La nièce de Maurice Audin à la fête du PCF 13 à Fabrégoules

Publié le par bmasson-blogpolitique

La nièce de Maurice Audin à la fête du PCF 13 à Fabrégoules

Maurice Audin

Fils d’un gendarme, il fait des études de mathématiques à l'université d'Alger, obtenant sa licence en juin 1953, puis un DES en juillet.

Maurice Audin adhère au Parti communiste algérien en 1951. Maurice et Josette Audin font partie de la minorité des Français d'Algérie anticolonialistes, pour qui l'indépendance de l'Algérie est une évidence, ce qui est aussi la position du PCA. Celui-ci est interdit le 13 septembre 1955 et devient une organisation clandestine, en relation avec le FLN.

Le 11 juin 1957, il est arrêté à son domicile.

Cette disparition a des effets considérables : c'est le début de l'affaire Audin.

Dans L'Humanité, qui mentionne sa disparition dès le 4 juillet, le cas de Maurice Audin est surtout évoqué en relation avec celui d'Henri Alleg. Puis, il apparaît en première page le 13 août : « Qu'est devenu Maurice Audin ? » et le 24 : « Une lettre de Jacques Duclos à Bourgès-Maunoury sur l'affaire Maurice Audin ». Le président du groupe parlementaire communiste reprend une lettre de Josette Audin, ainsi que le rapport de la Commission internationale sur le système concentrationnaire.

Le corps de Maurice Audin n'ayant pas été retrouvé, son acte de décès est établi par un jugement du tribunal de grande instance d’Alger à la date du 21 juin 1957.

Henri Alleg est arrêté le 12 juin 1957, soit le lendemain de l'arrestation de Maurice Audin, par les hommes de la 10e division parachutiste. Il est séquestré un mois à El-Biar où il est torturé et subit de multiples interrogatoires, dont un mené après une injection de penthotal. Il est ensuite transféré au camp de Lodi où il reste un mois puis à Barberousse, la prison civile d’Alger. C'est là qu'il écrira La Question, dissimulant les pages écrites et les transmettant à ses avocats.

Avec Marine Saint Persan

Avec Marine Saint Persan

La nièce de Maurice Audin à la fête du PCF 13 à Fabrégoules

Ernest Pignon Ernest

Maurice Audin, Alger, Algérie, 2003

Photographie, sérigraphie en situation

 

Maurice Audin, torturé, disparu, victime d'un crime toujours non reconnu incarne une exigence de vérité. Ernest Pignon Ernest a tenté de suggérer la gravité et la conviction dans le dessin sérigraphié qu'il a collé dans Alger dans des lieux à courte vie.

L'Humanité du 9 juin 2017:

"Maurice Audin, membre du Parti communiste algérien (PCA) depuis 1950 – il a alors 18 ans –, est arrêté par les parachutistes du 1er RCP, le mardi 11 juin 1957. Il est assassiné, probablement le 21 juin, après avoir été horriblement torturé.

La version officielle est que le jeune homme se serait évadé lors d’un transfert. Mais, dès 1957 – et a fortiori aujourd’hui –, personne, hors les militaires et quelques responsables politiques, ne soutient sérieusement cette thèse."

(...)

"On imagine que Massu a dû être contrarié – non par humanisme – lorsqu’il apprit la nouvelle de la mort d’Audin. Certes, chaque jour, des Algériens étaient victimes du même sort. Mais l’exécution d’un jeune universitaire, père de famille, sans aucune activité violente, risque de faire du bruit en France. Il faut trouver une explication. C’est à ce moment qu’est imaginée, en concertation avec les hommes politiques d’Alger et de Paris, la version « tentative de fuite ».

(...)

"Le rôle de Josette Audin est central dans le déclenchement de l’affaire. Elle s’engage dès qu’elle peut prendre contact avec l’extérieur. Elle exige des entretiens auprès de l’état-major, elle dépose plainte. Le 13 août, le Monde publie une lettre accusatrice de sa main. Début septembre, Pierre Vidal-Naquet, historien aux engagements anticolonialistes connus, en contact avec Josette Audin, propose la création d’un comité national, officiellement fondé en novembre, incluant Laurent Schwartz, Jean Dresch, Henri-Irénée Marrou, Madeleine Rebérioux, d’autres encore."

(...)

"Longtemps, sur la foi de cette enquête, c’est un lieutenant tortionnaire, Charbonnier, qui a été considéré comme coupable de cet assassinat. En 2012, Nathalie Funès, une journaliste du Nouvel Observateur, découvre un document dans lequel un autre nom est avancé, le sergent Garcet. Hypothèse confirmée par le sordide général Aussaresses, au soir de sa vie."

(...)

