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Narbonne

Anonyme XVIIe siècle

Portrait d'Anne d'Autriche, régente de France

Peinture à l'huile sur toile

~~Le traitement du cancer du sein d’Anne d’Autriche, mère de Louis XIV.

En novembre 1664, la Gazette (1) annonce officiellement que la mère du roi est malade. Elle passe les fêtes de la Nativité en décembre avec ses chères bénédictines du faubourg Saint-Jacques. La première nuit est mauvaise. Les médecins qui pansent son sein sont épouvantés par l’évolution de la tumeur. Si ce mal est connu en ce milieu de XVIIe siècle, les praticiens sont bien incapables de le soigner. Seguin, son médecin attitré, ne sait que saigner (2). Vallot, le premier médecin du roi, applique de la ciguë (3) sur la tumeur. Un curé de la région d’Orléans, un certain Gendron, a rapporté du lac Erié du sel pétrifié qui dit-on, fait des miracles sur les tumeurs.

Anne d'Autriche à Blois

 

Cet homme lui promit qu’il endurcirait son sein comme une pierre et qu’ensuite elle vivrait aussi longtemps que si elle n’avait pas eu de cancer. Ce traitement la fait surtout souffrir. Elle n’en dort plus.

Le 27 mai, à Saint-Germain, elle a le bras et l’épaule couverts d’une plaque rouge d’érysipèle (4) très douloureuse. Les médecins décident de la percer pour soulager la mère du roi. Madame de Motteville qui entre après la douloureuse opération la trouve d’une pâleur de mort et craint le pire. Vallot conseille de recourir à un Lorrain, Jean-Baptiste Alliot, dont la pâte à base d’arsenic (5) ramollit et mortifie les tissus malades qu’il racle ensuite à l’aide de couteaux ou de rasoirs. Anne ne veut pas en entendre parler.

 

En aout, son sein s’est infecté et la gangrène (6) y apparaît. On lui verse de l’eau de chaux (7) pour brûler la plaie. Ses douleurs redoublent aussi. Fin août, Alliot mortifie la chair qu’il coupe ensuite par tranches, devant toute la famille royale, les chirurgiens et toutes les personnes qui avaient l’honneur de servir la princesse. Elle décédera en janvier 1665. Madame de Motteville s’insurge : « Cette princesse, ne trouvant de secours en personne, fut contrainte de s’abandonner aux passions des hommes qui la tourmentèrent plus que son propre mal ».

Notes prises d’après le livre de Philippe Alexandre et Béatrix de l’Aulnoit : « Pour mon fils, pour mon roi ». 2009. Chez Robert Laffont.

(1) Paraissant tous les vendredis, La Gazette comportait quatre pages et avait pour rôle d’informer les lecteurs sur les nouvelles provenant de l’étranger, de la Cour. Surtout spécialisée dans les affaires politiques et diplomatiques, elle compte parmi ses premiers membres d’Hozier, Voiture, Bautru et La Calprenède. Louis XIII y collaborait ponctuellement par amusement.

(2) La saignée (ou phlébotomie) est un terme ancien désignant un prélèvement sanguin pratiqué sur un malade afin d'améliorer son état.

(3) La Ciguë tachetée ou Grande Ciguë (Conium maculatum L.) est une plante herbacée bisannuelle de la famille des Apiacées (Ombellifères). Très toxique, elle était à la base du poison officiel des Athéniens.

(4) L'antibiothérapie réduit la mortalité, les complications et la durée de l'infection. L'antibiothérapie permet la guérison dans 80 à 90 % des cas d'érysipèles. Le premier antibiotique est la Pénicilline. A partir de 1942, les grandes firmes pharmaceutiques américaines commencèrent à la produire . Vers 1945, ce nouveau médicament était disponible dans toutes les pharmacies du pays.

(5) Dans le cas d’une intoxication aiguë, les symptômes sont immédiats, avec comme signes caractéristiques des vomissements, des douleurs œsophagiennes et abdominales et des diarrhées sanguinolentes qui ressemblent au choléra, pouvant entraîner collapsus et mort.

(6) Aujourd’hui, les antibiotiques et la chirurgie sont les plus souvent utilisés et sont les plus efficaces. Actuellement, 80 % des victimes de la gangrène survivent.

(7) L'eau de chaux sert en outre dans un procédé culinaire, la nixtamalisation, pour améliorer la qualité nutritionnelle de certains aliments, comme le maïs. Les asiatiques s'en servent pour préparer à la cuisson des fruits et des légumes qui, sans cette technique de trempage préalable, partiraient en compote. Cela permet au légume ou au fruit, une fois cuit, de rester ferme donc présentable, tout en étant cuit à l'intérieur. Autrefois, on conservait les œufs (pendant des mois) en les plongeant dans une solution de chaux aérienne.

Avril 2013, voici les chiffres obtenus sur Internet :

•L'incidence du cancer a doublé entre 1980 et 2005, mais le risque de mortalité a diminué de 25%.

•En France , une personne sur deux survit 5 ans après le diagnostic de sa maladie. C'est un des meilleurs résultats européeen.

•Chez les femmes, le cancer est la deuxième cause des décès

•Entre 2000 et 2004, le nombre de cancer du poumon a augmenté de 40% chez les femmes âgées de 45 à 64 ans.

Le dépistage De 50 à 79 ans,

Le dépistage est gratuit une fois par an. Pourtant, seulement 40% des femmes se font dépister. Une mammographie suivie d'un traitement approprié permet de sauver des milliers de vies chaque année.

Plus de 96 % des femmes dont le cancer du sein a été diagnostiqué en début de maladie survivent plus de cinq ans.

La guérison

Le cancer du sein est une maladie dont on guérit. En moyenne, 5 ans après le premier diagnostic, 85% des patientes sont encore en vie.

Sur 5 grosseurs cancéreuses, 4 sont bénignes.

Tag(s) : #histoire

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