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Musée la Vieille Charité à Marseille

Exposition sur le Mexique

03 2016

La collection François Reichenbach

Dans la propriété de François Reichenbach en région parisienne, chaque pièce, chaque mur, le moindre recoin, les escaliers même, étaient chargés, encombrés d’objets provenant des sierras mexicaines : une véritable caverne magique, remplie d’une incroyable et vertigineuse accumulation de masques, statuettes, céramiques, tableaux de laine… qui provoquent un temps l’émerveillement, puis toutes sortes de commentaires.

« Ces masques, je les ai vus fabriqués par des masqueros de villages. Ils ont été portés, dansés. Je les ai filmés lors de grandes fêtes villageoises, dans des coins perdus du Mexique. Ils ont une vie. Leur magie est là et chacun me parle, raconte son histoire…Il faut savoir entendre, regarder… Ce pays est ma terre d’adoption, d’amour, d’avenir. Depuis 1960, j’y ai à peu près continuellement vécu». François Reichenbach a vécu pendant près de 40 ans dans ces contrées perdues, avec l’idée de filmer les 5 000 fêtes annuelles qui voient sortir masques et costumes burlesques dans la poussière rouge des rues des villages.

Arts populaires – Arts premiers

Avec la fantastique collection du cinéaste François Reichenbach les arts dits populaires ont fait leur entrée dans un musée d’arts africains, océaniens, amérindiens : un musée d’arts ex-primitifs devenus depuis peu premiers.

Une question subsiste : les arts populaires peuvent-ils être premiers, alors qu’ils ont toujours été considérés, par la plupart des historiens de l’art, comme des sous-produits, exécutés en séries par de simples artisans ?

La règle non-écrite est que l’on a affaire avant tout à des artistes, pas à des artisans.

Le centre Georges Pompidou a, depuis longtemps rendu hommage, rendu hommage à certains artistes mexicains, ex-artisans, ainsi que d’autres grands musées à travers le monde.

Saluons l’entrée des arts populaires au MAAOA, saluons en même temps l’entrée des artistes, ceux-ci travaillent pour la lumière du jour, la couleur, la fête. Le MAAOA s’est enrichi dans tous les sens avec ces 3000 objets mexicains.

Tous ces objets, masques, céramiques, tableaux de laine, papiers d’amate, alebrijes, étaient accumulés partout dans la maison, sur les meubles, aux murs, sur le sol, dans les chambres, dans l’escalier de la maison à Oinville, maison du cinéaste.

François Reichenbach était devenu un fou du Mexique.

Masque heaume Neptune

Mexique

Bois, pigments

20e siècle

La collection d'objets mexicains de François Reichenbach

Tableau de laine nierika

Huichol, état de Jalisco et Nayarit

Vers 1980

Artiste : José M.G

Tableau de laine nierka Cerfs

Le cerf est un animal totem dans la culture amérindienne.

Chez les huicholes et les précolombiens en général c'est le cerf qui est sacré, fils de la foudre et protégé par le serpent. C'est d'ailleurs l'un des symboles du calendrier sacré précolombien aussi bien chez les aztèques que chez les mayas ou les zapotèques.

L'usage du peyotl à des fins rituelles par les Amérindiens est ancienne et son utilisation cérémoniale remonte à 3 000 ans ou plus comme l'ont démontré des fouilles archéologiques dans des grottes du Texas. Cet usage rituel persiste de nos jours chez plusieurs populations amérindiennes d’Amérique du Nord. Du fait de son caractère sacré, il est recommandé par les Amérindiens comme une sorte de remède universel notamment comme stimulant, antidote contre le venin de serpents, remède contre les douleurs articulaires, etc. Il permettait aussi au chaman d’entrer en contact avec les esprits des ancêtres et avec les dieux.

Le maïs est la base de la cuisine mexicaine traditionnelle.

Ces tableaux possèdent un glossaire descriptif.

La collection d'objets mexicains de François Reichenbach
La collection d'objets mexicains de François Reichenbach
A Marseille, Décor d'un cerf paissant - 540 – 530 avant J-C - Attique Grèce

A Marseille, Décor d'un cerf paissant - 540 – 530 avant J-C - Attique Grèce

Masques de danse

Dans les civilisations préhispaniques, les masques étaient utilisés à des fins sacrées. Les prêtres et les nobles les portaient lors de célébrations. Réalisés en or ou en pierres précieuses, ils décoraient les statues des divinités.

