James Brown - par Stéphane Koechlin

Publié le par bmasson-blogpolitique

James Brown

Stéphane Koechlin

Gallimard

2007

 

James Brown a terminé sa vie, exposé exceptionnellement à l’Apollo. « L’échange entre James et la fameuse salle avait été d’une telle intelligence qu’une cérémonie particulière s’imposait, en souvenir du live de 1962 » (page 162.

Honni par les féministes, (« les combattantes valeureuses ne lui pardonneraient jamais ses violences acharnées sur Adrienne et tant d’autres femmes martyres. En récompensant le chanteur, les édiles honoreraient en même temps le machisme et la brutalité mâle » (page 360) il ne pouvait se passer de la présence d’une femme auprès de lui. Il épouse Velma Warren en 1953, puis Deirdre Jenkins (Deedee) en 1970. Entre 1982 et 1994, il vit avec la coiffeuse et maquilleuse Adrienne Rodriguez, puis termine sa vie avec Tomi Rae qu’il épouse puis renie car elle n’avait pas divorcé de son premier mari. A chaque fois, elles ont été maltraitées. Deux de ses filles lui feront un procès, par manque d’argent et d’affection de sa part. « Deanna, devenue disc-jockey, et Yamma Brown Lamar (physicienne) décidèrent de le poursuivre au tribunal. Elles réclamèrent un pourcentage sur les royalties, assurèrent avoir participé à l’écriture de certaines de ses chansons dont « Get Up Offa That Thing. » (page 357) ».

La chanteuse Tammie Montgomery le quittera, elle aussi, à cause de ses violences. « Ma mère et moi, nous étions en train d’empaqueter les affaires de Tammie, quand ma mère découvrit une robe bleue de soie, orientale, appelée, je crois, « kimono » et que James lui avait achetée. Cette robe avait une signification particulière.  Elle était couverte de sang. Nous apprenions qu’elle avait subi des mauvais traitements plus importants et que le tragique incident mettait en cause un parapluie* »  dira la sœur de Tammie (page 195).

 

*

 

Sous le parapluie, l'homme et la chenille

Collage

Paris

 

« La fidèle Dessie l’attendait. Il n’espérait rien d’elle, sinon le repos quand il lui rendait visite. Mais parfois, la récréation espérée se transformait en bagarre. James la cognait souvent parce qu’elle dépensait son argent, jouait et perdait, et il la jugeait responsable. » (page 195-196)

 

Plus tard, son allié de toujours, aigri par la pingrerie de James, « se mit à piller le butin de James e engagea des poursuites contre le chanteur, espérant récupérer les royalties de « Please, Please, Please », « Sex Machine » et autres classiques. Bobbie se défendrait toujours de haïr James. » (page 357).

Alors pourquoi toute cette haine autour de lui éclate-t-elle au grand jour à la fin de sa vie ? « Fier de sa rigueur et de ses performances, il n’avait cessé de jouer les patrons, les dictateurs, et en subissait, au moment le plus tempétueux de sa vie, le châtiment. » (page 351).

Fier ? Il pouvait l’être. Il fut pillé et il inspirera tant d’autres musiciens. Il crée à lui tout seul un nouveau genre musical, le funk. Prince et Michael Jackson lui rendront, chacun leur tour, hommage.

« Mon père m’a fait découvrir James Brown, l’homme qui a forgé mon identité musicale. J’avais dix ans lorsqu’il m’a emmené à l’un de ses concerts. J’étais si exalté que je suis monté sur scène et je me suis mis à danser, à côté de James Brown. Ses gardes du corps m’ont expulsé, mais finalement mon idole m’a accueilli dans sa loge et m’a présenté ses choristes, dont je suis tombé amoureux» dira Prince dans une interview à l’Express le 9 octobre 2006.

C’est au tour de Michael Jackson de s’exprimer :

« Personne ne m’a plus influencé que l’homme, là, devant moi », déclara l’auteur du populaire Thriller (page 359).

Lors de la cérémonie d’enterrement, Michael Jackson s’adressa à la foule : « James Brown a été ma plus grande source d’inspiration. Même petit, tout juste âgé de six ans, ma mère me réveillait à n’importe quelle heure, même quand je dormais vraiment, pour regarder le Maître à l’œuvre à la télévision. Je le voyais bouger, littéralement hypnotisé. Je n’ai jamais vu un homme sur scène comme James Brown, et c’est grâce à lui que j’ai su ce que je voulais faire pour le reste de ma vie. Tu me manqueras. Merci pour tout. » (page 367)

Ike et Tina Turner

Page 273

« Les querelles dégénéraient vite. Ike n’hésitait pas à brandir un revolver et à le braquer sur ses collaborateurs, affichait morgue et mépris, surtout à l’endroit des femmes qu’il traitait de « pute », de « salope ». Ses choristes, les Ikettes subissaient des traitements dégradants. Et personne n’osait répondre ou se rebeller. »

James Brown

Rennes

Graph.

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Publié dans musique

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