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Camille vue par Rodin

Camille Claudel jeune fille

De gauche à droite: Camille Claudel, Edgar Degas, Yvonne Lerolle, Camille Claudel, Christine Lerolle

Camille Claudel

Elle est intransigeante et elle découvre les incertitudes de l’art et de la vie de bohème. Elle subit l’envoûtement de Rodin et sombrera dans la folie. Elle détruira une partie de ses œuvres, s’isolera dans son atelier, attendant par la fenêtre les paniers de victuailles et vivra un long temps d’internement, isolée et loin de tout, ne voulant plus partager ses idées de peur de se les faire voler.

Henry Lerolle, Yvonne et Christine.

Paul Claudel amène sa sœur Camille chez les Lerolle. Paul Valéry remarque « ses beaux bras nus » et elle tourne la tête à Debussy.

Henry Lerolle est un des premiers à acheter ses œuvres. Il devient un de ses premiers collectionneurs.

En 1897, il possède :

Un Torse de femme

Une Tête de jeune fille avec un chignon

Un vieil aveugle chantant.

Les deux sœurs Lerolle épouseront deux frères Rouart.

Henri Rouart, le père qui est aussi un grand collectionneur d’art, a construit sa fortune sur le réseau de correspondance des pneumatiques de la ville de Paris, sur le système de réfrigération, sur des moteurs divers et sur la bicyclette.

Yvonne épousera Eugène, ingénieur agronome. Il spécule frénétiquement jusqu’à sa ruine. Souvent accompagné de Gide, il a mené une vie extraconjugale trépidante. Après la vente de tous ses biens, Yvonne se réfugiera dans un couvent. Plus tard, elle se suicidera.

Christine se mariera avec Louis, brillant et orgueilleux polémiste. Leur union se soldera par un divorce. Elle mourra à 62 ans d’un cancer. Elle fera tombe à part de son mari.

 

André Gide

Cuverville 06 17

 

En 1895, Madeleine Rondeaux, devenue propriétaire de la maison à la suite du décès de son père, épouse son cousin André Gide à la mairie de Cuverville (le mariage religieux a lieu au temple d’Etretat). André Gide y est venu de nombreuses fois en vacances étant enfant.

Gide y passe quelques semaines d’été chaque année, jusqu’en 1938, année de la mort de Madeleine.

Gide, Prix Nobel de littérature, meurt en 1951 d'une congestion pulmonaire. Il eut ces derniers mots mystérieux : " J'ai peur que mes phrases ne deviennent grammaticalement incorrectes. C'est toujours la lutte entre le raisonnable et ce qui ne l'est pas ..." Il repose à Cuverville en Caux.

Roger Martin du Gard (autre ami avec qui Gide eut une correspondance assidue) assiste aux obsèques de Gide. Il s’indigne lorsqu’un prêtre bénit le cercueil car Gide lui avait dit avant de mourir :
"Je ne rêve d’aucune survie, au contraire : plus je vais et plus l’hypothèse de l’au delà m’est inacceptable...Instinctivement et intellectuellement."

A cette époque, l’homosexualité était peu facile à vivre pour le commun des mortels.
 

« Ce que j’envie, dit-elle, c’est la liberté de se promener tout seul, d’aller, de venir, de s’asseoir sur les bancs du Luxembourg, de s’arrêter aux vitrines artistiques, d’entrer dans les églises, les musées, de se promener le soir dans les vieilles rues ; voilà ce que j’envie et voilà la liberté sans laquelle on ne peut pas devenir un vrai artiste. »

Marie Bashkirtseff. Journal écrit entre 1877 et 1884.

Camille Claudel – Rodin-

En 1886, il propose à Camille un étonnant contrat dans lequel il écrit qu’il n’aura qu’elle pour élève, qu’il la protègera par tous les moyens, qu’il la placera bien dans les expositions, qu’ils partiront en Italie ou au Chili pour une période de six mois et qu’au retour il l’épousera, qu’il ne prendra plus ses anciens modèles, qu’il fera faire une photographie d’elle chez Carjat et qu’il ira quatre fois par mois dans l’atelier de Camille.

Camille Claudel – Sakountala- 1887

Sakountala est un drame hindou du Ve siècle.

La perte d’un anneau de mariage efface le visage de l’aimée dans le souvenir du roi. Enceinte, Sakountala s’enfuit dans une forêt pour y accoucher. Perdu au fond d’un lac, l’anneau est retrouvé par un pêcheur. Leur amour peut reprendre.

C’est la période où Camille espère ne plus avoir à cacher sa relation amoureuse avec Rodin. Elle attend d’être reconnue par son maître.

 

Camille Claudel. La Valse. Bronze. 1893

Le succès de la statue « La Valse » de Camille Claudel permit la reproduction en taille réduite de plusieurs versions sans le voile qui enveloppait d’abord la tête des danseurs.

L’une d’entre elle se retrouva sur la cheminée de Claude Debussy. Certains imaginèrent qu’il y eut une liaison entre elle et Debussy.

