Les dames de salon du XVIIIe siècle : les salonnières françaises. Madame de Staël. Et celles du XXe s

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Mr Jacques Necker 

1732 - 1804

Hôtel de Nissim de Camondo 

Paris

Il est le père de Germaine de Staël.

Financier et homme politique genevois.

Etabli à Paris, il avait exercé les fonctions de directeur du Trésor puis de directeur général des finances de 1777 à 1781. 

Il fut l'un des derniers ministres des Finances de Louis XVI.

Il est évincé le 11 juillet 1789.

Du fait de sa grande popularité, son renvoi en juillet 1789 est une des causes du soulèvement du 14 juillet.

Rappelé dès le 16, il finit par démissionner en 1790 à cause de son opposition à la politique de financement du déficit par l’émission d’assignats.

Portrait du ministre Necker

D'après Joseph-Sifrède Duplessis

1725 - 1802

Médaillon

Miniature peinte sur ivoire

Musée Jacquemart André 

 

 

~~Les dames de salon du XVIIIe siècle : les salonnières françaises.

La maîtresse de maison n’avait aucune prétention à rivaliser avec ses hôtes. Tout juste leur donne-t-elle la réplique.

L’obligation de réserve fait partie des convenances imposées. Les salonnières écrivent par la correspondance, mais elles ne publient pas.

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Donat Nonotte

Besançon, 1708 – Lyon, 1785

Portrait de femme

 

La publication des œuvres de madame Necker par son mari est posthume. Elle plaidait « qu’un homme doit savoir braver l’opinion, et qu’une femme doit s’y soumettre ».

Madame Du Châtelet doit subir les railleries et les sarcasmes de ses contemporains. Madame d’Epinay disait : « Concluons de tout cela qu’une femme a grand tort et n’acquiert que du ridicule lorsqu’elle s’affiche pour savante ou pour bel esprit et qu’elle croit pouvoir en soutenir la réputation… »

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Acquérir des connaissances, oui, mais ne pas le montrer. Les utiliser seulement pour mieux mettre en valeur les savants et les gens de lettre présents.

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~~Anne-Louise Germaine Necker, baronne de Staël-Holstein, connue sous le nom de Madame de Staël. née et morte à Paris (22 avril 1766 - 14 juillet 1817).

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~~Dès qu’elle ouvre son propre salon, madame de Staël entre dans la discussion, argumente et défend des thèses. Elle entre dans cette carrière de femme auteur qui suscite moqueries et satires. Elle n’est pas à sa place. Son père qui l’aimait se moque d’elle en la nommant « Mademoiselle de Saint-Ecritoire ». Elle n’en aura cure et se sent l’égale des hommes.

~~Elle ouvre un salon où elle reçoit les représentants d'une nouvelle génération professant les idées neuves qui sont proches des siennes, contemporains de la guerre d'indépendance en Amérique, qui y ont participé parfois d'ailleurs — La Fayette, Noailles, Clermont-Tonnerre, Condorcet, François de Pange et les trois hommes qu'elle aime le plus à cette époque : Louis de Narbonne, sa première grande passion, Mathieu de Montmorency, l'ami de toute sa vie, Talleyrand, le traître à l'amitié.

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~~Elle est surtout connue pour avoir popularisé en France les œuvres romantiques des auteurs de langue germanique, jusqu'alors relativement méconnues dans ce pays.

Sa réputation littéraire s'affirme avec trois ouvrages :

• Lettres sur les ouvrages et le caractère de Jean-Jacques Rousseau (1788) ;

• De l'influence des passions sur le bonheur des individus et des nations (1796) ;

• De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales (1800)

 

~~Est-elle une féministe ? C’est surtout dans ses deux romans, Delphine et Corinne, qu’elle présente la condition des femmes dans son propre milieu social et la place subordonnée que leur assigne la société.

Dans son essai De la Littérature, elle constatait que la différence sexuelle jouait en faveur des hommes. Elle ne cessera de plaider l’apport spécifique des femmes à la civilisation.

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~~A Bonaparte, elle demanda:

« — Général, quelle est pour vous la première des femmes ?

— Celle qui fait le plus d'enfants, Madame » lui aurait-il répondu.

C'est une pionnière dans bien des domaines ; en littérature, elle popularise en France le mot de « romantisme », introduit par Pierre Le Tourneur. Dans ses romans elle présente les femmes comme les victimes des contraintes sociales les empêchant d'affirmer leur personnalité. Elle revendique le droit au bonheur pour toutes, et pour elle-même.

