L’homme semence – Le semeur - Vermeer - Batwoman

Publié le par bmasson-blogpolitique

L’homme semence – Le semeur -

Je me suis demandée pourquoi ces thèmes avaient une telle résonance dans le cœur des Provençaux. Depuis 2006, le texte circule et est présenté au théâtre et en danse, sous plusieurs formes. Un film vient d’être réalisé. Et en effet, il y a des raisons objectives à ce souvenir transmis de génération en génération sur la répression anti-républicaine de 1851.

A- Le texte d’origine.

Violette Ailhaud, « L’homme semence » :

Le texte a été publié en 2006, dans une petite maison d’édition, dans le Verdon. Un mystère entoure l’auteur. Qui a écrit ce texte ? Une première hypothèse avance le nom d’une institutrice qui aurait légué ses droits à une de ses petites filles âgée de 15 à 30 ans, une seconde hypothèse parle de Maria Borrély (Marseille – 1890 – Digne-les-Bains, 1963), une romancière marseillaise. Allez savoir…Ne pas être certain de l’auteur ajoute une pointe d’énigme et d’intérêt au texte.

Le Poil est le village abandonné où Violette Ailhaud est censée avoir fini sa vie.

Préface de l’auteur :

« Le Saule Mort, le 19 juin 1919. J’ai décidé de raconter ce qui s’est passé après l’hiver de 1852 parce que, pour la seconde fois en moins de 70 ans, notre village vient de perdre tous ses hommes sans exception. Le dernier est mort le jour de l’Armistice, le 11 novembre dernier. Pour nous les femmes, il n’y a pas victoire mais vide et je joins mes larmes à celles de toutes les femmes, allemandes ou françaises, qui errent dans leur maison sans hommes. Je pleure ces mains fauchées faites pour nous caresser et tenir la faux pendant des heures. J’avais 16 ans en 1851, 35 ans en 1870 et 84 aujourd’hui. À chaque fois, la République nous a fauché nos hommes comme on fauche les blés. C’était un travail propre. Mais nos ventres, notre terre à nous les femmes, n’ont plus donné de récoltes. A tant faucher les hommes, c’est la semence qui a manqué. »

Un extrait :

« Ca vient du fond de la vallée. Bien avant que ça passe le gué de la rivière, que l’ombre tranche, en un long clin d’œil, le brillant de l’eau entre les Iscles, nous savons que c’est un homme. Nos corps vides de femmes sans mari se sont mis à résonner d’une façon qui ne trompe pas. Nos bras fatigués s’arrêtent tous ensemble d’amonteiller le foin. Nous nous regardons et chacune se souvient du serment. Nos mains s’empoignent et nos doigts se serrent à en craquer les jointures : notre rêve est en marche, glaçant d’effroi et brûlant de désir. Nos mains s’empoignent et nos doigts se serrent à en craquer les jointures : notre rêve est en marche, glaçant d’effroi et brûlant de désir. »

www.editions-parole.net (republié à l’occasion de la mise en scène par Paul Bruno au théâtre Au Bout Là-bas, à Avignon, juillet 2012)

Le film de Marine Francen : « Le semeur ».

 

Il est tourné en 2016, en partie dans la vallée d’Asse et à la Garde Guérin, en Lozère.

Quand le héros apprend qu’il est le sujet de la convoitise de toutes les femmes du village abandonné par les hommes, il a un temps de recul. Lui ? Un homme objet ? Mais, a-t-il le choix ? Il fuit la prison, il a tué un homme, on n’en saura pas plus, il quitte la France, il passe par les petits chemins pour éviter les gendarmes, il cherche un abri, les villageois lui offrent de temps en temps une bergerie pour abri, et là, on lui demande de satisfaire les désirs féminins dans un village reculé. S’il accepte après réflexion et s’il revient, c’est parce qu’il est tombé amoureux et qu’il accepte de faire plaisir à son amoureuse.

L’arme de résistance des femmes est de faire des bébés et de prévoir le renouvellement des hommes partis en prison, en exil ou au bagne. La vie malgré et envers tout.