« La Valse ne quitta son cabinet de travail qu’avec lui », écrivit Robert Godet (dans Debussy, 1942). Selon lui, la statue apportait à Claude la séduction et le réconfort.

Robert Godet (1866- 1950) était journaliste et musicographe suisse.

Tout deux s’enthousiasmaient pour l’art asiatique : Debussy pour la musique javanaise et Camille pour l’art japonais.

 

Le témoignage de Godet :

« Non seulement Camille Claudel l’aborda sans méfiance et lui prêta une curiosité de plus en plus éveillée, mais elle finit par l’écouter avec un recueillement qui n’avait rien d’une résignation. Et le temps vint où l’on entendit, quand le pianiste quittait le piano les mains glacées, lui dire en le conduisant vers la cheminée : ‘Sans commentaire, monsieur Debussy’. »

Page 93

Debussy par Ariane Charton

Edition Folio biographies

Gallimard

 

Les Bourgeois de Calais. Rodin.

Le journaliste Morhardt se souvient « que Rodin a notamment confié à Camille le soin de modeler les mains et les pieds de beaucoup de ses personnages. A l’heure actuelle encore on trouverait, rue de l’Université, plusieurs de ces mains, les unes élégantes et sveltes, les autres noueuses et crispées, que le maître conserve précieusement comme des morceaux de la plus rare perfection. »

Eugène Blot était le propriétaire d'une galerie d'art et aussi fondeur et il a vendu des oeuvres de Camille Claudel.

Il a organisé pour elle plusieurs expositions, il a fait fondre une grande partie de ses créations.

 

La reproduction d’une œuvre dans une autre matière tel que le plâtre ou le bronze nécessite un travail de préparation important. Cette tâche revient au mouleur ou au fondeur spécialisé que Camille sollicite.

Certains moules sont constitués d’une seule pièce creuse qu’il faut briser pour en extraire le moulage. D’autres sont constitués de plusieurs morceaux, comme un puzzle, que l’on peut défaire pour libérer l’oeuvre moulée.

On l’utilise pour réaliser des œuvres en série.

Camille Claudel a fait appel au fondeur, notamment à Eugène Blot, pour réaliser ses bronzes. Ce travail spécifique est complexe.

A partir du moule, une première version est réalisée en ciment et en cire. Elle est ensuite passée au four pour que la cire en fondant laisse un espace vide de quelques centimètres autour de la sculpture. Le bronze liquide est alors coulé à plus de 1 500°C. Le moule en terre est cassé pour laisser apparaître la sculpture qui est alors patinée pour être protégée.

Camille flirte avec Debussy?

Ils se sont rencontrés probablement chez les Lerolle ou chez Mallarmé.

« D’après Robert Godet, c’est aussi à l’Austin Bar que Debussy aurait fait la connaissance de Camille Claudel en 1891. Rien ne présageait qu’une amitié puisse naître entre eux. Camille Claudel « hait la musique, le dit tout haut comme elle pense », raconte Jules Renard à l’occasion d’un dîner chez les Claudel. Quant à Debussy, s’il s’intéressait aux beaux-arts, la sculpture ne lui était pas encore très familière. Auprès de Camille Claudel, il forme son goût."

Pages 92 et 93

Debussy par Ariane Charton

Edition Folio biographies

Gallimard

2012

« Avenue Duquesne, Debussy s’est laissé prendre au piège des yeux violets, « couleur de raisins murs », de Camille Claudel. La jeune artiste, indomptable et sauvage, est déjà la maîtresse de Rodin. Mais Camille, qui avoue une sainte horreur de la musique, fait une exception pour Debussy, qu’elle écoute religieusement chez Lerolle, la tête appuyée sur les mains. Et Debussy, à en croire l’un de ses amis, Robert Godet, vénère son talent et semble très épris de sa personne. Il gardera toute sa vie sur son piano le couple enlacé des danseurs de ‘La valse’ qu’il admirait et qu’elle lui avait donné (une version en terre patinée qui a disparu depuis).

Dominique Bona, de l’Académie Française.

Deux sœurs

Yvonne et Christine Rouart

Les muses de l’impressionnisme.

Page 74, le Livre de Poche

« D’après Robert Godet, c’est aussi à l’Austin Bar que Debussy aurait fait la connaissance de Camille Claudel en 1891. Rien ne présageait qu’une amitié puisse naître entre eux. Camille Claudel « hait la musique, le dit tout haut comme elle pense », raconte Jules Renard à l’occasion d’un dîner chez les Claudel. Quant à Debussy, s’in s’intéressait aux beaux-arts, la sculpture ne lui était pas encore très familière. Auprès de Camille Claudel, il forme son goût.

Pages 92 et 93

Debussy par Ariane Charton

Edition Folio biographies

Gallimard

2012

Camille Claudel vue par Paul Claudel.

Elle est alors d'une grande beauté : "Un front superbe, surplombant des yeux magnifiques, de ce rare bleu si rare à rencontrer ailleurs que dans les romans", selon les propos de Paul en 1951.

