Réponse à Philippe du site (liveinmarseille@concertandco.net )

Publié le par bmasson-blogpolitique

« Etre contesté, c’est être constaté. »
Victor Hugo

Réponse à Philippe du site (liveinmarseille@concertandco.net )

Au sujet de ma photo parue dans le journal La Marseillaise et qui avait pour titre « Attaque au requin à la Plaine », j’ai reçu par mail un message du site liveinmarseille@concertandco.net qui publiait un édito entier sur ce sujet.

Je publierai en-dessous de mon droit de réponse l’article en question.

« Qui aurait cru que la publication de cette photo aurait fait un tel buzz ! Me voilà propulsée sur le devant de la scène, et pas n’importe laquelle : celle d’un site dédié à l’art vivant musical sur le département des Bouches-du-Rhône et qui va jusqu’au national. Je sors du lot. Cela m’étonne. J’espère que ce n’est pas un prétexte pour une « attaque en règle » !

Voyons ce qu’il y a sur cette photo qui est une création artistique sur un mur de Marseille, dans le quartier de la Plaine. Une femme se fait croquer par un requin. Il ne reste que le bas du corps que l’affreuse bête n’a pas encore avalé. C’est une photo que j’ai postée sur le site du journal « La Marseillaise » qui a une ouverture de ligne éditoriale en proposant à n’importe qui le souhaite de publier une photo de son choix. Il faut ajouter un titre. Et voilà. Il n’y a pas d’article associé. Les lecteurs, réguliers ou non, doivent plutôt se réjouir de pouvoir publier leurs photos dans un journal. C’est un moyen de se faire connaître. La preuve ! Et je vous invite, Philippe, à utiliser ce moyen pour promouvoir les sujets qui vous plaisent.

La Marseillaise avait écrit il y a trois ou quatre ans un article sur un artiste qui était mondialement connu et qui était venu passer un séjour à Marseille. Je ne me souviens plus de son nom. Il en avait profité pour laisser son empreinte sur les murs aux alentours de la rue de Breteuil. Il faudrait rechercher dans les archives…

Merci de m’élever au rang de photographe locale. Depuis le temps que je travaille à m’améliorer dans cette pratique, c’est la première fois que l’on reconnaît mon talent de photographe. Je ne m’attendais pas à cela. De plus, si depuis que cette œuvre existe sur les murs de la Plaine, je suis la première à en faire la promotion, c’est encore mieux. J’ai un modeste blog, je publie pas mal de choses, diverses et variées

Réponse à Philippe du site (liveinmarseille@concertandco.net )

C’est limité en quantité par les hébergeurs de sites. Si vous dépassez la limite, business oblige, il faut payer chaque mois une somme d’argent. J’entends des critiques qui partent de -180° et vont jusqu’à +180°. « Tu publies, trop ! Tu ne publies pas assez ! » Avec tout cela, je fais ce que je peux.

Je vais un peu partout. L’art m’intéresse, mais pas que, l’art sur les murs des villes, sur les murs des musées. Le spectacle vivant aussi. La politique aussi. Nous ne devons pas aimer les mêmes choses ni avoir les mêmes idéaux. Qu'importe! Je sais que je ne connais pas tout. J’attire le regard sur ce qui me plaît, m’interroge. Des tags sur les murs, il y en a partout : à Avignon, à Arles, au Vieux Panier à Marseille, à la Plaine à Marseille, dans d’autres quartiers, d’autres villes...C’est incroyable le jaillissement d’expression sur les murs ! Il y a des artistes connus et beaucoup d’inconnus. Je ne suis pas spécialisée dans le domaine, mais je n’hésite pas à publier les œuvres des autres. Certains me demandent où je vais dénicher ces trésors, jaloux de n’en avoir pas autant dans leur région.

