Université populaire de la culture de la paix- Ingeborg Breines du Bureau International pour la Paix.

Publié le par bmasson-blogpolitique

Ingeborg Breines est co-présidente du Bureau International de la Paix. Elle a un long parcours à « l’UNESCO ». Elle a été directrice de la « Coordination des femmes ». Puis elle a été directrice du « Bureau des femmes et culture de paix ».

Il faut refuser la guerre et cultiver la paix.
La connotation à l’agriculture est importante. Ca prend du temps pour faire pousser un arbre et en récupérer les fruits. Mais pour couper l’arbre, cela prend quelques minutes. C’est pareil pour les destructions guerrières.
 
Il y a une exposition à l’UNESCO sur l’importance de la paix. Le Bureau International de la Paix insiste sur l’importance du désarmement.
« Il faut désarmer pour survivre ».
 
Le BIP (Bureau International de la Paix) est la plus vieille organisation mondiale de la Paix. Elle a été créée en 1891 et son siège est à Genève. Elle regroupe 70 pays. 13 présidents du BIP ont, à titre personnel, obtenu un prix Nobel. C’était il y a longtemps, et maintenant, cette gloire est périmée.
Elle veut contribuer à aider à la discussion : « Et maintenant, comment avoir un monde sans guerre ? » Elle contribue à la culture, à l’éducation, à l’histoire des genres et des droits humains.
L’objectif actuel est : « Le désarmement durable pour un avenir et un environnement durable. »
Elle organise une campagne sur le coût d’une journée mondiale militaire.
 
En octobre 2016, il y aura une grande conférence à Berlin sur le désarmement et la culture de la paix.
Le BIP pense qu’on a besoin d’une révolution humanitaire non violente. Le monde actuel donne trop d’importance à ce qu’on peut mesurer, payer sur le marché sur lequel tout a un prix, tandis que penser, réfléchir, changer notre façon de faire est nécessaire.
Lutter pour le désarmement permet de dire que la conférence de la paix à Stockholm a évalué une journée mondiale de dépenses militaires à 1,7 milliards de dollars.
On a besoin de 10% de ce coût militaire pour lutter contre l’analphabétisme, les problèmes de santé et les inégalités.
C’est scandaleux que l’on ne puisse pas avoir cet argent.
Si on ne change pas les pouvoirs entre les pays, on ne réussira pas à réduire les coûts militaires.
Pour pouvoir vivre dans des sociétés paisibles, il faut lutter contre la criminalité. L’objectif de 2016 est de réduire les coûts militaires.
 
Le BIP pose les grandes questions et les grands problèmes et souhaite répondre aux défis actuels de manière globale : climat, environnement, crise, économie, chômage, paix.
Si on ne résout pas la paix, on ne résout pas la pauvreté, ni l’égalité entre les hommes et les femmes.
Les organisations de la paix et d’environnement et de développement doivent travailler ensemble.
L’UNESCO :
Il y a 70 ans, les humains ne voulaient plus jamais la guerre.
Ils ont créé une organisation intellectuelle et éthique qui avait nécessairement un mandat humaniste de paix.
Depuis, l’UNESCO a été attaquée de toutes parts. Il faut la protéger ainsi que ses idéaux.
Avant 2000 : Le manifeste a été signé par 70 millions de personnes : « Je vais prendre le temps d’écouter l’autre, de dialoguer pour éviter la compétition, de respecter les femmes et les hommes, etc. »
Puis, le 11 septembre 2001, tout a changé. Il y a eu un zoom sur le terrorisme. Jusqu’à maintenant, cette vision domine. Les médias essaient de transmettre à tout le monde que le monde est dangereux, qu’il y a partout des périls et que le diable existe.
Pourquoi la peur ?
C’est pour propager l’idée que nous acceptions d’être protégés par une protection militaire.
Ce domaine est en grande expansion. Qui gagne ? Les producteurs d’armes et ceux qui vivent de cette peur, des guerres et des crises.
Ingeborg Breines pense qu’il n’y a pas besoin de militaires pour nous protéger des migrants ni des crises environnementales.
 
 
Pour 10 000 habitants :
556 soldats coûtent 20 000 dollars par an
C’est le coût de 85 médecins
Education : 380€ par enfant scolarisé.
 