L’image du film, très belle, est inspirée des tableaux de Johannes Vermeer*. Les scènes du fauchage du blé sont magnifiques. Le village en pierres est magnifié.

 

*

Johannes Vermeer (1632 – 1675) 

La jeune fille à la perle masquée 

04 20

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Vermeer

La jeune fille à la perle 

Le Getty museum à Los Angeles propose de recréer une oeuvre, pendant le confinement. 

04 20

 

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The Girl in the Spotlight - Changes

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Brigitte en littérature en 2016!

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Vermeer 
Jeune fille à la perle masquée.
08 21
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Irena Buzarewicz.
"La jeune fille à la perle" de Vermeer.
On la reconnaît bien.
 
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Nan Kang. (Taïwan?)
 
"La jeune fille à la perle" d'après Vermeer.
 
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Johannes Vermeer 
La jeune fille à la perle 
Coussin
 
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Johannes Vermeer 
Femme lisant une lettre.
Art sur Twitter 
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Par Hayatininevreni.

"La jeune fille à la perle et Batman".

C'en est fini de la douceur de "La Jeune Fille à la Perle", d'après Vermeer. La voici en guerrière, aux côtés de Batman. 

 

Catwoman.

Elle est très souvent l'incarnation d'une femme violentée qui doit mourir pour changer d'identité, reprendre le contrôle de sa vie et se venger. Dans les années 1990, DC Comics, l'éditeur des comics de Batman, décida qu'il était temps de donner à Catwoman sa propre série.

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Attention! Batman s'est glissé parmi les bonnes soeurs.

Par Irena Buzarewicz 
10 21
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Elisabeth 2 en Batwoman

 

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J’ai recherché les villages de femmes dans le monde actuel et j’en ai trouvé quatre. Chacun a une origine et des problématiques différente

1 Brésil - 600 femmes depuis 1981

 

En 1891, une jeune femme condamnée pour adultère avait été excommuniée, elle et les cinq générations suivantes. Elle avait fini par s’installer à Noiva do Cordeiro. Peu à peu, des femmes célibataires ont rejoint la communauté et ont fondé un cocon matriarcal.

 

Elles lancent un appel aux hommes célibataires pour venir rejoindre la communauté, sous conditions.

2 Nord du Kenia, Umoja, village de femmes

 

Des femmes violées par les soldats britanniques ont été répudiées par leurs familles. En 1990, une quinzaine d’entre elles fondent une petite communauté. Elles embauchent trois hommes comme gardiens pour protéger le village la nuit et éviter les attaques.

Face à leur réussite, certains maris essaient même de récupérer leurs femmes et par la même faire main basse sur leurs possessions. Ca n’empêche pas certaines d’avoir des relations discrètes à l’extérieur du village, de même, les jeunes femmes cherchent des maris à l’extérieur et partiront un jour.

3 Les femmes de Nder : résistantes sénégalaises à l’esclavage

Pour éviter de devenir des esclaves, les femmes  « s’étaient munies de tout ce qui pouvait servir à leur défense : coupe-coupe, lances, gourdins et même de vrais fusils qu’elles s’apprêtaient à manier pour la première fois.

Amazones d’un jour, ces femmes se battirent avec l’énergie du désespoir. Servantes, paysannes, aristocrates, jeunes, vieilles, elles s’engagèrent, animées de leur seul courage, dans la terrible confrontation avec l’ennemi. »

http://www.leparisien.fr/international/en-arabie-saoudite-une-ville-reservee-aux-femmes-13-08-2012-2123718.php

4 En Arabie Saoudite, une ville réservée aux femmes.

Bâtie dans l'est du pays, cette ville d'un genre nouveau sera constituée d'usines textiles, pharmaceutiques et agro-alimentaires. Sur les chaînes comme dans les bureaux, on ne trouvera que des femmes aux manettes. 5.000 postes devraient ainsi être créés dans des locaux adaptés aux exigences de la loi islamique.

Quatre autres cités similaires sont en préparation.

