d’espoir de  voir ce musée naître sous ce quinquennat car le personnage tutélaire sous lequel le président de la République place son quinquennat est Jules Ferry.

En terme de paradoxes sur la question coloniale Jules Ferry tient un double discours complexe.

Comment nos hommes politiques pensent la mémoire ?

Quand il y a 23 musées de l’histoire du sabot et zéro musée de l’histoire coloniale, ne soyons pas étonnés que certains gamins plongent dans l’identitaire plutôt que dans l’histoire et le récit national pour se reconnaître.

On a constaté avec Lilian Thuram, Abd Al Malik et Aïssa Maïga qu’il y a une différence entre les jeunes qui lèvent la main quand on leur demande « Qui est Français ? » et « Qui a une carte d’identité française ? ».

Ces jeunes sont dans une société où ils ne sont pas désirés. Contrairement à leurs parents et à leurs grands-parents, ils en ont pris conscience. Ceux qui ont inventé la théorie du « vivre ensemble » n’ont jamais pensé à comment il fallait le faire.

On doit digérer la complexité du passé dans un complexe économique qui ne donne pas du travail pour tout le monde.

Arles

Maud Dhilit

Manifestation contre le racisme et pour l’égalité des droits

7 décembre 2013

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Lors des débats sur le « mariage pour tous », Taubira

1) a accepté les arbitrages en défaveur de la PMA ouverte à toutes

2) choisit La Croix pour sa 1ère interview sur le sujet

3) et a répondu par écrit à Têtu, refusant une question sur la situation de l’épidémie VIH en Guyane.

Marc Endeweld.

Le statut d’icône de la gauche de Christiane Taubira, acquis à la suite de son combat en faveur du mariage pour tous, est contrebalancé par une trajectoire politique sinueuse et le très grand flou de son projet politique.

Médiapart

 

L’ancienne garde des sceaux, qui assure ne pas vouloir ajouter de la division, donne rendez-vous mi-janvier. La candidate PS maintient sa proposition de primaire et enjoint les candidats de gauche à débattre publiquement.

L’Humanité

12 21

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Publié dans histoire

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