En situation de crise, il y a besoin de production d’armes. Ca donne du travail : FAUX.
Un travail dans le militaire coûte trois fois plus cher qu’un travail dans le civil.
On a besoin des têtes, des cœurs, des mains pour faire quelque chose de bien dans le monde.
Arrêtons de carboniser et de polluer.
Nous avons besoin d’une économie verte plutôt que militaire.
Il y a nécessité de travailler avec les syndicats pour les convaincre de cette position.
 
La propagande militaire attaque notre façon de penser.
Il existe des académies militaires prestigieuses et onéreuses. Utilisons les crédits alloués pour les donner à l’éducation.
 
Il faut comprendre les guerres et les nouvelles armes utilisées.
Très peu de moyens sont octroyés à la recherche de la paix. Comment la bâtir ? Comment éviter la violence ? Il y a besoin d’une recherche sur la paix et cela manque de ressources.
 
 
La militarisation des guerres utilise la violence directe.
Thomas Piketti a démontré qu’il y avait des violences indirectes. Il faut s’en occuper. L’UNESCO a tenté cette expérience de démontrer les dimensions multiples à grande échelle et cela n’a pas marché. Ca ne rend pas populaire de dire qu’il faut de l’argent pour le « Peacekeeping » et pour sauvegarder la paix. Les grands politiciens du monde ont eu peur.
 
Dire que la guerre est une stupidité totale a l’air simpliste.
Qu’est-ce qui distingue un être humain d’un animal ? Son intelligence. On lutte pour des choses sans voir la complexité globale. C’est comme en crèche, dans laquelle un petit enfant ne comprend pas sur le coup que s’il coopère maintenant, il obtiendra quelque chose de meilleur plus tard. Nous sommes dans la petite enfance de l’Humanité.
 
La guerre tue, apporte de la souffrance, de la misère, de la maladie, de la pauvreté et des migrations.
La guerre nuit à la culture. Elle crée la haine et le désir de vengeance.
 
Le chiffre des dépenses militaires mondiales pour une journée sont certainement supérieurs à 1,7 milliards.
C’est de plus en plus difficile à chiffrer.
Les rôles sont multiples : surveillance dans l’espace par le biais des satellites, mixage des compagnies militaires et civiles qui font double usage.
 
Le secrétaire général de l’OTAN qui est le premier ministre de la Norvège fait le tour actuellement des gouvernements pour convaincre qu’il faut utiliser 2% du PIB pour le militaire. Cette augmentation est grave pour tous les pays.
La Norvège a un gouvernement pro-militaire et pro-OTAN. Les socio-démocrates et ceux qui n’y connaissent rien sont derrière lui.
L’article numéro 5 de l’OTAN est : « Un pour tous et tous pour un. » C’était bien à l’époque. Il n’a été utilisé qu’une fois quand les USA ont attaqué l’Afghanistan après le 11/09/2001.
Depuis 1991, la philosophie de l’OTAN est de travailler « Hors-zone ». Les forces militaires peuvent être utilisées au loin, hors du terrain. Cela a un effet négatif pour les peuples. Pourquoi va-t-on lutter dans des pays islamiques ?
L’OTAN pense qu’il a besoin d’un ennemi plus proche. Ils ont repris la Russie comme ‘grand ennemi’. L’Ukraine serait-elle devenue un champ de bataille opportun ?
 
A-t-on assez de ressources à utiliser dans le militaire ?
Pour résoudre les besoins des peuples, on ne pourra pas continuer ainsi.
Dans le programme de la conférence des Nations Unies sur le climat (COP 21) à Paris, il n’y a aucune trace des militaires.
A Kyoto, nous avons assisté au retrait des militaires dans les débats.
Les plus grands pollueurs dont les armées doivent réduire leur émission de carbone. Ils utilisent de l’énergie et des minéraux.
Les armes nuisent à la nature en anéantissant des bâtiments, des infrastructures pendant les guerres.
 
Les bombes atomiques militaires et civiles.
C‘est un grand danger d’anéantissement de la planète et de l’être humain.
Il y a eu trois grandes conférences sur l’usage des armes nucléaires.
Mais il ne faut pas seulement penser à ce qui sera anéanti immédiatement. Il faut aussi penser à l’hiver nucléaire. Le soleil ne pourra plus traverser les nuages nucléaires et les cultures seront rendues impossibles.
117 pays ont signé un accord contre l’usage des armes nucléaires. La France ne l’a pas signé. Il y a du travail à faire. 9 pays qui ont ces armes font peur aux autres. Si c’est seulement pour la dissuasion, pourquoi en avoir plus et de plus en plus puissantes ? Cet argument n’est pas valable.
Il y a l’espoir d’une convention qui désigne leur illégalité.
 
