Les femmes pendant la guerre 14/18: le Mouvement de la Paix du 04

Publié le par bmasson-blogpolitique

 

 

Hélène Hernandez qui était la conférencière et nous présentait le fruit de ses recherches et de sa réflexion dans son livre : "Celles de 14".

 

 Le pacifisme est un courant  important chez les femmes.

« Nous ne voulons plus pour votre gloire, donner la chair de nos petits".

 

Les suffragistes revendiquent le droit de vote en disant qu'il est accordé aux hommes noirs et blancs. Les institutrices apparaissent très combatives, créant leur syndicat en 1905 malgré l'interdiction. Le journal "La fronde" uniquement écrit  par des femmes tire à 200 000 exemplaires par jour!! Elles exigent les mêmes salaires que les hommes.

 

Après 1915, elles animent un mouvement anti guerre « Ni chair à canon, ni chair à patron", elles déclenchent des grèves. En dépit des difficultés de transport, elles se réunissent au niveau international et distribuent les brochures de Romain Rolland  ou de Thévenin pour la protection des enfants. En Grande Bretagne, les midinettes (qui mangent sur le pouce) gagnent le Week-End, la semaine anglaise.

 

Quelques personnalités sont impressionnantes: Séverine, Madeleine Pelletier qui se déguise en homme pour faire ses études de psychiatre, Alexandra Kollontaï,  première femme ministre et ambassadrice et une quantité d'autres.

 

Nous connaissons pas mal de choses par les cartes postales. Toutefois, elles parlent surtout d'amour, les courriers étant sous contrôle.

 

Ginette témoigne :"2 frères sont morts à la guerre. les cartes postales sont chez les neveux, je vais les récupérer, pourvu qu'elles ne sont pas détruites"! Ensuite, son père a dû faire l'occupation de la Ruhr pendant 3 ans. Il parlait du comportement de certains soldats, des pillages et cela ne signifiait rien de bon pour lui : une accumulation de nouvelles haines. Elle a expliqué tout cela à sa petite fille de 15 ans.

 

Nous avons appris qu'une institutrice était venue cette année  devant le monument de Chateau-Arnoux et ses élèves avaient chanté la "Chanson de  Craonne ». Vous vous souvenez que cette chanson de révolte n'avait pu être donnée par une  chorale lors de la commémoration du centenaire de la bataille de la Somme en  2016. Elle sera toutefois chantée en avril 2017 lors du centenaire de la bataille du chemin des Dames.

Paul Vaillant Couturier

Cimetière du Père Lachaise

Paris

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Paul Couturier, connu sous le pseudonyme de Paul Vaillant-Couturier, né le 8 janvier 1892 à Paris, mort le 10 octobre 1937 dans la même ville, est un écrivain, journaliste et homme politique français. Il a participé à la fondation du Parti communiste français.

La Chanson de Craonne:

Son texte a été recueilli par Paul Vaillant-Couturier.

 

Quand au bout d'huit jours, le r'pos terminé,
On va r'prendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c'est bien fini, on en a assez,
Personn' ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s'en va là haut en baissant la tête.

Refrain
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes.
C'est bien fini, c'est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C'est à Craonne, sur le plateau,
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C'est nous les sacrifiés !

C'est malheureux d'voir sur les grands boul'vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c'est pas la mêm' chose.
Au lieu de s'cacher, tous ces embusqués,
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendr' leurs biens, car nous n'avons rien,
Nous autr's, les pauvr's purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr' les biens de ces messieurs-là.

au Refrain

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu'un qui s'avance,
C'est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l'ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.

Refrain
Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront,
Car c'est pour eux qu'on crève.
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l'plateau,
Car si vous voulez la guerre,
Payez-la de votre peau !

Les Midinettes en lutte pour le week-end en 1917.

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Publié dans histoire

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