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« 120 battements par minute » est un film dramatique français coécrit et réalisé par Robin Campillo, sorti en 2017.

 

Un cœur normal, au repos, bat entre 60 et 80 fois par minute. Lorsque le pouls dépasse 100 battements par minute, on appelle ce phénomène "tachycardie". Mais, ceux qui ont besoin d'un cœur qui batte vite sont talonnés par la mort. Ils sont à un âge où l'avenir est devant eux, mais, pour eux, l'enjeu de leur santé, c'est leur survie. Tout est calculé dans leur nouvelle vie de malade : les prises de médicaments toutes les quatre heures, les taux de lymphocytes et de T CD4, l'avancée des recherches.

Ils ont été contaminés par un autre porteur du SIDA. Chacun a sa responsabilité, celui qui ne sait pas qu'il contamine et celui qui ne se protège pas pendant les rapports sexuels.

Toutes les questions sont débattues tout au long du film.

 

Pourquoi Act-Up a-t-il été créé ? Parce que le gouvernement voulait se dédouaner du problème et après une prise de conscience, les militants vont se retourner vers le gouvernement Mitterand qui reste en stand-by. D'autres associations de malades du SIDA verront le jour aussi.

 

Pourquoi des opérations coup de poing ? Parce que les médias et les hommes politiques se taisent. Le silence tue aussi. Alors, pour rompre cette chape silencieuse, ils vont jeter des poches de liquide rouge, parfaite réplique du sang, sur tous ceux qui exercent des responsabilités et ne les assument pas.C'est aussi un rappel que le sang contaminé leur a été injecté avec la complicité des médecins et de toutes les autorités afférentes.

Les représentants du gouvernement qui ronronnent autour des questions du SIDA, un laboratoire pharmaceutique de recherche médicamenteuse qui n'avance pas assez vite à leur goût et taît les informations, les assurances qui ne reconnaissent pas ces malades vont être leur cible.

Les objectifs de la Gay Pride sont débattus : faut-il garder le côté festif de la vie ou bien dénoncer l'aspect mortifère de la maladie ?

Le choix des slogans, les développements scientifiques et médicamenteux sont aussi un moment d'échanges.

 

La maladie apparaît dans les années 1980 et touche principalement la communauté homosexuelle. L'épidémie mortelle va s'étendre au milieu des prostituées, au monde carcéral. Elle deviendra mondiale rapidement. Jusqu'à la mise au point d'un protocole de trithérapie qui retardera les effets de la maladie mais n'empêchera pas l'apparition de cancers.
 

Mais c'est l'état général et le moral qui vont compter le plus dans la maladie. Tant qu'ils sont en vie, l'amour est plus fort que la peur de la mort et leur vie continue, malgré toutes les difficultés.

Ils ont connu de grandes désillusions, mais ils se battent. Ils s'adressent aux autres jeunes, les mettent en garde contre les rapports sexuels non-protégés, demandent des distributeurs de préservatifs dans les lycées.

 

La fin du film est émotionnellement forte. On ne nous épargne rien, mais, face au silence, ce « trop d'émotions » peut encore réveiller des consciences. C'est ce que les militants cherchaient à faire dans les années terribles où les victimes tombaient comme les mouches. Et si la question de la « visibilité de la maladie sur soi » est aussi posée, on ne peut oublier que l'épidémie n'est pas enrayée, et que chaque jour, de nouvelles personnes sont contaminées. Il existe toujours une inégalité mondiale entre les pays pauvres et riches dans le traitement des malades. Et on est loin d'avoir gagné sur la maladie.

Tag(s) : #spectacles

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