 

Cette revendication de droit au bonheur qui se confondait avec le droit d'aimer est reprise par George Sand. Madame de Staël est une femme moderne dans une Europe qu'elle parcourt en tous sens et décrit abondamment.

D’après : Michel Winock

– Madame de Staël-

Wikipédia.

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Benjamin Constant

Quand une femme aime, ses tourments naissent de l’attente de l’être aimé. Mais pour les hommes, ces souffrances ne durent pas longtemps. Simone de Beauvoir cite Benjamin Constant qui voulait mourir pour Juliette Récamier, mais qui fut guéri un an plus tard.

Benjamin Constant écrit ‘Adolphe’ en 1816, héros qui se révèle parfaitement froid sous le masque de la passion. Germaine de Staël semble avoir inspiré le personnage féminin d’Ellénore. « Elle était douce, elle devient impérieuse et violente. » Elle devient geôlière de son amant et va exercer sur lui une violente tyrannie.

Pour Simone de Beauvoir, il a peint les chaînes que noue autour de l’homme la trop généreuse passion d’une femme. L’engagement accepté ligote l’amant.

 

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p 157

Degas raconte une discussion entre Madame de Staël et Benjamin Constant.

Ils étaient sur le lac Léman, assis dans une barque, accompagnés de madame Récamier. Un des rameurs dit : « Ce nuage à l’horizon nous annonce un gros temps. »

« Dites, Benjamin, fit Madame de Staël, si nous faisions naufrage, qui de nous deux sauveriez-vous ? »

Et Benjamin Constant à madame de Staël : « Vous, vous savez nager. »

Ambroise Vollard

En écoutant Cézanne, Degas, Renoir

Edition Les Cahiers Rouges – Grasset

Première édition : 1938

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                         Madame de Staël sur le fronton de la mairie de Paris

Au musée du Vieil-Aix:

Ensemble de quatorze poupées en porcelaine de Saxe composant une scène historique : madame Tallien au clavecin.

Fin du XIXe siècle, début du XXe s.

Thérésa Cabarrus, souvent appelée madame Tallien du nom de deuxième époux, est une célèbre salonnière française et femme d’influence sous la Révolution française. Elle fait partie du courant de mode des « Merveilleuses » sous le Directoire, caractérisé par l’extravagance et dont les tenues élégantes de ses adeptes se référaient à l’Antiquité païenne. Les Merveilleuses et les Incroyables naissent en réaction de la tristesse qu’avait répandu la Terreur.

Tag à Montmartre

"Le romantisme c'est un truc de bonhomme"

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Laurent Greilsamer

Le prince foudroyé

La vie de Nicolas de Staël

Editions Le livre de Poche

Fayard - 1998

Page 20:

L'auteur explique que "Eric Magnus Staël, jeune chevalier flambeur, inscrit même son nom en marge de l'histoire de la littérature française en épousant Germaine Necker, fille du banquier et ministre des Finances de Louis XVI. En poste à Paris, il ne songeait pourtant qu'à honorer ses dettes en contractant une alliance avec une riche héritière..."

 

Page 37:

"Le général Vladimir Ivanovitch tente de contenir la tempête. Par son autorité, il parvient à sauvegarder un semblant d'ordre."

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Vladimir Ivanovitch de Staël est le père de Nicolas de Staël. Au moment où la révolution russe éclate en 1917 à Petrograd, (nouveau nom donné à Saint-Pétersbourg par le tsar car la consonance était trop germanique pour les Russes), le général est commandant en chef de la forteresse Pierre-et-Paul. D'origine allemande, le haut état-major russe lui en a confié la responsabilité sans les honneurs. Quelques mois plus tard, il est mis à la retraite (à 63 ans), puis enfermé à résidence pendant deux ans.  La vie des siens étant menacée, la famille s'enfuit en Estonie, passe par Vilnius pour arriver en Pologne. Le général y meurt à l'âge de 68 ans, paralysé. Sa femme le rejoindra l'année suivante, en 1922, des suites d'un cancer généralisé.