 

Camille Claudel travaille sur "David et Goliath"

Rodin et Camille en Grande-Bretagne vers 1886

C’est une relation passionnée et déchirante, qui conduira Camille Claudel à la folie, l'asile et la mort. Rodin dit dans cette lettre la fureur et la violence de son amour dévorant.

 

« Je lui ai montré où elle trouverait de l’or, mais l’or qu’elle trouve est à elle. »


                                                                                                                      Auguste Rodin

 

L'Islette a accueilli Camille Claudel et Rodin plusieurs fois, y abritant leurs amours passionnées.

Le nu et les femmes peintres

 

L'enseignement des Beaux-Arts ne permettait pas aux femmes d'accéder aux modèles vivants nus.

La société leur interdisait la possibilité de devenir de véritables artistes.

Camille Claudel est donc limitée dans ses apprentissages.

« J'ai beaucoup d'activités en ce temps, je suis enragé, ce commencement de succès m'excite beaucoup ! Je vois tant à faire, je ne fais que cela, de la peinture, et toujours. »

« La difficulté ce sont les modèles, je ne sais où en trouver. Dans ce qui nous entoure, rien n'est difficile comme d'en trouver. Personne ne veut poser. Mais il faut en trouver. Je veux faire quelque chose d'important, je me sens dispos comme si je commençais la peinture. Rien des ennuis du passé, je n'y pense plus. Je sens la vie publique commencer. Je voudrais bien faire un bon tableau. »

Lettre de Fantin-Latour à Otto Scholderer, 25 janvier 1874, dans Correspondance 2011,

Lettre 1874 – 2 page 200 – 201

« J'obéis, je pense faire quelques choses que je peux faire sans me fatiguer, si je peux trouver un modèle de femme (…) Et toi n'envoies-tu rien ? Tu ne parles pas de ce que tu feras, on fait toujours bien quelque chose pour le Salon car cela force de faire mais c'est vraiment dans le cas où l'on ne peut faire mieux. »

 

Lettre d'Henri Fantin-Latour à James Mac Neill Whistler, 04/01/1869.

Umberto Lilloni

Lo specchio

Le miroir

1936

Peinture à l'huile

La rupture – 1892-

Rodin vit s’effondrer l’équilibre qu’il avait essayé de construire entre la sécurité avec Rose, sa vieille compagne, et l’amour et la créativité avec Camille.

Les deux femmes devenaient de plus en plus agressives.

C’est Camille qui rompra en s’éloignant. Elle avait besoin d’indépendance artistique et personnelle.

 

Rupture avec Rodin

Camille, incapable d'évincer Rose Beuret de la vie de Rodin, quittera son amant en 1892. Elle ne se remettra jamais de cette séparation, même si son art parviendra à s'affranchir de l'influence de son illustre maître.

Camille Claudel au 19 quai Bourbon à Paris
 
Hôtel de Jassaud.


La sculptrice Camille Claudel travailla, dans son atelier du rez-de-chaussée de 1899 à 1913, année de son internement.

Seul, son père l'a soutenue jusqu'à ses derniers jours. C'est le seul homme de son entourage à ne pas l'avoir abandonnée. Rodin et Paul Claudel ne l'ont ni encouragée ni aidée dans son épanouissement personnel créatif.

Sa mère ne l'aidera pas non plus.

Elle fera interner Camille après le décès du père.

Camille Claudel au 19 quai Bourbon à Paris
 
Hôtel de Jassaud.


La sculptrice Camille Claudel travailla, dans son atelier du rez-de-chaussée de 1899 à 1913, année de son internement.

L'hôpital psychiatrique, à Montfavet, dans le Vaucluse fut le lieu où pendant trente ans et jusqu'à sa mort fut internée Camille Claudel.

 

Camille Claudel.

« Je suis tombée dans le gouffre, écrivit-elle de Montdevergues, je vis dans un monde si curieux, si étrange. Du rêve que fut ma vie, ceci en est le cauchemar. »

Lettre à Eugène Blot, probablement de 1934.

Le lièvre aux yeux d’ambre

Edmund de Waal

Libres Champs 2010

Edition Albin Michel 2011

Flammarion 2015

Rilke/Rodin

Page 287 :

« Rilke a été le secrétaire de Rodin à Paris, et après la guerre, les jeunes filles (Elizabeth* et Fanny) ont visité le musée Rodin en emportant leur exemplaire de l’essai de Rilke sur le sculpteur ».

*Après la guerre 1914/1918, Elizabeth, fille de Viktor Ephrussi, étudiante, entretient une correspondance avec Rilke.

Les netsuke sont des miniatures japonaises, parmi lesquelles l'auteur possède un lièvre aux yeux d'ambre.

« Je lui ai montré où elle trouverait de l’or, mais l’or qu’elle trouve est à elle. »
Auguste Rodin

Gerolamo Induno

Milano 1825 – 1890

La femme peintre

1871

Tag(s) : #Camille Claudel

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