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~~La Reine Margot.

(extraits de : Les Reines de France au temps des Valois de Simone Bertière -

Editions Le livre de Poche)

Mi-mars 1585, Marguerite, épouse d’Henri IV, rejoint Agen. Ce qu’elle veut, après avoir été si longtemps un jouet entre les mains de sa mère (Catherine de Médicis), de ses frères (Henri III est l’actuel roi de France), de son mari, c’est d’être enfin maîtresse d’elle-même.

Elle est avide de liberté. Elle se voit déjà souveraine d’Agen, réunissant autour d’elle une cour sur le modèle de celle de Nérac. Elle va déchanter très vite.

Page 432.

~~Vers 1606, Marguerite rejoint Paris. Aucune des déterminations accolées au nom de reine ne lui convient : elle n’est reine ni régnante, ni mère, ni douairière. Son titre n’est pas lié à un territoire, à un époux, à un fils, mais attaché à sa personne. Elle est « la reine Marguerite » et occupe à la cour une place sans équivalent.

Page 451.

~~Elle enrichit sa bibliothèque et en confia le soin à la « fille d’élection » de Montaigne, Marie de Gournay. On ne s’étonnera donc pas que la Querelle des Femmes, longuement poursuivie pendant deux siècles, ait trouvé chez elle une caisse de résonance et qu’un féminisme de bon aloi y soit à l’ordre du jour. La cour de Marguerite n’offre-t-elle pas la preuve vivante que la femme, inférieure à l’homme pour la force physique, se montre à l’égal par la culture, l’intelligence, le goût ?

Page 455.

Château de Versailles

Michel de Montaigne

1638 – 1692

Philosophe

Par P.CH Bridan

~~Elle avait été une femme rebelle à sa condition. En un temps où la sujétion conjugale était la destinée normale de toute princesse, elle avait rué dans les brancards et osé s’en plaindre. (…)

Mais elle crut, à tort, que son rang lui donnait accès au pouvoir sans contrepartie. Au jeu périlleux de l’amour et de la politique elle se fit piéger. Elle paya très cher son insubordination et sa liberté de mœurs

. Page 456.

~~Par son mariage avec Henri de Navarre (futur roi de France Henri IV), elle devint reine de Navarre et reine de France lors de l'accession au trône de son mari dont elle fut démariée en 1599.

Elle était la fille du roi Henri II et la sœur des rois François II, Charles IX et Henri III.

Son mariage qui devait célébrer la réconciliation des catholiques et des protestants fut terni par le massacre de la Saint-Barthélemy et la reprise des troubles religieux qui s'ensuivirent.

Dans le conflit qui opposa le roi Henri III aux Malcontents, elle prit parti pour François d'Alençon son frère cadet.

Sa participation aux complots de la cour lui valut l'aversion profonde du roi qui l'assigna longtemps à résidence à la cour.

En tant qu'épouse du roi de Navarre, elle joua également un rôle pacificateur dans les relations orageuses entre son mari et la monarchie.

Ballotée entre les deux cours, elle s'efforça de mener une vie conjugale heureuse mais la stérilité de son couple et les tensions politiques propres aux guerres de religion eurent raison de son mariage.

Malmenée par un frère ombrageux, rejetée par un mari léger et opportuniste, elle choisit en 1585 la voie de l'opposition.

Elle prit le parti de la Ligue et fut contrainte de vivre en Auvergne dans un exil qui dura vingt ans.

Femme de lettres reconnue, esprit éclairé, mécène extrêmement généreuse, elle joua un rôle considérable dans la vie culturelle de la cour, en particulier après son retour d'exil en 1605.

Elle fut un vecteur de la pensée néoplatonicienne qui prône notamment la suprématie de l'amour platonique sur l'amour physique.

Marguerite de France, reine de Navarre, dite la reine Margot (1553 – 1615)

D'après François Clouet (1515 – 1572)

Huile sur toile

Blois

Elle est la sœur d'Henri III et la première femme d'Henri IV (seconde épouse : Marie de Médicis)

Tag(s) : #Femmes

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