Les témoignages des chroniqueurs du XVIe siècle attestent que des danses masquées faisaient partie des fêtes rituelles. Des fouilles archéologiques ont révélé l’usage des masques lors d’inhumations et d’offrandes.

Une des fonctions du masque est de dissimuler le porteur, qui peut se métamorphoser en changeant son sexe, son âge, en devenant un être surhumain, un personnage fantastique ou historique, un animal ou un monstre, cela en fonction de la danse à laquelle il prend part.

Lors des batailles, les guerriers aztèques portaient des heaumes et des déguisements de jaguar et d’aigle. Ces deux animaux désignaient le plus haut rang des chevaliers.

 

Tag le psy jaguar 

Marseille

Masques de danse d’influence coloniale.

L’œuvre d’évangélisation des missionnaires est encore présente dans de nombreuses danses.

La danse des Maures et des Chrétiens était à l’origine une pièce de théâtre où l’on commémorait la bataille des Espagnols contre les Infidèles, envahisseurs de leur pays. Guidés par Santiago, leur Saint protecteur, les Espagnols en sortirent vainqueurs. Ce thème, repris par les Amérindiens, a vu naître de nombreuses variantes.

Les masques représentant Santiago et les chrétiens ont le teint clair, la barbe et les cheveux blonds, les yeux souvent bleus.

D’autres personnages incarnent des guerriers aztèques appartenant à deux ordres militaires distincts : les chevaliers aigles et les chevaliers jaguars. Leur masque représente le déguisement de ces guerriers, qui, avant de partir au combat, se paraient de plumes d’aigle ou de peaux de jaguar, afin d’effrayer l’ennemi mais aussi pour avoir le courage et la bravoure de ces animaux.

Tag d'aigle à Avignon

La collection d'objets mexicains de François Reichenbach

Masques de danse du cycle de Noël

Les peuples préhispaniques avaient une très haute estime des personnes âgées. Ils respectaient leur autorité, comme ils célébraient les ancêtres. Les Aztèques adoraient Huehuetéotl, dont le nom signifie le vieux vieux dieu. Les premiers chroniqueurs espagnols racontent que de nombreuses fêtes mettaient en scène des viejos (vieux).

Dans les pastourelles de Noël, ces personnages protègent les bergers et l’enfant Jésus en combattant les diables. Les masques aux cheveux et à la barbe blanche ou argentée représentent les ermites qui, dans ces mêmes danses, lisent aussi les passages moralisateurs de la Bible.

Masques de danse de la semaine sainte

Il arrive que les fêtes chrétiennes tombent le même jour que les rituels autochtones. Cela donne naissance à des rites syncrétiques, c’est-à-dire combinant les différents cultes et croyances.

Dans plusieurs régions du Mexique, les célébrations de la semaine sainte prévoient la mise en scène de la trahison et de la mort du Christ.

Masques de danse des diables de la mort

Les formes de masque de diables sont aussi variés que leurs utilisations : diables dans les chants de Noël, diables farceurs, diables pharisiens. Ces masques furent introduits par les moines pour traduire l’idée d’un être absent, dans les philosophies préhispaniques.

De nos jours, il est encore représenté cornu, le visage rouge et le regard méchant. Dans les pastourelles, certains diables ont la forme d’une vache ou d’un taureau. Leur rôle est de pervertir les bergers qui vont rendre hommage à l’enfant Jésus. A cause de leurs cornes, les chèvres mais aussi les vaches, les taureaux sont considérés, en Amérique centrale et latine, comme des créatures diaboliques.

Masques de danse de Carnaval

Le Carnaval qui se termine quarante jours avant Pâques, fut introduit par les missionnaires. A cette même époque, les Aztèques fêtaient le début de l’année, le 2 février. A cette occasion, pendant un mois, se déroulaient des célébrations de purification, liées aux travaux agricoles. Elles étaient dédiées à Tlaloc, le dieu de la pluie.

De nos jours, le Carnaval représente un moment de divertissement et de parodie. Lors de ces réjouissances, les paysans, comme les citadins, ont l’opportunité de tourner en dérision les politiciens. Les Indiens ridiculisent les riches propriétaires terriens, les prêtres ainsi que d’autres villageois.

