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Ricardo Montserrat

 

Né de l’exil en 1954 en Bretagne d’antifascistes catalans, Ricardo Montserrat trouve très tôt dans le théâtre un espace où concilier engagement et liberté.

Au Chili, il y a perdu deux êtres chers.

Son goût de l'ironie, de la moquerie, de la joie de vivre lui a été donné par son père qui était clown pour apporter aux détenus de la gaieté et de la réflexion pendant son internement au camp d'Argelès, pendant la guerre d'Espagne.

Ricardo est rentré en France en 1992.

 

Il était l'invité du Mouvement de la Paix et s'est produit lui-même au théâtre de la Rotonde.

Puis sa pièce de théâtre a été jouée devant l'assistance.

Il lit un passage d'une de ses pièces de théâtre; "Les " Trente glorieuses " sont remplacées par les "Trente heureuses " encadrées par les CRS."

« Les services publics sont les travaux forcés. Pas de muraille à Avignon, pas de chemin de fer sans sacrifices. »

« Des parties de son costume sont faites par des esclaves thaïlandaises. 470€ pièce ! Et je ne parle pas des boutons de manchette...Je veux qu'on mette en cabane ceux qui ont osé arracher ma cravate à 1 000€. Comment avez-vous oser jeter dans les toilettes ma Rollex à 48 310 € ? »

 

« Touchez ce bureau offert par le Führer en personne pour me remercier d'avoir construit le mur. Le Reich vous sera reconnaissant d'avoir sauvé l'Europe de la racaille judéo-bolchévique. »

 Les travailleurs grecs travaillent comme des (claquement de doigt) ! Quand je pense que vous avez tagué le nom de la loi « Belle connerie » et le tableau qui représentait mon grand-père au côté des Lafarge, des Batignolles, des Bouygues, ces vaillants patrons qui, en pleine guerre, ont donné du travail à des dizaines de milliers de youpins ! Ces Espingouins, ces Polacks, ces ritals, ces bronzés, sans ces bâtisseurs, auraient crevé de faim. »

« Vous construirez des pont par-dessus les mers. Des chemins de fer. Nous reconstruirons un monde tout neuf. Nous vous empêcherons d'y entrer. Vive la reconstruction ! Elle se fera avec ou sans vous, bande de rats. Guerre aux terroristes syndicaux ! »

 

« Quelle Clownerie la guerre » de Ricardo Montserrat interprété par Catherine Allias et Laurent Dallas

 

Voici ce qu'il a dit avant le spectacle :

« Sa pièce de théâtre est écrite en hommage à son père. Les réfugiés espagnols ont été placés, par – 15°, sur la plage d'Argelès sous la protection des secours rouges qui sont devenus plus tard le secours populaire. La frontière a été fermée pendant plusieurs jours. On a tout pris aux détenus espagnols : leurs bijoux, leur argent. N'ayant rien pour se loger, ils se lovaient dans des trous de sable. Le camp était cerné de barbelés. Les conditions de vie étaient dures, extrêmes. On n'en revenait pas vivant. Les espagnols ont eu le choix entre l'Argentine et la France. Son père a choisi le pays des droits de l'Homme. Chaque nuit, les femmes du camp étaient violées jusqu'à leur révolte. L'armée a mis les femmes dans un train qui a traversé toute la France. Les hommes sont allés dans les Pyrénées. 6 000 hommes sont morts durant la première année. La guerre avec l'Allemagne n'était pas encore commencée. Pour survivre, son père a fait le clown. Les prisonniers ont fait de la culture.

Comme en Espagne, il y a une guerre qui est menée contre notre peuple. En Espagne, les grandes banques finançaient Franco parce que ce que la guerre détruit doit être reconstruit et cela leur rapporte beaucoup.

Son père allé à Mauthausen. Il a imaginé le rôle de clown composé par son père, ne l’ayant jamais vu faire et l'ayant connu sombre à son retour du camp de concentration.

Il veut que l'on se rappelle que ce sont les Espagnols qui ont libéré Paris avec les Italiens. Ils étaient nombreux dans la Résistance (18 000 au sud et 8 000 au nord). »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Théâtre

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