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Jean Zay

Par la compagnie Tetra Art.

Mise en scène de Raymond Vinciguerra.

Sa Biographie :

Député radical-socialiste à 27 ans, ministre à 31 ans, prisonnier politique à 36 ans, assassiné à 39 ans : la vie de Jean Zay est dense, fulgurante et tragique.

Ministre de l’Education Nationale et des Beaux-Arts sous le gouvernement du Front Populaire, de 1936 à 1939, il l’a modernisée et démocratisée (multiplication des bourses, scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans, limitation des classes à 35 élèves, ouverture aux pédagogies nouvelles (Célestin Freinet -1938) ..). Il crée le CNRS, l’ENA. Il était d’avant-garde pour son époque.

 

Il a créé le Musée National des Arts et Traditions Populaires, développé les bibliobus, défendu les droits d’auteur et créé le festival de Cannes dont la première édition aurait dû se tenir en septembre 1939.

A la déclaration de la guerre, il démissionne de son poste de ministre pour être affecté comme sous-lieutenant.

 

La droite déteste en lui son origine juive par son père, protestante par sa mère, son appartenance à la franc-maçonnerie, son militantisme pour l’union des gauches, la compétence et la réussite des axes du Front Populaire, l'enseignement public, la résistance à Hitler. De « Gringoire » à « Je suis Partout », la presse de droite et d'extrême droite s'est acharnée sur « Zay le Franc-maçon » le « bolchévique » mais surtout sur « le juif Zay »

Il sera l’une des premières cibles du régime de Pétain.

Accusé injustement de désertion face à l’ennemi, il est condamné le 4 octobre 1940 à la déportation et à la dégradation militaire, la même peine que Dreyfus.

Emprisonné durant quatre ans au fort Saint-Nicolas à Marseille, il refuse de demander une grâce ainsi que l’organisation de son évasion par la Résistance.

Bernard Lazare, premier défenseur de Dreyfus (Nîmes)

Bernard Lazare, premier défenseur de Dreyfus (Nîmes)

 

 

Jean Zay 11 13 copie

 

 

 

 

 Il écrit « Souvenirs et solitude » ce qui lui apporte l’occasion d’exprimer ses réflexions sur la justice et l’emprisonnement.

 

Le 20 juin 1944, il est assassiné par des miliciens dans le bois de Molles (Allier).

Le 5 juillet 1945, la cour d’appel de Riom réexamine les faits reprochés au sous-lieutenant Jean Zay, constate qu’à aucun moment il ne s’est soustrait à l’autorité militaire, et que « les poursuites intentées contre le sous-lieutenant Jean Zay ne peuvent s’expliquer que par le désir qu’a eu le gouvernement d’atteindre un parlementaire dont les opinions politiques lui étaient opposées et qu’il importait de discréditer en raison de la haute autorité attachée à sa personnalité. »

Elle annule donc le jugement du 4 octobre 1940, et Jean Zay est pleinement réhabilité à titre posthume.

 

 

 

Le Spectacle :

 

* Il cite Montaigne (Livre 1 chapitre 26) qui pense qu’il faut remplacer le savoir appris par le savoir compris.

« Qu’il ne lui demande pas seulement compte des mots de sa leçon, mais du sens et de la substance, et qu’il juge du profit qu’il aura fait, non par le témoignage de sa mémoire, mais de sa vie […] C’est témoignage de crudité et indigestion que de regorger la viande comme on l’a avalée. L’estomac n’a pas fait son opération, s’il n’a fait changer la façon et la forme à ce qu’on lui avait donné à cuire »

Transcription :

« Que le maître ne demande pas seulement à son élève de lui répéter les mots de sa leçon, mais de lui en donner le sens et la substance. Et qu’il juge du profit qu’il en aura tiré, non par le témoignage de sa mémoire, mais par celui de son comportement. […] Régurgiter la nourriture telle qu’on l’a avalée prouve qu’elle est restée crue sans avoir été transformée : l’estomac n’a pas fait son travail, s’il n’a pas changé l’état et la forme de ce qu’on lui a donné à digérer ».  

Comment mieux dire que le but de l’éducation est le développement d’une pensée critique, autonome et personnelle et que ce qui compte, ce n’est pas l’étendue des connaissances, mais la manière de les bien assimiler (= faire siennes, se les approprier). Cela correspond à une réaction contre un enseignement qui accordait trop d’importance à la mémoire et pas assez au jugement personnel, ainsi qu’au comportement, à la manière de vivre.

 

 

* Il se réfère aux accusations portées à Roger Salengro.

Tout commence le 14 juillet1936 lorsque le quotidien de Charles Maurras, L'Action française, publie un article non signé s'indignant que Roger Salengro puisse s'incliner devant la tombe du soldat inconnu1. La campagne de presse est relayée à la Chambre des députés par le chef de file de son opposition municipale à Lille, Henri Becquart, dès le 14 juillet 1936.

Le 21 août1936, avec la publication par le journal d'extrême-droite Gringoire d'un article qui pose la question « Roger Salengro, ministre de l'Intérieur, a-t-il déserté le 7 octobre 1915 ? ».

Cette accusation avait déjà été formulée auparavant, en 1923, par le Parti communiste.

Bien que l'accusation de désertion ait été reconnue comme infondée des années auparavant, le soldat Salengro ayant en fait été capturé par l'ennemi, la polémique enfle durant l'été dans un pays encore marqué par la guerre contre l'Allemagne.

Son suicide

Ne supportant plus les calomnies, le ministre de l'Intérieur, fragilisé et déprimé (d'autant plus que sa femme est morte 18 mois plus tôt et sa mère mourante), décide de mettre fin à ses jours. Salengro ouvre le gaz et meurt asphyxié dans les minutes qui suivent, dans son appartement. Il écrit : « S’ils n’ont pas réussi à me déshonorer, du moins porteront-ils la responsabilité de ma mort. »

 

 

Pendant le spectacle, il cite Paul Valéry:

« La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas.  »

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Ce spectacle est une évocation de Jean Zay avec ses deux filles, l'une née en 1936 dans l'effervescence du Front Populaire, l'autre en 1940, lorsque son père est emprisonné. Le parcours d'un homme de gauche au temps où « la gauche essayait ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Théâtre

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