"

« Qui a tué Maurice Audin ? »

Le 25 septembre 1957, à l’Assemblée, les députés évoquent l’affaire. Jacques Duclos dénonce : « Je demande qu’on nous dise dans quelles conditions et par qui Maurice Audin a été assassiné. » Ce à quoi répond le ministre socialiste Robert Lacoste : « Vous avez dit que M. Audin a été assassiné. Qu’en savez-vous ? Alors, il vous suffit, M. Duclos, de dire à la tribune de cette assemblée qu’on a tué, qu’on a assassiné, sans que vous apportiez aucune preuve, et il faut que, nous, nous supportions le poids de forfaits qui n’ont pas été commis ! » Comme il est pressé par les députés communistes, qui répètent sans cesse « Où est Maurice Audin ? », il lâche : « Qui a tué Maurice Audin ? C’est vous les assassins ! Vous avez tué des femmes et des enfants à Alger ! » Telle était l’époque."

 

Lire l'article en entier:

 

Article paru dans la Marseillaise le 12 juin 2017

"La vérité historique doit être connue"

Appel

Des personnalités appellent à faire enfin la lumière sur "l'assassinat" de Maurice Audin dans une lettre à Emmanuel Macron à l'occasion des 60 ans de la mort du mathématicien communiste disparu à Alger.

Février 2018:

Affaire Audin : le témoignage qui relance l’exigence de vérité.

 

« Je crois que c’est moi qui ai enterré le corps de Maurice Audin. » Jacques Jubier (1) a la voix un peu tremblante. Il hésite, regarde autour de lui. Mais il veut témoigner. Comme près de deux millions d’appelés, il avait préféré oublier, se taire « pour protéger (sa) famille ». Et puis, le temps a fait son œuvre. Et la peur de « représailles » de la Grande Muette s’est dissipée. C’est l’entretien publié dans nos colonnes, le 28 janvier, avec le mathématicien Cédric Villani qui l’a convaincu. Si un député de la majorité est déterminé à faire reconnaître la responsabilité de l’État français dans l’assassinat, en juin 1957, du jeune mathématicien communiste Maurice Audin, c’est que les langues peuvent commencer à se délier… 

Sébastien Jumel :

« Nous cherchons à faire reconnaître la responsabilité de l’Etat dans l’affaire Audin.  Hollande a annoncé que Maurice Audin est mort en captivité, non pas après son évasion. C’est un premier pas, mais c’est insuffisant. ».

 

A l’Assemble nationale, Josette Audin, raconte l’arrestation de son mari, sa détention. La torture jusqu’à la mort et le silence autour de sa disparition.

 

-         Pour l’avocate de la famille Audin , il faut recueillir les
témoignages des gens qui se sont tus par peur, avant qu’il ne soit trop tard.

-         Cédric Villani : « Nous appelons à d’avantages de communication officielle au sujet de la mort de Maurice Audin. C’est un travail de vérité nécessaire, non pas pour accuser mais pour assumer le passé et accompagner la famille. »

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"Toutes les pièces seront ouvertes, y compris celles qui ne l'ont pas été" depuis l'ouverture des archives en 2014, a assuré le chef de l'Etat. Il ne serait "pas raisonnable de reconnaître un crime d'Etat sans avoir les preuves" formelles, a-t-il estimé, mais "nous allons mettre tous les moyens en notre pouvoir pour l'établir".

 

 En attendant l’invitation officielle, je vous informe  que l’Université Nouvelle pour le 9ème arrondissement  organise une après midi de conférence /débat consacrée à l’Algérie
 

Samedi 31 mars à 14heures
au 8 rue Ernest Rouvier
Marseille 9ème.

 


Deux thèmes seront abordés lors de cette rencontre:

1) projection du  film  

Retour en Algérie” d’Emmanuel AUDRAIN, film documentaire de 52minutes et datant de 2014 en présence de Jacques PRADEL Président  de l’Association Des Pieds Noirs Progressistes  et de son frère Pierre

2) la disparition de Maurice AUDIN, jeune mathématicien communiste.

Enfin un apéritif à prix libre clôturera la journée

Nous comptons sur votre présence.

Fraternellement

MC Rumeau PCF MARSEILLE9ème

 

L’affaire Maurice Audin, 60 ans de combat pour la vérité:

 

Un long combat d’Humanité pour Maurice Audin

Dès le 15 juin 1957, quelques jours après l’arrestation du militant, l’Humanité se saisit de l’affaire. Aux côtés de sa famille, notre journal exige inlassablement, depuis plus de soixante ans, justice et vérité.

(…) « Qu’est devenu Maurice Audin ? » demande-t-il, en évoquant aussi les assassinats de Me Ali Boumendjel, de Raymonde Peschard et de Larbi Ben M’hidi, ainsi que le sort des condamnés à mort.

(…) Jusqu’au 14 février dernier, lorsque l’Humanité publie le témoignage d’un ancien appelé qui pense avoir, sur ordre, « enterré » le corps de Maurice Audin. Son récit, insoutenable, est repris dans toute la presse française et algérienne.

Publié dans histoire

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