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Voltaire

Stefan Zweig

Conscience contre violence

Traduction d’Alzir Hella

Le livre de poche

Avril 1936

Stefan Zweig relate dans son livre la lutte qui anima deux hommes que tout opposait. Calvin, en tant que chef de l’église protestante à Genève, ne souhaite pas partager son pouvoir, ni voir ses idées contestées par quiconque et de quelque manière que ce soit. Castellion, lui, a fui les persécutions de l’Inquisition en France et a rejoint Genève où il espère trouver refuge. Il devient professeur au collège de Rive à Genève, avec le titre de Recteur. Bientôt, Castellion est confirmé dans son idée qu’il n’y a pas de place à Genève pour un homme libre à côté d’une nature aussi autoritaire que Calvin. Sébastien Castellion est considéré aujourd’hui comme l’apôtre de la tolérance et de la liberté de conscience. Pour lui, différentes interprétations de la Bible sont possibles, ce qui légitime un christianisme pluraliste et le refus du recours à la violence.

Deux siècles plus tard encore, Voltaire verra là la preuve décisive de l’esprit tyrannique de Calvin.

« On en peut juger, écrira-t-il, par les persécutions qu’il suscita contre Castellion, homme plus savant que lui, que sa jalousie fit chasser de Genève ».
Voltaire

Le 27 octobre 1553 Michel Servet est jugé et brûlé à Genève pour hérésie antitrinitaire. Ce drame va consommer la rupture avec Calvin. L’année suivante paraît un ouvrage d’un certain Martin Bellie (qui n’est autre que Castellion), le Traité des Hérétiques. C’est le début d’une longue polémique sur la tolérance qui va très vite s’envenimer.

« Tuer un homme ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. Quand les Genevois ont fait périr Servet, ils ne défendaient pas une doctrine, ils tuaient un être humain : on ne prouve pas sa foi en brûlant un homme mais en se faisant brûler pour elle » écrit-il.

Castellion n’acceptera pas le meurtre de Servet, organisé et orchestré par Calvin. Pour sauver tous les autres futurs coupables aux yeux de Calvin, il prendra la défense de Servet. Ce crime, un entre mille, réveille la conscience du monde en apparence endormie. Gibbon, historien anglais, reconnaît que cette exécution l’a ébranlé plus profondément que les milliers d’autres de l’Inquisition.

Voltaire utilise l’expression « premier meurtre religieux » commis par la Réforme et la première négation éclatante de sa doctrine primitive.

En 1562, Castellion publie Conseil à la France désolée, où il dénonce « le forcement des consciences » et plaide pour qu’on laisse « les deux religions [catholique et protestante] libres, et que chacun tienne sans contrainte celle des deux qu’il voudra ». Le synode réformé de Lyon en 1563 condamne ce livre.

Deux réformateurs : Luther et Melanchthon.

Ils n'aiment pas les couleurs vives « qui habillent les hommes comme des paons », Luther et Melanchthon, au XVIe siècle sont représentés en noir.

Stefan Zweig

Marie Stuart

Traduction d’Alzir Hella

Le livre de poche

1935

Après l’assassinat du mari de Marie Stuart, Stefan Zweig se demande quelle attitude un criminel doit adopter.

Marie Stuart pourrait rompre avec Bothwell, reconnu comme coupable par tous les Ecossais. Elle pourrait aussi feindre la douleur pour éloigner les soupçons qui pèsent sur elle.

Il est étonné car elle ne réagit pas.

 

Marie Stuart, reine d'Ecosse et de France (1542 – 1587) en tenue de deuil

D'après François Clouet (1515 – 1572)

Début du 17e siècle

Huile sur bois

En 1942, Stefan Zweig se suicidait au Brésil.

Ami de Sigmund Freud, d'Arthur Schnitzler, de Romain Rolland, de Richard Strauss et d'Emile Verhaeren, Stephan Zweig fit partie de la fine fleur de l'intelligentsia juive de la capitale autrichienne avant de quitter son pays natal en 1934 à cause des événements politiques.

Réfugié à Londres, il y poursuit une œuvre de biographe (Joseph Fouché, Marie Antoinette, Marie Stuart) et surtout d'auteur de romans et nouvelles qui ont conservé leur attrait près d'un siècle plus tard (Amok, La Pitié dangereuse, La Confusion des sentiments).

Dans son livre testament Le Monde d'hier. Souvenirs d'un Européen, Zweig se fait chroniqueur de l'« Âge d'or » de l'Europe et analyse avec lucidité ce qu'il considère être l'échec d'une civilisation.

~~Il écrivait dans sa biographie:

« Né en 1881 dans un grand et puissant empire [...], il m'a fallu le quitter comme un criminel. Mon œuvre littéraire, dans sa langue originale, a été réduite en cendres. Étranger partout, l'Europe est perdue pour moi... J'ai été le témoin de la plus effroyable défaite de la raison [...]. Cette pestilence des pestilences, le nationalisme, a empoisonné la fleur de notre culture européenne »

— Le monde d'hier, Stefan Zweig

Voltaire au musée de la police, à Paris:

François Marie Arouet de VOLTAIRE, payeur de la Chambre des Comptes.

Entré à la Bastille le 17 mai 1717.

Mis en liberté le 4 avril 1715.

« Accusé d'avoir fait ces vers insolents contre monsieur le Régent et madame la Duchesse de Berry et d'avoir dit que puisqu'il ne pouvait se venger de monsieur le Duc d'Orléans, il ne l'épargne pas dans ses satires parce que, ajoutait-il son altesse royale l'avait exilé pour avoir publié que sa Messaline de fille était une putain.

Monsieur d'Argenson

Deschamps, greffier,

Isabeau, commissaire

Bazin, ex de R.C »

Voltaire fut embastillé à deux reprises. La note ci présentée fait état des motifs invoqués et des dates d'emprisonnement et de libération de l'écrivain. Dénoncé par monsieur Solenne de Beauregard comme s'étant vanté d'avoir écrit des propos outrageants envers la personne du régent et sa famille, Voltaire est envoyé à la Bastille par une lettre de cachet -donc sans procès, sur décision du Régent et ordre signé du Roi- en dépit de ses dénégations lors de son interrogatoire.

A sa libération, il aura l'interdiction de revenir à Paris saur autorisation exceptionnelle limitée dans le temps. Il ne retrouve l'entière liberté de circuler et de revenir dans la capitale qu'en mai 1719.

Son séjour à la Bastille inspira à Voltaire un poème portant le nom de cette prison royale. Il y présente ironiquement son arrestation et son incarcération comme une royale invitation à un séjour d'agrément en remerciement de ses bons et loyaux services d'écrivain vis-à-vis des personnalités de la Cour. Les derniers vers sont plus particulièrement dédiés au Lieutenant Général de Police Marc-René de Voyer de Faulmy, marquis d'Argenson, exécuteur de l'ordre royal d'emprisonnement.

 

Tag(s) : #histoire

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