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La parole est donnée à l'assistance

Elle écrivait, comme tous les collègues, les élu.e.s, mais depuis l'élection de Christian Estrosi, il a fait savoir que c'était inutile.

L'absence du -e- à la fin du mot élu n'est pas anodin. Les conseils régionaux comme toutes les institutions doivent produire un rapport sur l'égalité hommes/femmes dans les institutions.

L'équipe nationale de football féminin vient d'avoir pour la première fois un entraîneur femme. Aucun journaliste n'ose dire l'entraîneuse.

Le mot entraîneuse a eu un usage perverti et aucun journaliste ne l'utilise.

Débat sur le sexisme de la langue avec Elianne Viennot et Henriette Zoughebi. Il y a une différence de niveau entre le salop (masculin) et la salope (féminin). Pour la femme, c'est pire que pour l'homme pour qui l'usage du mot est toléré.

Il faut maintenir le mot entraîneuse. J'ai travaillé sur ce mot populaire dans les journaux de sport.

Il ne faut pas entraîneur avec un E ou des bizarreries, ni tourner autour.

Le mot entraîneuse, ça date un peu. Il n'y en a plus beaucoup. Ce sont des réflexions toutes faites que l'on a intégré au point de ne pas les remettre en cause.

Ca date des années 50 / 60. Il faut leur dire: "Mon vieux, si tu as un problème avec ce mot-là, c'est le tien mais moi, je dis entraîneuse." On pourrait dire professeuse aussi.

Les gens du XVIIIe siècle et du XIX e disaient professeuse. Je l'ai appris il y a deux ans. Je suis professeuse émérite à la retraite. Je rencontre des profs qui me disent: "Pourquoi on dit professeur? Ce n'est pas du français!". Le vrai mot, c'est professeuse. Le seul mot qui nécessite un E c'est ingénieur. Ingénieur / ingénieure, sinon cela fait ingénieuse. Ingénieuse, c'est le féminin de ingénieux. Ca ne fonctionne pas. Ce n'est pas un scandale de mettre un E à la fin des mots qui se terminent par EUR. C'est d'usage ou non. L'enseignement est devenu de plus en plus féminisé dès la fin du XVIIIe siècle.  Pas à l'université et pas avant la fin du XIXe siècle. Dans le privé, dans les écoles, il y avait des professeuses.  De bons auteurs, de bonnes autrices parlent de professeuses. Pourquoi ne le dit-on pas? On devrait dire proviseuse, défenseuse.

 

Le français ça ne tombe pas du ciel. C'est Mohamed qui a parlé à son prophète. Mais ce sont les hommes qui font le dictionnaire. Et il y a des bagarres autour de certains mots. Dans le dictionnaire de l'Académie française, dont nos impôts servent à payer ces gens-là et leur boulot alors que personne ne les lit, car tout le monde lit le Robert ou le Larousse, il y a des mots qui ont été rayés de la langue française, comme ambassadrice que l'on trouve dans le premier dictionnaire de l'Académie française en 1694. Après il disparaît. Nos amies québécoises ne savaient pas que ces mots avaient existé et ont trouvé plus simple de mettre un E à la fin de ces mots-là.
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Les gens se disent: Il vaut mieux auteure avec un E. D'abord ça ne s'entend pas!".

On a supprimé "Mademoiselle" mais certaines administrations ne l'ont pas fait, ni les banques. On a supprimé l'écriture inclusive de tous nos documents administratifs. Ca a été un combat difficile avec les directeurs de service. C'est quelque chose sur lesquelles on doit travailler, éduquer. Je suis conseillère d'éducation dans un collège et j'écris à mes collègues mes mails en utilisant l'écriture inclusive. Les résistances les plus grandes que je rencontre viennent des profs de français.

Les femmes ont été exclues par les titres, comme vous l'avez bien expliqué. Pour les féministes, il faut nous réhabiliter constamment.

Dans mes interventions publiques, je féminise tout.

Pour revenir sur le terme d'entraîneuse, nous à Clermont, on a eu la première entraîneuse de foot de deuxième division, pendant trois ans, Corinne Diacre, et dans les premiers mois, lorsqu'on utilisait le terme entraîneuse, c'était des tollés dans les journaux locaux, la Montagne, etc. Et au bout de trois ans, comme quoi cela peut aller vite, si on en fait un sage collectif, tout le monde emploit ce mot, dans notre ville familièrement. on pense souvent au terme étudiante cr on dit "Ca arrache l'oreille".

Plus personne ne connaît l'histoire du mot étudiante. Comme vous le dites, si on réhabilite les mots dans la langue et qu'on les utilise, on ne se pose plus la question d'une morale.

Je trouve ça passionnant, y compris cette étude des mots que fait Eliane. je voulais dire que la langue est en même temps le reflet de l'état d'une société. Tu dis "C'est d'abord les lettrés" mais ce ne sont pas seulement les lettrés. Si on se bat contre les mentalités, on peut faire changer les choses. La société d'aujourd'hui est pleine de contradictions. Les lois ont progressé. Pour autant on n'a pas encore l'égalité salariale entre les femmes et les hommes, mais n se bat pour. On se bat pour que les jeunes aillent dans toutes les formations. Et on veut faire progresser les choses du point de vue de la langue.

La Ligue des Droits de l'Homme. Je suis intervenue auprès de mes amis de la LDH pour leur dire: "Pourquoi continuez-vous à parler des droits de l'homme, alors qu'en gardant les lettres LDH, vous pourriez parles des droits humains? Ca aurait une autre connotation. Ils me répondent que cela remonte à la Révolution française, période où l'on a écrit "Les hommes naissent libres et égaux en droits" (j'allais dire et les femmes aussi). On a exclu la moitié de l'Humanité. Ca a pesé lourdement sur les mentalités en France. Tout en étant universel, on a exclu la moitié de l'Humanité, les femmes.

 

Quand on veut faire changer, on se dit que les choses peuvent ne pas rester en l'état.

Mais pas exclusivement. Je crois que l'exemple que tu donnes est tout à fait frappant.  Ce sont des batailles politiques au sens le plus noble du terme. Si on s'en empare, que l'on soit élu (e), que l'on travaille dans une administration, que l'on soit dans une association, on peut faire bouger les lignes.
C'est la raison pour laquelle on avait lancé une pétition. On va y travailler ensemble, notamment avec les profs, pour essayer d'avoir un collectif qui s'empare de cette question. Pour un petit enfant, je ne sais pas quels sont vos souvenirs, mais pour moi, quand j'ai appris cette règle qui dit que le masculin l'emporte sur le féminin, étant issue d'une famille étrangère où l'on ne parlait pas le français chez moi, je me souviens de la blessure que cette règle a provoqué.

Il faut se battre pour changer la manière dont elles sont inscrites dans le symbolique.

En ce qui concerne ces problématiques féministes/masculinistes, je pense qu'il faut avoir en tête les langues étrangères. En allemand, le problème des droits de l'homme ne se posent pas. Il y a l'home, la femme et un troisième mot "Der Mensch" . Il y a des problématiques spécifiques aux différentes langues. En regardant vos affiches là-bas, féministE. Et si on enlevait le E pour dire un féminist?

 

Tag(s) : #Politique

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