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Corruption, mondialisation capitaliste et nouvelle citoyenneté.

Corruption, mondialisation capitaliste et nouvelle citoyenneté.

Université d’été du PCF aux Karellis.

Août 2015

Pierre Ivorra est journaliste à l’Humanité

Chez nous, le président du Conseil Départemental du Var est inculpé pour corruption et détournement de fonds publics : la bataille politique existe aussi en France. Il y a eu l’affaire Cahuzac chez nous, l’affaire Berlusconi en Italie, les affaires en Grande Bretagne qui concernent des députés et des ministres. Wolfgang Schäuble a été contraint de démissionner en 2000 de la CDU à cause d’une caisse noire qui était financée par le patronat allemand. Le Maghreb est touché, ainsi que l’Afrique du Sud Saharienne et le Brésil.

- L’histoire de la fraude s’envole pendant les périodes de crise du capitalisme. Zola a écrit « L’argent ». Il y décrit les affaires de corruption à la fin du second empire. Sous Napoléon III, L’Union générale était une banque catholique française créée à Lyon en 1875 par des monarchistes catholiques puis reprise en 1878 par Paul Eugène Bontoux. Elle fit faillite de manière retentissante en 1882.

- La corruption et la cupidité sont au cœur du système.

La crise des années 1930 s’est conclue par des grandes démocratisations après la guerre. La déréglementation monétaire qui mettait la fin de la parité de l’or et du dollar a ouvert la période de la spéculation sur les monnaies. Les parités sont mobiles entre les monnaies. Les dirigeants économiques veulent trouver une stabilité. Ils ont créé des produits dérivés sous forme d’assurances qui donnent des compensations en cas de perte d’argent pendant des négociations entre les continents. Pour acheter une machine, on a besoin d’un emprunt et les assurances prémunissent des hausses qui vont élever le prix de cette machine.

Le développement des nouvelles technologies a donné une dimension nouvelle à la finance et a contribué à sa mondialisation. Il y a eu une croissance financière jusqu’au début des années 1970.

En Grèce, les grandes banques et les fonds d’investissement ont misé sur une chute de l’économie du pays. Ils ont ainsi acheté des produits dérivés.

L’instabilité est propice à la fraude et à la corruption. Les grands groupes capitalistes sont confrontés à la crise de croissance et de la productivité. Cela exacerbe leur concurrence et ils achètent des personnels pour mettre la main sur telle ou telle industrie intéressante. Pour s’installer en Chine et en Russie, il a très certainement fallu payer des pots de vin.

- La banque au cœur du système.

Elles manipulent les taux d’intérêt entre elles. En cas de manque de liquidité, une banque peut s’adresser soit à la banque centrale, soit à une banque consoeur. Au détriment du crédit aux particuliers et aux entreprises de nombreuses banques ont manipulé les taux de change. Quelle utilisation font-elles de l’argent ? Ce sont nos salaires qui créent la monnaie et 80% des Français sont salariés.

L’Allemagne a sanctionné politiquement la Grèce. Les Allemands veulent une autre configuration de la zone Euro. La monnaie est politique.

- Les causes anthroponomiques

Au-delà de l’économie, c’est le culturel, le social, la famille. C’est ce qui touche toutes les relations humaines. Cela pose le problème de la place de la femme, du paternalisme et du pouvoir du père dans la société capitaliste.

On assiste à l’adaptation des comptabilités pour les mettre aux normes de la finance.

La crise touche aux questions de valeurs. Au Moyen-Age, l’homme appartenait à une communauté. La notion d’individu est une valeur récente.

L’individualisme progressiste est tiré vers un individualisme qui permet la lutte des uns envers les autres. C’est l’ère du système D, de l’achat de personnes. C’est l’idéologie du ‘Tout est permis’, même d’écraser son voisin pour y arriver. L’idée de la fatalité, du ‘On ne peut rien y faire et on doit s’adapter’ est largement partagée.

C’est la présidentialisation du président et le changement des rôles des maires, accompagné de la déliquescence des élites politiques.

- Les capitalistes ne peuvent pas ignorer la question de la corruption.

L’OCDE donne des ‘conseils’ d’ordre moral. Ce sont des ‘invitations’. Elle s’étonne qu’aucune condamnation ne se fasse en France pour des entreprises qui sont condamnées à l’extérieur. Quant il y a mort d’hommes au travail, les Espagnols attaquent aux quatre coins du monde. Le Pape exhorte toute forme de corruption sur l’argent destiné aux pauvres. La commission européenne estime à 120 milliards d’Euros par an les dépenses liées à la corruption.

En 2013, 55% des Français considèrent que les politiques sont corrompus.

- Les mouvements populaires s’emparent de ces questions.

Ils ont bien du mal à proposer des réelles alternatives. Au Mexique, la mafia est soutenue par une partie de la population qu’elle fait vivre.

En Tunisie, le rejet de la corruption de Ben Ali a été frappant et en Grèce, il y a la volonté de lutter contre.

En Afrique du Sud, l’ANC est en difficulté sur ces questions.

Il faut trouver les voies de la maîtrise sociale et publique des marchés et créer des mesures spécifiques pour lutter contre la force des marchés.

- Changement public/privé.

En 2007/2008, la crise amène au désastre. La corruption n’est pas un signe de force. Les marchés se montrent vulnérables en période de crise et il y a une prise de conscience nouvelle. L’extrême droite surfe sur la vague antilibérale.

Si cela ne bouge pas encore assez, cela bouge dans les consciences. Supprimer le privé crée des nouvelles formes de corruption. On l’a vu en Union Soviétique. Le secteur du public peut jouer un rôle moteur. La maîtrise des finances et de l’argent joue un rôle central.

- Les propositions.

Quand une société change de cap pour progresser, assurer la sécurité de l’emploi, baisser le chômage, elle offre moins de prise à la corruption.

Une société se donne les moyens de contrôle pour un changement en maîtrisant l’argent en France et en Europe.

La BCE doit faire le ménage dans les banques qui fraudent (des hauts fonctionnaires ont été mis dans le coup).

Il faut faire reculer les inégalités de pouvoir en créant des pouvoirs nouveaux dans les banques et dans les entreprises qui permettent une série de contrôles.

Il faut mettre en œuvre une autre façon de faire de la politique. La « pantouflage » permet le passage du public dans le privé. Le « rétro pantouflage permet de passer du privé dans le public.

Il faut revoir la démocratie : un maire peut écarter les élus de l’opposition des commissions. Les présidents des conseils départementaux ont des pouvoirs que les assemblées n’ont pas et écartent ainsi les populations du contrôle. La possibilité de contrôler la majorité pour les élus de l’opposition est essentielle pour la démocratie.

Chaque peuple doit prendre ses responsabilités et rejeter la corruption qui alimente la crise de la politique.

François Auguste Biard

La Bourse à Paris

1864

Tag(s) : #Politique

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