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« Mais le vertige, j'aime bien cela, moi. J'y tiens parfois à tout prix, en grand. »
Nicolas de Staël
Lettre à Pierre Lecuire

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Les salons parisiens dans les années 1950:

Laurent Greilsamer

Le prince foudroyé

La vie de Nicolas de Staël

Éditions Le livre de Poche

Fayard - 1998

 

Page 305 :

Les salons parisiens dans les années 1950

Suzanne Tézenas (1898-1991), est une femme fortunée par sa famille. Elle épouse Léon qui est polytechnicien. Elle ouvre son salon aux écrivains, principalement de la NRF, puis aux peintres de l’École de Paris et aux musiciens contemporains du Domaine musical. Elle a fréquenté la princesse de Polignac. « Elle s'est initiée à la musique en fréquentant le salon de la princesse de Polignac avant-guerre et en côtoyant Francis Poulenc, Henri Sauguet et Manuel de Falla. En 1949, John Cage donne chez elle son premier concert parisien. (…) Elle devient peu à peu le mécène de Pierre Boulez en prenant avec détermination le relais de Madeleine et Jean-Louis Barrault.» Elle rencontre Nicolas de Staël en 1951.

Florence Gould (1895-1983) ouvre son salon aux prétendants de l'Académie française. Elle est une femme de lettres américaine, qui épousa en 1923 le milliardaire Frank Jay Gould. Son père était un éditeur américain qui a fait fortune. Elle léguera son immense fortune à la fondation qui porte son nom et qui contribue au renforcement des liens culturels entre les USA et la France.

Louise de Vilmorin (1902-1969) accueille les cinéastes, les acteurs et les romanciers dans son salon. Elle était une femme de lettres françaises. Elle est le premier grand amour d'Antoine de Saint-Exupéry et devient sa fiancée. André Malraux partagera ses derniers jours.

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Page 86 :

Autour de 1800, Savigny-sur-Orge –

Jean D’Ormesson cite les noms des femmes d’esprit qui se réunissent autour des deux amants, Chateaubriand et Pauline de Beaumont, poitrinaire romantique et fille du comte de Montmorin Saint-Hérem, massacré par la foule révolutionnaire car il avait signé le passeport du roi avant la fuite à Varennes :

 

Madame Hocquart, madame de Saussure, Madame de Vintimille, « en qui se perpétuaient les grands salons du XVIIe et du XVIIIe siècle ».

 

Jean D’Ormesson

De l’Académie française

Mon dernier rêve sera pour vous

Une biographie sentimentale de Chateaubriand

Editions Jean-Claude Lattès, 1982

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Paris, capitale des Lumières.

 

Capitale artistique, intellectuelle, économique, Paris est l’une des puissances européennes du XVIIIe siècle. Malgré l’installation de la cour à Versailles, un grand nombre d’aristocrates y résident ou y emménagent après la mort de Louis XIV. Les tendances de l’art de vivre à la française sont suivies de près dans les gazettes et les correspondances. L’attractivité internationale des salons érige Paris en modèle urbanistique pour les Lumières. Le développement économique est sans précédent pour la capitale.

Musée Cognacq-Jay

Paris

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Juliette Adam

Écrivaine, romancière, journaliste.

Juliette Lambert, épouse Adam, née le 4 octobre 1836 à Verberie et morte dans sa centième année, le 23 août 1936 à Callian, est une écrivaine, polémiste, salonnière féministe et républicaine française. Elle est la fille d'un médecin.

Après la mort de son premier mari en 1867, elle épouse l'avocat Edmond Adam, député de la gauche républicaine, fondateur du Crédit foncier,  préfet de police en 1870.

Issue de la bourgeoisie du XIXe siècle, Juliette Adam tiendra de longues années un salon qui  fût un foyer actif d'opposition à Napoléon III et devint un des cercles républicains. Son salon fut fréquenté par les littérateurs, les libéraux et les hommes d'état les plus influents dont Léon Gambetta.

Elle s’impose dans le Paris du lendemain de la défaite de 1871 qui voit la République   s’installer progressivement après  la chute du Second Empire.  

Dans les années 1870, elle diffuse les brochures de Julie Daubié. Dix ans plus tard elle intègre le Suffrage des femmes, mouvement dont Hubertine Auclert   est à l'origine. Mais « désenchantée par les médiocres effets du suffrage universel masculin », elle change d'avis et rallie l’antiparlementarisme tout en conservant sa position républicaine.

Elle évolua vers un féminisme modéré. Elle fut amie de Georges Sand. 

EN 1904, Juliette Adam achète les ruines de l'abbaye de Gif. Elle est surnommée « Grand-mère de la Patrie ».

Féministe et républicaine, elle publia de nombreux ouvrages de souvenirs sur le siège de Paris de 1870.

Autrice de :

 « Idées antiproudhoniennes sur l'amour ».

« Le Siège de Paris, journal d'une Parisienne »

« L'Heure vengeresse des crimes bismarckiens »

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Publié dans Femmes

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