Et pour terminer, je voulais vous dire que photographier n’est pas mon occupation principale. Si la place manque sur le net, le temps me manque aussi. De plus, je ne vis plus à Marseille depuis de nombreuses années. Parfois, je n’y vais pas pendant six mois, d’autres fois, mes visites sont plus rapprochées. J’essaie de lever les yeux. Je suis peut-être ringarde. J’arrive peut-être après la tempête. Je n’ai pas la prétention d’être hyper branchée « Street Art » (ah oui, j’ai lu un article sur les divers courants artistiques qui ne se définissent pas de la même manière, enfin les nuances soulevées ne m’ont pas semblé importantes. Allez, zou ! Encore un sujet de critique !)…

Je publie votre article car il ouvre des perspectives de visites culturelles à Marseille. Et vous avez beaucoup d’humour. D’ailleurs, je vous lis toutes les semaines car je suis inscrite sur votre liste d’abonnés.

Au plaisir de vous lire la semaine prochaine. Vous voyez, il n’y avait pas de quoi fouetter un chat. Encore une fois, merci pour votre petit coup de pouce du destin. Je le prends comme un cadeau.

Brigitte Masson. »

Voici l'édito paru hier:

Vu il y a quelques jours dans le journal La Marseillaise, "Attaque de Requin à la Plaine", une photo "touristique" prise rue Vian, d'une amusante oeuvre murale bien connue du quartier : un requin blanc avalant une jeune fille (dont les jambes et les fesses dépassent donc de la façade). Bon évidemment, Paul Watson vous ferait remarquer que les morts dûes à des attaques de requins recensées dans le monde sont au nombre de 6 en 2015, soit autant que des américains tués par des soda pop machines, ou foudroyés sur des greens de golf sur la même période (ça ne s'invente pas !), et bien moins que les perches-à-selfie qui elles, ont fait 12 victimes connues en 2015. Le risque de se faire bouffer toute crue par un requin dans le 5e arrondissement de Marseille est donc raisonnablement faible… mais l'oeuvre est marrante c'est sûr ! Ce qui me gène un peu, connaissant hyper bien cette rue (que je prends chaque matin en allant à l'école maternelle), c'est que cette oeuvre très visible y est depuis… je ne sais pas en fait : 2 ou 3 ans, enfin 1 an au grand minimum ! Ce qui donne l'impression qu'au moins deux personnes (l'auteure de la photo, pourtant photographe locale, et surtout la personne qui a choisi de la publier au journal), connaissent suffisamment peu ce quartier pour ne l'avoir jamais vue avant le 11 avril 2016 ! La rue Vian, rappelons-le, comporte quand même 4 restaurants, la mythiqueMaison Hantée (qui restaure aussi), plusieurs locaux associatifs (Zim-Zam, etc), au moins un atelier d'artistes, le mythique Théatre Athanor… On en retire donc la désagréable impression qu'un média de presse quotidienne régionale comme La Marseillaise ne connaît plus vraiment ce quartier hyper-central, ou bat pourtant le coeur artistique, culinaire, théatral, festif de Marseille - la rue Vian en est un raccourci particulièrement frappant ! En parlant d'oeuvres murales au Cours Julien, il y surgit pourtant souvent des choses d'une telle beauté qu'on en tomberait sur le cul. Ca avait failli m'arriver en passant la première fois devant le splendide portrait de Cabu par Juis rue Bussy L'Indien (janvier 2015), qui lui a fait le tour de France : les yeux embués, j'avais ressenti une immense fierté d'être marseillais, devant ce vibrant hommage rendu par un artiste de rue, 2 jours après les attentats… "Paris ! Paris ! On t'en…brasse !" comme le criaient alors des Ultras sur le Vieux-Port, qui eux aussi m'avaient rendu fier et ému. Un an après, une splendide affiche plus grande que nature, oeuvre originale d'un dessinateur (qui fait aussi des affiches de concert), plaquée à