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Lénine et Alexandra Kollontaï

~~Alexandra Kollontaï. (en russe : Александра Михайловна Коллонтай), née le 31 mars 1872 à Saint-Pétersbourg et morte le 9 mars 1952 à Moscou, est une femme politique communiste et féministe soviétique.

Elle est la première femme de l'Histoire contemporaine à avoir été membre d'un gouvernement et ambassadrice dans un pays étranger.

Lénine et Alexandra Kollontaï

~~En 1914, elle s'oppose à la Première Guerre mondiale, et pour cette raison rejoint les bolcheviks, en 1915.

Elle déclarait ainsi en 1912 : « Le prolétariat russe, aux côtés de celui du monde entier, proteste contre toutes les guerres. C’est un fait bien connu que le prolétariat ne connaît aucune frontière nationale. Il ne reconnaît que deux "nations" dans le monde civilisé : les exploiteurs et les exploités. »

Lénine et Alexandra Kollontaï

~~Un temps assistante personnelle de Lénine, elle milite pour la transformation des mentalités. Elle propose une sorte de « communisme sexuel ». Elle veut faire tomber les barrières qui restreignent la liberté et l’épanouissement intimes sous le régime des tsars.

Elle sera au cœur de nombreuses polémiques sur la place des femmes dans la société soviétique. En effet, elle pose la question de ce que sera la famille une fois que celle-ci ne reposera plus sur les liens économiques. Elle estime que le mariage et la fidélité sont appelés à disparaître et veut éviter ce qu'elle appelle la « captivité amoureuse », qui crée la jalousie pour atteindre une « monogamie successive ». Les liaisons hommes-femmes devront être axées autour d'une attirance sexuelle naturelle. Elle est critiquée par Lénine comme par Trotski, plus prudes, qui estiment le couple fidèle comme la forme naturelle de famille. Au courant de ses nombreuses liaisons amoureuses, Lénine qualifie la vision de Kollontaï de « décadente »

Lénine et Alexandra Kollontaï

L'action d'Alexandra Kollontaï, en tant que commissaire du peuple, et de ses consœurs leur permet d'obtenir le droit de vote et d'être élues, le droit au divorce par consentement mutuel, l'accès à l'éducation, un salaire égal à celui des hommes, des congés de maternité et l'égalité de reconnaissance entre enfants légitimes et naturels. Le droit à l'avortement est obtenu en 1920 — il sera supprimé en 1936 par Staline, puis à nouveau autorisé après la mort de ce dernier.

~~Alexandra Kollontaï devient ambassadrice de l'Union soviétique en Norvège en 1923 — elle y était représentante depuis 1922, mais ce n'était pas encore une ambassade à proprement parler —, ce qui revient à un exil de fait et lui interdit toute action dans la vie politique soviétique. Cela fait néanmoins d'elle la première femme ambassadrice. Elle n'est pas formellement inquiétée, mais les journaux de l'époque l'attaquent avec virulence en mettant l'accent sur sa vie sentimentale sulfureuse, n'hésitant pas à la surnommer : « la scandaleuse » ou « l'immorale ». Alors qu'elle effectue un voyage aux États-Unis en qualité de représentante du Parti, les journaux soviétiques titrent : « La Kollontaïnette part pour l’étranger ; si ça pouvait être pour toujours ! ». Cet éloignement lui permet cependant d'échapper aux purges staliniennes, qui frappent notamment les anciens de l'Opposition ouvrière, entre 1927 et 1929, entraînant des déportations au Goulag et des assassinats.

~~Alexandra Kollontaï est nommée ambassadrice en Suède en 1930 où elle mène les négociations pour les deux armistices entre l'URSS et la Finlande, en 1940 et en 1944, et pour l'armistice avec la Roumanie en 1944 (avec Neagu Djuvara). Des hommes politiques finlandais proposeront sa candidature pour le Prix Nobel de la paix, en 1946.

