Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

« De l’Asie centrale à l’Asie du Sud-est, la recherche d’une nouvelle architecture continentale ».

« De l’Asie centrale à l’Asie du Sud-est, la recherche d’une nouvelle architecture continentale ».

Université d’été du PCF aux Karellis

Août 2015

Bernard Gerbier est économiste, professeur émérite à l’université de Grenoble. Il n’est pas spécialiste de l’Asie mais il a aidé une chercheuse qui préparait sa thèse sur la relation de la Chine et de Taiwan. Il nous présente le résultat de ses recherches pour répondre à la problématique posée.

- L’Asie est un monde hétérogène. Les pays sont immenses, et il y a des micro états.

Certains pays ont un PIB très élevé, d’autres très bas.

L’histoire de l’Asie est très complexe. Elle a connu l’épreuve de la colonisation féroce des grandes puissances européennes puis du Japon pendant la deuxième guerre mondiale qui a envahi la Chine et les Philippines.

- Premier pays en taille et en population : la Chine : 10 millions de kilomètres carrés et un milliard 357 millions d’habitants.

Second pays : l’Inde : 3 millions 400 000 kilomètres carrés et un milliard 213 millions d’habitants.

Puis vient l’Indonésie, la Thaïlande (à peu près équivalent aux proportions de la France), le Pakistan, le Bangladesh, Taiwan, etc.

- La Chine, pays le plus peuplé, fait partie des cinq plus grands pays du monde :

1 Russie

2 Canada

3 Etats-Unis

4 Chine

5 Brésil.

- Le PNB de la Chine est de 11 000 milliards de dollars (2011). Le PNB n’est pas un indicateur de valeur absolue et n’a pas de vérité spécifique.

En seconde position arrive l’Inde (il est supérieur au Japon), puis la Russie (2400 milliards), la Corée du Sud, l’Indonésie, etc.

-Par tête d’habitant, en premier, on trouve Singapour (55 182 dollars par habitant en 2013).

Hong-Kong : 38 000 dollars/habitant

Japon : 38 468

Corée du Sud

Taiwan

Chine : 7 000

Indonésie : 3 500

Inde : 1 500 dollars par habitant (très grande pauvreté).

- Les taux de croissance :

- Asie de l’Est :

-Chine : 12,7% en 2006

7,5 % en 2014

Remarque : Pour conserver un taux de croissance à deux chiffres, le niveau de l’activité économique doit augmenter de manière considérable. Donc, à partir d’un moment, il ne peut que baisser.

- Asie du sud :

- L’Inde : 9,4 % en 2006

4,7 % en 2014

- Asie du sud-est : de 6,1 % (2006) à 4,9 % (2014).

- Import/export :

En 2010, la Chine et l’Inde ont des chiffres qui équilibrent la balance. La région asiatique est plus dynamique que la nôtre. Il y a une tendance à la baisse du volume en importation et exportation.

Le commerce ralentit et l’activité économique connaît quelques problèmes. Normalement, les taux n’ont pas de raison de descendre.

- Accords de libre échange dans la zone.

Ce sont des affaires internes. La structure économique change les règles de la structure nationale. Le choix de développer ou de faire mourir un pan économique d’un pays (le textile par exemple) joue sur les échanges et exige en contrepartie de développer des activités privilégiées.

- RCEP : au coeur du dispositif. (Regional Comprehensive Economic Partnership)

L’APEC (Asie-Pacific Economic Caucus) connaît ses origines en 1989 et ses premières modifications commerciales et d’investissement à l’initiative des USA en 1994. Les USA demandent d’étendre les règles de l’OMC à l’intérieur de ce forum. La contre-proposition est de limiter les adhésions dans le futur de nouveaux pays pour éviter une zone de libre échange totale.

La TPSEP (Trans Pacific Strategic Economic Partnership) naît d’un accord entre 12 pays en 2006. En 2008, les USA demandent à y participer. 21 questions sont dressées ainsi qu’à l’OMC autour du commerce, organisées en chapitres dont, entre autres :

1- Les facilitations commerciales : droits de douanes,

2- Les obstacles tarifaires et non tarifaires (dont les mesures sanitaires et phytosanitaires qui concernent les actions des gouvernements, par exemple OGM ou pas ?)

3- Les services

4- Les institutions

5- Les règles qui vont régir les organes de règlement des différents. Dans le cadre du conflit Chine/Taïwan, les chinois règlent en n’en parlant pas. Les problèmes ne sont pas posés sur la table. Mais, ils absorbent tous les produits industriels des Taïwanais.

