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Armand Pelletier, Yves Delaporte.

« Moi, Armand, né sourd et muet..."

Armand Pelletier est né à Bourg-en-Bresse le 15 mai 1933.

L’histoire de sa vie témoigne de la volonté des sourds-muets d’exister comme nos égaux.

Il raconte la vie de sa femme, par bribes.

Andrea Tavernier

1858 – 1932

Matinée automnale

1902

Sans langage commun avec ma famille, mon éducation se réduisait à peu de chose. C’est une expérience douloureuse qu’ont subie tous les enfants sourds, quel que soit le milieu dans lequel ils ont été élevés, riche ou pauvre, paysan ou citadin.

Ma femme a connu les mêmes frustrations : regardant sa mère préparer la cuisine, elle était dévorée de l’envie de l’aider mais c’étaient toujours les mêmes réponses dilatoires : « plus tard, plus tard » ou bien « trop difficile »

Le contraste est saisissant entre mon enfance et ce qu’ont dû subir beaucoup d’autres sourds, entièrement isolés dans leur famille entendante, soigneusement dissimulés aux regards comme une chose honteuse. Des parents entendants ont essayé d’abandonner, ou même de tuer, leur enfant sourd.

 

Au début de la guerre, celle qui devait devenir ma femme avait trois ans. Un jour où un convoi de soldats, français ou italiens, je ne sais, passait sur une route de sa Savoie natale, sa mère a tenté de se débarrasser d’elle en la jetant dans un camion. Les soldats l’auraient bien pris avec eux comme mascotte, mais elle s’est débattue si violemment qu’ils se sont arrêtés et l’ont rendue à sa mère. Voilà comment étaient considérés les petits sourds : comme inférieurs à des animaux.

 
 
Si j’en crois ce que m’ont raconté d’autres sourds, ce qui était pour nous une exception était plutôt la règle ailleurs : les sourds se voyaient partout considérés comme les idiots du village, des sortes de demeurés qui ne méritaient que des sarcasmes. Dans les rues de Chambéry, lorsque passaient les élèves de l’institut des sourds, les passants ricanaient : « Tiens, voilà les dingues… » Pour aller à l’école communale, ma femme devait parcourir cinq kilomètres à pied deux fois par jour. A mi-chemin, un garçon la guettait pour lui jeter des pierres. Elle était si terrorisée qu’un midi elle a refusé de retourner à l’école. Sa mère l’y a obligée, vérifiant qu’elle prenait bien le chemin conduisant à la vallée.

 

Dès que la fillette a été hors du regard de sa mère, elle s’est cachée dans un bosquet, y restant tout l’après-midi. Elle est revenue à l’heure habituelle, si bien que personne ne s’est douté de rien. Le lendemain, elle a recommencé, mais le garçon a découvert sa cachette et lui a à nouveau jeté des pierres. Une voisine ayant aperçu la pauvre gosse en larmes à une heure où elle aurait dû être à l’école, la chose s’est sue. Plus tard, lorsqu’elle est entrée à l’école des sourds, les petits entendants se moquaient d’elle et de ses compagnes pendant leurs rares sorties en ville.

Angelo Inganni

Brescia 1807 – 1880

Paysan allumant une bougie avec un tison

1850

Violence et handicap

Un numéro d’urgence.

Quatre femmes en situation de handicap sur cinq sont victimes de violences. Face à cette insoutenable ampleur du phénomène, l’Association « Femmes pour le dire, Femmes pour agir » lance le 6 mars 2015 le premier numéro national d’urgence pour venir en aide aux victimes, pour contribuer à rompre leur isolement et pour rendre plus visibles les violences que subissent ces femmes.

01 40 47 06 06

Droit à l'égalité

Tag(s) : #Femmes

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