~~Victor Alexandrov évoque Alexandra Kollontaï, alors ambassadrice d'URSS dans son récit Histoire secrète du pacte germano-soviétique : « Elle avait sans désemparer attendu le visiteur important qui lui était simplement annoncé par un télégramme chiffré, depuis la veille au soir. Elle avait somnolé sur un canapé de velours, sous le portrait fait d'elle, vingt ans plus tôt, par Annenkov, le peintre officiel du nouveau pouvoir bolchevik. Le temps avait passé et chiffonné son agréable visage aux pommettes saillantes. La première femme « ambassadeur » des temps modernes, celle dont on disait dans les chancelleries occidentales qu'elle était le seul « homme de confiance » de Staline, le seul à ne pas risquer d'être soudainement liquidé par le NKVD, avait atteint les soixante-sept ans.

Souffrant d'une maladie de cœur, elle supportait les contrastes de l’été baltique en abusant de la digitaline » et « Le statut de l'« ambassadrice » (elle ne porta véritablement ce titre qu'à partir de 1943) était ainsi fait de nombreuses tolérances, d'abord de la part du camarade Staline qui avait renoncé à lui reprocher une garde-robe outrageusement parisienne, ensuite par les pouvoirs publics et la police de Stockholm, rapidement conquis par son charme slave et son féminisme désinvolte »

~~Elle dresse un tableau saisissant des premières grandes grèves :

« Le mouvement des travailleuses de par sa nature même fait partie du mouvement ouvrier en général. Dans toutes les émeutes d’usine et les insurrections tant détestées par le tsarisme la femme prit une part égale à côté de l’ouvrier homme. La ‘révolte d’avril’ en 1895 à l’usine Yaroslav fut menée avec l’aide et sous l’influence des tisserandes. Lors des grèves économiques de 1894-96 à Saint Petersbourg et lors de la grève historique des ouvriers du textile en 1896, les ouvrières et les ouvriers débrayèrent ensemble à l’unanimité. Lors des conflits et des grèves, la femme prolétaire, opprimée, timide et sans droits, d’un coup apprend à se tenir debout et droite… la participation au mouvement ouvrier rapproche l’ouvrière de sa libération, pas seulement en tant que vendeuse de sa force de travail, mais aussi en tant que femme, épouse, mère et ménagère »

~~ Dans le même temps, elle ne peut que constater :

« …Dès que la vague de grèves se calma, et les ouvriers retournèrent au travail, que ce soit une victoire ou une défaite, les femmes furent à nouveau éparpillées et isolées.» Pour que les choses changent plus profondément, il faut un bouleversement révolutionnaire, ainsi que l’écrit Kollontaï : « Toute la situation change rapidement une fois que le drapeau rouge de la révolution flotte au dessus de la Russie… Pendant les années révolutionnaires de 1905 et 1906, l’ouvrière était partout. »

Lénine et Alexandra Kollontaï

~~Mariage et prostitution sont les 2 faces de la médaille du monde bourgeois

"Le mariage représente l’un des côtés de la vie sexuelle du monde bourgeois, la prostitution en représente l’autre. Le premier est la face de la médaille, la seconde en est le revers. Quand l’homme ne trouve pas sa satisfaction dans le mariage, il a le plus souvent recours à la prostitution (…) qu’il s’agisse de ceux qui, de gré ou de force, vivent dans le célibat, ou de ceux auxquels le mariage ne donne pas ce qu’ils en attendaient, les circonstances leur sont infiniment plus favorables pour les aider à satisfaire leur instinct sexuel que pour les femmes."– Alexandra Kollontaï – Les problèmes de la prostitution (PDF).

Pour Kollontaï, une femme nouvelle était nécessaire qui, en plus d’être économiquement indépendant, devait l’être aussi d’un point de vue psychologique et sentimental. Il n’était pas question d’accepter un quelconque ajournement de cette révolution.

Alexandra Kollontaï: « La séparation de la cuisine et du mariage est non moins importante que la séparation de l’Eglise et de l’Etat ».

Lénine et Alexandra Kollontaï
Tag(s) : #Femmes

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