Le Carnaval permet aussi la commémoration d’événements historiques comme la Conquête, l’Indépendance, la Révolution ou l’évocation de contes légendaires, lointains ou récents.

Masques de taureaux

Masques de taureaux

La collection d'objets mexicains de François Reichenbach
La collection d'objets mexicains de François Reichenbach
La collection d'objets mexicains de François Reichenbach

Peintures sur papier d’amate

La production du papier d’amate remonte à l’époque préhispanique. Les Aztèques l’utilisaient lors de cérémonies, comme support pour l’inscription des Codex.

C’est dans le village de San Pablito –Etat de Puebla- que les Otomis fabriquaient ce papier, suivant les techniques traditionnelles, à partir de l’écorce de deux arbres : le morral (mûrier) qui donne un papier blanc, et le lama (figuier) de couleur un peu plus foncée. L’ écorce est lavée, puis placée dans une grande marmite dans laquelle on la fait bouillir avec de l’eau citronnée et des cendres. Après avoir été rincées, les fibres obtenues sont étalées sur une table en bois et battues avec une pierre jusqu’à leur fusion complète.

Les feuilles sont ensuite séchées au soleil.

Maria de Guadalupe

Maria de Guadalupe

Arbres de vie, arbol del tule

Notre Dame de Guadalupe

Notre-Dame de Guadalupe ou Vierge de Guadalupe est le nom donné à la Vierge Marie lors de son apparition à un indigène du Mexique en 1531.

Arbres de vie, arbol del tule

Van Gogh

Céramique de Ocumicho

La tradition potière de Ocumicho – Etat de Michoacan – date de la période post-révolutionnaire, vers 1925. Les potières d’Ocumicho commencèrent alors à produire un type de céramique figurative destinée à la vente. Les thèmes de ces terres cuites sont variées, mais ceux qui connaissent le plus de succès restent les diables, représentés dans diverses activités, dans les champs, en moto ou siffleurs.

Les potières de ce village expliquent cette production par deux mythes :

Le premier mythe raconte que le diable arriva à Ocumicho où il se mit à poursuivre les habitants, à les effrayer en se cachant dans les arbres et ensorcelant les chiens. Les gens tombaient malades ou devenaient fous, jusqu’au jour où quelqu’un eut l’idée de modeler des diables en céramique pour y emprisonner l’esprit maléfique. Depuis ce jour, le diable ne dérange plus personne.

L’autre mythe date des années 1960. Un jeune garçon, Marcelino Vincente, qui avait initié par sa grand-mère à l’art de la céramique, arriva à Ocumicho. Rapidement adopté par les femmes du village, il modelait de beaux anges. Lors d’une promenade, il rencontra un démon dans un ravin. Rentré au village, il commença à modeler plus que cet étrange personnage.

La collection d'objets mexicains de François Reichenbach
Révolution française

Révolution française

Alebrijes

La fabrication d’objets en papier mâché est lié à la célébration des plus importantes fêtes mexicaines. Eléments fondamentaux de la semaine sainte, les Judas sont des personnages sculptés en carton ou modelés et peints, détruits le vendredi saint.

Squelettes et têtes de mort en papier mâché décorent les autels installés pour les défunts, lors de la Toussaint. Ils font parfois l’objet de compétitions créatives.

Pedro Linares Lopez, un des sculpteurs les plus réputés de la ville de Mexico, a su élever la production de simples jouets en papier mâché, à la hauteur d’un puissant moyen d’expression esthétique. Auteur de plusieurs sculptures pour des artistes comme le peintre muraliste Diego Riviera, l’artiste a conçu, à partir de 1950, une nouvelle typologie de figures fantastiques : les alebrijes.

Pedro Linares a inventé ce terme, ne signifiant rien en soi, afin de désigner des créatures monstrueuses issues de ses cauchemars.

Ses dragons polychromes à la langue fourchue, ses lézards ailés, ses créatures bicéphales seront présentées au Centre national Georges Pompidou à Paris, lors d’une exposition.

La technique de fabrication prévoit l’utilisation de moules, recouverts de cire d’abeille sur laquelle on répand une pâte obtenue à partir de papiers journaux et de revues mélangées à de la farine et de la caséine. Après séchage, les sculptures modelées sont peintes et vernies.

Coq

Coq

La collection d'objets mexicains de François Reichenbach
Tag(s) : #Marseille

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