côté de l'Ace of Spaces, rue Crudère, pour rendre hommage à feu Lemmy de Motörhead en le montrant entouré de diablotines sexy ? La voir tous les jours m'a donné chaud au coeur tout l'hiver… Mais les surprises artistiques sont presque habituelles au quartier : plus récemment, sur l'ex-emplacement Cabu, n'est-on pas tombé sur un tableau de Van Gogh instantanément reconnaissable (toujours de Juis) ? Recouvert presque aussitôt (hélas, mais c'est le jeu de guerre plus ou moins amicale, que se livrent ces artistes) par une frise cartoonesque et objectivement pas moche du tout, qui fait écho à celle située en face de la Bibliothèque du Panier (je ne connais pas l'auteur)… Rue Pastoret, historiquement, c'est une galerie à ciel ouvert, où s'exposent actuellement, entre autres, des portraits à la bombe de Charlotte Gainsbourg,Edith Piaf, Jean Gabin… Si, si, je vous jure, et encore, j'ai pas parlé de la sublime devanture du WAAW réalisée par Mr Chat. Encore un ou deux exemples : sur les deux faces du local de yoga Bikram, deux magnifiques portraits indiens depuis quelques années… Un portraitiste doué qui avait couvert l es portes de toutes les rues de portraits inspirés et touchants réalisés au pochoir avec une douceur infinie en 2014… Un photographe qui avait pris des dizaines d'habitants en photo devant des ailes d'ange déployées et en avait couvert les murs… Plus anciennement les amusants cartoons de "Pom, Gé, Joos" : ah, ces magnifiques condés à cheveux frisés et chaine-en-or-qui-brille, en face du commissariat de Noailles, quelle marrade ! La devanture de l'ex-Capitole sur la Canebière, un chef d'œuvre… La couverture de l'Ecole du Micro d'Argent d'IAM, longtemps au coin de la rue Vian, encore… Toutes les façades des restaurants de la rue des Trois Rois, dont beaucoup sont joliment décorées aux couleurs de la cuisine proposée… Et on pourrait continuer longtemps avec toutes ces oeuvres modestes qui au quotidien, nous amusent, nous enchantent, nous relient les uns aux autres et parfois même, nous touchent au coeur ! Qui pourra archiver, écrire et photographier cette richesse infinie et la mettre enfin en valeur ? Manifestement pas la Marseillaise… Quand on pense qu'il y a quelques années, dans une tentative purement technocratique et financière de réhabiliter la rue Thubaneau à Belsunce, on y a accroché un portique "Rue des Artistes"… Elle n'était pourtant pas connue pour ce genre de prestations ("Ta Mère à Thubaneau", disaient les minots !), et les galeristes d'art qui y ont cru ont vite déchanté. On aurait mieux fait de plaquer précisément ce portique en haut de la Rue des Trois Mages ou à l'entrée de celle des Trois Rois, pour y entériner l'existence d'un art pictural grouillant et hyper créatif. Ceci au lieu de considérer le Cours Julien et la Plaine comme des réserves d'indiens bobos et/ou clodos irrécupérables… Alors qu'à San Francisco, les guides touristiques vous indiquent justement, quelles rues à graffs il ne faut surtout pas manquer ! Tourisme culturel ? Image de marque et rentrées financières ! Même nos élu.es. devraient pouvoir le comprendre. Mais pschhhhht ! Ne réveillons pas Monique et Jean-Claude et leurs CIQ ! Marseille Capitale du Graff ? Ca serait quand même pas aussi vendeur que Capitale du Sport… surtout avec l'équipe de foot que nous avons en ce moment, pas vrai ? Philippe

J'ai demandé un droit de réponse. J'espère qu'il sera publié.

Philippe,

J'aimerais que vous publiiez mon droit de réponse, puisque vous m'avez citée dans votre édito, Voici le texte en intégralité ou le lien vers mon blog.

Je vous en remercie d'avance,

Une lectrice de votre site,

Brigitte Masson.

Publié dans Marseille

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