 

Voici quelques enquêtes sur la ville et les femmes :

5 Les villes françaises féminines (20 – 30 ans) :

Paris et Lyon, aussi bien en valeur absolue qu'en ratio, ainsi que Bordeaux (en valeur absolue) et Poitiers (en ratio) sont les villes où on compte le plus de femmes ne vivant pas en couple par rapport aux hommes. 

 

Les «villes cougars» (40 – 58 ans): il faut longer la côte d'Azur et tout l'arc méditerranéen, de Cannes et Nice à Béziers et Perpignan en passant par Toulon et Marseille, sans oublier Ajaccio, qui fait son entrée dans le palmarès. Sans oublier la région parisienne (Boulogne-Billancourt en tête). 

6  La femme, avenir de la ville ?

« Dans l’Antiquité classique (vers le troisième siècle) en effet, avec le développement du christianisme en Occident, la virginité et un mode de vie ascétique (dépouillement et négation des plaisirs de la chair) deviennent des recommandations régulières. Paradoxalement, cette forme de résistance a participé à l’autonomie des femmes Romaines : elles échappaient ainsi à l’obligation du mariage, donc à la domination masculine. 

D’autres formes d’opposition encore consistaient à construire un idéal de virginité comme dans le monachisme (vœux religieux) au Moyen Age.

Enfin, aujourd’hui, on peut voir également une forme de résistance dans la proposition d’un modèle d’urbanité queer (allosexuel ou altersexuel, homo ou hétérosexuel) qui respecterait toutes les sexualités. » (…)

« Réformer la ville des hommes pour changer la vie des femmes commence à se faire jour dans certaines villes. »

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1851, le coup d’état de Louis Napoléon Bonaparte.

En province, 32 départements sont mis en état de siège, mais la résistance des paysans sera elle aussi écrasée dans le sang. On estime à 15000 le nombre des hommes ayant pris les armes, sur un total de 45000 électeurs (les hommes ventent, le vote est censitaire). « Toute la partie méridionale du département, autour de la « ville rouge » de Manosque, avec son maire démocrate socialiste, Joseph Buisson, s’est soulevée le 5 décembre. Dans les Basses Alpes (cas unique en France par l’ampleur et la durée de la résistance), c’est seulement le mardi 9 que les républicains locaux, qui se sont rendus maîtres du département les jours précédents, apprennent que le coup d’Etat a réussi. (…)

Après une véritable chasse à l’homme, trois mille cent quarante-sept « individus arrêtés ou poursuivis » (soit 12% des républicains) passent devant la commission mixte départementale en février 1852 et sont jugés par des « tribunaux » d’exception. »

Décembre 1851 : Les émeutes sont beaucoup plus graves dans la Nièvre, l'Hérault, le Var et les Basses Alpes où les sociétés secrètes républicaines tardent à se rendre faute d'informations sur la situation à Paris. (…)

 

La répression est brutale. Près de 30 000 arrestations dans les mois suivants et dix mille déportations en Guyane ou en Algérie. Quatre-vingts députés sont exilés, dont Hugo, Quinet, Thiers, Rémusat, Lamoricière, Changarnier. Source Hérodote)

 

« La paysannerie malheureuse  ne sortait pas de la crise dans laquelle elle était plongée depuis les récoltes désastreuses de 1847. » (…)

 

« La répression, dit Eugène Ténot, se transforma alors en « battues » accompagnées parfois d'exécutions sommaires. »  (…)

 

« Elles condamnèrent 26884 personnes ; les départements du Var, de l'Hérault, de la Drôme, des Basses Alpes, de la Nièvre et de l'Allier venant en tête. »

(Source L’histoire)

Charles-Louis-Napoléon Bonaparte, dit Louis-Napoléon Bonaparte, né à Paris, le 20 avril 1808 et mort à Chislehurst au Royaume-Uni, le 9 janvier 1873, est un homme d'État français.

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À la rencontre des Matriarches.

Depuis plus de 10 ans, la photographe Nadia Ferroukhi parcourt le monde à la rencontre de communautés de femmes qui détiennent des pouvoirs clés. Elle raconte ses voyages en immersion du Kenya à la Chine en passant par Ouessant.

Publié dans spectacles

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