L’ASEAN (L’Association des nations de l'Asie du Sud-Est) met en place une proposition contraire en favorisant le Japon pour faire baisser le poids de la Chine.

Les règles pour unifier le commerce ont autorisé des tarifs douaniers très faibles.

- Accord de Shanghai :

Ce n’est pas un accord économique, mais il est clairement militaire et permet aux puissances asiatiques (que la Russie domine) de discuter entre elles sans la présence des USA et du Japon.

- Le mode de pensée asiatique est différend du nôtre.

On identifie le conflit, on ne le prend pas à bras-le-corps et on va le détourner.

L’ASEAN hérite d’une idéologie de coexistence pacifique avec des frontières reconnues et la volonté de non-ingérence dans les autres pays.

- La crise de l’hégémonie américaine.

Le capitalisme gère le monde de manière souveraine, sans difficultés. Mais on a oublié Marx et sa théorie de la dynamique du capitalisme sur le long terme (environ 1 siècle).

 

 

 

 

 

Si entre 1970/1990, on connaît l’effondrement de l’Union Soviétique, les USA sont confrontés à l’émergence de la Chine. Les USA pensaient que l’octroi à la Chine en 1984 de la clause de la nation la plus favorisée lors de la visite de Deng Xiaoping aux Etats-Unis serait un détail. Le problème, c’est que la Chine avait des industries et a développé des zones d’échanges avec des entreprises américaines qui se sont implantées sur le sol chinois. Plus tard, les gérants chinois ont pu créer des entreprises chinoises et ont développé leur propre concurrence.

Depuis, la Chine développe très fortement ses dépenses militaires. C’est le secteur économique qui connaît le taux de croissance le plus important sur les 10/15 dernières années. Les USA fournissent la moitié des dépenses militaires mondiales.

- Le BRICS : Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud.

Les Asiatiques ne veulent pas d’armée étrangère et ont exclu de ‘l’accord de Shanghai’ le Brésil et l’Afrique du Sud. Le Japon est une question importante.

- L’hégémonie américaine est mourante, mais pas encore morte. Pendant combien de temps durera-t-elle ? Quel pays prendra l’hégémonie ? L’Inde où on parle en anglais et qui fabrique plus d’ingénieurs que Microsoft peut absorber? La Chine qui ne veut plus acheter que de l’or au lieu des bons du Trésor Américain? L’Indonésie qui contrôle les détroits les plus importants au niveau géo/stratégiques entre l’Asie et l’Amérique et peut rallonger de plusieurs jours le voyage des bateaux qui passeraient par les 40e Rugissants en bloquant les détroits qui connaissent le trafic le plus important au monde?

Cela ne se fera certainement pas par une guerre militaire. La guerre économique peut être intraitable et peut provoquer plus de morts et de dégâts que la guerre elle-même. La nouvelle logique des communications a eu des répercussions considérables. Les USA centralisent toutes les informations et cela pose un gros problème. Depuis 2011/2012, les Européens ont répondu en organisant « Galileo » qui est un projet européen de système de positionnement par satellites (radionavigation), destiné à supprimer la dépendance de l'Europe en matière spatiale, et notamment vis-à-vis du système américain, le GPS (Global Positioning System).

Le blocus de la Russie pose aussi un autre problème (vente de deux navires de guerre Mistral annulée).

- Conclusion : le libre échange n’est pas l’avenir du monde. La solidarité s’oppose à la concurrence entre les pays.

La Chine est-elle toujours communiste ?

Oui et non.

Les partis communistes d’Asie voulaient leur indépendance, et ils en étaient les meilleurs défenseurs à ce moment-là. L’Inde a trois partis communistes et leur importance est supérieure à ceux du reste du monde. Les partis communistes asiatiques ont compris la notion « d’accumulation primitive » de Marx et ont réussi à l’appliquer. Après le basculement de l’Union Soviétique et la nécessité d’inventer un nouveau système « socialiste » en ne s’appuyant plus sur les textes de départ se pose la question : « Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »

Au moment de Lénine, les Russes se demandaient comment faire avancer leur économie après avoir pris le pouvoir. Fait-on avec les spécialistes bourgeois ? Avec Staline, la complexité de la discussion a pris fin.

Le Parti Communiste Chinois gère un nombre considérable de Chinois sur un territoire énorme. Il y a des couacs, des dérives, des reprises en main. En même temps, il se demande comment améliorer l’économie, comment gérer et s’occuper des couches moyennes, des très pauvres. La cellule familiale traditionnelle s’éclatant, comment prendre en charge les enfants et les personnes âgées ?

Tag(s) : #Politique

Partager cet article

Repost 0