On nous fait la promotion du militaire et de la militarisation. C’est la solution ?
La masculinité est périmée. ‘Par le pouvoir, on peut régner.’
Avant, on pensait que s’il y avait l’égalité entre les hommes et les femmes en politique, il n’y aurait pas la guerre. Les femmes s’occupaient des enfants, des vieux, des malades. Elles avaient l’intelligence des soins.
Mais, maintenant, la ministre de la Défense en Norvège est une femme. Les valeurs masculines traditionnelles sont reprises par les femmes en position de choix politiques. Elles sont acceptées car elles sont prêtes à le faire. Il faut défendre les valeurs de coopération et de soins et les mettre au plus haut.
 
Religion.
Il faut rappeler que l’on va faire aux autres ce que l’on veut pour nous.
 
Ethique.
Le médical doit œuvrer pour la paix.
 
Normes.
Il faut veiller à ce que l’ONU regagne de la puissance et que les peuples y soient représentés.

La plupart des conflits se résolvent de façon non violente. A Helsinki, les pays qui ont renoncé aux armes nucléaires l’ont fait car quelques personnages importants et humanistes se sont opposés aux militaires.

La guerre est un outil de la politique. Au niveau du droit international, il faut dire que la guerre n’a rien d’intelligent. Aujourd’hui, malgré les doutes, il faut avoir l’audace de faire avancer le monde à l’endroit. Des personnalités internationales ont signé l’appel contre la guerre. Il faut élargir la liste et faire vite pour la bannir et se mettre en marche contre.

Les états membres de l’UNESCO ont réduit le rôle des ONG et ne leur accordent pas assez d’importance. Il y a un malaise car elles pourraient faire beaucoup.

Dans les années 1990, la constitution de l’UNESCO a changé. Il y avait des experts qui pouvaient aider aux prises de décision. Maintenant, les ambassadeurs et les diplomates représentent leurs pays, comme à l’ONU. Il y a eu une diminution de l’importance des commissions nationales dans les pays concernant l’éducation par exemple. Avant, ces commissions fonctionnaient en lien étroit avec les groupes de professionnels. Les diplomates, seuls, n’ont pas ces liens.

Dans les organisations internationales, il y a un raidissement des gouvernements qui n’écoutent plus la société civile. Ils sont seuls à intervenir.

Dans quelques jours se tiendra un Forum de la Jeunesse à l’initiative de l’UNESCO à Paris. Pendant trois jours, il y aura des débats sur la paix et aussi sur les autres questions.

L’UNESCO doit avoir plus de moyens, plus de personnels et plus de visibilité.

Le budget de l’UNESCO a été amputé de 30% depuis que la Palestine est reconnue en son sein. Les USA ne paient plus.

L’Humanité a gagné de nombreuses choses. Pendant les 20 dernières années, il y a eu moins de morts pour faits de guerre. Ca ne rend cependant pas la guerre plus acceptable, mais il y a eu une pression des peuples et des organisations qui luttent pour la paix.

Nous assistons à des guerres civiles avec l’intervention entre les deux parties des super-puissances. Il n’y a plus de guerre inter-états.

Les femmes ne sont pas en mesure de mener les politiques qu’elles voudraient mener sur l’avortement, l’environnement, les réfugiés.

L’ONU et les dangers des multinationales

Ce ne sont pas les peuples qui sont représentés à l’ONU. Ce sont les gouvernements. Maintenant, il faut accepter que l’ONU ait si peu d’argent, c’est la même chose pour l’UNESCO comme pour le reste du système, et que l’on ait un système de programme à la carte.

Et si les multinationales veulent participer aux coûts de notre programme, on risque qu’ils prennent la domination sur l’ONU.

Je pense que la question des multinationales à l’ONU est quelque chose qu’il faut régler au plus vite sous forme de loi. C’est un de nos grands problèmes alors que nous préparons le soixante-dixième anniversaire de l’ONU.

Affiche d'un oiseau-soldat

Paris

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